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Michel Stefani

Radio France : le plan de casse du gouvernement doit être retiré

26 Novembre 2019

Les salariés de Radio France ont fait entendre leur refus du plan de restructuration qui engage la suppression de 299 postes. La direction qui porte ce plan affirme que « le projet de transformation de Radio France est nécessaire pour construire son avenir et celui des salariés ». C’est une fumisterie

A juste raison les personnels et leurs syndicats dénoncent les baisses de crédits d’État et la politique du gouvernement de casse de l’audiovisuel public. Ce plan se traduira ainsi par une augmentation de la charge de travail et le recours aux CDD et moins de radio de service public.

Ce plan de casse du gouvernement doit être retiré et le maintien de la radio de service public garanti par un financement d’Etat au niveau nécessaire. Voila pourquoi le PCF exprime un total soutien aux personnels de Radio de France et de RCFM.

Michel Stefani

 

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Les dirigeants de la Poste doivent se montrer respectueux des agents

22 Novembre 2019

La direction de la Poste passe de la provocation à la punition à l’égard des grévistes du secteur Bastia Cap Corse. Ce comportement irresponsable est inacceptable.

Les grévistes de Bastia Cap Corse ont eu raison de s’opposer à la réorganisation du secteur qui aurait entrainé une diminution de postes avec un impact sur le service rendu aux usagers.

L’entêtement des dirigeants de la Poste est scandaleux alors que depuis 15 jours au moins ils disposent de l’accord proposé par les grévistes et la CGT finalement validé ces derniers jours.

Aujourd’hui au lieu de privilégier une sortie positive du conflit, les dirigeants de la Poste veulent infliger une triple sanction aux grévistes. Après avoir opéré 7 jours de retenues de salaires en novembre, ils veulent en rajouter 11 de plus en décembre et de surcroit ne pas payer les heures supplémentaires aux seuls grévistes qui devront faire double journée pour acheminer le stock de plis en souffrance.

Les dirigeants de la Poste doivent se montrer respectueux des agents et non produire des communiqués mensongers qui les discréditent aux yeux des usagers. Les négociations peuvent aboutir comme le demandent les grévistes aujourd’hui.

C’est possible cela dépend à présent des seuls dirigeants de la Poste. C’est la volonté que les élus communistes expriment en s’adressant à eux et en renouvelant leur soutien aux grévistes.

Michel STEFANI

 

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Hôpitaux : le gouvernement maintient l’austérité et ne répond pas à l’urgence

21 Novembre 2019

Le gouvernement a présenté une série de mesures insuffisantes en réponse à la crise des établissements publics hospitaliers. Syndicats et collectifs appellent à la mobilisation le 30 novembre et le 17 décembre.

Après huit mois de grève aux urgences, une mobilisation massive le 14 novembre dernier de toutes les catégories hospitalières, le gouvernement a présenté son « plan d’urgence » pour l’hôpital. Rallonge budgétaire pour l’assurance-maladie de 1,5 milliard d’euros sur trois ans, reprise par l’État d’un tiers de la dette hospitalière, des nouvelles primes… le combat des agents hospitaliers soutenus par les usagers a permis de desserrer le collier étrangleur. Le président de la République a certes reconnu « nécessaire d’assumer d’investir » mais à l’arrivée le compte n’y est pas du tout par rapport aux revendications : hausse des salaires, des effectifs, arrêt des fermetures de lits et modernisation.

Des primes pas pour tous les personnels

Le gouvernement refuse toujours de revaloriser les salaires de 300 euros net par mois, comme l’exigent les agents hospitaliers. Il prévoit le versement d’une indemnité annuelle de 800 euros, 66 euros mensuels. Cette mesure concerne ceux qui touchent « environ 1 950 euros net par mois », à Paris, dans les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis. La province en est scandaleusement écartée. En outre, une prime annuelle de 300 euros sera octroyée, service par service, selon des critères tels que « l’investissement » du personnel. Quant aux aides-soignants qui exercent auprès de personnes âgées, cette catégorie pourra toucher dès 2020 une prime de 100 euros net mensuels. Ce « plan d’urgence » prévoit d’améliorer les conditions de travail à dose homéopathiques comme il s’attaque au problème de l’intérim médical avec des contrôles sur « le niveau des rémunérations perçues » et « le respect des repos de sécurité ».

Une augmentation minime du financement de la Sécu

Sur le plan budgétaire, le gouvernement a annoncé une légère hausse de 2,45 % en 2021 et 2022 de l’objectif national de dépenses d’assurance-maladie, l’enveloppe fixant les dépenses de santé, jusque-là prévue à 2,1 % dans le secteur hospitalier. En 2020, 300 millions d’euros supplémentaires seront versés aux budgets des hôpitaux.  C’est dérisoire. Les tarifs hospitaliers devraient augmenter d’au moins 0,2 % chaque année d’ici à la fin du quinquennat. 150 millions d’euros pourraient être dégagés ainsi pour l’achat de matériels ou les travaux de rénovation. Il en faut dix fois plus.

Une opération séduction visant les médecins

La ministre de la Santé a annoncé un renforcement du rôle des chefs de pôle et de service, pour mieux les « intégrer (…) à la gouvernance » et surtout apaiser la colère des médecins, des chefs de pôle, de service, qui ont multiplié les prises de parole et sont venus grossir les rangs de la manifestation nationale le 14 novembre. Les décisions seront « conjointes sur le projet médical, les nominations de chefs de service et de pôle et l’investissement du quotidien ». Il est aussi question « d’ouvrir le vivier des chefs d’établissements aux médecins », de « revaloriser » les fonctions de management, « d’alléger les charges administratives inutiles » et de « soumettre les modalités de recrutement à un choc de simplification ». Une « cogestion » loin de répondre aux attentes du collectif inter-hospitalier qui considère à juste raison que l’ensemble des soignants de terrain doit participer à la gestion, des médecins aux aides-soignantes en passant par les infirmières mais aussi les patients pour mieux répondre aux besoins.

Une dette allégée sans les investissements

La reprise de 10 milliards d’euros de dette sur trois ans, 3,3 milliards par an, représente un tiers de la dette globale des centres hospitaliers, proche des 30 milliards d’euros. Le remboursement de cette dette plombe le budget des hôpitaux de 850 millions d’euros. Cette reprise de la dette ne permettra de dégager que 300 millions d’euros alors que le budget des hôpitaux est de 84,2 milliards d’euros. Or la santé a besoin d’un plan d’investissements massifs pour faire face aux besoins de soins, intégrer les progrès technologiques, les innovations… L’État aurait pu enfin garantir les emprunts des établissements hospitaliers, ce qui permettrait de faire tomber les taux autour de 0, 3 % à 0,5 %, contre 1,5 % à 2 % actuellement. Une loi spécifique viendra au printemps 2020 d’ici là il est encore temps de faire sauter les limites d’austérité posées par le gouvernement Macron Philippe à la politique de santé publique.

Michel STEFANI

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“Jaurès voulait changer la société mais sur des bases toujours démocratiques“

18 Novembre 2019

à la tribune : Jean Charles Dionisi, Charles Silvestre, Catherine Lovichi, Francine Demichel et Sampiero Sanguinetti

“Jean Jaurès les noces heureuses du journalisme et de la politique“. La Conférence débat organisée par le Comité corse des Amis de l’Humanité (1) et animée par Charles Silvestre ancien rédacteur en chef de l’Humanité a tenu sa promesse.

En cette période où les repères sont volontairement effacés aussi bien en politique que de point de vue de l’information, la figure emblématique de Jean Jaurès a offert cette possibilité rare de redonner du sens aux deux. Charles Silvestre nous replonge en effet dans cette époque où le combat pour le progrès social et l’information sérieuse et indépendante de la finance, se frayent difficilement un chemin au cœur de la révolution industrielle dans une France encore paysanne et rurale et aux prémices de la boucherie de 14-18.

Jean Jaurès vient au monde à Castres dans une famille modeste de province. Normalien agrégé de philosophie, il enseigne à Albi et Toulouse avant d’être élu député républicain en 1885 à Castres. Jaurès propose des lois et des réformes sociales ambitieuses. Il prononce des discours qui font référence sur le droit des communes, l’enseignement primaire, les accidents du travail, l’interdiction des candidatures multiples, la liberté syndicale, les libertés du personnel enseignant, la suppression de la peine de mort, le socialisme, l’affaire Dreyfus. Au Pré Saint-Gervais devant 150 000 personnes, il s’opposera à la loi des 3 ans (augmentation de la durée du service militaire). Il participe à la rédaction de la loi sur la séparation des Eglises et de l’Etat, combat les lois scélérates et la politique répressive du gouvernement en avril 1894 qu'illustre la censure imposée aux journaux et aux députés socialistes.

S’agissant de l’affaire Dreyfus, Jaurès change d’opinion à la parution du “J’accuse“ d’Emile Zola. Convaincu dans un premier temps que le mensonge ne pouvait être de règle dans l’armée républicaine, il en reviendra au bénéfice d’un travail d’investigation journalistique qu’il publie dans La Petite République sous l’intitulé “Les preuves relatives à l’affaire Dreyfus“. Il gagne alors une influence politique nationale et il est fait appel à lui pour un cycle de conférences en Amérique du Sud. Déjà, il s’attache à montrer l’articulation entre la réalité des migrations et la construction des nations et salue d’ailleurs l’Amérique du Nord capable d’accueillir “les pauvres migrants européens“.

Homme de très grande culture, il embrassera la cause ouvrière aux cotés des mineurs de Carmaux, lesquels se mettent en grève en 1892 pour défendre l'un des leurs, Jean Baptiste Calvignac, licencié après avoir été élu maire de la ville. Dans La Dépêche du Midi Jaurès les défend et entre en journalisme. Dans ce contexte, marqué par ce qu’il voit et vit avec ces ouvriers, il devient socialiste. Jaurès s’intéresse à tout et s’informe sur tout. Il argumente pour faciliter la compréhension des choses. C’est un grand pédagogue. La presse aujourd’hui en crise aurait quelque chose à tirer de l’analyse de l’expérience de Jaurès qui a montré qu’il ne pouvait y avoir d’un coté un journalisme social et de l’autre un journalisme culturel. Les articles de Jaurès sur Rimbaud par exemple montrent qu’il nourrissait sa clairvoyance de l’anticipation manifestée par le poète, comme de l’art en général, notamment des impressionnistes.

Sa conception de la presse et de son rôle, témoigne d’une double exigence d’ouverture au plus grand nombre de voix et d’indépendance par rapport aux puissances capitalistes. L’éditorial de Jaurès dans le premier numéro de l’Humanité le 18 avril 1904 détaille sa volonté résumée ainsi dans le titre qu’il choisit : “Notre but : l’Humanité. “Nous serons heureux d’accueillir ici toutes les communications où se manifestera la vie ouvrière“. Les signatures d’Aristide Briand, Anatole France, Leon Blum seront fréquentes dans les colonnes du journal.

Pour Jaurès, la question sociale est centrale. S’il se bat contre la guerre, c’est parce qu’il vise une nouvelle société, un socialisme qui repose sur l’association des travailleurs, pour se défendre mais aussi pour conquérir leurs droits. Des travailleurs capables de travailler et penser ensemble mais aussi de gérer quand cela devient nécessaire et de passer du statut de “dirigés“ au statut de “dirigeants“. En ce sens, il y a des moments clé, quand Jaurès inaugure la verrerie à Albi, gérée par les ouvriers, ou la première coopérative viticole de Maraussan.

Jaurès a une haute conscience de la condition ouvrière. Il le montre entre autres sur la question de la retraite mise en place en 1910. Homme de la révolution sociale, ses bases sont dans la Révolution Française et le triptyque Liberté-Egalité-Fraternité, dans la République décliner jusqu’au bout sur les lieux de travail. Il ne veut pas en rester au seul verbe, aux discours, aux protestations. Il veut que cela s’engage pou ensuite se battre et faire avancer les choses. Il en fait la démonstration avec la loi sur les retraites qui, sans baisser l’âge de départ, écrit le principe de retraite par solidarité, avec la participation de l’Etat et du patronat. C’est une amorce et c’est çà qui l’intéresse.

Jaurès, on le voit n’a rien d’un utopiste comparé à Clémenceau prétendument réaliste, on le voit  sur l’affaire Dreyfus, la violence coloniale et la “grande guerre“ dont la grandeur ne fut qu’abomination. Le réalisme de Clémenceau n’a été que "jusqu’auboutisme" jusqu’au Traité de Versailles. C’est pour partie dans l’humiliation imposée à l’Allemagne qu’on trouve pour partie les rasions de la montée du fascisme en Europe derrière l’instrumentalisation du national socialisme et la promotion d’Hitler et du nazisme contre le mouvement ouvrier en pleine progression.

Jaurès a toujours analysé les relations internationales sous l’angle de la diplomatie, de la préservation de la paix et du développement des idées socialistes à travers le monde. Il voulait changer la société sur des bases toujours démocratiques, humanistes et internationalistes.

Michel Stefani

(1) Comité corse les Amis de l’Humanité Impasse Bertin 20000 Ajaccio (adhésion 20€)

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Conflit de la Poste Bastia Cap Corse : La direction provoque et joue le pourrissement du conflit

13 Novembre 2019

Après avoir attendu prés de 15 jours pour engager de véritables négociations avec les agents en grève du secteur Bastia Cap Corse, la direction de la Poste vient brutalement de les interrompre sous le prétexte saugrenu que les syndicalistes feraient preuve d’“un blocage idéologique“.

Cette provocation, après 20 jours de grève suivie à 95 % par les agents concernés, témoigne d’une volonté de laisser pourrir le conflit et pourquoi pas de faire grandir le mécontentement des usagers jusque là compréhensifs au grand désespoir de cette direction à cours d’arguments.

C’est d’autant plus vrai qu’en interne tout est fait pour assurer un service en mode dégradé avec des moyens externes au secteur Bastia Cap Corse. Ainsi, l’attitude irresponsable de la direction de la Poste interpelle au moment même où les agents et leurs représentants syndicaux font des propositions susceptibles de trouver une issue positive.

C’est ce qui ressort de la rencontre que la délégation du PCF a eu ce matin avec les agents du secteur Bastia Cap Corse. Pour ces raisons les élus et les dirigeants du PCF demandent à la direction de la Poste de reprendre les négociations sans délai et de prendre en compte les propositions faites par les agents et leurs représentants syndicaux.

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2 propositions faites au Collectif Maffia no A Vita iè

8 Novembre 2019

Le Collectif "Mafia no A Vita iè" organisait hier une première réunion publique à Bastia celle-ci a permis d’ouvrir au-delà du collectif lui-même la réflexion visant à sortir la Corse de l’impasse dans laquelle la dérive affairiste et mafieuse l’enfonce.

Voici en substance mon intervention à cette occasion.

Créer les conditions d’un sursaut citoyen face à la dérive affairiste et mafieuse est une action essentielle qui implique un réveil des consciences mais aussi une attitude non ambigüe pour ne pas faire obstacle au sursaut citoyen.

La pression exercée sur la société dans son ensemble à travers le racket, le gangstérisme, le trafic de drogue, les intimidations en tous genres, fera toujours obstacle au rassemblement et à l’action citoyenne, revendicative, démocratique et populaire visant à réduire les inégalités.

La transparence réelle est nécessaire. Cette transparence nécessite l’action de l’Etat fondée sur les compétences régaliennes et l’intervention résolue des services de police et de justice. L’Etat de droit.

Sortir de l’ambigüité ce n’est ni accepter l’arbitraire ni atténuer cette action qui, si elle doit rester dans un cadre ordinaire, n’en requiert pas moins les moyens humains et matériels qu’elle commande face à l’ampleur du problème. Je pense entre autres au pole financier qui a permis de développer efficacement la lutte contre la délinquance économique et financière. C’est là une première proposition.

Récemment nous avons eu un exemple de cette ambigüité qui interroge le citoyen. Les élus de l’assemblée de Corse dans une démarche consensuelle ont demandé à ce que l’Association Anticor retire sa plainte afin d’interrompre les poursuites relatives à la fraude présumée aux aides agricoles.

On doit, parce que les plus modestes sont les plus touchés, prendre la question des réfactions de TVA prés de 200 M€ sont détournées au détriment des consommateurs confrontés ici plus qu’ailleurs à la cherté de la vie aggravant la précarité et la pauvreté de travailleurs déjà sous payés. L’IGF en 2018 a mis le doigt dessus et par la même mis en lumière la responsabilité du consortium des patrons corses qui ont la main mise sur toute l’économie de l’ile.

Le constat, identique concernant la cherté des carburants, conduit à demander à ce que l’Etat joue pleinement son rôle et fasse toute la transparence sur ce que l’IGF définit comme une “captation“ de la solidarité nationale au détriment de l’intérêt général.

Le modèle économique de la Corse dopé par le libéralisme débridé devient ainsi lui même amplificateur des dérives sur fond de spéculation immobilière.

Enfin, c’est une seconde proposition, si l’accueil réservé à la Commission d’enquête parlementaire, mise en place après l’assassinat du préfet Erignac, fut à tout le moins hostile sur de nombreux bancs de l’Assemblée de Corse, nous pensons qu’une Commission d’enquête parlementaire, demandée solennellement par l’Assemblée de Corse lors de la session consacrée à la lutte contre la dérive affairiste et mafieuse, permettrait de renforcer la confiance dans la République en portant avec détermination l’exigence de transparence et de démocratie dont à besoin la Corse.

Michel STEFANI

Les lecteurs pourront trouver en suivant le lien ci dessous une première contribution datée du 27 septembre.http://michelstefani.over-blog.com/2019/09/pour-une-action-democratique-et-efficace-contre-la-derive-affairiste-et-mafieuse.html

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Déjouer les divisions que le débat sur le voile dévoile, redonner confiance en la République

6 Novembre 2019

Aux quatre coins du monde la colère des peuples résonne jusqu’à faire basculer les gouvernements corrompus serviteurs dociles d’un système capitaliste à bout de souffle.

Il est un pays où pour contenir la révolte, la classe dirigeante n’hésite pas à user de stratagèmes nauséabonds et dangereux. Ce pays a pourtant éclairé de ses Lumières progressistes l’action révolutionnaire des sans culottes et offert au monde la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Ce creuset républicain sera celui d’une devise Liberté Egalité Fraternité avant d’être celui de la laïcité. L’une et l’autre dans leurs principes singularisent la France et sont constitutives du vivre ensemble.

C’est cette richesse collective qui, façonnée dans les grands rendez vous populaires de notre histoire la Commune, le Front populaire, la Résistance et la Libération… avec toutes ses conquêtes sociales et démocratiques, est aujourd’hui lamentablement attaquée dans ses fondements par des politiques inégalitaires à l’avantage des plus riches. Ces derniers ont le pouvoir. Pour maintenir leurs privilèges ils usent de manipulations idéologiques de dérivatifs jusqu’à l’overdose.

Zemour est devenu le véhicule de cette pensée d’extrême droite banalisée, encore tout récemment dans une « convention de la droite » abondamment médiatisée. Selon l’argumentaire étroit de ces affidés du régime de Vichy, le mal dans notre pays viendrait des personnes de confession musulmane et il aura fallu la diatribe de ce conseiller régional d’extrême droite exigeant, en dehors de tout cadre légal et devant son enfant, le dévoilement d’une maman accompagnatrice scolaire, pour que les adeptes de la pensée binaire se mettent à agiter la menace du « péril musulman ».

Les chaines dites « d’information continue » sont à la manœuvre. Le temps d’antenne est saturé par les bavardages réactionnaires de quelques habitués de ces plateaux toujours obsédés par des visions de femmes voilées et jamais préoccupés par les fins de mois impossibles de millions de nos concitoyens. Le travail parlementaire est ensuite pollué par une proposition de loi opportunément déposée par le groupe « Les Républicains » au Sénat visant à interdire le port du voile aux accompagnants en sortie scolaire.

Tout cela entretient un climat malsain dans lequel des apprentis sorcier passent à l’acte comme ce fut le cas à Bayonne avec ce militant d’extrême droite, ancien candidat du FN, qui a ciblé une mosquée et ses occupants en commettant un attentat.

La loi de 1905 est pourtant claire. Fondement du pacte républicain elle précise : « la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes ». C’est une reconnaissance du pluralisme religieux et de la neutralité de l’Etat à l’égard des Eglises. Elle est le résultat « d’un souci de pacification » selon l’expression d’Aristide Briand qui en fut le rapporteur.

L’enseignement public et laïc ne peut se soustraire à ces principes qui imposent la neutralité des programmes comme des enseignants dans les établissements scolaires. S’agissant des accompagnants scolaires le Conseil d’Etat, qui s’est prononcé à deux reprises, en 2004 et 2013, a retenu que n’étant pas des agents de la fonction publique, ils avaient toute latitude en matière vestimentaire. Le guide de la laïcité de l’Education nationale le confirme.

Le ministre de l’Education nationale ne pouvait l’ignorer quand publiquement il a affirmé : « le voile n’est pas souhaitable » avec cette formulation « ce n’est pas quelque chose d’interdit, mais ce n’est pas non plus quelque chose à encourager ». Ce faisant M. Blanquer, qui est censé appliquer la loi républicaine, édicte une norme sociale et vestimentaire à partir de son opinion contraire aux textes législatifs.

Jaurès s’interrogeait : "Qu’est-ce donc que la République ? C’est un grand acte de confiance et un grand acte d’audace".

En ce début de vingt et unième siècle nous voyons l’inverse se produire dans la défiance manifestée contre la population musulmane dont les faits et gestes sont interprétés, indistinctement à charge, comme des indices de « radicalisation ».

Le président de la République lui aussi joue avec les allumettes prêt de la pompe à essence en mélangeant immigration, religion, terrorisme et communautarisme. Cette confusion dont l’extrême-droite fait son miel – ouvre à la « société de vigilance » qui conduirait le citoyen à exercer les compétences dévolues à l’Etat et les classes populaires à s’épier entre elles. D’ailleurs, en fustigeant l’accompagnatrice voilée, l’élu extrême droite s’est situé sur le registre de la « vigilance citoyenne » pour justifier ses propos racistes et son comportement antirépublicain.

Depuis le prétendu « choc de civilisations » s’opère un retour à l’obscurantisme subventionné à coups de pétrodollars d’où ont émergé sous des masques religieux les forces politiques rétrogrades, réactionnaires et anti-démocratiques. S’y ajoute la résurgence des nationalismes et des replis identitaires. Les visées humanistes, émancipatrices et universalistes sont ainsi phagocytées.

Demander à la République de s’immiscer dans l’intimité des consciences c’est faire fi de cette évidence et créer un précédent contraire au principe de séparation des Eglises et de l’Etat régit par la loi. Etablir une grille des motivations qui prévalent, individuellement, au port du voile serait de fait incongru. Sans entrer dans les stigmates des guerres et conquêtes coloniales de dépossession des ressources naturelles, elles peuvent être multiples, culturelles, cultuelles, dans l’affirmation ou l’effacement de soi, dans l’expression d’un mal être...

L’école est justement le lieu de la rencontre entre les parents à la porte des établissements, dans les associations de parents d’élèves, les conseils d’école. Cela permet de se parler, de se comprendre mieux et de ne laisser aucune personne isolée ou s’isoler parce que considérée en citoyen à égalité de droits.

La classe dirigeante et son allié objectif l’extrême droite raciste et démagogue agissent inversement pour empêcher les milieux populaires de voir l’intérêt de leur union pour combattre l’oppression féroce exercée par le capital sur leurs conditions d’existence. Pour déjouer ce piège et les divisions que ce débat sur le voile dévoile, les progressistes se doivent de créer les conditions d’une union populaire et par la même de redonner confiance en la République.

Michel STEFANI

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