Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Michel Stefani

Obtenir du gouvernement et du MEDEF les justes réponses aux revendications

19 Mars 2019

Forte mobilisation, ce mardi 19 mars, pour l’école, les salaires et les services publics, contre la cherté de la vie en Corse. Alors que le grand débat touche à sa fin les syndicats CGT FO FSU appelaient au rassemblement devant la préfecture à Bastia.

Un mois après la première journée de convergence avec les gilets jaunes, le 5 février, les syndicats veulent amplifier le mouvement. En tête des revendications la hausse des salaires, mais également le refus de la future réforme des retraites et de l’école, l’exigence d’une justice fiscale – suppression de la TVA sur les produits de première nécessité et rétablissement de l’ISF – la défense des services publics de proximité, la réalisation des investissements énergétiques dont la Corse a besoin… beaucoup de ces revendications sont partagées avec les gilets jaunes présents aux aussi au rassemblement devant la préfecture de Bastia.

Dans un contexte social tendu, où la mobilisation pour le climat s’ajoute désormais aux manifestations hebdomadaires des gilets jaunes, les convergences se multiplient. L’enjeu est désormais de faire en sorte que la colère « s’exprime de façon plus construite », analyse Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. Car si les liens continuent de se tisser localement entre militants syndicaux et gilets jaunes, les luttes dans les entreprises doivent prendre de l’ampleur pour faire reculer le gouvernement et le MEDEF pour obtenir les réponses attendues aux revendications.

Michel Stefani

Lire la suite

Européennes : Michel Stefani candidat sur la liste du PCF conduite par Ian Brossat

14 Mars 2019

Le 26 mai aura lieu le scrutin de renouvellement du Parlement européen. Dans le contexte social, économique et politique, il sera de première importance face à la montée de l’extrême droite, des nationalismes et du populisme dans une Europe ultralibérale dominée par le système financier capitaliste.

Dans son interview Michel Stefani répond à nos questions et situe les enjeux au regard des problématiques de la Corse, de l’impact des politiques impulsées par la Commission européenne de manière très centralisée et antidémocratique avec la complicité des gouvernements de chaque Etat membre.

Terre Corse : Michel Stefani vous êtes candidat sur la liste du PCF conduite par Ian Brossat comment voyez-vous cette campagne sachant que l’électorat se détourne de cette élection à chaque scrutin ?

Michel Stefani : C’est une campagne qui demande d’autant plus d’énergie que l’opacité est la règle institutionnelle qui accompagne la volonté politique de tenir les citoyens éloignés des décisions et de la perception des responsabilités. Les ministres vont à Strasbourg arrêtent les modalités de la politique antisociale qui sera transcrite en droit national. Ensuite ils expliquent que l’Europe impose les choses. C’est du cynisme. Par exemple ils sont d’accords à Paris comme à Bruxelles pour la règle d’or et les critères de Maastricht. Les Etats membres ont l’obligation de réduire la dépense publique, donc sociale, pour rester sous la barre des 3 % de déficit. Ce faisant la souveraineté nationale est abandonnée à une Commission non élue qui fait à peu prés ce qu’elle veut.

Ici les dirigeants nationalistes considèrent qu’il vaut mieux avoir à faire avec Bruxelles qu’avec Paris vous en pensez quoi ?

Le combat anticapitaliste contre le libéralisme n’est pas une affaire de préférence entre deux niveaux de pouvoir qui ont en commun l’objectif de servir les intérêts du capital et du système financier spéculatif. Ce qui nous intéresse dés lors, dans un pays comme la France où les conquêtes sociales et démocratiques arrachées à la Libération font encore la différence avec les pays voisins, c’est de défendre les services publics contre la déréglementation et la privatisation, c’est de défendre la protection sociale, les retraites par répartition, la sécurité sociale qui sont attaquées au prétexte qu’elles seraient des fardeaux pour la société. Il faut avoir en mémoire la fameuse phrase de Macron : « ça coute un pognon de dingue » pour comprendre le raisonnement et faire le rapprochement avec ceux du MEDEF et les 47 milliards de dividendes versés aux actionnaires des sociétés du CAC 40.

Vous voulez combattre l’Europe libérale à partir du local est-ce bien crédible ?

En tout cas quand on voit ce qui se passe en ce moment même avec la déréglementation européenne, cette concurrence libre et non faussée à l’œuvre depuis 20 ans. Sur la desserte de la Corse elle a failli balayer Air Corsica bien avant la SNCM, certains l’oublient. Sur le fond les compagnies low cost ont été privilégiées et subventionnées par des moyens détournés. Corsica Ferries, Ryannair, EasyJet… les tarifs devaient baisser, le service s’améliorer mais les faits montrent le contraire et des centaines d’emplois à statuts ont été sacrifiés en Corse comme sur le continent et ça continue avec la CMN. Pareil pour l’énergie, les opérateurs historiques sont mis en concurrence avec des prestataires low cost. ENGIE veut se retirer de la Corse 80 emplois sont menacés et bientôt les barrages, promis à la privatisation, seront exploités par ces mêmes prestataires avec des saignées dans l’emploi parce que c’est toujours la variable d’ajustement.

L’Europe des gens pas l’Europe de l’argent c’est le mot d’ordre de votre liste…

Il résume bien ce que nous voulons. Une Europe pour les peuples mettant au cœur de ses politiques la justice sociale et le progrès social, la juste répartition de la richesse et la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale amenées à des niveaux records avec Junker et consorts. Cet argent nous voulons le mettre au service de la transition écologique, de l’exception agricole, d’une agriculture dégagée de la domination des firmes agroalimentaires et des logiques de libre échange aux conséquences désastreuses pour les agriculteurs, les consommateurs, les normes environnementales et sanitaires. Cette politique c’est aussi celle de la solidarité et de la coopération entre Etats européens et au-delà dans le bassin méditerranéen pour mettre fin à cette ignominie à l’égard des peuples et de ceux qui, migrants par la force des choses, fuient la guerre, la pauvreté, le malheur quotidien et trop souvent périssent en Méditerranée où alors sont accueillis de manière indigne.

La Corse peut elle être plus entendue avec une représentation à Bruxelles comme le réclament les nationalistes ?

C’est l’arlésienne, la question c’est la solidarité dont la Corse a besoin, non pas pour l’infime minorité de contributeurs à l’ISF qui s’en moque, mais pour l’immense majorité et en particuliers les 60 000 personnes qui vivent avec moins de 1000 euros. Ceux là ont besoin de services publics, de l’accès aux soins, aux transports, à la culture. Par conséquent il est préférable, en premier lieu, de se battre pour le maintien de tout cela et de la solidarité nationale indispensable en ce sens. Quand la Corse perçoit 1 euro de l’Europe, c’est qu’elle en a perçu 4 avec les dotations de l’Etat. Faire un trait la dessus au nom d’un fédéralisme européen plus adéquat aux visées d’une autonomie de plein droit, voire de l’indépendance, mettrait la Corse encore plus à la périphérie d’une Europe taillée pour la concurrence débridée entre grandes régions aux moyens incomparables à ceux de la Corse.

Quels sont les atouts de votre liste

Elle reflète l’espoir et repose sur l’engagement du Parti communiste français, le seul à avoir voté contre le Traité de Maastricht, à avoir combattu les Traités suivants dont le Traité constitutionnel de 2005. Pour autant elle compte des non communistes et a le soutien du mouvement République et Socialisme. Elle est composée de femmes et d’hommes qui ont l’intérêt général comme seule boussole. D’une grande diversité, elle associe des engagements militants, associatifs, syndicaux et politiques, des élus de terrain, des employés, des ouvriers, des étudiants… Ensemble, ils constituent une expérience originale et une force de gauche au service des travailleurs, des intérêts populaires, de l’action pour la transformation sociale de l’Europe. Enfin n’oublions que ce scrutin est le premier au plan national depuis l’élection présidentielle et de ce fait il permet de sanctionner la politique du gouvernement Philippe. C’est ce que nous proposons avec notre liste.

Propos recueillis par Noel GRAZIANI

Lire la suite

Marwan Barghouti : Le Mandela de la cause palestinienne

13 Mars 2019

Aux côtés de Fadwa Barghouti, l’épouse de Marwan Barghouti, le dirigeant politique palestinien emprisonné par le pouvoir israélien réfractaire à toutes solutions politiques garantissant au peuple palestinien le droit de vivre.

Condamné par un tribunal militaire, Marwan Barghouti devrait purger 5 peines de prisons à vie. Mais l’ignominie du pouvoir israélien, dominé par l’extrême droite, n’est pas que politique elle est aussi physique et les sévices infligés à Marwan Barghouti, comme aux autres prisonniers politiques palestiniens, devraient conduire les dirigeants israéliens responsables de ces traitements indignes devant la Cour pénale internationale.

Depuis 1967, 850 000 palestiniens sont passés par les prisons israéliennes soit 20 % de la population. Plus largement ce sont des massacres des civils palestiniens qu’il est question notamment celui du 14 mai 2018 au moment de l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem quand 52 jeunes palestiniens ont été fauchés par les balles de l’armée israélienne.

Comment imaginer qu’on puisse endurer tant de souffrances sinon pour un idéal. Marwan Barghouti a passé 25 années de sa vie en prison sans que cela n’entame sa détermination. « Si d’être privé de liberté peut permettre à mon peuple de retrouver la sienne emprisonnez-moi » voila ce qu’il dira lors de son arrestation en pleine intifada.

Le pouvoir israélien redoute effectivement qu’il soit au milieu des siens car il est un dirigeant dont la légitimité est reconnue par toutes les sensibilités politiques et bénéficie d’un très large soutien populaire. Les sondages le placent régulièrement en tête des intentions de vote dans les territoires occupés.

On peut le considérer comme le Mandela de la cause palestinienne. Il transmet lui aussi une grande force de conviction à travers son message. Il est considéré comme le seul dirigeant palestinien capable de négocier la paix avec les dirigeants israéliens.

Entre temps il faut également que la solidarité se fasse entendre partout à travers le monde et c’est le sens de la venue en Corse de Fadwa Barghouti. Toutes les initiatives contribuent ainsi à fracturer la domination coloniale israélienne pour faire triompher la paix par l’existence de deux Etats dans les frontières territoriales de 1967.

Michel Stefani

Lire la suite

La mobilisation contre la cherté de la vie en Corse reste d’actualité

1 Mars 2019

L’Assemblée de Corse a adopté une résolution solennelle concluant les travaux de la Conférence sociale ouverte le 14 janvier à Bastia alors que la mobilisation des gilets jaunes en était à son acte 10. Adoptée à l’unanimité, elle a été suivie d’une standing ovation et d’applaudissements au-delà même de l’hémicycle dans les rangs du public.

L’euphorie, comme l’excès de communication, fait souvent écran à la perception précise des choses et cette délibération n’y échappe pas. Pourtant il était question de répondre à la récurrente question de la cherté de la vie. La réponse est bien là mais à défaut d’examiner les causes de cette cherté de la vie sans écarter les données les plus récentes de l’Inspection générale des finances (IGF), elle ne peut être aboutie. En regardant dans le rétroviseur on comprend la colère qui, depuis la levée du contrôle des prix et le grand mouvement social de 1989, dénonce la cherté de la vie en Corse. À l’époque, socioprofessionnels et dirigeants nationalistes, s’opposaient à la prime de transport revendiquée, en la qualifiant de « prime coloniale ». Pour mémoire, le directeur de la comptabilité publique Michel Prada avait rendu un rapport au gouvernement après des tables rondes mais aucune mesure ne suivra contre la cherté de la vie.

La colère de milliers de salariés était d’autant plus légitime qu’au titre de la solidarité nationale existait le franco de port afin que le coût des marchandises entrant en Corse ne soit pas impacté par le transport. Ce principe normalement en application est financé par l’enveloppe de continuité territoriale (187 M€). Pour ce qui est du soutien à la consommation les réfactions de TVA (194 M€ en 2014) devaient elles aussi contribuer à la parité des prix avec le continent. Mais ces taux minorés de TVA n’ont eu aucun impact favorable au pouvoir d’achat. Tous les dix ans, en valeur d’aujourd’hui, cela correspond à un Plan exceptionnel d’investissement (PEI). Autrement dit nous en sommes à 6 milliards d’euros et cela n’a même pas été évoqué par l’Assemblée de Corse.

Mieux il est demandé au gouvernement, non pas de faire la transparence et de situer les responsabilités sur ce détournement, mais d’une part d’accorder, sans connaître les résultats de l’audit de la Direction de la concurrence et de la répression des fraudes (DIRECCTE) un bonus avec un passage de la TVA à 2.10 pour ce qui est des carburants et d’autre part d’en rester au statu-quo pour ce qui est des produits de consommation courante. C’est nous dit-on les bases du Statut fiscal et social. A ce stade le caractère social devient une énigme surtout si on retient que ce transfert de fiscalité à la Corse, comme cela a été rappelé par le premier Ministre, entraînerait une baisse de la solidarité nationale.

Sur les deux point traités les carburants et les produits de consommation courante on ne peut pas déceler l’expression, nécessaire, d’une forte volonté politique de la CdC afin que les sommes colossales « captées », selon le terme employé par l’IGF, sur la solidarité nationale servent l’intérêt général et non des intérêts particuliers.

S’agissant des carburants il faudrait savoir où passent les 29 M€ de réfaction de TVA avec un taux minoré à 13 % au lieu de 20 % afin d’être entendu pour obtenir 11 % d’allègement supplémentaire. S’y ajoute le gel de la fraction de TIPP dévolue à la CdC soit 1 M€. Les études des 2 cabinets mandatés par la CdC donneraient une explication « détaillée » à l’étrange écart de prix avec le continent pouvant atteindre les 16 centimes au litre. Il en serait de même sur les marges plus élevées de 5 centimes par litre d’essence et de gasoil. Quant à comprendre l’objectif de maintien du maillage territoriale de stations service, le silence observé sur la progression fulgurante des dividendes distribués par Rubis et Total, passant de 2 M€ en 2012 à 10 M€ en 2017, interpelle. Enfin, pour l’avoir réclamé souvent seuls à l’Assemblée de Corse, on retiendra la demande visant à établir « un contrôle des prix et des marges » par l’Etat.

S’agissant des produits de consommation courante il est proposé de créer « un panier de plus de 200 produits de première nécessité à des prix garantissant un accès facilité à ces produits pour les consommateurs, et particulièrement ceux en situation de difficulté économique et sociale ». La liste des produits n’est pas arrêtée mais « les grandes enseignes corses de la distribution » promettent d’appliquer les prix en vigueur sur le continent hors île de France « ceci impliquant que les prix pratiqués sur les produits du panier font partis des 25 % des prix les plus bas… ». Corsica Statistica sera appelée à vérifier que cette mesure homéopathique, au regard du dispositif de franco de port et des réfactions de TVA sur toutes les marchandises, ne se traduise pas par une hausse des prix des produits non listés. On notera qu’il n’est pas demandé un contrôle par l’Etat des prix et des marges pratiqués par les grandes enseignes corses de la distribution.

Au final, avec cette résolution solennelle, les actionnaires de Rubis et Total comme ceux du consortium des patrons corses pourront continuer à capter la solidarité nationale au détriment de l’intérêt général. En effet à aucun moment il n’est demandé que l’indulgence de l’Etat à l’œuvre depuis 30 ans cesse, et les propos de Madame la Préfète (CM 28/02/2019) ne laissent pas entrevoir un changement de cap. L’audit de la DIRECCTE nécessiterait, nous dit-elle, encore 4 mois en raison de la difficulté à faire la clarté sur le seul mécanisme de formation des prix du carburant depuis le continent jusqu’en Corse. Voila pourquoi la mobilisation contre la cherté de la vie en Corse reste pleinement d’actualité afin que le gouvernement, dont c’est le rôle, finisse enfin par s’attaquer sans ambiguïté, au scandale. Ce sera la seule façon de faire respecter les principes républicains pour rendre du pouvoir d’achat aux ménages insulaires.

Michel Stefani

Lire la suite