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Michel Stefani

Stopper la course au gigantisme des grandes surfaces et démanteler le système de racket opéré sur l’argent public

16 Mai 2018

La Corse est devenue un eldorado pour les enseignes de la grande distribution. Une concurrence sauvage et acharnée est entretenue par différents acteurs de cette économie de service souvent basée sur de l’emploi précaire.

On peut s’interroger valablement sur les raisons qui conduisent, avec une démographie relativement faible et une population résidente réputée pauvre, les majors de la grande distribution à vouloir installer en Corse des grandes surfaces de tailles disproportionnées. La forte activité touristique n’explique pas tout.

Le débat est légitime mais il ne peut être cantonné aux seules questions de droit de l’urbanisme ou commercial. C’est d’autant plus nécessaire que depuis le grand mouvement social de 1989, sans remonter à la mise en place de la continuité territoriale en 1976, la cherté de la vie a toujours été une dure réalité jamais démentie pour les ménages insulaires.

Pourtant il existe des mesures de solidarité nationale comme le franco de port et les réfactions de TVA pour amener en Corse les marchandises en compensant les surcouts dus au transport. Néanmoins l’écart de prix demeure en moyenne dans les 9 % alors que la TVA sur les biens de consommation courante n’est que de 2.5%.

En volume global sur une année ces réfactions de TVA peuvent atteindre les 200 M€ voire plus. A l’évidence les consommateurs n’en bénéficient pas et cela se passe sans que les autorités publiques ne s’en émeuvent.

De même le petit commerce est victime de ce système symbolisé par la création du consortium des patrons corses qui contrôle désormais l’essentiel de l’économie de la Corse. Cela se retrouve également dans le chiffre d’affaire des entreprises insulaires dont les 65% sont réalisés par seulement 5 % d’entre elles.

Or si les appétits sont si aiguisés sur un segment d’activité déjà très occupé c’est peut être en raison de cette situation où manifestement l’argent de la solidarité nationale est détourné au détriment de l’intérêt général.

Cette sur-marge est la garantie de la rentabilité et des sur-profits. Pour stopper cette course au gigantisme des grandes surfaces il faut donc aussi s’attaquer à ce problème et démanteler le système de racket opéré sur l’argent public de la solidarité nationale destiné initialement au maintien du pouvoir d’achat des ménages insulaires.

Michel Stefani

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Le journal de Dassault met à l’index les cheminots corses

5 Mai 2018

Après Le Point, Le Figaro est tombé sur le rapport de la Chambre régionale des comptes concernant la gestion de la SAEML des Chemins de fer de la Corse. Sans surprise la ligne éditoriale est la même. Une différence la plume est anonyme.

Par conséquent c’est au journal de Dassault, honnête entrepreneur au-dessus de tout soupçon, que nous répondrons aujourd’hui. De ce côté-là, comme chacun sait les privilèges n’existent pas.

Seuls les salariés, les travailleurs sont gavés d’argent public.

Cette description lapidaire est bien l'état d'esprit de ces plumitifs au service d'un pouvoir économique qui n'en pense pas moins mais qui a besoin en permanence de masquer sa véritable nature et son gout démesuré pour l'argent public en frappant sur les plus modestes.

Le CICE coule à milliard à la demande d’un certains Gattaz, ami de la maison et patron du MEDEF, mais il ne sert pas à licencier, ni à verser des dividendes aux actionnaires qui n’en ont jamais reçus autant dans ce pays où vit la 4ème fortune mondiale. Et que dire des 80 milliards qui s’évade chaque année vers les paradis fiscaux…

Le « scan éco » du Figaro, cela fait très sérieux pensez-vous et bien pas du tout. La lecture du rapport de la Chambre régionale des comptes a surement était très rapide au moins aussi superficielle que l’article. Il « ne manque pas de piquant, et fourmille de détails fâcheux… » le décor est ainsi planté.

Cela permet à l’auteur anonyme d’aller directement aux pages avec lesquelles il pouvait faire son miel en stigmatisant les conditions de travail et de rémunération des cheminots corses, « incontrôlées » « exorbitantes » avant d’affirmer que la gestion se fait sans « indicateurs opérationnels précis » ni « comptabilité analytique ».

Le Figaro met en lien le rapport. Curieusement, les annexes sont annoncées mais ont disparu du rapport. Ce n’est ni un oubli, ni une erreur matérielle. C’est bien une malhonnêteté intellectuelle car les réponses aussi bien de la direction que la mienne permettent d’avoir quelques arguments, analyses et explications sur plusieurs points contestables du rapport.

Michel Stefani

 

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Le Point : la diatribe contre les Chemins de fer de la Corse

3 Mai 2018

Ce jour dans la revue économie du magazine Le Point sous la plume de Michel Revol un article au vitriol suinte la bonne parole libérale s’agissant des Chemins de fer de la Corse.

L’auteur n’a sans doute pas mis les pieds dans une gare du réseau fustigé mais il imagine des scènes dont les acteurs seraient les magistrats de la Cours régionale des comptes.

Une de ces affirmations ne sera pas contredite le rapport de la Chambre régionale des comptes est volumineux. On ne peut pas être aussi certain d’une lecture complète et attentive de sa part. Sinon la réalité ne serait pas aussi falsifiée et résumable en peu de mots : un service folklorique et onéreux.

Hors de question de considérer qu’une compensation financière doit être versée pour faire fonctionner cet outil d’aménagement du territoire et de développement durable et visant à soulager le réseau routier, désenclaver le territoire et réduire l’impact environnemental.

Ce monsieur, le m minuscule est de rigueur, que l’on voit très bien en claquettes et maillot sous les remparts de Calvi, a visiblement une préférence pour la voiture bien rafraichie comme moyen de transport.

C’est son choix mais il ne peut dénigrer comme il le fait ce qui est un service public 365 jours de l’année qu’elles que soient les conditions météorologiques. L’hiver il aurait eu le plaisir de franchir le col de Vizzavona enneigé et de se rendre compte pourquoi il est préférable, entre autres, de préserver les jeunes étudiants de l’université des dangers de la route…

La charge ne vaut pas argument et cet adepte de la villégiature intellectuelle aurait du se contenter de s’en tenir avec sa légèreté au simple examen des paysages.

Dans la pensée formatée antiservice public l’amertume fait surface dès lors qu’un statut garantit aux agents les conditions de travail et une couverture sociale dignes de notre époque. Ce monsieur n’y échappe pas. La formule retenue est particulièrement significative « le principal boulet des Chemins de fer de la Corse, ce sont les charges de personnel ».

Mieux encore il y aurait une telle « désorganisation que la SNCF passerait pour un modèle ». Ces propos peu réfléchis comme le reste laissent supposer que les usagers pourraient être exposés à des risques majeurs sur une voie unique de surcroit. C’est parfaitement irresponsable.

Quand à dire que le comptage des passagers ne seraient pas effectué et que ceux-ci voyageraient sans titre de transports au prétexte que « la société n’a pas de compte à rendre » c’est une énormité qui traduit une méconnaissance du sujet.

La simple lecture des annexes au rapport permettait de corriger la vision déformante du libéral convaincu et d’approcher la gestion des Chemins de fer de la Corse et les instruments mis en place pour satisfaire aux exigences contractuelles posées par la convention de délégation de service public et exécutées sous le contrôle de la Collectivité territoriale de Corse (CTC) et l’Etat notamment pour les questions de sécurité.

On peut aussi lui conseiller de consulter les rapports du délégataire exhaustifs pour comprendre le fonctionnement réel des Chemins de fer de la Corse et les rapports avec la l’autorité délégante la CTC et les services de l’Etat durant la période d’investigation de la Chambre.

Ce travail sérieux, intellectuellement honnête aurait permis à Michel Revol de savoir que les Chemins de fer de la Corse, après 120 ans d’existence, ont fait l’objet d’investissements importants et que d’autres seront réalisés comme l’extension en plaine orientale, la gestion informatisée des circulations, le renouvellement des autorails pour les services urbains précisément parce que la CTC l’a voulu ainsi.

Michel Stefani

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