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Michel Stefani

Et la concentration du pouvoir fut

18 Janvier 2018

La nouvelle collectivité unique a connu son premier clash. Nous savions que, compte tenu de la précipitation, il y aurait une période plus ou moins longue de rodage mais ce à quoi nous avons assisté n’a rien à voir avec l’exercice des compétences nombreuses.

L’opposition de droite s’est plainte d’avoir été victime de l’hégémonie de la majorité régionale nationaliste qui dit lui avoir fait payer en retour le coup de l’Office HLM de Corse du Sud.

La création de la Collectivité unique et du pouvoir unique, que les groupes en présences dans cette nouvelle Assemblée de Corse ont réclamé, se montre crument pour ce qu’elle est : une institution de forte concentration du pouvoir régional entre peu de mains.

La visée libérale de simplification administrative pour fluidifier l’action publique, non sans l’austérité, passerait presque inaperçue.

L’autre sujet qui n’a pas manqué de surprendre c’est effectivement en cette période de restriction budgétaire la mansuétude du gouvernement s’agissant des indemnités d’élus de la nouvelle représentation régionale. De 40 à 56 % d’augmentation selon les fonctions quand par ailleurs le traditionnel coup de pouce au SMIC ne dépasse pas les 1.5% cela fait rêver les 22 % de ménages insulaires dont les revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté.

Le gouvernement, rien que le gouvernement l’aurait voulu ainsi nous dit on. Sauf qu’il s’agissait d’une proposition et qu’il y a eu un vote des élus de l’Assemblée de Corse sur un rapport et que ce vote ne pouvait pas être que technique dans ce contexte social.

S’il faut reconnaitre l’important volume de compétences à exercer pour ces élus, il leur était possible d’envisager une modulation inférieure en tout cas, et sans démagogie en l’absence d’un statut de l’élu, de rester dans un choix de principe compréhensible par le plus grand nombre et particulièrement par les plus démunis.

Michel Stefani

 

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2018 : Rendre possible un monde nouveau

2 Janvier 2018

En ce début d’année 2018, le monde, toujours plus interconnecté et interdépendant, est aussi de plus en plus, en mauvais état. Globalement, il le doit au capitalisme.

Dominateur et débridé, il génère des guerres, des atteintes à l’environnement parfois irréversibles et des inégalités dans des proportions incomparables depuis la révolution industrielle. Les mutations, opérées ces trois décennies, en font un système financier avide de dividendes de moins en moins soumis aux contraintes étatiques permettant une répartition plus juste de la richesse envers ses producteurs réels, imposant le respect de la planète et des hommes.

Cette domination accentue le sentiment d’injustice et la défiance à l’égard d’institutions dont l’action devrait en principe garantir l’intérêt général et la paix.

L’idée même de « démocratie » perd tout crédit à la lumière des pratiques d’une oligarchie arrogante qui verrouille son pouvoir, dépolitise ses choix économiques et sociaux et planque son butin dans les paradis fiscaux. Les phénomènes d’abstention massive comme les réponses populistes ou les replis identitaires le montrent dans plusieurs pays : aux Etats Unis avec Trump, en Angleterre avec le Brexit, en Autriche avec l’entrée au gouvernement de l’extrême droite, en Pologne, en Hongrie… Les formes sont variables plus ou moins inquiétantes, elles se doublent en Europe, sous couvert d’un fédéralisme non solidaire, de revendications visant à l’indépendance régionale.

Au terme d’une année électorale particulièrement chargée, nous voyons dans notre pays aussi les traits caractéristiques d’une situation de crise politique et sociale.

Le libéralisme dans sa progression débridée creuse les inégalités comme jamais et pourtant M. Macron est entrain d’appuyer sur l’accélérateur. La Corse n’échappe pas à la règle, avec la constitution tentaculaire d’un oligopole patronal qui, contrôlant les transports, la distribution, le BTP et désormais même de la presse écrite, est en grande partie responsable de la cherté de la vie.

Le rapport du World Wealth and Income database (WID) vient de mettre le projecteur sur le transfert massif du patrimoine public vers les patrimoines privés. Concrètement c’est moins de services publics, des systèmes de santé au rabais, des privatisations massives dans les secteurs clefs, ou encore des systèmes de retraites laissés aux mains de la finance par le biais de la capitalisation.

En 40 ans, les patrimoines privés ont plus que doublé quand les patrimoines publics étaient divisés par deux. Cela resitue les propos de M. Macron sur les « premiers de cordée », auxquels il faudrait tout concéder – baisse de la fiscalité sur le capital, suppression de l’impôt sur la fortune, et autres « cadeaux » – pour que la croissance reprenne. Or, sous ce régime néolibéral, quand bien même ce serait le cas, elle ne servirait pas l’intérêt général mais les portefeuilles de cette minorité de plus en plus infime.

Les huit premiers milliardaires mondiaux ont amassé une fortune égale à la richesse de la moitié de la population mondiale.

Si la tendance devait se poursuivre, le rapport du WID s’en inquiète, les plus pauvres seront condamnés à le rester et les classes dites « moyennes » à les rejoindre. Face à cette perspective sombre, il convient de porter une dynamique populaire et progressiste ; de construire une riposte sociale, démocratique et écologique ; d’offrir un débouché au mécontentement légitime des populations et des travailleurs. Les communistes veulent y contribuer et modifier le rapport de force politique en faveur des libertés humaines, de l’égalité sociale, de la transition écologique, de la fraternité et de l’internationalisme.

Ce sont les valeurs de la gauche, y renoncer serait une erreur car dans ce cas le libéralisme égoïste et son avatar identitaire, le repli sur soi, n’auront plus aucune entrave.

Chaque travailleur, dans cette économie mondiale interdépendante, à tout intérêt à une élévation générale du niveau de vie. Refuser « la concurrence » et s’allier dans un même combat émancipateur, à travers le monde, permettra, à tous d’exiger et d’obtenir la régulation économique facteur d’égalité sociale, pour passer à un degré supérieur d’efficacité sociale avec des droits nouveaux condition de l’efficacité économique.

Voila pourquoi la lutte de classes doit, plus que jamais, se concevoir dans ses trois dimensions locale, nationale et internationale.

Dans cet esprit, les communistes lancent les Etats généraux du progrès social et mettent en débat les propositions pour faire pièce à la contre-révolution capitaliste à l’œuvre s’agissant de la propriété publique et sociale des grandes banques et des grands moyens de production, du développement de nouveaux services publics, de l’agriculture et du produire local pour manger local, du financement par la cotisation salariale et la juste contribution du capital de la santé et des retraites, de la création d’une branche supplémentaire de la sécurité sociale pour les personnes les plus âgées, de la justice fiscale et de la fiscalité réellement progressive, de nouveaux critères de gestion des entreprises afin qu’elles assument leur responsabilité sociale, écologique et territoriale.

Rendre possible un monde nouveau tel est l’enjeu de civilisation auquel les communistes continueront de consacrer tous leurs efforts en 2018.

Pace e Salute a tutti.

Bon annu.

Michel Stefani

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