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Michel Stefani

Politique culturelle de la CTC

23 Septembre 2017

Trame d'intervention de Michel Stefani au nom du groupe communiste et citoyen du Front de gauche dans le cadre du débat sur l'action de la CTC dans les domaines de la culture et du patrimoine.

Définir une politique culturelle à l’heure de la mondialisation capitaliste c’est en premier lieu s’affranchir des contraintes de la logique de marchandisation et du profit exacerbés, fondée sur la concurrence libérale et la financiarisation en tous domaines celui de la culture étant l’un des plus sensibles.

La rentabilité est de ce fait une notion opposée à l’offre culturelle accessible à tous dès l’enfance. Notre conception des choses nous conduit à imaginer la culture dans le respect de l’identité sans la déconnecter de l’universalité.

C’est différent d’une approche identitaire que nous rejetons pour favoriser non pas l’affirmation exclusive d’une identité par rapport à d’autres mais l’ouverture d’esprit et l’enrichissement intellectuel de chaque individu à partir de réalité multiculturelle qui nous entoure.

Cette réalité est d’autant plus présente que la révolution numérique nous montre par la dématérialisation la possibilité de transpercer les murs dressés pour séparer les peuples d’un avenir commun à construire dans la solidarité et la paix. A ce sujet nous reprenons volontiers cette affirmation de Spinosa : « La paix n'est pas l'absence de guerre, c'est une vertu, un état d'esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice ».

Quoi de plus urgent en effet que de sortir des tensions internationales entretenues par les convoitises économiques des grands groupes industriels et financiers, relayées en effet par les Etats impérialistes ou anciennes puissances coloniales, sur les ressources naturelles mondiales.

Non seulement cette conception des rapports internationaux génère les guerres et le terrorisme dans la forme que nous lui connaissons désormais, mais la planète elle-même est précipitée dans un abîme, les ouragans en font la démonstration, avec le dérèglement climatique proche du point de non-retour.

Nous sommes par conséquent convaincus de la nécessité de mettre à bas ce système capitaliste qui est en contradiction avec l’intérêt bien compris de l’être humain son épanouissement et l’avenir même du monde.

L’humain d’abord, voilà le sens que nous voulons donner à l’action politique au service du peuple pour changer la société et de ce fait en substituer une nouvelle à celle construite jusqu’ici sur le principe de l’exploitation économique des hommes et de la nature.

L’homme citoyen ne peut être l’exploité, l’opprimé, le spolié de la terre cher à Jean Nicoli, il se doit d’être émancipé par la connaissance.

Nelson Mandela a marqué de son empreinte cette construction contemporaine de l’émancipation humaine, nous lui devons cette phrase intemporelle « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ».

Le temps consacré par chaque personne à une manifestation culturelle, à la lecture d’un livre, à une œuvre cinématographique ou chorégraphique, théâtrale ou architecturale, le temps consacré à la compréhension d’une peinture ou d’une sculpture, ce temps-là il faut le promouvoir pour irriguer la société de ce qu’elle a de meilleur en son seing.

Cela implique d’une part de réduire le temps de travail, de bénéficier d’un salaire décent, de pouvoir fonder un foyer dans une société où la culture comme les loisirs en général sont reconnus comme des droits essentiels, d’autre part de rompre avec le divertissement de masse fondement de la société de consommation acculturant qui érode des formes autonomes de culture populaire et les liens sociaux au profit d'un monde artificiel d'individus isolés.

De la même façon se pose la question des moyens financiers et nous voyons bien dans le contexte d’austérité aggravé par l’annonce de la nouvelle ponction de 13 milliards sur les dotations aux collectivités locales que ce chemin sera long et parsemé d’obstacles. Le budget alloué au ministère de la culture se situe à environ 4,5 milliards, soit moins de 1% du budget de l’Etat.

La responsabilité publique est ainsi quantifiée c’est 7 fois moins que l’engagement de 34 milliards prévu dans la loi de programmation militaire. « Quelle connerie la guerre » dirait Paul Eluard…

La prochaine collectivité unique aura cette difficulté, au-delà bien sûr, de la fusion des 3 budgets les plus importants de la région en sachant que son autonomie financière ne serait pas garantie et que son endettement sera relativement élevé.

Les travaux dans le cadre du PADDUC ont mis en évidence les faiblesses, voire les entraves à une politique culturelle efficiente de la CTC considérée comme chef de file en la matière.

Le PADD définissait des objectifs de développement avec un schéma d’organisation des outils et équipements culturels structurants. Les enjeux identifiés dans le schéma étaient :

  • La valorisation des cultures fragiles
  • Le renforcement de la place de la Corse au cœur du bassin Méditerranéen
  • La réduction de la fracture territoriale et culturelle
  • Le renforcement de l’offre de formation
  • L’amélioration de l’accessibilité aux équipements culturels
  • Le renforcement des réseaux et la mutualisation
  • La consolidation de l’offre évènementielle

En revanche, le développement de la langue corse, les politiques patrimoniales et archéologiques n’y figuraient pas à juste titre car il s’agit de domaines pourvus d’outils de mise en œuvre, d’interventions structurées, voire d’un cadre réglementaire spécifique.

Néanmoins, l’annexe 9 du PADDUC consacrée aux équipements culturels structurants, demeure un instrument important à la mise en place d’un cadre partagé, avec l’ensemble des acteurs potentiels et intervenants culturels notamment les collectivités locales.

C’est l’interprétation rendue possible par le travail remarquable des étudiants de l’Institut Régional d’Administration de Bastia, missionnés en 2016 par la CTC pour dresser un état des lieux des politiques culturelles initiées à l’échelle intercommunale.

Selon cette étude, la moitié des communautés de communes, antérieures à l’entrée en vigueur de la loi NOTRe en janvier 2017, ont impulsé des politiques publiques dans le champ culturel.

Vous nous apprenez que la Direction de l’Action Culturelle est structurée, nous nous en félicitons, autour des services correspondant aux missions transférées (arts de la scène, livre et lecture publique, audiovisuel et cinéma, arts visuels) et des outils opérationnels (Ingénierie culturelle, Fonds Régional d’Art Contemporain, Centre d’Art Polyphonique, Cinémathèque de Corse) pour mettre en œuvre la politique culturelle de la CTC.

Cette orientation doit favoriser, nous le souhaitons, la logique de projet et non de guichet sur l’ensemble du territoire. Car aujourd’hui, les zones d’ombre sont nombreuses, et l’accès à la culture trop difficile pour beaucoup, notamment les jeunes en matière d’initiation et de formation artistique, plus particulièrement en milieu rural.

Il faut donc penser l’éducation artistique et culturelle en fonction de ces données et promouvoir sur l’ensemble du territoire une politique en faveur de la connaissance du patrimoine culturel et de la création contemporaine.

C’est aussi ce qui ressortait des différentes auditions et réunions de la commission du développement social et culturel avec les intervenants du monde de la culture organisées dans l’ancienne mandature et le sens des rapports remis à l’exécutif par Josette Risterrucci.

Le rapport préconise d’articuler cette orientation, cela nous semble pertinent, autour des axes proposés que sont :

  • l’égalité d’accès à l’offre de formation artistique et pluridisciplinaires,
  • l’égalité d’accès aux programmations culturelles
  • la formation des formateurs avec les pôles de ressources d’éducation artistique et culturelle (PREAC)
  • le parcours de l’enfant

Le PADDUC a souligné l’importance de l’offre de formation culturelle qui concerne principalement les disciplines du spectacle vivant : la musique, la danse, le théâtre, les arts du cirque.

Le bilan du schéma territorial de formation culturelle initiale de 2013 a montré globalement, malgré les ambitions affichées, que cette offre de formation connaît une évolution à deux vitesses qu’il fallait corriger pour garantir réellement un large accès à tous et sur tout le territoire, à une offre structurée de formation artistique.

C’est l’objet de la délibération adoptée en juillet dernier mais il est trop tôt pour en tirer les enseignements d’un point de vue opérationnel au regard du constat établi par le PADDUC.

Ce constat conduit à :

  • donner une priorité aux territoires délaissés mais également aux personnes socialement défavorisées
  • lutter contre les inégalités territoriales et sociales

Ceci est étroitement lié à la mise en œuvre d’une politique centrée sur la justice sociale.

La CTC actionne ses propres outils et certains dispositifs mais il est un obstacle notamment dans l’intérieur qu’il faut aplanir c’est celui du transport et nous notons que cet aspect sera traité dans le cadre du Comité de massif nonobstant la question du coût.

L’Assemblée de Corse avait émis le souhait, dans ses orientations de 2005, de faire de la Corse une « terre de création ». Ce souhait est resté inabouti et dix ans plus tard le PADDUC a mis en exergue la fragilité de la production culturelle insulaire, « atomisés » par une multitude d’acteurs. Il en ressort quelques points saillants comme :

  • le déséquilibre entre le nombre de créateurs et les espaces de diffusion
  • le manque de lieux de travail dédiés à la création :
  • la concurrence entre amateurs et professionnels pour la diffusion des œuvres
  • l’arrivée du numérique
  • la complexité des financements

Vous proposez de dynamiser la création artistique et d’accompagner son rayonnement par la mise en réseau et la synergie qui peut en découler à travers les bibliothèques, les salles de cinémas notamment d’art et d’essai, les salles de spectacles, les galeries d’art contemporain, les festivals…

Pour partie vous déclinez ce choix à travers deux chartes, l’une concernant les festivals, l’autre la diffusion de la création artistique insulaire dans les Théâtres municipaux des principales villes de Corse. Cela nous ramène à la création de la scène nationale et au regret de son abandon.

La danse est la discipline la plus pratiquée en Corse mais force est de constater qu’il n’existe pas dans le domaine de la danse contemporaine d’instance dédiée à son développement. Une association fédérant les compagnies de danse contemporaine a été créée et un rapport est soumis à l’Assemblée afin de soutenir ce projet.

Dans le domaine de la création littéraire, vous entendez travailler à un futur schéma de la lecture publique. Celle-ci répond à 4 principes la proximité, la gratuité, la liberté et la diversité. Borges nous dit « Chaque fois qu’un livre est lu ou relu, il lui arrive quelque chose ». La mise en œuvre de ces différents principes est ainsi indispensable au développement de la lecture publique et à une certaine forme de « démocratisation culturelle ».

S’agissant des arts plastiques il est question d’un effort accentué alors que pour le cinéma et l’audiovisuel les futures conventions avec le Centre National du Cinéma et de l’image animée(CNC) fixeront le cadre dans lequel s’inscriront les actions.

Reste le patrimoine et son potentiel source d'activités économiques et de revenus sur le territoire notamment en termes de restauration du bâti et du mobilier chose qui ouvre des perspectives de formation voire d’emploi pour les jeunes. Compte tenu de l’importance quantitative et qualitative de ce patrimoine, il est probable que la CTC devra établir des priorités avec les acteurs locaux.

En ce sens, la réorganisation de la Direction du Patrimoine permettra d’intervenir en amont de toutes décisions afin d’éviter des erreurs dommageables aussi bien financières que pour le patrimoine.

De même nous voyons avec Le Centre de Conservation et de Restauration du Patrimoine Mobilier de Corse (C.C.R.P.M.C.), un outil pertinent au service des collectivités locales dans le domaine de la conservation et de la restauration des œuvres. La mission, confiée au Centre Interrégional de Conservation et Restauration du Patrimoine (C.I.C.R.P.) de Marseille, permettra elle d’en affiner les missions.

La création d'un label corse pour identifier des éléments et des ensembles architecturaux, du mobilier et du patrimoine culturel immatériel, est un gage d'authenticité et de reconnaissance du patrimoine de l'île.

Vous voulez que la CTC produise une osmose pour favoriser l’émergence, sur le territoire, de lieux de travail partagés, où les univers de différentes esthétiques se croisent au quotidien, où les artistes peuvent trouver des ressources, sous forme de résidences ponctuelles ou sous forme de travail plus régulier, où des amateurs peuvent s’initier voire approfondir leur pratique, où des universitaires pourraient être appelés à ouvrir leurs recherches à l’interprétation de créateurs, où les compétences numériques pourront être mutualisées pour une meilleure utilisation des outils et une plus grande visibilité.

Le Fonds Territorial Corse de la Culture (FTCC) dont nous soutenons la création doit permettre d’apporter aux acteurs culturels plus de facilité à la créativité. En revanche nous émettons des réserves sur le mécénat et le risque de fuite qu’il peut engendrer.

Enfin, le document présenté aujourd’hui n’est pas figé il se veut évolutif pour rester dans la cadre de la coconstruction initiée depuis le PADDUC comme dans la continuité des orientations fixées alors. Et effectivement nous comprenons l’intérêt de créer une structure permanente de concertation sur la mise en œuvre des politiques publiques dans le domaine de la Culture.

L’art et la culture sont porteurs d’une historicité dont ils ne peuvent être expurgés qu’artificiellement, mais ils sont par excellence ce par quoi, ce grâce à quoi nous entretenons un rapport à l’histoire. C’est à travers l’art et la culture que nous pouvons espérer arriver à nous comprendre nous-mêmes dans le présent entre le poids du passé et la promesse d’un avenir dont les contours sont à redéfinir sans cesse au cœur de l’universel.

 

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Fête de l’Huma 2017 : le bel espoir du commun

18 Septembre 2017

Les esprits chagrin pensent que les milliers de communistes qui ont œuvré au succès de la Fête de l’Huma n’avaient pour seule préoccupation que de régler des comptes avec JL Mélenchon et la FI. Nous avions bien noté qu’il serait représenté donc absent. Par conséquent, il ne pouvait être en deux lieux différents simultanément.

Le choix de se rendre à la Réunion lui appartient et nous le respectons comme son annonce bien plus précoce précisant que cette année il ne se rendrait pas à la Fête de l’Huma. Alors oui JL Mélenchon était ailleurs et c’est dommage mais comme d'autres, Besancenot, Hamon, Autain, Ruffin...  il y avait sa place car la foule présente à cette Fête n’est pas venue que pour des concerts il n’y a qu’a voir les milliers de pétitions signées contre les ordonnances antisociales du gouvernement Macron Philippe pour s’en convaincre.

Mais cela serait insuffisant s’il n’y avait eu les dizaines de débats et les échanges par milliers pour proposer de signer cette pétition ou encore de rejoindre le PCF et être plus forts dans cette bataille essentielle où il faut, sans querelle de chapelle, travailler à la constitution d’un rapport de force politique contre le recul de société voulu par Macron et le MEDEF.

L’intérêt des travailleurs et par la même du peuple se situe là et pas ailleurs, dans ce combat et la volonté de fédérer les énergies antiaustérité pour imposer la justice sociale et donner tout son sens à l’objectif de changement de société. Comme l’a dit Pierre Laurent : « notre beau slogan « L’humain d’abord » n’est pas de l’affichage, c’est notre ligne de conduite au quotidien ».

A ceux qui s’interrogent incongrûment sur l’intérêt d’organiser cette gigantesque rencontre populaire, unique en son genre, chaque année Pierre Laurent répond : « Notre Fête, votre Fête de l'Humanité, qui porte plus que jamais son nom comme une promesse, est une terre d’accueil, la terre de tous les combats, de toutes les fraternités humaines, de toutes les cultures. C'est une terre de liberté et de débats, où la parole politique n'est pas confisquée, où elle est d'abord la parole populaire… ».

Voila ce qui fait le succès de la Fête de l’Huma et l’engagement intact et renouvelé des militants communistes pour le concrétiser. Au retour de cet événement il y a la fatigue mais surtout le bonheur de l’avoir vécu et la satisfaction d’avoir contribué à reconstruire ce bel espoir du commun.

Michel Stefani
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« Ouvrir une perspective à gauche »

12 Septembre 2017

A travers un tweet assassin, Jean Luc Mélenchon a dénoncé le rapprochement entre communistes et insoumis en vue des territoriales qu’il qualifie de tambouille. Michel Stefani, secrétaire régional du PCF, nous livre son sentiment.

interview parue dans le Petit Bastiais N°695 du 11 septembre 2017

Comment réagissez-vous aux propos de Jean Luc Mélenchon ?

Tout le monde a été surpris par la virulence du propos. Nous avons des échanges avec les représentants de la FI depuis le 17 juillet. Nous avions compris que les instances nationales de la FI étaient informées de ces échanges. Je vous laisse imaginer ce qui aurait été dit si Pierre Laurent avait tenu les mêmes propos…

Jean Luc Mélenchon parle de tambouille électorale ?

En premier lieu ce sont les représentants en Corse de la FI qui doivent se sentir désavoués. De notre point de vue c’est différent puisque nous avons répondu favorablement à leur sollicitation sans arrière pensée politicienne avec la volonté d’aboutir en toute transparence à la fois sur le contenu de la démarche et sa concrétisation par une liste commune.

Divisés aux législatives n’en reste-t-il pas des séquelles ?

Nous avons considéré qu’il fallait rassembler les forces susceptibles en Corse de s’opposer à la majorité régionale nationaliste et à la politique désastreuse du gouvernement Macron Philippe et d’ouvrir une perspective à gauche sur un contenu antilibéral et antiaustérité.

Le national n’interfère t-il pas dans vos démarches ?

Cette élection à lieu en Corse ce sera effectivement la première sur une circonscription régionale depuis l’élection de Macron. Permettre aux électrices et aux électeurs de se saisir ici de la possibilité de sanctionner la politique socialement désastreuse du gouvernement est ainsi la question centrale au moment ou déferlent les mauvais coups : casse du code du travail, augmentation de la CSG, suppression de 150 000 emplois aidés, baisse des dotations aux collectivités locales…

J’évoquais les rapports entre le PC et la FI Jean Luc Mélenchon…

Nous voulons rassembler pas diviser. Notre mode de fonctionnement au PCF nous laisse toute latitude localement pour travailler à l’élaboration de ce projet pour la Corse avec d’autres forces ou personnalités. Bien sur nous sommes en relations avec le Conseil National mais ce dernier ne nous dicte pas notre conduite.

Vous avez marqué votre différence sur quelques points qui relèvent plus précisément de questions régionales notamment « le droit à l’autodétermination » ou « la solution politique négociée » « l’amnistie » ?

Nous nous sommes exprimés sur toutes ces questions et nous pouvons le faire à nouveau mais ce n’est pas la même chose d’être en capacité d’y répondre ou de les faire apparaître dans notre propre projet pour la Corse. Nous pensons que nous devons nous concentrer sur la question sociale.

Vous ne craignez pas la critique vous situant dans l’immobilisme ?

L’immobilisme, compte tenu de l’urgence sociale, c’est de ne rien faire pour combattre les inégalités en Corse. En cinq ans le nombre de foyers imposés sur le revenu à hauteur de 180 000 euros est passé de 1600 à 1800, autre exemple les 194 M€ de réfactions de TVA sont toujours détournés au détriment du pouvoir d’achat des ménages alors que la cherté de la vie et une donnée récurrente… lorsque 22 % des ménages ont des revenus inférieur au seuil de pauvreté la priorité c’est de s’attaquer à ces problèmes…

Parlons de la réforme institutionnelle après le 1er janvier 2018

A cette date la Collectivité de Corse sera installée sans même que les Corses aient pu, contrairement à 2003, valider par référendum cette évolution institutionnelle comparable. Ce vice ajoute à l’inquiétude au-delà de la concentration du pouvoir contraire aux principes de décentralisation. Le premier retour au concret sera budgétaire. Le gouvernement Macron-Philippe veut économiser 13 milliards sur les collectivités locales, l’autonomie de financière de la future collectivité n’est pas garantie et le stock d’emprunt de la CTC dépasse les 600 M€.

Justement un nouveau statut est réclamé pour surmonter ces difficultés

La demande s’inscrit dans la perspective du « pacte girondin » annoncé par le président de la République dont les fondements ne diffèrent pas de ceux qui ont prévalu avec la création des mégas régions de plus en plus tournées vers un fédéralisme européen régi par une concurrence exacerbée contraire à l’expression de la solidarité nationale. Nous voyons les choses différemment car pour les plus défavorisés la solidarité nationale est indispensable.

Vous proposez quoi ?

Une autre répartition de la richesse pour rétablir la justice sociale. Outre les dispositifs fiscaux, le versement chaque année d’environ 100 M€ d’aides aux entreprises pose question au regard de l’impact peu convaincant en termes d’emplois stables créés, de salaires décents ou de formation. Nous pensons qu’il serait plus efficace de constituer avec ces aides dispersées un seul Fonds régional les regroupant et portant l’exigence de contreparties sociales et qualitatives sur l’emploi, la formation et les salaires.

Vous ne tenez pas compte de la spécificité insulaire !

Au contraire nous en tenons compte, non pas d’un point de vue identitaire mais social. Les politiques publiques nationales et locales doivent tendre en priorité à rééquilibrer le modèle économique de la Corse pour développer un secteur productif industriel et stabilisateur pour l’emploi aujourd’hui sur-précarisé dans le privé. Développer ces activités, respectueuses des exigences écologiques, nécessite un maillage du territoire par une présence des services publics dense et un aménagement en infrastructures conséquents.

Vous vous situez à gauche cela a-t-il encore du sens ?

Ceux qui ne veulent plus de repères œuvrent en définitive au maintien de l’ordre établi au détriment des travailleurs et des ménages populaires. L’histoire politique dans notre pays montre que la gauche, lorsqu’elle ne trahit pas ses engagements, est toujours du côté des opprimés face à la droite et à ses satellites du centre et de l’extrême droite. Mais cela implique que le parti communiste soit fort et influent.

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Une rentrée 2017 difficile

7 Septembre 2017

Contribution du groupe Communiste citoyen du Front de gauche à la newsletter de la CTC.

La mandature en cours sera interrompue les 10 et 17 décembre prochains par l’élection de la future Assemblée de Corse. Le 1er janvier 2018 la Collectivité de Corse sera installée sans même que les Corses aient pu, contrairement à 2003, valider par référendum cette évolution institutionnelle comparable.

C’est là un vice originel qui ajoute aux inquiétudes quant à l’avenir possible avec une concentration du pouvoir contraire aux principes de la décentralisation. Le premier retour au concret sera budgétaire alors que le gouvernement Macron-Philippe veut économiser 13 milliards sur les dotations aux collectivités locales.

Nous avons entendu que la fusion des trois collectivités et de leurs budgets donnerait à l’institution nouvelle largement de quoi financer ses politiques. Or, son autonomie financière ne serait pas garantie avec un ratio inférieur à la moyenne nationale. De plus si cette fragilité est constatée, il reste la sortie des emprunts toxiques et l’impact des arriérés avec un stock d'emprunt supérieur à 600 M€ dont un tiers contracté ces deux dernières années.

Malgré cela, un nouveau statut est réclamé au bénéfice d’une inscription de la Corse dans la Constitution à l’article 72 voire, comme le défendent les 3 députés nationalistes, d’en passer par l’article 74 pour obtenir un cadre dérogatoire, général et permanent. La demande s’inscrit dans la perspective du « pacte girondin » annoncé par le président de la République dont les fondements ne diffèrent pas de ceux qui ont prévalu dans le quinquennat précédent avec la création des mégas régions de plus en plus tournées vers un fédéralisme européen régi par une concurrence ultralibérale contraire à l’expression de la solidarité nationale.

Un nouveau statut pour la Corse sans que les Corses ne puissent expressément dire s’ils l’approuvent, l’hypothèse est d’autant plus sérieuse qu’il n’est pas improbable de voir le président de la République disposer de la majorité des trois cinquièmes au parlement, à l’issue des prochaines sénatoriales, permettant de modifier la Constitution avec la seule convocation du Congrès.

Après quoi viendraient le statut de résident, la corsisation de l’emploi… et le statut fiscal sans qu’aucune évaluation ne soit envisagée sur les réfactions de TVA (194 M€ en 2014) détournées au détriment du pouvoir d’achat des ménages confrontés à une cherté de la vie endémique.

Ces questions seront débattues dans la campagne électorale et dans un contexte national marqué par l’offensive néolibérale du gouvernement Macron-Philippe avec en point d’orgue la réforme du code du travail par ordonnances. Quand on sait les conditions faites aux travailleurs en Corse on peut s’attendre à une aggravation avec ce bouleversement sans précédent imposé sous la pression du MEDEF. Il se trouve que les députés de la Corse n’ont pas vu le danger au moment du vote de la loi d’habilitation autorisant le gouvernement à prendre ces mesures antisociales par ordonnances. Les 3 députés nationalistes se sont abstenus. Le député de droite a voté pour.

La rentrée 2017 en Corse comme dans tout le pays sera donc difficile pour des milliers de femmes et d’hommes notamment de jeunes confrontés au chômage, à la précarité, à la pauvreté. Pour la quatrième année consécutive le chômage a augmenté y compris en période estivale de surchauffe touristique. Ce phénomène récurrent souligne une situation d’autant plus critique que les inégalités sont très prononcées. Le nombre des ménages déclarant plus de 180 000 € de revenu annuel imposable est passé en 5 ans de 1600 à 1800. L’écart entre les ménages les plus aisés et les plus pauvres est équivalent à celui de l’Ile de France.

Une autre répartition de la richesse est nécessaire pour rétablir la justice sociale. Outre les dispositifs fiscaux, le versement chaque année d’environ 100 M€ d’aides aux entreprises pose question au regard de l’impact peu convaincant en termes d’emplois stables créés, de salaires décents ou de formation. Nous pensons qu’il serait plus efficace de constituer avec ces aides dispersées un seul Fonds régional les regroupant et portant l’exigence de contreparties sociales et qualitatives sur l’emploi, la formation et les salaires.

Les politiques publiques nationales et locales doivent tendre en priorité à rééquilibrer le modèle économique de la Corse pour développer un secteur productif industriel et stabilisateur pour l’emploi aujourd’hui sur-précarisé dans le privé. Développer ces activités, respectueuses des exigences écologiques, nécessite un maillage du territoire par une présence des services publics dense et un aménagement en infrastructures conséquents.

A l’issue de la campagne électorale prélude à l’installation d’une nouvelle Assemblée de Corse la future Collectivité unique aura face à elle les mêmes problématiques et la phase d’apprentissage sera d’autant plus délicate que l’urgence sociale s’accentuera sous l’effet des politiques d’austérité.

Michel STEFANI

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