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Michel Stefani

Un formidable espoir de bonheur partagé

30 Décembre 2016

 

2016 s’achève dans notre pays avec cette imposture gouvernementale consistant à octroyer une augmentation du SMIC de 35 centimes d’euros par jour. 11 euros par mois. Au même moment, le candidat Valls, heureux premier ministre qui a fait usage six fois du 49.3 notamment pour imposer sans débat la loi improprement baptisée « Travail », promet s’il est élu d’abroger ce symbole antidémocratique.

Le tableau serait incomplet si dans ce panorama antisocial il n’y avait les annonces du vainqueur surprise des primaires de la droite. Fillon l’homme qui promet de massacrer à la tronçonneuse la sécurité sociale, les droits sociaux, les statuts, l’emploi public et d’alléger dans un même mouvement la fiscalité sur le capital sans parler des questions sociétales vue à travers le prisme réactionnaire des manifs pour tous.

Dans sa marche à front renversé, celui qui fut cinq ans durant premier ministre de Sarkozy, veut en passer par tous les dispositifs constitutionnels pour mettre en œuvre dans les six mois consécutifs à la présidentielle son programme. Ce que son ami Guaino lui reproche en comparant la démarche à celle de Laval en 1935 lorsque ce dernier, président du Conseil de la 3ème République, demanda et obtint de la Chambre l’autorisation de légiférer par décrets-lois et ordonnances.

« La sociale » ce film de Gilles Perret, qui fait un tabac dans les salles depuis sa sortie, est d’ores et déjà un formidable antidote à la déprime que pourrait susciter la lamentable course au pouvoir à laquelle nous assistons dans ce qui est considéré par l’élite médiatique comme les principales écuries d’une alternance sans risque pour le véritable pouvoir toujours dissimulé sous les ors d’une République accaparée par des valets : celui du capitalisme financier.

Au moment où le pays sortait exsangue de la guerre, il s’est trouvé des hommes, des militants, des communistes tels qu’Ambroise Croizat, ministre du gouvernement de Gaulle, pour engager une politique de reconstruction du pays dans l’esprit du programme du Conseil National de la Résistance (CNR) intitulé « Les jours heureux ». La classe ouvrière qui « dans sa grande masse était restée fidèle à la patrie profanée » fera ainsi la démonstration de sa capacité à gérer le pays dans l’intérêt bien compris de son peuple.

Ce retour sur l’histoire, sur l’intelligence collective et le dévouement du mouvement ouvrier, n’a rien de ringard comme le prétendent les chantres de la modernité à reculons qui peuplent les rédactions des moyens d’information détenus par les Bolloré, Drahi et autres Dassault… c’est précisément parce que les travailleurs n’ont aucun intérêt à accumuler des profits, à s’octroyer des salaires et des retraites chapeau aux montants faramineux, qu’ils peuvent agir en ce sens véritablement et uniquement en faveur du progrès social.

Rien à voir non plus avec l’impasse populiste et démagogique d’un FN qui prospère, en répandant sa propagande de haine et de stigmatisation des étrangers, sur le désarroi enfanté par la politique libérale d’austérité, sévère pour les petits et bienveillante pour les puissants.

« Le commun » c’est, au contraire, l’objectif des femmes et des hommes qui, depuis la création des bourses du travail en 1892, construisent la solidarité en luttant pour une juste répartition de la richesse produite par la classe ouvrière, pour l’accès de celle-ci aux savoirs, aux droits sociaux garantis à la santé pour la famille et au logement. Le syndicalisme, si décrié ce printemps quand la mobilisation impulsée par la CGT visait à préserver ces droits et à défendre l’emploi, est en cela un formidable espoir de bonheur partagé. Une idée neuve parce que en perpétuel devenir.

C’est aussi cette volonté tranquille et forte qui, sans se départir des valeurs universelles de Liberté d’Egalité de Fraternité, de la laïcité, permet et permettra de résister aux menaces barbares, au terrorisme revêtu de croyance et de fanatisme destructeur d’humanité. Dans le fracas actuel d’un monde déstabilisé par les guerres d’intérêts et de contrôle des ressources naturelles, d’une planète fragilisée par les dérèglements climatiques aux mêmes origines capitalistes, cette volonté est aussi précieuse qu’indispensable pour faire prévaloir, par un rassemblement populaire suffisamment fort, et au-delà des frontières, la diplomatie et la paix, l’humain plutôt que l’argent roi tout au long de l’année 2017.

Bon annu, Pace e Salute a tutti.

Michel Stefani

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Poste : citoyens, usagers et salariés ont intérêt à rester vigilants

20 Décembre 2016

L’Assemblée de Corse était appelée à examiner en procédure d’examen prioritaire une motion (1) du groupe Communiste et Front de gauche concernant le Contrat de présence postale territoriale (CPPT) 2017 2020. Droite, FN, Femu a Corsica et Corsica Libéra ont voté contre.

En raison de l’opposition de l'Association des maires de France (AMF) le Contrat de présence postale n’avait pu être signé le 13 octobre. L'AMF en effet craignait le sous-financement de la présence postale et la perte du pouvoir des maires sur le maillage territorial. Le texte dans sa version initiale ne prévoyait pas de revalorisation de l'enveloppe annuelle du fonds de péréquation dont le montant prévisionnel de 170 M€ est inchangé depuis 2011.

La loi de régulation des activités postales du 20 mai 2005 a introduit une norme d'accessibilité au réseau des « Points de contact », qui prévoit que 90 % de la population d'un département ne peut être éloignée de plus de 5 kilomètres des accès au réseau. Cette norme, qui génère des coûts de présence postale territoriale, fait l'objet d'une compensation sous forme d'un allègement des charges de fiscalité directe locale.

Finalement, l'AMF a obtenu sur les deux points litigieux des avancées qui ont entrainé la signature le 8 décembre. Il s’agit d’une hausse, de 4 millions d'euros par an de l'enveloppe qui passe de 170 à 174 M€, soit un total de 522 M€ sur trois ans. L'accord préalable du maire sur la modification de la présence postale a également été rétabli pour tous les bureaux de poste éligibles au fonds de péréquation.

Les critères d’éligibilité de ces bureaux sont l'activité quand elle est inférieure à 18 heures par semaine et l’implantation dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, dans les communes nouvelles et dans les communes ne comptant plus qu'un seul bureau de poste. Hors de ces zones, La Poste prendra en compte le désaccord du maire et sera tenu de proposer un deuxième projet. Pour les fermetures estivales elles seront notifiées au mois de février aux communes et seront limitées à trois semaines maximum. Une clause de revoyure du contrat a été intégrée au contrat pour intervenir en 2018.

Cela étant, il y avait bien un intérêt à faire connaitre l’intérêt que l’Assemblée de Corse porte à la question même si entre temps le CPPT a malheureusement été signé. Car pour l’essentiel les dirigeants de La Poste ont maintenu leur stratégie. Celle-ci s’inscrit dans la continuité d’un service dégradé et des choix pour les maires qui n'en sont pas : avoir un point de contact ou une maison de service public et payer pour cela, ou bien voir La Poste quitter la commune.

Ce démantèlement du maillage territorial et la transformation de La Poste en société anonyme a des conséquences dramatiques. Depuis 2008, 48.032 emplois ont ainsi été supprimés, 7.300 pour la seule année 2015. 8.000 bureaux de poste sur 17.000 ont été transformés en agences postales communales pour les deux tiers, ou en relais tenus par des commerçants pour un tiers.

Désormais, les facteurs devront accomplir des tâches supplémentaires, comme l'organisation des examens du Code de la route, les visites aux personnes âgées ou le portage de médicaments… Les syndicats ne renient pas le principe de ces nouveaux métiers mais ils en contestent les modalités et ont fait part à la direction des difficultés rencontrées. Louise Antonelli de la CGT : « Lorsque nous parlons usagers, services publics, proximité, statut des postiers La Poste nous répond clients, entreprises, rentabilité financière, nous appelons nous à prendre une autre direction, celle de la rentabilité sociale ».

Dans ce contexte la Conseillère Exécutive -elle avait eu la même attitude lors de la précédente session s’agissant d’une motion de notre groupe sur la PPE- a adressé un courrier aux élus le matin même ou la motion sur la Poste devait être examinée pour les inviter à la rejeter en indiquant qu’elle était « inappropriée et de nature à gêner les négociations entreprises » avec la direction régionale depuis le 8 avril.

Selon la Conseillère exécutive « Ces échanges ont été l’occasion de faire le point sur la tendance à une diminution drastique des activités traditionnelles de la Poste liées au développement numérique dans le domaine du courrier, ainsi qu’une baisse de fréquentation aux guichets et les actions engagées par le groupe pour adapter son offre, d’une part dans le cadre des quatre missions de service public qui lui sont confiées et d’autre part à travers trois nouvelles activités d’intérêt public ».

Apparemment les mobilisations, dans de nombreux villages, de la population, des élus, des postiers ces derniers mois confirment à tout le moins un désaccord alors que la Conseillère exécutive considère que « les nouveaux services de proximité apparaissent comme un moyen susceptible de maintenir un niveau d’activité du facteur dans les zones rurales, tout en offrant aux territoires desservis un niveau de service qui peut dans certains cas s’avérer déterminant pour le maintien ou l’installation de populations et d’activités ».

Pour autant, citoyens, usagers et salariés ont intérêt à rester vigilants. C’était le sens de cette motion votée uniquement par les groupes Communiste Front de gauche et Prima a Corsica. Car derrière des objectifs en apparence louables et un discours rassurant, mais déjà ancien et contredit par les faits, la nouvelle mouture du CPPT a pour seule ambition de poursuivre et d’habiller l’aggravation de la politique dont le service postal souffre depuis des années comme l’ensemble du service public rongé par les logiques ultralibérales.

Michel Stefani

 

(1) Motion : Contrat de présence postale territoriale

Considérant que le contrat tripartite de présence postale territoriale pour 2017-2020 est en cours de discussion entre l’État, la Poste et l’Association des maires de France ;

Considérant que ce contrat prévoit de ne plus solliciter l’accord préalable du conseil municipal pour les transformations de bureau de poste et de s’en tenir qu’à un avis du Maire.

Considérant que cette disposition par l’absence de débat démocratique dans les instances élues serait un grave recul pour la démocratie locale de nature à engendrer de nombreux conflits dans les territoires ;

Considérant que la signature de ce contrat tel que entrainerait la fermeture de très nombreux bureaux de poste en particulier dans les villes moyennes urbaines et dans les communes rurales ;

Considérant que les directions de La Poste ont anticipé le transfert d’activité vers des commerces de proximité ;

Considérant que ces évolutions négatives du Service Public Postal impulsé par le groupe La Poste se vérifient par des fermetures de bureaux de poste, des réductions des horaires d’ouvertures de bureaux, des suppressions de tournées de facteurs, de transfert d’activités postales dans des commerces, de réduction du nombre d’agents... ;

Considérant la dégradation importante du service rendu aux usagers et des conditions de travail des agents ;

Considérant par ailleurs l’insuffisance du fond de péréquation qui aggrave l’atteinte au service public d’autant plus indispensable que nos concitoyens sont attente de solidarité non d’inégalité accrue :

L’Assemblée de Corse pour ces raisons demande

  • au gouvernement et à l’Association des Maires de ne pas signer le contrat de présence postale pour 2017-2019 ;
  • à ce que les parties intéressées puissent en élaborer un autre tourné vers l’emploi, le développement des services publics, la démocratie ;
  • à ce que l’accord préalable du maire et du conseil municipal soit rétablie pour toute évolution du réseau postal ;
  • à ce que les CDPPT (Commissions Départementales de Présence Postale et Territoriale) soient élargies aux associations d’usagers et organisations syndicales représentatives du personnel ;
  • à ce que les CDPPT soient valablement consultées sur l’ensemble des évolutions en cours au sein du réseau postal local ou sur les réorganisations de services qui impactent les conditions de travail et le service rendu aux usagers ;
  • à ce qu’une réelle prise en compte du monde rural soit actée en Corse pour les services de La Poste ;
  • à ce que La Poste par le biais de sa filiale La Banque Postale offre les mêmes services à toutes les populations (rurales, ZUS, urbaines…)
  • affirme son soutien à celles et ceux qui se battent pour l’emploi en zone rurale et le maintien du service public ;
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Schéma économique de la Corse : les raisons d'un vote contre

15 Décembre 2016

Intervention faite dans le cadre du débat sur le Schéma de développement économique d'innovation et d'internalisation (SRDE2I) et explication de vote.

Définir une stratégie de développement économique, laisse supposer des évolutions qui intègrent à la fois les problématiques -écologiques, énergétiques, numériques, démographiques- en résumé la modernité de notre époque et dans un même mouvement l’exigence de justice sociale pour réduire les inégalités, faire reculer la précarité et créer de l’emploi stable bien rémunéré.

Si la densité du rapport permet effectivement de voir qu’il couvre un large champ d’interventions relevant désormais exclusivement de la compétence de la CTC, les orientations qu’ils préconisent sont calées sur un cadre dont la nouveauté s’entrevoit sur certains aspects sans être surprenant dans l’ensemble.

Cela ne veut pas dire que notre appréciation porte sur la qualité de ce qui nous est présenté mais bien la déclinaison des politiques dont nous savons l’impact lorsqu’il s’agit à la fois de pouvoir impulser la créativité et l’innovation et d’autre part de lutter contre le chômage et d’établir la justice sociale.

Par exemple nous savons que la loi El Komri permettra dés 2017 de licencier plus facilement pour répondre avec « souplesse » aux variations conjoncturelles du marché du travail. Ce n’est pas de votre fait mais on retrouve ça dans votre rapport. Dés lors l’espace européen étant celui dans lequel la Corse doit trouver sa place ce qui structure cet espace a forcement un effet direct sur elle au-delà des coopérations transfrontalières que nous approuvons.

Le rapport souligne d’ailleurs la contradiction, en partant de la réalité du tissu économique, non industriel, de la Corse ses faibles capacités productives, une place limitée de l’innovation, un rayonnement internationale inexistant, un niveau de revenus en net retrait et une démographie basse avec une population vieillissante.

C’est un frein d’autant plus inquiétant que ce qui se dessine, à travers la nouvelle organisation administrative et institutionnelle du pays avec les méga régions, c’est la mise en concurrence des territoires : la compétitivité plutôt que la solidarité. Cela influe sur la façon d'aborder les grands enjeux touchant aux fondamentaux économiques de l’île. Le contenu de la réponse face aux questions qui en découlent est forcément marqué par ce choix libéral d’aménagement du territoire.

Le modèle économique construit ces trente dernières années, indépendamment de la décentralisation qui offrait quelques possibilités de rééquilibrage des secteurs d’activité notamment avec le CCDIC malheureusement mort né, a été centrée sur la mono activité du tourisme puis d’un tourisme de luxe, laissant de côté la production industrielle.

La structuration au début des années 2000 de la transformation agroalimentaire montre, s’il le faut, à côté d’entreprises plus anciennes comme CCA que la Corse n’a pas vocation a rester sans industrialisation sauf à vouloir s’en tenir à la seule satisfaction des besoins de consommation avec un volume d’importation huit fois supérieur à celui des exportations.

Pour les entreprises localisées en Corse, seuls 2 % du CA provient de leurs exportations hors continent français, contre 15 % au niveau national et 19 % en PACA. La dessus CCA réalise un CA 30 M€ en 2015 à l’export alors que dans le numérique, la chimie, les boissons des résultats prometteurs sont obtenus.

Rien d’étonnant en revanche à ce que le consortium devenu propriétaire de la Corsica linéa fasse état d’un CA d’un milliard plus de 10% du PIB de la Corse et constitue de fait un oligopole dont le rôle et la place n’apparaissent pas dans ce rapport. Pourtant c’est bien un élément structurant au cœur de l’économie insulaire.

Cette domination économique pose avec plus d’acuité encore la nécessité d’obtenir que les dispositifs fiscaux à l’avantage du consommateur ne viennent pas augmenter les marges au détriment du pouvoir d’achat des ménages. Je veux parler du détournement des 194 M€ de réfactions de TVA et de l’évaporation du franco de port qu’il faut combattre selon nous faute de quoi le combat pour la justice sociale restera un vœu pieux.

De même, nous voyons dans le maintien de l’exonération sur les gros patrimoines des droits de successions ou la création d’une zone franche sur 80 % du territoire, le projet d’augmentation de la fiscalité sur le carburant, les sources qui continueront d’alimenter le réservoir des inégalités.

L’agriculture ainsi si elle est impactée par la PAC comme partout ailleurs s’agissant des petites exploitations familiales peine à trouver les débouchés à sa production et effectivement l’objectif de développer les circuits courts doit être privilégié. Cependant nous voyons déjà malgré les choix positifs retenus pour la filière bois que les difficultés s’aggrave notamment avec le risque de liquidation de l’interpro.

Se pose de la même manière la question des aides consenties aux entreprises il y a les 10 M€ annuel de l’ADEC, l’enveloppe de 20 M€ sur le PEI et les 80 M€ du CICE et CICo. Bon an mal an ce sont prés de 100 M€ au total pour lesquels il est communément dit qu’ils permettent de maintenir la trésorerie des entreprises à flot faute de quoi le chômage serait plus important. Il touche plus de 22 000 personnes.

La population active a augmenté ces 2 dernières décennies de 2,5 % entre 1999 et 2008 et de 1,8 % entre 2008 et 2013. Cela est à corréler dans la première phase avec le PEI et ensuite avec la crise des « subprime ». On relève également que la surchauffe estivale n’absorbe plus depuis 2013 même temporairement la demande d’emploi.

Par conséquent une part de cette progression de la population active se retrouve directement au chômage. Le taux de chômage reste cette année supérieur à 10 % alors qu’il était sous les 8 % en 2008.

Dans le scénario retenu il est question d’une progression de l'emploi salarié marchand à un rythme de 1 à 2 % par an entre 2017-2020 puis de +1 ½ % au-delà. C’est moins que la décennie 2000 marquée par une croissance dopée par la commande publique.

La seule embellie viendrait du fait que 32 000 actifs auront quitté le marché du travail corse d'ici 2020. Cela rend nécessaire le rapport y insiste je le cite : « le maintien d’un flux migratoire suffisant pour fluidifier les tensions sur le marché du travail ». Il s’agit donc d’une évidence mais l’intérêt de celle-ci ainsi affirmée c’est qu’elle s’oppose à ceux qui stigmatisent le travailleur venus d’ailleurs.

Mais ce marché du travail sera égalent touché par le retrait de l’emploi public. Il y aura la fusion des 3 collectivités dans le prolongement des RGPP et autre MAP sans parler des services publics déménagés ou mis en cause par la concurrence déloyale des low cost dans les transports.

Le rapport pointe les effets « de la fragmentation de l’emploi (contrats courts et très courts), le poids des emplois saisonniers et l’importance du temps partiel, notamment très partiel, lorsqu’il est imposé ». Cette précarité massive, se conjugue à une entrée dans la vie professionnelle d’autant plus compliquée que de nombreux jeunes sortent précocement du système scolaire et en situation d’échec.

Les bas salaires pour les ouvriers non qualifiés complètent ce cocktail et le tout engendre une pauvreté pour la vie et souvent d’une génération sur l’autre. 20 % des ménages insulaires, 60 000 personnes en sont victimes. C’est la moyenne régionale la plus élevée.

La stratégie à mettre en œuvre pour inverser la courbe implique d’actionner plusieurs leviers notamment ceux des programmations en cours PEI et PPE en particuliers, CPER dans une moindre mesure compte tenu des politiques imposées et des contraintes budgétaires, et enfin celui de l’ESS comme un référent. Le rôle prépondérant de la CTC ne doit pas cependant conduire à une tutelle sclérosante sur les autres institutions ou partenaires.

Autre levier la réorientation des 100 M€ d’aides aux entreprises et même si nous notons une rationalisation des mesures et des dispositifs, nous restons pour notre part convaincu que l’efficacité passe par la création d’un Fonds régional unique assis sur trois objectifs l’emploi, le salaire, la formation et un meilleur contrôle démocratique.

Il permettrait de répondre aux besoins d’investissement dans la R&D dont on peut comprendre qu’il soit ignoré par les TPE et beaucoup moins quand il s’agit d’entreprises plus importantes. Il y a un enjeu décisif à faire mesurer les conséquences du retard en ce domaine pour sortir des effets d’aubaines liés aux allégements de charges et effectivement que les entreprises soient mieux à même de répondre aux défis de la production, de l’innovation, de la formation, de la qualification et enfin de la rémunération conséquente.

C’est d’autant plus nécessaire pour créer de l’emploi stable et attractif et ainsi pouvoir concrétiser la priorité que constitue l’insertion des jeunes sur le marché du travail réduire le taux de NEET (not in employment éducation or trainaing-sans emploi ne suivant ni étude ni formation) avec des mesures de soutien à la formation, à l’amélioration des contrats de travail et à la demande des entreprises.

Pour conclure puisqu’il s’agit de réduire les fractures et les déséquilibres spatiaux, de lutter contre les inégalités et la précarité nous pensons que les mesures positives envisagées dans la phase montante de votre scénario seront annihilées d’une part par le cadre fiscal (détournement de réfaction de TVA, ZF, Exonération de la contribution des gros patrimoines....) et d’autre part par les mesures d’aides aux entreprises maintenues en l’état sans contrepartie sociale telle que le CICE ou CICo.

Explication de vote

Nous déplorons que vous ayez pris en compte l’amendement du FN en supprimant (page 22 du rapport) le paragraphe concernant la transition relative au vieillissement de la population active. Ce n’est pas anodin. Pourquoi parce qu’il s’agit du maintien d’un flux migratoire pour satisfaire aux besoins en main d’œuvre des entreprises. C’est une constante dès lors qu’on parle sérieusement de développement économique.

C’est déjà le cas dans l’agriculture, le BTP, l’hôtellerie, la restauration… et nous savons qu’il y a beaucoup à dire sur le respect de la législation sociale dans de nombreuses entreprises. Mais ce n’est pas de cela qu’il est question ni même de l’exploitation scandaleuse permise par la directive européenne dite du travailleur détaché.

Ce dont il est question c’est de l’approche xénophobe stigmatisant les travailleurs étrangers injustement accusés d’être les responsables de la dégradation économique et sociale alors qu’ils sont eux-mêmes les victimes de pratiques patronales antisociales.

Cela est en contradiction avec les valeurs universelles essentielles que nous ne détachons pas de la nécessité affirmée dans cette stratégie à travers l’objectif visant à réduire les fractures et les déséquilibres spatiaux, à lutter contre les inégalités et la précarité.

Pour autant, nous pensons que les mesures positives envisagées, dans le domaine de l’ESS avec la monnaie complémentaire ou le micro crédit, et plus largement dans la phase montante de votre scénario seront annihilées par le cadre fiscal actuel et futur réclamé à travers le statut fiscal : actuel je veux parler du détournement des réfactions de TVA, de l’exonération de la contribution des gros patrimoines et futur de la Zone franche rurale.

D’autre part les mesures d’aides aux entreprises sont pour l’essentiel maintenues en l’état sans contrepartie sociale exigée aux demandeurs en termes d’emploi de salaire et de formation telle que le CICE ou CICo le confirment depuis trois ans.

Pour ces raisons, indépendamment de notre contribution aux travaux d’élaboration de ce SRDE2ii nous continuerons pour ce qui est de la fiscalité à défendre les principes de justice fiscale et sociale et nous voterons contre ce schéma régional de l’économie.

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Jean Luc Mélenchon est le seul à pouvoir sortir vainqueur de la primaire socialiste en portant une alternative à l’austérité

2 Décembre 2016

François Hollande est désormais l’incarnation vivante du système agonisant conçu à travers la Constitution de 58, celle « du coup d’Etat permanent », devenue avec le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral l’instrument de l’alternance sans risque dont le capital financier a besoin pour maintenir sa domination.

Tout change mais les choses restent en l’état et celui qui exerce le pouvoir suprême dans cette 5ème puissance économique mondiale qu’est la France n’est qu’un pion chargé de mettre en œuvre une politique immuablement antisociale.

Une fois les effets de manches sur les tréteaux de campagne électorale passés, c’est l’abandon des engagements et la poursuite plus ou moins aggravée d’une politique désastreuse pour le peuple et les travailleurs mais toujours bienveillante pour la grande bourgeoisie, les plus fortunés, le capital sous toutes ses formes et notamment financier.

La financiarisation hypertrophique de l’économie à l’échelle planétaire nourrit une crise continue mais indolore pour les spéculateurs et les actionnaires pour lesquels les dividendes sont préservés quoi qu’il puisse se passer. Ils ont même la possibilité d’exiler leurs profits dans les paradis fiscaux tout en faisant supporter leurs déboires bancaires aux Etats et aux peuples chargés de renflouer les banques quand la faillite menace.

Les exemples ne manquent pas le plus emblématique est celui de la Grèce. L’austérité s’étend de partout et la dépense sociale utile au peuple est comprimée d’un côté, pour garantir de l’autre, les marges et les profits. Le scandale du CICE en fait la démonstration. Pour autant il en faut plus au MEDEF et au conglomérat capitaliste international.

Le travail est déréguler complètement, la protection sociale est saccagée et le service public abandonné au tout marché. Résultat des courses, le chômage augmente, la vie est de plus en plus dure pour un nombre grandissant de ménages populaires. Les lois Macron ElKomri, les transcriptions des directives européennes instituant partout la concurrence entre les hommes et les territoires font grandir le sentiment d’incertitude et de peur.

Sur ce terreau prospère le FN et une droite réactionnaire qui s’est donnée François Fillon comme chef de file. On ne peut même pas parler de repli c’est véritablement un recul de civilisation qu’ils préparent avec des discours prétendument modernes mais qui nous ramènent à Adam Smith : « le pauvre est pauvre parce qu’il le veut, le chômeur est un assisté comme l’attributaire d’une allocation de solidarité ». Inversement la « libre entreprise » dans son évolution peut percevoir des milliards d’argent public sans être déconsidérée, ni accusée de représenter un cout exorbitant pour le contribuable.

Voila ou nous ont conduit Valls, Hollande, Macron et consorts… Il n’y a rien de courageux dans les propos du président de la République, ni même de pathétique, il y a tout simplement un échec cuisant sans autocritique. Cependant l’annonce de son retrait de la course à l’Elysée bouleverse quelque peu le paysage politique de la présidentielle.

La manœuvre n’a de sens que pour propulser un Manuel Valls impatient et pour étouffer un Emmanuel Macron encombrant. Tout cela n’a pu se faire sans que la direction du PS ne soit informée a défaut d’avoir pesé pour aboutir à ce scénario plus préservateur pour les candidats aux législatives dans l’hypothèse où il y aurait un effet Valls capable d’endiguer les courants d’opinion favorables à Macron et Mélenchon.

Avant cela les sondages, dans tous les cas, donnaient la droite et l’extrême droite largement devant et qualifiées pour le second tour de la présidentielle. Le mode de scrutin et le calendrier électoral conduisent à ce que les électeurs confortent en effet leur choix pour donner au président de la République une majorité parlementaire de gouvernement.

Cet engrenage mortifère laisse craindre le pire. À l’image des régionales en PACA ou dans le Nord, la gauche, piégée par sa dispersion, s’expose à ce que son incapacité à offrir une perspective conduise à son élimination du second tour des législatives dans de nombreuses circonscriptions. Cette double peine peut être évitée si effectivement Jean Luc Mélenchon entre dans la primaire socialiste avec la candidate du PRG et le candidat d’EELV.

C’est à présent la seule démarche politique à la hauteur des enjeux touchant à l’avenir même de la France comme aux principes et au pacte social républicain. Jean Luc Mélenchon est le seul capable de sortir vainqueur de cette primaire en portant une alternative à l’austérité sociale libérale d’un Valls ou ultralibérale d’un Fillon. La dynamique du rassemblement ainsi réalisé permettrait non pas de faire un score honorable mais d’être présent au second tour pour écrire une page politique favorable au peuple, aux travailleurs.

Michel Stefani

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