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Michel Stefani

Air Corsica : Le Plan d’actions est validé mais pas à l’unanimité

30 Novembre 2016

La direction d’Air Corsica a présenté son plan d’actions pour les trois prochaines années. Cette période correspond à la nouvelle DSP qui se déroulera dans un contexte, comme cela a été rappelé, où le ciel européen et mondial est en mutation constante. Cela se traduit par un aiguisement de la concurrence liée aux pratiques « déloyales » des opérateurs low cost. La contradiction réside ici dans le fait que de toutes parts l’atterrissage de ces compagnies en Corse est réclamé. CCI, ATC. OTC, socioprofessionnels… formulent ainsi une demande plus conforme aux exigences de l’activité touristique que du service public.

Air Corsica réalise un résultat positif de 1.5 M€. C’est une bonne chose mais il ne faut pas oublier la recapitalisation de 2012 et l’avenant à la convention voté à la fin de la précédente DSP pour permettre à la compagnie de diversifier son offre hors DSP et d’augmenter ses recettes. En 2013-2014, pour la première fois de son existence, la compagnie enregistrait des résultats négatifs sur le bord à bord. Il fallait donc réagir pour surmonter la perte de 80 000 passagers en correspondance alors que le prix du coupon moyen avait été augmenté.

Lors de la présentation du plan d’actions par Mr Vinciguerra j’avais souligné cette contradiction et indiqué qu’il fallait maintenir un équilibre privilégiant le service public et les délégataires pour ne pas dire les opérateurs historiques Air Corsica et Air France notamment en fortifiant leur partenariat. En ce sens, j’ai insisté afin que l’optimisation de l’exploitation de la flotte hors DSP se fasse dans un cadre non préjudiciable au service public et juridiquement inattaquable pour ce qui est des coûts imputables à chaque service. De ce point de vue, l’expérience enseigne que la concurrence « libre et non faussée » se nourrit souvent des recours anti service public des low cost.

Et s’il est indispensable de réduire autant que faire se peut les coûts, avec une relative prudence au regard du prix du combustible susceptible de fluctuations sensibles, j’avais insisté afin que cette approche ne fasse pas de l’emploi la variable d’ajustement. La direction d’Air Corsica s’en défend tant mieux mais elle indique en même temps vouloir réduire la masse salariale et réfléchir à des départs volontaires sans remplacement sur poste. Sans faire de procès d’intention, il est préférable effectivement de renégocier à la baisse certains contrats de prestations à échéances et surtout de s’opposer aux Low cost aulieu de leur faire un pont d’or.

Enfin sur la forme je dois préciser les raisons de mon absence au Conseil de surveillance d’Air Corsica. En date du 3 novembre les membres du Conseil de surveillance ont été destinataires d’un courrier précisant la liste des documents qu’ils auraient à examiner. Le plan d’actions n’y figurait pas. Le Conseil de surveillance initialement prévu le 10 novembre aura lieu le 24 novembre. Convoqué au même moment à une Commission de DSP où le quorum était requis, je me suis excusé de mon absence au Conseil de surveillance. Néanmoins si j’avais su que le plan « un passu pa l’avvenu », devait y être présenté j’aurais fait le contraire pour pouvoir formuler à nouveau les réserves exprimées en juin dernier. Par conséquent il n’est pas juste de dire qu’il a été validé à l’unanimité sinon de préciser des présents.

Michel Stefani

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Droits de succession en Corse et justice fiscale

29 Novembre 2016

Intervention faite dans le cadre du débat intervenu à l'Assemblée de Corse le 25 novembre s'agissant de la proposition de loi présentée par le député Camille de Rocca Serra intitulée : Assainissement cadastral et résorption du désordre de la propriété.

"La Corse est la région française qui a le PIB le plus faible (8 milliards d’euros) et le taux de pauvreté le plus important (19 %)".

Pour ce qui nous concerne c’est de ce constat que nous voulons partir pour donner notre avis sur cette proposition de loi dont l’objectif central est d’obtenir une prolongation de 10 ans du régime dérogatoire applicable aux droits de succession en Corse.

Partir de ce constat c’est forcément relever le creusement des inégalités dans notre régions avec un écart significatif de 7 points entre les ménages aux revenus les plus élevés et ceux dont les revenus sont les plus bas.

Il convient par conséquent de poser la question de la justice fiscale et de la juste répartition de la richesse précisément pour faire, non pas un constat en attendant la manifestation d’âmes charitables, mais un choix politique qui distingue le contribuable redevable de l’ISF de celui dont les revenus sont tellement bas qu’il ne peut payer l’impôts.

Parler de pauvreté et de précarité en s’exonérant de poser les termes de la démarche pour tendre à la résorption des inégalités c’est noyé dans la généralité la particularité des gros patrimoines et il y en a. Il ne suffit pas de dire l’Etat compensera le manque de recettes fiscales et de fermer les yeux sur la façon dont la solidarité est ainsi mise en œuvre à travers la disposition au plan national et entre les différentes classes sociales.

Un ménage sur deux en Corse ne possède rien sur l’autre moitié plus de 90 % des biens transmis bénéficient des abattements qui rendent la part taxable nulle. Il faut donc fixer un seuil à partir duquel le patrimoine sera soumis à une contribution normale. En ce sens oui il serait question de combattre les inégalités, la pauvreté et de faire valoir les principes de la solidarité en rétablissant la justice fiscale.

Les chiffres sont éloquents. Certes il y a une situation de désordre de propriété 84 000 comptes cadastraux sur un million ont un propriétaire décédé et 64 000 biens non délimités représentent 15 % de la surface cadastrée.

S’ajoute à cela la nécessité d’obtenir des mesures propres à permettre l’épuisement du stock des successions collatérales plus nombreuses en Corse et à favoriser le régime de donations. Nous émettons toutefois une réserve sur le dispositif de la prescription acquisitive pour les risques d’appropriations illégitimes qu’il peut générer dans une forme de généralisation plutôt que d’exception.

On ne peut dès lors considérer de manière identique toutes les situations et en définitive maintenir un privilège pour les plus fortunés. Depuis la fin de l’exonération totale (31/12/2012) le volume des recettes fiscales tiré de l’imposition à 50 % n’a fait que progresser : 15 M euros en 2013, 21.3 M euros en 2014, et 41.8 M euros en 2015.

Il y a bien sur l’anticipation non mortelle apparemment d’un retour au droit commun. Mais il n’y a pas que ça. Si le GIRTEC instruit 500 dossiers par an on peut en conclure que la valeur des patrimoines est de plus en plus importantes pour aboutir au doublement de la recette fiscale d’une année sur l’autre. Et effectivement tant qu’à parler de choc fiscal il y a plus à craindre pour les ménages populaires à faibles revenus d’une augmentation de la TVA que de la taxation des gros patrimoines.

Michel Stefani

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Il faut que les communistes soient eux-mêmes pour faire renaitre l’espoir à gauche

28 Novembre 2016

La presse, qui porte comme chacun sait une attention particulière à ce que les communistes peuvent faire, s’en délecte, ceux-ci viennent de désavouer « leurs cadres dirigeants ». La formule était apparue lors de la Conférence nationale du PCF le 5 novembre.

Effectivement la Conférence nationale qui elle avait désavoué le Secrétaire national se retrouve dans la même situation après ce vote et inversement ce dernier conforté dans son choix d’appeler à voter Jean Luc Mélenchon (JLM 2017).

On peut se contenter de répéter que la démonstration n’est après tout que celle de la démocratie il n’est pas superflu de souligner, malgré un vote très majoritaire du préambule stratégique aux deux options, la fragilité de cette direction sinon de s’interroger sur sa légitimité.

Cela étant, nous voila tous engagés derrière JLM 2017 pour lequel le Parti communiste français appelle officiellement à voter et parallèlement à mener une campagne autonome.

Notre candidat nous autorisera-t-il à coller des affiches, même si nous les payons, sur lesquelles apparaîtra le sigle du PCF ?

La question se pose à tout le moins car ceux de l’Humain d’abord et du Front de gauche sont désormais des reliquats inutilisables, s’il on s’en tient aux propos de notre candidat.

Le Parti de gauche lui a fait entendre sa satisfaction après le vote des communistes. Au nom de la nécessaire cohérence, il a exigé l’adhésion du PCF à la Charte de la France insoumise pour avoir une seule et même campagne à la présidentielle et aux législatives.

« L’union est combat » cette affirmation du PG le confirme.

Quand par ailleurs le nouveau mentor de la droite François Fillon vient d’exploser tous ses concurrents avec le programme pro-MEDEF le plus antisocial, cette prise de position politique interpelle quelque peu sans vouloir pinailler compte tenu du danger.

Côté PS, la victoire de Fillon est un avantage. Elle lui permet avec sa propre primaire de développer deux mois durant un discours d’opposition à ce programme réactionnaire et de masquer la politique désastreuse du gouvernement.

Le suspens entretenu sur la démission de Valls et son engagement contre Hollande viendra en rajouter. La machine à produire du vote utile à gauche est donc en marche. Face à elle, la dynamique du rassemblement anti-austéritaire reste à construire en surmontant la multiplicité des candidatures classées à gauche.

A travers cette démarche il s’agit de sortir de l’impasse sociale libérale et de battre la droite et l’extrême droite. C’est une impérieuse nécessité. Pour cela il faut que, dans la campagne particulièrement difficile qui s’annonce, les communistes soient plus encore eux-mêmes pour parvenir à impulser cette dynamique de rassemblement populaire et faire renaître l’espoir à gauche.

Michel Stefani

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C’est l’option 2.

22 Novembre 2016

Historiquement l’existence du Parti communiste a été fondée sur son utilité à promouvoir l’unité de la classe ouvrière et à défendre ainsi collectivement les intérêts de celle-ci face à la bourgeoisie dominante plus enclin à l’exploiter pour garantir ses profits capitalistes qu’à lui permettre de vivre dignement de son travail et de bénéficier des progrès de la modernité propre à son épanouissement au quotidien.

Pour la classe ouvrière obtenir les moyens de se loger, se soigner, se former, se cultiver, se distraire… n’a été que le fruit de longs combats ouvrant la voie de son émancipation et par la même celle du peuple du tout entier dans un progrès social partagé. Toutes les avancées démocratiques en sont également le produit. Les grandes conquêtes de 1936 de 1945 et de 1968 le confirment.

A quelques mois d’échéances électorales décisives peut-on considérer que cet affrontement de classes n’est plus qu’un vestige du siècle précédent et croire que les communistes, qui l’ont traversé de génération en génération en tenant toute leur place dans ces difficiles combats, puissent faire œuvre d’inutilité en choisissant d’engager un candidat à l’élection présidentielle ?

Au moment ou la primaire à droite laisse supposer, en cas de victoire de Fillon, une politique des plus réactionnaires contre les travailleurs et le peuple, la réponse est : non !

Pourquoi ? Tout simplement parce que cette candidature n’est pas faite pour les désarmer mais au contraire pour leur fournir les armes nécessaires afin de mettre en échec les forces de la droite et du patronat et à enrayer leur machine antisociale à remonter le temps.

Les communistes sont ils capables de faire cela ? Sans aucun doute.

Dans le paysage politique tel qu’il se dessine à présent a travers cette menace d’avoir à choisir entre un retour au pouvoir de la droite réactionnaire et conservatrice et une extrême droite faisant assaut de démagogie sociale et nationale, la volonté de rassembler les forces de progrès sans se prostré ni se prosterné est une évidence.

Force est de constater que ce choix les communistes l’ont fait sans être entendus à cet instant notamment par JL Mélenchon, la France Insoumise et ses satellites issus du Front de gauche dont ils ont d’un commun accord et préalablement prononcé l’extinction.

Les communistes vont voter ils le feront en connaissance de cause, librement et leur vote s’il devait confirmer celui de la Conférence nationale n’aurait rien de mortifère contrairement à ce que nous pouvons lire et entendre pas plus qu’il n’est salutaire d’appeler à voter JL Mélenchon sans même pouvoir débattre du contenu politique de sa démarche très présidentialiste.

Il ne s’agit pas non plus de faire croire que JL Mélenchon et la France Insoumise sont politiquement les plus éloignés de ce que nous défendons mais surtout de relever un comportement à l’égard du PCF qui laisse deviner une stratégie encouragée par des sondages positifs consistant à le rayer électoralement de la carte politique à gauche.

"Hors partis" la promotion a sens unique de JL Mélenchon participe de la recomposition politique qui débutera au lendemain du second tour de la présidentielle sur un terrain miné ou les 577 candidats de la France Insoumise n’hésiteront pas à chercher la réciprocité d’un désistement y compris avec le PS pour pouvoir siéger à l’Assemblée Nationale en nombre suffisant.

Réfuter cet affirmation reviendrait à laisser croire que la France Insoumise ne serait en fait que l’écurie électorale de JL Mélenchon pour la présidentielle. Tel n’est pas le cas. La France Insoumise vise à occuper tout l’espace politique à gauche du PS tout en gagnant sur la partie sociale démocrate.

Dans le système binaire de la présidentielle, c’est son seul moyen d’espérer franchir l’étape du premier tour. Sinon partisan cet objectif conduit dans une impasse dés lors qu’il considère le parti communiste comme un obstacle et non comme un partenaire essentiel à la dynamique de rassemblement populaire indispensable, comme en 2005 pour le référendum sur TCE et en 2012 pour la présidentielle avec le Front de gauche.

Le PS qui a désormais son faire valoir avec le projet antisocial de Fillon va pouvoir rebondir au bénéfice de sa primaire indépendamment des soubresauts politiciens auxquels il faut s’attendre et de cette façon refermer le piège provoquant, après l’isolement de chacune, la dispersion des forces de progrès disponibles pour construire une alternative à l’austérité sociale libérale et au retour revanchard d’une droite encore plus réactionnaire dans la poursuite de cette politique inspirée par le MEDEF et rejetée par le peuple.

Il est fréquent de dire que le Parti communiste dans les moments difficiles a su prendre les décisions qui s’imposaient. Les communistes ont effectivement quelques bonnes raison d’en être fiers. Et bien c’est avec cette fierté et la confiance qu’elle procure qu’ils doivent sans crainte se prononcer pour mener cette bataille difficile de la présidentielle et des législatives avec leurs candidats. C’est l’option 2.

Michel Stefani

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Sans les communistes aucun d’entre nous ne serait élu

15 Novembre 2016

Il est fréquent ces derniers jours de lire les communications de camarades élus qui s’engagent à donner leurs parrainages à Jean Luc Mélenchon afin que ce dernier, candidat autoproclamé, puisse valablement devenir candidat à l’élection présidentielle.

Moi-même je dispose de ce sésame mais il ne me viendrait pas à l’idée d’agir de cette façon. Ce faisant, je me sentirai plutôt mal à l’aise tant cela me semble irrespectueux des principes de notre organisation à laquelle nous adhérons librement et de ceux qui la constituent : les communistes, sans lesquels aucuns d’entre nous ne serait élu.

Voila pourquoi, la moindre des choses consisterait d’être doublement respectueux des principes de notre organisation et de nos camarades qui vont se prononcer par vote dans la cadre de la consultation démocratique organisée les 24, 25 et 26 novembre prochains.

Les communistes à juste raison pourrait voir dans la multiplication des annonces de parrainages favorables à Jean Luc Mélenchon une pression inacceptable exercée sur eux avant ce vote important.

L’insouciance ainsi manifestée qu’il s’agisse des camarades qui se sont précipités avant la conférence nationale dans un soutien aveugle ou de ceux qui après la conférence nationale n’acceptent pas que le vote des communistes puisse conduire à la désignation d’un candidat communiste devient plus que préoccupante.

En effet il serait dévastateur qu’à la sortie de cette période préélectorale inextricable, le Parti se trouve dans une situation ou son unité volerait en éclat parce que privé de la possibilité effective de rassembler suffisamment de parrainages, il ne pourrait présenter de candidat si les communistes à travers leurs votes en exprimaient la volonté.

Michel Stefani

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Primaire à droite : Joe Dalton, Calamity Jane et les 5 mercenaires

4 Novembre 2016

Deux heures trente de débat, beaucoup d’écume, des sujets survolés et des coups bas en quantité. Une seule certitude ils et elle sont bien de droite.

Tous sont partisans d’un libéralisme dévastateur au plan économique et social. Dès lors, il ne leur restait plus que les allusions perfides et les avanies sur le parcours de chacun pour faire la différence. Les journalistes se sont complaisamment pliés à cette pantalonnade dans laquelle Nicolas Sarkozy était manifestement le mieux préparé.

Surtout, il ne se priva pas de mettre en exergue l’époque ou, adulé, il distribuait les postes de ministres. Voila pour situer le niveau du débat. Pour le reste, il fut question du droit d’asile et d’une variante minimum commune à tous les candidats, du terrorisme, de la délinquance et de l’école dans une approche superficielle mais toujours très droitière.

Nicolas Sarkozy évoquera la « solitude » du président de la République au moment de prendre des décisions importantes, ce que personne d’autre ne pouvait expliquer sur le plateau faute d’avoir exercé la fonction. Jean François Copé lui reprocha toutefois son « inconstance et sa versatilité ». Lui ira droit au but après la hausse de la TVA, il gouvernera par ordonnances car il n’y a plus de temps à perdre.

François Fillon a ressorti ses propositions favorites : suppression massive de postes dans la fonction publique ; retour aux 39 heures hebdomadaires, voire plus, sans augmentation de salaire, histoire de faire plus de cadeaux aux exploiteurs et autres profiteurs voire aux fraudeurs lesquels ne furent jamais inquiétés par aucun des primo-candidats.

Nathalie Kosciuko-Morizet tenta de démontrer que le salut du pays proviendrait des nouvelles technologies et d’une « chambre des citoyens » qu’elle mettra en place pour vivifier la démocratie. Notons encore qu’elle a reproché à Nicolas Sarkozy d’avoir plombé son Grenelle de l’environnement, lequel lui envoya à la figure « je ne suis pas sûr de le refaire, mais je ne regrette pas ta nomination ».

Bruno Le Maire a pu préciser que la montre à son poignet était celle que lui avait offerte sa femme, alors que celle de l’ambassadeur du Qatar en France avait été rendue à son généreux donateur. Il a également insisté sur la nécessaire promotion d’une nouvelle génération qu’il identifie volontiers à sa propre personne. Il compte en ce sens sur les électeurs des 20 et 27 novembre et promet contrairement à ses concurrents de s’en tenir à un seul mandat s’ils accèdent à la fonction suprême en 2017.

Alain Juppé vainqueur du match aller a essuyé pour ce match retour les tirs convergents de ses « amis » lui reprochant de se fourvoyer avec François Bayrou. Ce dernier a promis en effet de ne pas se présenter contre lui s’il gagnait la primaire. « Je ne lui ai rien promis et il ne m’a rien demandé » rétorque Alain Juppé, tout en rappelant que pour d’autres scrutins personne à l’UMP n’avait contesté les accords avec l’UDI et le centre.

Jean-Frédéric Poisson moins à son affaire sera l’éternel retardataire. Ce proche du clan Lepen s’était fait remarquer dernièrement dans une interview à Nice Matin ou il dénonçait « la soumission d’Hillary Clinton au lobby sioniste». Les journalistes l’ont maintenu à l’écart et ne l’ont sollicité que pour combler ses retards en temps de parole.

Le sondage conclusif donnera Sarkozy en tête avec 31%, devant Juppé à 28% et Fillon à 21%. Un dernier débat avec l’ensemble des protagonistes aura lieu trois jours avant le premier tour, tandis que dans l’entre deux tours les deux candidats arrivés en tête au premier se retrouveront dans un face à face. Tout semble indiquer que Juppé et Sarkozy y seront. Le grand vainqueur sera l’un des deux. Mais il se dit déjà que Nicolas Sarkozy en cas de défaite maintiendrait sa candidature.

Michel Stefani

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BS de la CTC : « une doctrine budgétaire conforme la logique libérale »

3 Novembre 2016

L’adoption du budget supplémentaire (BS) de la CTC aura pris beaucoup moins de temps que celle du budget primitif (BP) au mois d’avril.

On se souvient de la dramatique intensité du moment, des suspensions de séances à n’en plus finir précédent l’accouchement d’un protocole d’accord paraphé par tous les présidents de groupe nationalistes, droite, FN, PRG à l’exception du groupe communiste. Les portes parole de la nouvelle majorité n’hésitèrent pas à dénoncer par anticipation un front du refus allant de la droite à la gauche et passant par le FN. A l’arrivée ce fut un vote consensuel, opposants putatifs compris, laissant passer le budget dans une abstention bienveillante. Les trois élus communistes seront les seuls à voter contre.

Pour ce BS le suspens aura été de courte durée. Manifestement il était acquis pour la majorité qu’un vote large interviendrait. Deux élus transfuge du PRG et quatre du FN le voteront aux côtés des vingt quatre élus de la majorité nationaliste. Dans le groupe Prima Corsica l’absence a été dominante et le silence aussi. Dans les couloirs il se disait que Paul Giacobbi viendrait affronter le débat avec détermination malgré la fuite malencontreuse du rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC).

Il n’en sera rien. Même ses plus proches sont souffrants ou en vacance et ne peuvent suppléer. Une nouvelle fois la précédente majorité sera fustigée. Durant plus de cinquante minutes le président de l’Exécutif se fera un plaisir de revenir sur « le passif évalué à 100 millions euros environ pour les exercices 2015-2016 ». Du coup ce BS se trouve paré, selon lui, de toutes les qualités intrinsèques pour fournir l’effort nécessaire de régularisation des comptes de la CTC après une telle gestion.

Du coté du groupe communiste il n’ya pas eu de désertion. Dominique Bucchini reviendra sur la baisse constante des recettes qu’il s’agisse des ressources fiscales ou des dotations qui affecte toutes les collectivités. Cependant « Vous parlez de passif là ou la CRC constate des arriérés. Sans jouer avec les mots la publicité médiatique faite à cet aspect de la gestion peu orthodoxe en comptabilité publique reste excessive sinon déséquilibrée par rapport à l’impact financier des emprunts toxiques réalisés par la droite avant 2010 avec un montant de pénalités de 157 M€ ».

S’il on s’en tient aux fuites relayées par les médias, la CRC aurait procédé « au rétablissement de la sincérité du compte administratif de 2015 par l’inscription en déficit « de 98.4 M€, représentant 18.3 % des recettes réelles de fonctionnement de la CTC ». Les magistrats évoquent également «une organisation financière ayant contribué à masquer le niveau des dépenses non-honorées », et « une situation non régularisée malgré les relances des créanciers ». De fait les élus ne pouvaient en l’état avoir connaissance de ces irrégularités. En revanche celles-ci relèvent de la Cours de discipline budgétaire et financière. L’Exécutif n’a pas voulu la saisir et apparemment la CRC non plus. Cela permet de resituer les choses sans exagération.

En toute objectivité force est de reconnaître que si les emprunts toxiques, contractés par la majorité régionale de droite, pèsent lourdement, « cette pression négative sera soulagée par le versement échelonné des 104 M€ provenant du fonds de soutien pluriannuel et obtenus dans le cadre de la renégociation conduite avec la SFIL par l’Exécutif précédent. Dans ces conditions la CTC peut maintenir un ratio de désendettement correct de six années venant à la fois contredire des propos alarmants et permettre de régulariser au 30 juin 2016 75.4 M€ d’arriérés dus au titre des exercices antérieurs.

Pour autant la politique d’austérité six mois après le vote du BP n’a pas été suspendue et la baisse des dotations se poursuit. Cela ramène à la logique austéritaire et au gel de la dotation de continuité territoriale depuis 2009 (prés de 45 M€ de moins) à laquelle s’ajoute la contribution au redressement des comptes publics dont le montant cumulé entre 2013 et 2017 sera de 28 M€.

« Partant de là aussi bien notre refus de signer le protocole d’accord, précédant l’adoption du BP, que notre vote contre ce BP restent fondés et à fortiori confortés par notre opposition aux choix qui en ont découlé ». Dominique Bucchini précise : « Outre la baisse d’investissement pour un montant de 21 M€ et des dépenses de fonctionnement pour un montant de 6 M€, il s’agit notamment de la volonté de déspécialiser l’enveloppe de continuité territoriale après avoir réduit le service public pour augmenter l’excédent et le mobiliser sur des opérations routières ; de dégager des recettes fiscales nouvelles en augmentant la fiscalité notamment sur les carburants ; de créer une zone franche ».

Le paradoxe de ce protocole c’est ainsi d’articuler une baisse d’emprunt de 30 M€ au BP et l’inscription au BS d’un emprunt complémentaire de 45 M€ pour financer des dépenses nouvelles. Au final l’emprunt contracté en 2016 sera de 175 M€ la droite et le PRG ont avalé et le FN a voté pour. Tous se sont convertis à la nécessité de mettre en œuvre « un plan de rigueur permettant la réalisation d’économies afin de contenir l’évolution des charges ». De ce point de vue le BS comme le BP restent dans les clous d’une doctrine budgétaire conforme la logique libérale ambiante.

Michel STEFANI

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