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Michel Stefani

Twitter et les médiocres gazouillis de quelques uns

27 Juin 2016

De nombreuses personnes ont pour habitude de consulter ce blog, de lire ce qu’il propose comme contribution à la réflexion et à la confrontation d’idées.

Son objet n’est pas de créer du consensus mais du débat pour convaincre et agir, rassembler et modifier autant que faire se peut le rapport de force politique dans la perspective d’une transformation de la société prioritairement au bénéfice « des spoliés de la terre » selon la belle formule de Jean Nicoli.

Cependant ils se trouvent quelques détracteurs dont la misère intellectuelle interdit la rédaction et plus une pensée supérieure aux 140 signes d’expression autorisés par Twitter. Du coup ils se répandent et se confortent mutuellement avec la modestie de la critique non argumentée et confondent humour et ricanements dans de médiocres « gazouillis » aux relents anticommunistes pour certains.

Peu de temps avant sa disparition Umberto Eco faisait ce constat : « Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d'imbéciles qui, avant, ne parlaient qu'au bar, après un verre de vin et ne causaient aucun tort à la collectivité on les faisait taire tout de suite alors qu'aujourd'hui ils ont le même droit de parole qu'un prix Nobel. C'est l'invasion des imbéciles ».

Michel Stefani

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CTC : la réalité budgétaire selon le Compte administratif

24 Juin 2016

Intervention à l'Assemblée de Corse lors de la session du 23 juin 2016.

Le compte administratif 2015 retrace les opérations de gestion du précédent exécutif. Et de ce point de vue comme nous l’avions dit il permet de vérifier la pertinence ou pas des analyses faites au regard de la situation trouvée par le nouvel exécutif.

Nous restons convaincus au-delà de la nécessité affirmée de conduire une analyse, détaillée et indépendante de la situation, qu’il eu été plus efficace sinon plus conforme aux principes d’élaboration du budget prévisionnel d’avoir voté au préalable ce compte administratif.

Sans reproduire aujourd’hui les débats consacrés au budget on ne peut faire abstraction de la corrélation entre les deux et notamment de l’accord politique intervenu avant le vote du budget, accord auquel notre groupe a été le seul à ne pas s’associer avant d’être le seul à voter contre le budget 2016.

Le CA doit donc donner la photographie précise de l’exécution du budget. Celle-ci intègre les restes à réaliser de 2014 et l’ensemble des opérations en crédit de paiement. Les documents produits, s’ils ne font apparaître aucun reste à réaliser en 2015, montrent toutefois un déficit global de 20.9 M€.

L’insuffisance de recettes pour couvrir la totalité des dépenses engagées génère ce résultat et nous comprenons sans difficulté qu’il aura des conséquences en 2016. Pour autant ce constat relativise les choses si nous nous remémorons leur dramatisation médiatique avec l’annonce d’un passif de 100 M€.

Nous nous interrogeons d’ailleurs sur le montant de l’emprunt 128.5 M€ constituant le cœur de l’accord politique du 15 avril 2016 lui même étant le socle de la mandature conformément aux objectifs d’austérité préconisée sous l’appellation de contribution à l’effort de redressement des comptes publics.

Dés 2012, la mobilisation d’emprunts s’est avérée nécessaire pour maintenir les dépenses d’équipement, mais le montant emprunté n’a pas été suffisant. L’étude Klopfer de mars 2016, conclu ainsi que la collectivité aurait dû mobiliser chaque année 75 M€ d’emprunt pour pouvoir financer ses dépenses d’équipement. Pour autant, toujours selon cette étude, le besoin d’emprunt pour le budget 2016 serait, ou devait être, de 50 M€.

Pour notre part, s’agissant de ce CA, nous assumons ce qui relève des votes que nous avons émis dans la précédente mandature de la façon la plus claire et la plus loyale. Nous n’assumons pas ce que nous n’avons pas voté.

C’est en tenant compte de cette appréciation que nous avons demandé la saisine de la Cours de discipline budgétaire et financière à laquelle la CRC peut conduire. Encore une fois, nous ne craignons pas la transparence.

La particularité de ce CA découle aussi bien des opérations réelles constatées que des arriérés comptabilisées relevant de l’exercice précédents, auxquels s’ajoutent les opérations liées à la renégociation des emprunts toxiques qui ont eu eux aussi un impact sur les exercices précédents également marqués par la fin des dégagements d’office affectant jusqu’alors la gestion des fonds européens. L’amnésie de la droite vaut confirmation de ses responsabilités sur ces deux points.

La différence des opérations d’ordre dont le volume global s’établit à 479.3 M€ au lieu de 155.5 M€ en 2014, est effectivement la conséquence de la renégociation des emprunts toxiques tout en sachant qu’il s’agissait d’une recette certaine dès le mois de décembre 2015.

Ces inscriptions et la non prise en compte des arriérés intégrés au budget 2016 altère le résultat de cet exercice qui ne peut, de ce fait, correspondre à l’exécution budgétaire réelle en année pleine. Ainsi toute approche comparative ou analyse ne peut valablement être menée.

Le résultat de l’exercice en fonctionnement s’établit à + 92.498 M€, en cumulé il est de 95.778 M€. La baisse de 4 M€ n’est que de 4 %, par rapport à l’année précédente où il s’établissait à 99.794 M€.

En investissement le résultat de l’exercice déficitaire s’établit à – 20.145 M€, soit + 7.5 M€ par rapport à 2014 (PM 12.650 M€). Le déficit cumulé constaté au 31/12/2015 s’élève à 116.659 M€ soit + 20.9 % par rapport à l’exercice précédent (96.514 M€).

Le résultat cumulé montre un écart de 24 M€ de -20.881 M€ en 2015 à + 3.280 M€ en 2014.

Dans le schéma que vous avez retenu nous aurons à nous prononcer sur l’affectation du résultat de 2015 (95.778 M€) au BS 2016. Il viendra couvrir logiquement le besoin de financement de la section d’investissement (– 116.659 M€). Les recettes nouvelles limitées, les baisses de dépenses inscrites au BP dans une moindre mesure, pourront s’ajouter à l’emprunt qui pour l’essentiel viendra couvrir le solde de – 20.881 M€.

Pour ce qui est des ratios ils montrent une situation nuancée mais loin de la catastrophe annoncée.

  • L’Excédent Brut de Fonctionnement (EBF) qui s’élève à 118.763 M€ est en baisse de 7 % soit - 9 M€ par rapport à 2014 (127.776 M€).
  • La Capacité d’Autofinancement brute (CAF), baisse de 10 % par rapport à l’exercice 2014 où elle s’établissait à 108.655 M€. Elle est inférieure de 8 M€ par rapport au déficit cumulé de la section d’investissement qui est de 116.659 M€.
  • Le taux d’épargne brute 18.1 %, perd 2.3% sur 2014 et se rapproche du niveau national 21.1 %. Il reste néanmoins 3 points au-dessus du seuil critique des 15 %.
  • La Capacité d’Autofinancement nette (CAF), baisse de 11 M€ et passe de 102 929 M€ à 91.691 M€, soit -11 % par rapport à 2014.

La dégradation de l’épargne brute dans les années 2011 et 2013, a été inversée en 2014 et une baisse des recettes compensée par une baisse des dépenses de 4.5 % basculée sur 2015 pour un montant de 18 M€, produisant ainsi une stabilité des dépenses par rapport à 2013.

Pour autant l’évolution minime des recettes en 2015 à 0.75 % ne suffit pas pour couvrir la hausse des dépenses à hauteur de 4.23% et de + 13 M€. Le montant total des dépenses arrêté comprend 4.9 M€ supplémentaires de dépenses rattachées à l’exercice 2015.

Cette nouvelle augmentation réduit mécaniquement la capacité à investir dés lors pour l’accroitre vous ne pouvez actionner le levier fiscal. Compte tenu des indicateurs sociaux vous vous apprêtez à réduire les dépenses de fonctionnement.

Le poids des charges financières, 26 % et 21.269 M€ doit être pris en compte en ayant au préalable inclut les 10 M€ versés en octobre 2015 au titre du remboursement des emprunts toxiques. Déduction faite de ce montant, les charges financières baissent en définitive de 5.6 M€.

Depuis 2015, la Collectivité Territoriale de Corse n’est pas plus exposée que la plupart des régions métropolitaines et outre-mer, elle fait même figure d’élève modèle avec 100% des emprunts notés 1-A selon la charte GISSLER. La Capacité de désendettement au 31/12/2015 était de 3.87 années soit un niveau inférieur à la moyenne des régions établi à 4.45 années en 2014.

Dans ces conditions, le fonds de roulement s’établit à - 20.881 M€. La reprise au BP 2016 du montant des arriérés non mandatés en 2015, faute de crédits de paiement pour 78 M€ produit une dette non bancaire de 98.8 M€.

Les dotations de l’Etat représentent 57.5 % leur baisse de – 9M€, constatée au cours de l’exercice, fragilise la structure budgétaire de la collectivité. La hausse de 1.7 M€ des impositions indirectes qui représentent 33.6 %, et l’augmentation des recettes sectorielles, principalement liée à l’excédent de fonctionnement de l’OTC, à hauteur de 11 M€ et au mécanisme de DSP ferroviaire pour 2.6 M€ viennent compenser la diminution des dotations.

Tels sont les éléments d’analyse que nous pouvons tirer pour l’essentiel de votre rapport sans minorer les difficultés mais en réaffirmant que l’exagération éloigne de la réalité. En conséquence nous ne voterons pas ce CA.

Michel Stefani

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Collectivité unique : le processus vire à la mascarade

22 Juin 2016

Les élus de la Commission des compétences législative et réglementaire examinent depuis plusieurs jours l’avant projet d’ordonnances fixant le contour institutionnel et le contenu financier de la future Collectivité unique de Corse.

Beaucoup s’interrogent au moment où la venue du Premier ministre et du Ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales est annoncée pour le 4 juillet.

Le 12 décembre 2014 l’Assemblée de Corse a délibéré et adopté à une très large majorité, le groupe communiste fut le seul à voter contre, le principe de la fusion des trois collectivités Conseils généraux et CTC pour n’en faire qu’une. Le choix du véhicule législatif (la loi NOTRe) plutôt que de la loi spécifique a permis, sous couvert de calendrier, d’évacuer le référendum pour aller plus vite.

Mais la précipitation comme nous le voyons à présent débouche, outre le déni de démocratie, sur une confusion latente et une valse hésitation de ceux la même qui n’ont eu de cesse d’expliquer que la Corse « sur-administrée » devait subir une cure amincissante pour gagner en efficacité.

Toutefois, point trop n’en faut, ils ont imaginé de créer une Chambre des territoires de manière superfétatoire au regard de cet objectif inscrit avant cela dans la RGGP de Fillon puis dans la MAP de Lebranchu calées sur la règle d’un départ sur deux non remplacé.

Des milliers de postes dans la fonction publique sont ainsi voués à disparition. Du coté des Républicains en campagne pour la présidentielle la rivalité s’aiguise dans une fourchette de 250 000 à 450 000 suppressions à partir de 2018.

Sans surprise les agents de la fonction publique ou para publique craignent à juste raison que cette règle s’accélère malgré les propos se voulant rassurants s’agissant du maintien des circonscriptions administratives de Haute Corse et de Corse du Sud. Ceux des collectivités promises à cette fusion se manifestent tout autant à raison car l’harmonisation de leurs statuts pourrait prendre cinq ans et le régime indemnitaire deux ans au moins.

Et bien sur par ces temps de vaches maigres la variable d’ajustement justement ne varie pas. La soif d’un pouvoir unique peut donc rapidement se transformer en cauchemar unique dans un contexte social ou la pauvreté, la précarité et le chômage ne poussent pas à l’optimisme.

La loi NOTRe contrairement à ce que certains pouvaient penser n’est pas qu’un véhicule législatif pour porter la seule collectivité unique de Corse sur les fonts baptismaux, elle est aussi un outil politique permettant de décliner à chaque niveau les principes actuels de réduction de la dépense publique en un mot de l’austérité.

C’est aussi pour cette raison que la question s’est posée de la taille critique des intercommunalités car la logique de concentration, la création des méga-régions européennes le montre, n’est pas celle de la décentralisation dont nous garderons bientôt qu’un lointain souvenir.

Ceux qui un temps dénonçaient les jacobins pour leur approche se transforment, sous couvert de modernité, en centralisateurs libéraux défenseur du fédéralisme européen et font semblant de découvrir médusés que la clause de compétence générale sombrera elle aussi dans cette contreréforme de la démocratie locale.

La mise en concurrence des territoires, prônée par Junker et la Commission européenne, n’a pas le même sens ni le même effet que le respect des principes républicains de solidarité nationale. C’est ce qui fragilise d’ores et déjà un peu plus la Corse dans un espace européen où la marginalisation se profile à côté d’autres régions industrialisées, à forte démographie dont le PIB est de 10 à 30 fois plus important.

La dernière découverte après avoir soutenu que la fusion procurerait un budget de proche du milliard et demi d’euros c’est que la collectivité unique n’aurait pas en définitive les moyens de son autonomie financière selon un ratio établi à 41.7%. Dans le meilleur des cas elle n’aurait en ressources propres, en chiffres 2014, que 34 % soit 7.3 de moins que le ratio moyen.

Il faudrait récupérer la coquette somme de 175 M€ et obtenir que dans la corbeille de mariée l’Etat lâche une compensation sous la forme d’un transfert de ressources fiscales dynamiques sous entendu la TVA et les droits de succession histoire de rassurer les quelques détenteurs de gros patrimoines.

La récente déclaration du Secrétaire général pour les affaires de la Corse* (voir ci dessous), venant confirmer ce que nous disons depuis de nombreuses années, soulève un enjeu essentiel puisque 350 M€ de réfactions de TVA chaque année s’évaporent sans que l’on puisse savoir à qui ils profitent !

Alors qu’il est question d’un statut fiscal-social la première des mesures de justice sociale serait effectivement que cet argent bénéficie aux ménages insulaires dont le pouvoir d’achat est doublement rogné par la cherté de la vie -de cette façon entretenue- et les bas salaires autre pratique patronale très répandue chez nous avant même que la loi Travail ne soit imaginée.

Reste un aspect qui n’est pas des moindres celui de la gouvernance et la question posée par l’exercice d’un pouvoir exorbitant reconnu au président de l’Exécutif et une Commission permanente omnipotente par rapport à l’Assemblée délibérante. L'histoire récente nous en a enseigné les risques en matière de décisions budgétaires.

Et comme la droite dans ses objectifs de reconquête du pouvoir national et régional ne cache pas ses penchants démocratiques une révision du mode de scrutin reviendrait, par extrapolation des résultats au bénéfice de la liste arrivée en tête, à exclure des sensibilités de l’hémicycle notamment la sensibilité antilibérale pour ne pas dire communiste.

Enfin il est assez renversant d’entendre dire qu’une loi sera nécessaire pour finaliser ce qui n’aura pas pu l’être dans le cadre stricte de l’habilitation ouvert par l’article 30 de la NOTRe. Dans ces conditions, le processus vire à la mascarade qu’il convient de stopper. Si réforme il doit y avoir, il faut revenir à un texte de loi permettant d’en connaître au préalable tous éléments constitutifs afin de la soumettre valablement à l’approbation du peuple.

Michel STEFANI

*Question orale de Michel Stefani session de l’Assemblée de Corse des 23 et 24 juin

A qui profitent les réfactions de TVA en Corse ?

C’est la question posée par Mr François Lalanne SGAC lors de la venue de Madame Martine Pinville secrétaire d’Etat en charge du commerce et de l’artisanat.

Cette interrogation nous n’avons de cesse de la formuler depuis la fin du contrôle des prix en 1986. Elle est d’autant plus fondée que la cherté de la vie en Corse n’a fait que s’aggraver ces 30 dernières années comme cela vient d’être confirmé par l’INSEE.

Les Corses en 1989, faut-il le rappeler, sont restés plus d’un mois dans la rue pour dénoncer cette situation insupportable le mot est faible. En effet, nous étions pour notre part restés au chiffre de 250 M€ mais le SGAC fait état lui de 350 M€ et interroge : que deviennent-ils ?

Bonne question, même tardive de la part de l’Etat, puisque théoriquement cet effort de solidarité nationale est institué à l’avantage du consommateur comme le franco de port dont on nous dit qu’il ne s’applique plus.

Aujourd’hui les ménages sont doublement pénalisés par ce racket à grande échelle opéré sur les réfactions de TVA par ceux là mêmes qui contrôlent désormais l’acheminement et la distribution de marchandises en Corse. Le bas niveau des salaires et des retraites, sous la moyenne nationale, constitue la deuxième sanction des ménages modestes en Corse.

Pour ce qui nous concerne nous n’allons pas leur opposer l’intérêt des petits commerçants et artisans parmi lesquels plusieurs, nous ne le contestons pas, ont des difficultés alors que la logique ultralibérale de baisse du coût du travail s’étend au-delà des transports, où les low cost dominent désormais, à toute la sphère économique avec notamment les travailleurs détachés.

La concurrence libre et non faussée, au service du profit financier, frappe durement les petits qu’ils soient artisans, commerçants ou salariés.

La Corse, qui a connu entre 2005 et 2010 une croissance soutenue grâce aux investissements publics réalisés avec le PEI, montre dans ces conditions une fracture sociale béante à travers le constat suivant : 1600 ménages déclarent en moyenne un revenu annuel de 180 000 euros quand par ailleurs 20 % des ménages ont des revenus inférieurs au seuil de pauvreté.

Il existe donc une minorité en Corse qui s’enrichit sur la solidarité nationale au détriment de l’intérêt général et qui se paye le luxe de parler de fin de « l’Etat providence » pour justifier la casse des services publics et de la protection sociale indispensables aux plus défavorisés.

Ma question est la suivante êtes-vous prêt à demander à l’Etat, par une délibération de l’Assemblée de Corse, qu’il agisse pour rendre du pouvoir d’achat aux ménages en faisant toute la transparence sur le détournement de ces 350 M€ de réfactions de TVA ?

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37ème Congrès du PCF : « unité, combativité, solidarité ».

8 Juin 2016

Le 37ème Congrès du PCF s’est déroulé du 2 au 5 juin. Les communistes ont fait des choix pris des décisions déterminantes dans un moment important précédent les échéances de 2017 lesquelles dessineront les contours politiques au delà pour plusieurs années. Michel Stefani délégué au Congrès revient dans cet entretien pour Terre Corse sur ces travaux.

Michel Stefani vous étiez au 37ème Congrès du PCF, il a été question de feuille de route, quelle est l’orientation prise ?

Elle se fonde sur la réalité économique, sociale et politique du Monde, de l’Europe, de la France et bien sur de la Corse en partant des inégalités sociales, du mal vivre généralisé par la volonté cupide de ceux, ils représentent 1% de la population mondiale, qui possèdent plus de richesses que les 99% restants. Quand un seul homme, le patron d’Amazone, peut gagner 2000 euros chaque seconde, on mesure ce que cela veut dire. En France les grands patrons du CAC 40 rivalisent à plus de 2000 euros par jour. En Corse 1600 personnes déclarent en moyenne un revenu de 180 000 euros alors que 60 000 personnes doivent vivre avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté. A cela s’ajoute la fraude fiscale qui, à elle seule 80 milliards d'euros, suffirait à éponger le déficit de la France 77 milliards en 2015. Il faut donc remettre le monde à l’endroit au bénéfice des plus modestes à partir du local.

Là ce n’est pas très nouveau…

C’est vrai mais ce qui l’est sans doute, c’est l’intensité actuelle de la lutte de classe et particulièrement en France. C’est d’ailleurs ce à quoi nous nous affrontons en ce moment même dans la lutte contre la loi improprement baptisée « Travail » alors que son objet consiste à détruire le code du travail et à étendre la précarité de l’emploi. Le Congrès a montré avec les nombreuses délégations étrangères non seulement la place mais aussi le rôle que notre Parti occupe à l’échelle du monde dans ce combat contre l’oligarchie de la finance. Il y a des convergences, il faut les fortifier et les déployer plus efficacement. Un représentant espagnol résume bien les choses quand il dit : « l’Europe n’a pas encore réussi à imposer en France ce qu’elle a fait subir à l’Espagne ou à la Grèce. C’est pourquoi la lutte menée en ce moment contre la casse du droit du travail dans votre pays intéresse tous les autres et appelle à la solidarité la plus large. Ce que l’on peut attendre des communistes c’est bien de contribuer de toutes leurs forces à cette exigence ».

Le Parti communiste se porte-t-il bien?

Nous n’avons pas caché nos difficultés, en même temps le Congrès nous fortifie par l’unité qui s’y est affirmée, le renouvellement notamment avec les jeunes communistes et les objectifs que nous nous sommes assignés ensemble dans le court terme avec les échéances de 2017 et à plus long terme parce que quoi qu’il arrive le combat pour la justice sociale devra se poursuivre si nous voulons que le temps futur devienne celui du commun. Le temps du commun c’était le mot d’ordre central de notre Congrès et de notre démarche qui se résume en trois mots : unité, combativité, solidarité.

Les échéances de 2017 ont occupé une bonne partie des travaux du Congrès est ce bien cela être révolutionnaires au 21ème siècle…

Nous parlons d’un communisme de nouvelle génération car de toute évidence le triomphe du capitalisme est un véritable désastre humain et environnemental. Son hégémonie fait le bonheur des marchés financiers, d’une infime minorité de riches mais en contrepartie ce système engendre paradoxalement, par rapport à la modernité générée par la révolution informationnelle, un recul de civilisation, des guerres et des désordres climatiques dévastateurs pour la planète. Les échéances de 2017 ont donc une relation directe car la France peut et doit jouer un autre rôle sur la scène internationale en faveur de la paix, de la solidarité, de la justice. Il faut redistribuer les richesses au bénéfice des plus démunis et faire en sorte que les capacités décuplées par les nouvelles technologies soient mise au service de l’humain non du profit financier.

Vous dites que la 5ème République n’en peut plus pourquoi ?

Dans notre pays l’élection présidentielle structure la vie politique, avec le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral, présidentielle-législatives, c’est encore plus vrai. Le présidentialisme, l’élection d’un monarque républicain et d’un parlement qui ne rend de compte qu’à ce dernier plutôt qu’au peuple, sclérose la démocratie et risque désormais d’aboutir à une situation inédite mais confortable pour les tenants de l’ordre établi actuel. Il faut une nouvelle République et une nouvelle Constitution démocratiques, laïques et solidaires.

Comment allez-vous aborder ces élections concrètement ?

Les deux, la présidentielle et les législatives sont interdépendantes néanmoins la première impose une logique antidémocratique en subordonnant mécaniquement les résultats de la seconde. La question posée désormais est de construire avec les électrices et électeurs un cadre et un contenu politiques pour les deux élections qui soit conforme à leurs attentes sociales et démocratiques. François Hollande et son gouvernement incarnent le renoncement et la trahison de ceux qui ont voté en 2012 au second tour, ils étaient 11 millions, pour une politique de gauche et non pour la poursuite aggravée de la politique antisociale de Nicolas Sarkozy et du MEDEF. Ils sont donc disqualifiés. Beaucoup s’interrogent, cependant, sur le danger que représente le risque d’un second tour à la présidentielle qui opposerait la droite et le FN après avoir mis hors jeu les forces de gauche antilibérales. Ce piège enlève toute perspective aux forces populaires et progressistes dans notre pays. Nous leur proposons de l’éviter.

Vous semblez un peu seuls quand même ?

Cela ne veut pas dire qu’il se passe rien et c’est justement parce que nous voyons ce qui se passe autour de nous que nous nous interrogeons sur la meilleure façon de faire converger sur un même objectif les millions de femmes et d’hommes pour lesquels le mot gauche a encore du sens et qui cherchent une issue politique nouvelle comme on le voit à Nuit Debout. Il ne suffit pas de vouloir passer devant François Hollande et oublier l’essentiel notamment faire que la gauche de transformation sociale soit présente au second tour de la présidentielle et démente le scénario des régionales, répété élection partielle après élection partielle, où la droite et le FN se retrouvent seuls. Il y a deux régions où la gauche ne siège plus, imaginez ce que serait une Assemblée Nationale où la droite et l’extrême droite aurait une position aussi hégémonique. Par conséquent nous voulons construire une démarche et un projet avec un contenu de gauche transformateur et fédérateur à l’élection présidentielle comme aux législatives sans exclusive ni contrainte à l’égard de qui que ce soit ou venant de qui que ce soit…

Jean Luc Mélenchon a décidé de partir en campagne avec de nombreux soutiens, et pas des moindres, venant de votre Parti notamment Marie Georges Buffet…

C’est vrai, au sortir du Congrès ce n’est pas très respectueux des communistes et des choix que nous avons fait ensemble. Cela interpelle sans nous arrêter. Au contraire, nous avançons à notre rythme avec la consultation citoyenne, le pacte d’engagements des candidats qui n’est pas à prendre ou à laisser, et dans un délai raisonnable de quatre mois une votation citoyenne. Le tout consiste à désigner notre candidat ou candidate à la présidentielle, à impulser la dynamique nécessaire et permettre la constitution d'une majorité parlementaire respectueuse de ses engagements contre l’austérité et véritablement de gauche.

La droite avec 3 sortants sur quatre et les nationalistes victorieux aux régionales semblent les mieux placés pour ces législatives, vous serez candidat…

Nous sommes en capacité d’avoir des candidates et des candidats dans les quatre circonscriptions. Pour autant il ne s’agit pas de brûler les étapes. Notre objectif est de rassembler à travers celles-ci, celles et ceux qui en ont assez de la vie chère, des détournements de réfactions de TVA, le SGAC vient de nous donner raison à ce sujet, de la casse du service public et de la domination low cost… Nous sentons le désespoir mais aussi l’aspiration à mieux vivre des jeunes comme des plus anciens. Le chômage progresse, les salaires et pensions des retraités n’augmentent pas … ce n’est pas en affirmant que la France est un pays ami ou qu’il faut légiférer pour restreindre le droit de grève que l’on s’attaque à cette réalité. L’avenir s’obscurcit d'autant plus que la confusion préside à la mise en place sans référendum d'une collectivité unique dont la principale caractéristique est de précipiter la Corse dans une concurrence des territoires avec des régions européennes incomparables aux plans économiques et démographiques.

Justement comment comptez-vous convaincre ?

Nous pensons que le cadre national est celui dans lequel la solidarité indispensable à la Corse et à l’égard de ceux qui sont les plus modestes peut s’exercer le plus efficacement. Les valeurs républicaines « liberté égalité fraternité » même dévalorisées par les politiques ultralibérales sont des leviers à la disposition du peuple pour se défendre, reconstruire le pacte social républicain et promouvoir la laïcité, pour vivre mieux ensemble et valoriser notre diversité. En ce sens, il faut des députés combatifs contre des lois comme la loi Travail, qui refusent l’austérité et votent des budgets pour construire des logements, baisser les loyers, créer des postes dans l’Éducation nationale, lutter contre les discriminations, garantir la protection sociale et la santé, agir pour l’emploi stable et les salaires décents... Cela exige de penser un nouveau mode de développement préservant la planète, moins gourmand en énergie, offrant l’autonomie alimentaire à tous, une agriculture pour les hommes, privilégiant les circuits courts et l’économie circulaire et les services publics comme des priorités constantes et pas seulement le temps d’une conférence internationale… bref l’Humain d’abord.

Propos recueillis par Noel Graziani

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La polémique binaire des Présidents sur les Conseils généraux n’est qu’un trompe l’œil

1 Juin 2016

Depuis la dernière session de l’Assemblée de Corse, il est fait grand cas d’une petite phrase du président de l’Assemblée de Corse prononcée dans son discours d’ouverture. Reprise en Une de Corse Matin, elle a soulevé une vague d’indignation au cœur des Conseils départementaux. Leurs présidents puis des élus départementaux eux-mêmes ont riposté.

Leur forte mobilisation était surement attendue après, il est vrai, une provocation verbale mettant en cause ces institutions honnies depuis toujours par les nationalistes. La phrase en question « les Conseils généraux sont des nids du clientélisme » n’a pas plu et les élus départementaux y sont allés de justification en justification pour faire entendre au président de l’Assemblée de Corse qu’ils n’étaient pas « de mauvais élus ».

Ce dernier n’en a eu cure et leur a répondu qu’il maintenait ses propos.

Les uns et les autres destinataires des fameuses ordonnances en vue de créer une Collectivité unique dans laquelle -après fusion des trois institutions qu’ils président- ils devraient se retrouver, se déchirent donc sous le regard médusé ou amusé des Corses qui n’en pensent pas moins.

Quand on prend les indicateurs sociaux, chômage, précarité, pauvreté, inégalité, cherté de la vie… on ne peut que partager la perplexité ambiante s’agissant d’une réforme de plus dont la principale caractéristique n’est pas d’être institutionnelle, voire administrative, mais bien libérale.

Une fois encore l’essentiel passe à la trappe. Le très large vote qui a prévalu -les élus communistes et citoyen du Front de gauche ont été les seuls à voter contre- comme un enterrement du référendum est presque occulté par ces gamineries de cour d’école où le paraître compte plus que le réel.

Le contenu de la réforme embarquée sur le véhicule législatif de la loi NOTRe, respectueuse des injonctions de la non moins libérale Commission européenne, ne peut pas faire l’objet d’une telle consultation nous dit même le Maire de Bastia parce que les Corses pourraient dire NON.

La confusion est totale et ceux la mêmes qui réclamaient ce « moyen de transport » peu conforme au regard du Statut particulier de la Corse mais prétendument plus rapide pour obtenir la prospérité, en sont à revenir à la nécessité d’une loi décriée en raison du temps qu’elle aurait fait perdre sur ce chemin d’un soit disant meilleur avenir pour la Corse.

Tous adeptes de la simplification administrative, peu contestataires de la politique d’austérité gouvernementale et européenne, ils en sont à s’interroger sur un possible statut quo permettant aux uns et aux autres de maintenir leurs positions.

La CTC pour les uns, les Conseils départementaux pour les autres, cela jusqu’à la fin de la mandature qui verra passer une élection présidentielle et bien sur des législatives à l’assaut desquelles ils pourront monter à partir de leurs bases arrières garantissant la crédibilité des promesses électorales.

Ce cheminement n’est après tout que le prolongement de l’accord politique, unique en son genre et scellé au moment du vote du budget de la CTC, chef de file en Corse sur de nombreuses politiques sectorielles. Les paraphes des deux présidents de l’Exécutif et de l’Assemblée de Corse précédaient ceux de tous les présidents de groupes de l’Assemblée de Corse : nationaliste, droite, FN et gauche sociale démocrate. Seul celui du président du groupe communiste et citoyen du Front de gauche n’y figure pas.

La polémique binaire des Présidents sur les Conseils généraux n’est qu’un trompe l’œil.

Michel STEFANI

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