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Michel Stefani

Nous ne jouons ni avec l’emploi ni avec le devenir de l’ex SNCM et de la CMN.

27 Février 2016

Le dernier débat de l’Assemblée de Corse sur la desserte maritime de la Corse est venu rappeler à ceux qui l’avaient oublié que la nouvelle majorité régionale n’est que relative. Pour autant les commentaires acerbes émanant de dirigeants, d’élus et de syndicalistes nationalistes en disent long sur la conception très ouverte qui est la leur en matière de débat démocratique. Pour faire court ils acceptent la confrontation tant qu’elle n’est pas contradictoire. Dans ce cas, la contradiction exprimée est qualifiée d’obstruction voire de position partisane.

Chacun pourra tirer les conclusions qu’il se doit de ce constat surtout quand les propos viennent de surcroit justifier le mensonge et couvrir des arrangements de couloir. Monsieur Mosconi du STC a ainsi expliqué dans les colonnes de Corse Matin du 26 février que nous « jouons avec l’emploi des marins et leur avenir » en parlant d’une « opposition réactionnaire » destinée à « empêcher les nationalistes d’avancer sur la question des transports maritimes ».

Or contrairement à ces affirmations fallacieuses le vote qui est intervenu montre que la délibération de l’Exécutif a finalement bénéficié d’une abstention bienveillante de la part de la droite de l’extrême droite et du groupe Prima a Corsica à l’exception de deux de ses élus qui ont voté contre comme le groupe des élus communistes.

Le fameux « cordon sanitaire » a donc largement failli face à la logique ultralibérale. Mais cela n’a que peu d’importance au regard des faits. Si nous nous en tenons à ceux-ci on s’aperçoit, non pas « que toutes les pistes doivent être examinées » mais qu’il en est une que l’Exécutif a écarté depuis le 5 janvier dernier. Pourtant il s’agit de celle, entérinée devant le Tribunal de commerce (TC) de Marseille le 20 novembre dernier et fondée sur un plan de cession avec un projet industriel ayant fait l’objet d’une négociation de l’ensemble des organisations syndicale avec les administrateurs judiciaires et le repreneur de la SNCM.

Ce projet permet de sauvegarder 900 emplois de disposer d’une flotte permettant de desservir dans le cadre de la DSP, que l’Exécutif semble vouloir écarter, sur l'ensemble des ports de la Corse et de maintenir un rayonnement en méditerranée avec la desserte du Maghreb. Ce projet pouvait donc être conforté par l’Exécutif qui devait refuser l’ouverture de la ligne sur Bastia par Corsica Linéa. Au contraire, alors même que le procureur vient de déclarer que c’était illégal en requérant une astreinte journalière de 150 000 euros pour sanctionner cette concurrence déloyale, il ne le fait toujours pas.

En conférence des présidents de groupes de l’Assemblée de Corse, le président de l’Office de transports a dit qu’il fallait absolument délibérer pour donner un signe fort avant le 5 mars faute quoi, les difficultés de MCM étant trop importantes, la liquidation judicaire serait probable et il n’existerait plus aucune autre alternative. Ainsi en n’adoptant pas la délibération nous mettrions en cause, les intérêts de la CTC comme ceux des salariés. Ces arguments n’étaient pas convaincants car à l’évidence si la situation de MCM était si catastrophique la délibération proposée n’y changerait rien. Au demeurant les attendus du jugement du TC de Marseille, qui a statué le 25 février sur la poursuite du plan de cession, confirme son attribution.

Le jugement précise ainsi que la MCM n’a pas de difficultés de trésorerie ce mois ci et qu’elle n’en n’aura pas non plus le mois prochain. Après paiement des salaires en février elle dispose de 3 M€ et elle sera en capacité d’honorer ses dettes sociales pour un montant de 225 000€. L’hypothèse de récupérer au bénéfice de la CTC tout ou partie de la flotte de l’ex SNCM comme bien de retour s’est également évaporée.

De même, il faut retenir qu’une fusion de l’ex SNCM avec une autre entité quelle qu’elle soit, devrait non seulement être soumise au TC mais que celle-ci se heurterait à une clause du jugement du 20 novembre stipulant que le capital de la SAS MCM ne peut être modifié dans les deux années consécutive à la cession.

Après quoi l’Exécutif martèle que les décisions du TC de Marseille n’ont que peu d’influence et explique qu’il faut s’en affranchir. C’est une curieuse conception de l’Etat de droit et à tout le moins une source de contentieux supplémentaires négative pour la CTC alors que prétendument tout est fait pour les éviter et préserver ses intérêts.

Reste enfin la question du pourquoi une telle insistance de l’Exécutif à faire passer une délibération, même très édulcorée par rapport à la précédente, pour obtenir une abstention bienveillante de l’opposition non communiste et de ce fait réaliser à son profit une manoeuvre que nous ne qualifierons pas de « réactionnaire » mais de compatible avec les objectifs ultralibéraux et low costs de destruction de la continuité territoriale ?

La réponse est sans doute dans l’opacité des tractations qui se déroulent entre les patrons Corses, conformément au protocole d’accord établi par l’Exécutif le 25 janvier, pour contourner les choix du TC de Marseille et présenter devant celui-ci a l’appui de l’accord signé entre Messieurs Padrona et Rocca une délibération de l’Assemblée Corse attestant de la fin des hostilités entre eux. Car effectivement si le TC de Marseille venait à suivre, ce serait la moindre des choses, les réquisitions du Procureur contre l’ouverture illégale de la ligne Corsica Linea cela aurait un impact fort.

Ainsi les accusations qui nous sont faites n’ont aucun fondement et peuvent à bon droit être retournées à nos détracteurs. Nous ne jouons ni avec l’emploi, ni avec les principes du service public essentiels pour le devenir de l’ex SNCM et de la CMN. Dans ces conditions nous nous adressons à l’ensemble des travailleurs de la filière maritime en Corse comme sur le continent afin d’empêcher les mauvais coups qui se trament à travers des pratiques douteuses pour ne pas dire mafieuses contre la desserte de continuité territoriale.

Michel Stefani

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Desserte maritime : le "partage du gâteau" par les low cost serait catastrophique pour la Corse

26 Février 2016

Intervention générale et explication de vote de Michel Stefani lors du débat à l'Assemblée de Corse le jeudi 25 février 2016 consacré à la desserte maritime de la Corse

Nous examinons ce rapport alors que ces dernières semaines nous avons assisté à des évolutions surprenantes concernant l’avenir de la nouvelle SNCM sur fond de polémiques politico affairistes et de pratiques douteuses pour ne pas dire mafieuses. En même temps nous relevons que les principaux objectifs de ce rapport consistent, outre la création de la compagnie régionale, à restreindre le périmètre de la délégation de service public (DSP) à la seule desserte des ports secondaires en passant les ports principaux en obligation de service public généralisées (OSPG). C’est ce que les dirigeants de Corsica ferries France (CFF) préconisent depuis longtemps.

La consultation publique nous apprend également que cette vision de la desserte est partagée par les dirigeants du consortium des principaux chargeurs de corse conduit par François Padrona alors que celui-ci défendait devant le Tribunal de commerce (TC) de Marseille la position contraire dans le cadre de l’offre de reprise qu’il présentait.

Pour la maîtrise des transports hors des lobbys on repassera je pense en particuliers à celui des low cost. La compagnie régionale poussée à marche forcée dans ce cadre devrait se résumer à fournir à cette somme d’intérêts particuliers, les plus puissants de la Corse, les navires qu’ils n’ont pas les moyens de s’offrir, ni même d’entretenir, pour faire fructifier leurs affaires, tout en faisant supporter cette charge à la Collectivité. Après quoi, ils se chargeront des travailleurs qui devront naviguer sous un nouveau pavillon national qui ne sera sans doute plus le pavillon français 1er registre, seul garant des droits sociaux des marins en Corse comme sur le continent.

Ainsi vous ne nous ferez pas croire qu’avec ces messieurs les navires seront restitués à la Corse qu’ils n’ont d’ailleurs jamais quitté. Les navires de la SNCM et en partie de la CMN, ont tous été payés par l’État avec l’argent public de la solidarité nationale afin d’assurer la continuité territoriale. Et nous verrons bien ce qu’il en sera du Danielle CASANOVA, symbole de la Résistance corse au fascisme, dans le cadre du rapprochement déjà opéré avec l’homme d’affaire Daniel BERRIBI.

Dossier à rebondissements s’il en est nous apprenons ce matin que Corsica Linéa a d’ores et déjà capté plus de 15 % du marché du fret au détriment des délégataires. Les dirigeants de cette compagnie ont promis le pavillon français 1er registre et 100 % de marins corses, en réalité c’est un pavillon danois, puis portugais et des effectifs multinationaux aux droits sociaux calés sur les standards internationaux les plus bas. Et à les écouter nous voyagerons bientôt heureux et nous connaitrons enfin le recul de la cherté de la vie en Corse qu’ils entretiennent depuis des décennies.

Selon vos propos, Mr le président de l’Office des transports de Corse (OTC), il faut « optimiser l’enveloppe de continuité territoriale ». J’ai bien peur que de la sorte il s’agisse de fausses bonnes économies et qu’au final on détruise non seulement l’économie et l’emploi en Corse mais que cela coute plus cher aux contribuables.

Malgré l’opacité qui entoure les dernières tractations patronales, que vous avez appelées de vos vœux, le constat demeure : la mise en redressement judiciaire de la SNCM, pilotée par le premier Ministre à la demande de Veolia Trandev, visait non pas à pérenniser la compagnie nationale, comme Monsieur Valls s’est plu à le répéter, mais à la dépecer pour offrir aux opérateurs low cost toujours plus de parts de marché sur les lignes les plus rentables entre Marseille, Bastia et Ajaccio.

Pour le gouvernement brader « le fleuron de la marine marchande française », j’emprunte ici la formule au ministre des transports Frédéric Cuvillier, a eu le sinistre avantage d’accentuer le désengagement de l’Etat d’une responsabilité qui lui incombe à l’égard de la Corse au titre de la continuité territoriale et de la solidarité nationale. Peu importe si pour ce faire il laissait toute la latitude à des candidats dont les offres de reprise étaient jugées « médiocres » et « insuffisantes en fonds propres » par le procureur de la République.

Après quoi, comment ne pas être interpellé quand la justice fait diligence à la demande du patronat corse qui traite les travailleurs et la CGT de voyous, alors que ceux-ci à juste raison se sont opposés à l’accostage à Marseille du Stena carrier et qu’à présent, saisi d’une plainte en référé par le CE, tendant à obtenir le respect de la clause de non concurrence, le tribunal en renvoie l’examen après la session de l’Assemblée de Corse. Où est l’Etat de droit quand se dessine ainsi à grande échelle une complicité digne d’une République bananière ou s’entremêlent justice, politique et affairisme.

Nous trouvons aussi dans ce rapport confirmation de ce pourquoi la consultation publique a été lancée en octobre 2015 en lieu et place de la procédure d’appel d’offres visant à renouveler la DSP en octobre 2016. Cette consultation s’est conclue le 15 décembre avant que le consortium des patrons corses ne se lance dans une opération hostile et illégale contre la nouvelle SNCM et le projet industriel arraché par les marins et leurs organisations syndicales en lutte durant tout ce temps.

Ce projet validé avec le repreneur et les administrateurs judiciaires vise à maintenir une flotte adéquat pour desservir les six ports de Corse depuis Marseille avec la CMN, et ouvre la possibilité d’un rayonnement en méditerranée notamment à travers les liaisons avec le Maghreb qui génèrent aussi de l’emploi en Corse.

Le potentiel du Maghreb est important comme l’a exposé la CGT en combinaison avec le Port de Marseille et le terminal de Mourepiane qui doit être connecté d’ici la fin de l’année à la plus grande autoroute ferroviaire débouchant sur le bassin industriel le plus grand d’Europe du Nord à destination de plusieurs dizaine de Millions d’européens.

Cela nous semble aussi une formidable opportunité pour l’exportation de la production insulaire et le développement d’un tissu industriel local innovant et adapté à notre environnement qui viendrait compléter et renforcer les secteurs de production locaux et le tourisme. Elle prendrait à contre pied tous ceux qui font de la Corse une mauvaise caricature et mettrait au cœur de l’action politique de la Collectivité territoriale de Corse (CTC) l’intérêt général et la coopération avec d’autres territoires, sans exclusion.

« Nous sommes un Conseil exécutif légitimement élu, nous avons un projet clair et nous n’accepterons pas des diktats, économiques et sociaux, de qui que ce soit ! » avez-vous dit dans une interview à Corse net info le 7 janvier 2016. Soit, mais ce qui ressort à présent c’est que les diktats de Bruxelles vous conviennent en tout point. Cette consultation publique est comme vous l’indiquez une exigence de la Commission européenne pas une obligation.

Son registre c’est la libre concurrence sauvage et la liquidation de ce qui reste des 900 emplois préservés à la SNCM, et il faudra bien savoir ce qu’il adviendra de la CMN dans le schéma que vous nous proposez excluant les ports principaux de la DSP. Dés lors vouloir créer « un espace social de dialogue » pour amortir les effets de cette orientation néfaste reviendrait en fait à l’accepter ce que nous ne ferons pas.

D’ailleurs dans cette même interview vous avez pris les devants en expliquant : « Il faut, bien sûr, régler la question sociale, mais c’est, aussi, à la région PACA de s’intéresser aux ressortissants de son territoire ! ». Comme si les corses pouvaient échapper aux licenciements et aux critères légaux qui s’imposent à tous en pareil cas et quel que soit le lieu de résidence de chaque travailleur.

Hier dans Corse Matin vous disiez vouloir agir pour empêcher la liquidation de la SNCM. Si tel était le cas il eut été plus efficace de rappeler Corsica linéa au respect de cette fameuse clause de non concurrence et de dénoncer immédiatement la convention que vous avez signée sans d’ailleurs l’avoir soumise au Conseil d’administration (CA) de l’OTC.

Car ce qui est déterminant ce n’est pas de savoir si l’opérateur présente un projet de desserte conforme « aux OSP votées par l’Assemblée de Corse » mais de vérifier que la programmation de services supplémentaires, donc de surcapacités, ne vienne pas obérer l’équilibre de la DSP et mettre en cause les obligations contractuelles liant l’autorité délégante, la CTC, et les délégataires. Voila pourquoi dans les réponses à cette consultation publique les low costs CFF et CL réclament les OSPG contrairement aux actuels délégataires qui privilégient la DSP.

L’intérêt de la DSP, en effet, c’est qu’elle permet contrairement à ce que vous affirmez une plus grande maitrise de l’autorité délégante avec la possibilité de faire jouer l’équilibre entre les lignes les plus rentables et celles qui ne le sont pas ou pas du tout, et d’exiger des opérateurs de service public un haut niveau de services en qualité et en sécurité avec d’importantes retombées économiques et sociales obérer dans ce schéma low cost.

La précipitation avec laquelle vous avez délivré votre autorisation est donc étonnante alors qu’un délai raisonnable est prévu pour examiner une telle demande d’ouverture de ligne supplémentaire en OSP. La transparence aurait voulu que dans ce rapport nous puissions disposer des éléments d’une analyse objective précédent la signature de cette convention avec Corsica linéa.

Curieuse aussi est l’amnésie du repreneur de la SNCM qui était signataire comme les autres candidats de cette clause de non concurrence. Au final il préconisera une fusion prélude incertain à la création d’une compagnie régionale sur un partenariat public privé (PPP) et deux société d’économie mixte (SEM) l’une destinée à l’exploitation l’autre à l’investissement. Ce partenariat conduirait la CTC à porter la charge du matériel naval tout en partageant les risques de l’exploitation conduite par les acteurs privés qui ont à l’évidence vos faveurs et annoncent de grands projets irréalistes sur le plan économique et quel qu’en soit le coût social.

L’enjeu de cette partie de poker menteur c’est bien la flotte. Or il semblerait que la banque épaulant Rocca Transport veuille se retirer. L’ouverture illégale de la ligne Corsica linéa, à défaut de plomber la trésorerie de la nouvelle SNCM, aura eu pour effet de remettre sur la table le risque d’une cessation de paiement.

C’était sans doute le but recherché de cette opération. Si elle devait aboutir avec votre caution, elle conduirait à ce que le consortium dirigé par les plus gros patrons corses exerce un rôle ultra dominant sur l’économie insulaire pour continuer à dégager les marges les plus confortables au détriment des consommateurs déjà victime depuis des années du détournement des réfactions TVA réalisé par ces mêmes entreprises.

Le patronat insulaire, qui n’a jamais accepté la régulation publique, a toujours combattu le principe initial de continuité territoriale malgré la défaillance avérée des opérateurs privés des décennies durant. L’affrontement, aux accents poujadistes, entre patrons corses puis leur rabibochage n’est pas fait pour défendre l’emploi en Corse et encore moins le pavillon français premier registre qui procure aux salariés une véritable protection sociale. Depuis 20 ans, malgré la zone franche et les dispositifs fiscaux très généreux, les quelques 80 M€ annuels dont ils ont bénéficié n’ont pas été mobilisés pour l’emploi. L’augmentation constante du chômage le confirme. Ils n’ont pas non plus permis d’enregistrer une augmentation des salaires qui restent exagérément bas.

La promesse d’embaucher des marins corses n’engage ainsi que ceux qui y ont cru. « Le nouveau modèle » dont il est question c’est celui du Stena carrier, un modèle jumeau de celui CFF, très peu de corses embarqués et pour ceux qui l’ont été ou le seront un jour des conditions de travail indignes.

Reste à connaitre la décision du TC de Marseille s’agissant d’une telle fusion qui en l’état ne peut être acceptée. Comme l’a fait remarquer le procureur de la République c’est une façon de mettre en cause celle du 20 novembre en ramenant à la table deux candidats à la reprise de la SNCM non retenus. C’est pourquoi toujours dans votre interview à Corse Matin vous indiquez ne pas vouloir « laisser la main au TC de Marseille ». Autrement dit vous n’êtes pas choqué que les décisions du TC soient bafouées.

Apparemment, il en est de même à propos de la décision du Tribunal administratif (TA) de Bastia prononçant la résiliation de la DSP en avril 2015 puisque vous précisez dans le calendrier qu’au mois de septembre la CTC devra avoir recours à une convention transitoire d’exploitation pour prolonger d’octobre à mars 2017, sauf incompréhension de ma part la subdélégation.

Nous ne sommes pas convaincus de la fiabilité juridique de ce choix qui mériterait à tout le moins une consultation du TA de Bastia. Dans ce sens, si ce que nous craignons devait se confirmer les dirigeants de CFF ne manqueront pas le coup et il se pourrait que la CMN soit entrainée dans le tourbillon dès le mois d’octobre prochain de surcroit avec un actionnaire principal atone face à la concurrence déloyale.

Enfin, votre raisonnement consiste également à réaliser une économie de 26 M€. Le schéma désastreux d’une DSP ramenée à la portion congrue que vous proposez est fait pour. Mais à quel prix ? Sans connaitre les capacités résiduelles que vous maintiendrez sur les ports secondaires (non viables sans compensation) ce sont 400 000 ML de fret et 128 000 places passagers que vous supprimez.

Inutile d’insister pour comprendre que cette réduction drastique du périmètre de la DSP aura un lourd impact y compris pour la CMN et au-delà pour l’emploi de la main d’œuvre portuaire et les sous-traitants en Corse.

Les Chambres de commerce (CCI) pourront utiliser les excédents pour « refaire les infrastructures portuaires et aéroportuaires » dites-vous. Un temps, cela permettra de couler beaucoup de béton et de goudron mais croire qu’une telle économie puisse ne pas se traduire par une réduction de la dotation de continuité territoriale c’est mal mesurer le risque encourue en période d’austérité qui plus est.

L’abandon de la DSP sera d’autant plus destructeur que le ligne par ligne et les OSPG ouvriront encore plus la desserte aux prédateurs du service public que sont les compagnies low cost sous pavillon étranger de surcroît. Vous comptez redéfinir « le paysage des opérateurs » de cette façon en maintenant « une concurrence raisonnable ». Sauf que cette logique ultralibérale s’y oppose fondamentalement.

Ainsi une situation de monopole d’intérêts privés verra le jour au détriment de l’emploi, du développement économique et social et de l’environnement avec les surcapacités en été. La multiplication des opérateurs fera croire à une absence de monopole mais dans les faits "le partage du gâteau" entre les low cost qui se multiplieront sur un marché très étroit sera catastrophique pour la Corse.

En conséquence nous voterons contre ce rapport.

Explication de vote

Vous venez de dire il ne faut pas lésiner. Toutes les pistes doivent être examinées. Néanmoins il en est une qui ne semble pas avoir vos faveurs je veux parler de celle, entérinée devant le TC de Marseille le 20 novembre dernier, qui repose sur un plan de cession avec un projet industriel ayant fait l’objet d’une négociation de l’ensemble des organisations syndicale avec les administrateurs judiciaires et le repreneur de la SNCM.

Il permet de sauvegarder 900 emplois de disposer d’une flotte permettant de desservir dans le cadre de la DSP l’ensemble des ports de la Corse et de maintenir un rayonnement en méditerranée avec la desserte du Maghreb.

Vous pouviez conforter ce choix en refusant l’ouverture de la ligne sur Bastia par Corsica Linéa. Alors même que le procureur vient de déclarer que c’était illégal en requérant une astreinte journalière de 150 000 euros pour sanctionner cette concurrence déloyale vous ne le faites toujours pas.

En conférence des présidents vous nous avez dit qu’il fallait absolument délibérer pour donner un signe fort avant le 5 mars faute quoi, les difficultés de MCM étant trop importantes, la liquidation judicaire serait probable et il n’existerait plus aucune autre alternative. Ainsi en n’adoptant pas votre délibération, selon vos propos nous mettrions en cause, les intérêts de la CTC comme ceux des salariés.

J’ai dit que vos arguments n’étaient pas convaincants car à l’évidence si la situation de MCM était si catastrophique la délibération n’y changerait rien. Au demeurant nous disposons à cet instant des attendus du jugement du TC de Marseille qui a statué aujourd’hui sur la poursuite du plan de cession en confirmant son attribution. Contrairement à ce que vous nous avez dit il est précisé que la MCM n’a pas de difficultés de trésorerie ce mois ci et qu’elle n’en n’aura pas non plus le mois prochain. Après paiement des salaires en février elle dispose de 3 M€ et elle sera en capacité d’honorer ses dettes sociales pour un montant de 225 000€.

Je vous entends répéter que les décisions du TC de Marseille n’ont que peu d’influence après avoir expliqué qu’il fallait s’en affranchir. C’est une curieuse conception de l’Etat de droit.

Pour ce qui nous concerne même dans cette dernière version, bien édulcorée par rapport à la précédente, nous ne voterons pas votre délibération.

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Pour faire gagner le peuple

12 Février 2016

Fut un temps il était question de faire place au peuple mais la courte période qui nous sépare maintenant de l’échéance reine qu’est la présidentielle voit s’affirmer un frénétique besoin de candidater éloignant de ce juste mot d’ordre.

De place au peuple à l’annonce unilatérale de candidature, c’est la négation de la construction citoyenne d’un projet et d’une candidature en mesure de le porter efficacement. Autrement dit de faire renaitre l’espoir populaire d’une politique de changement, incarnée par une femme ou un homme respectueux de ses engagements à gauche dans le combat contre la domination capitaliste et antisociale de la finance.

Certains ont considéré que ce cheminement devait passer par une primaire. Pierre Laurent a eu raison de rappeler que ce n’était pas notre tasse de thé mais qu’il fallait néanmoins prendre en compte cette demande exprimée avec une attente forte à la fois sur le contenu à promouvoir et l’objectif à atteindre.

Les élections régionales ont marqué les esprits et reflété le refus de la politique d’austérité gouvernementale. La sanction des renoncements de François Hollande s’est vérifiée dans un recul de la gauche et une poussée de l’abstention dans son électorat populaire.

La progression électorale du FN sur ces bases est un paramètre que tous les progressistes ne peuvent négliger sauf à commettre une erreur politique lourde de conséquences pour l’élection présidentielle elle-même mais au-delà pour le monde du travail et de la création.

Cette élection structure la vie politique française en assurant l’élection d’un monarque républicain pour cinq ans. Cette juxtaposition avec les élections législatives assèche de plus en plus la démocratie dans une alternance où l’exécutif apparaît de plus en plus inféodé au Medef.

Aucune perspective de changement ne peut résister dans ce schéma mortifère pour l’expression et l’existence même d’un courant révolutionnaire à gauche. L’enjeu dans la période actuelle c’est donc de parvenir à briser ce piège établi par les forces politiques et économiques détenant le pouvoir.

Les Lundis de gauche participent de cette volonté indispensable. Ils sont ouverts à la réflexion et à la participation de tous ceux qui, interpelés par la situation, s’intéressent à l’action politique à mettre en œuvre afin que le peuple parvienne ainsi à se dégager d’un scénario où la question du changement est évacuée derrière le choix réducteur du moins pire pour faire barrage au FN.

Le choix du Parti de gauche et de Jean Luc Mélenchon d’annoncer prématurément la candidature de ce dernier, en repoussant l’exigence de cette construction politique citoyenne, constitue un obstacle au succès d’une démarche de rassemblement parce qu’il divise les forces de progrès capables d’offrir une alternative antilibérale crédible. Pour autant il faut poursuivre les Lundis de gauche avec détermination dans le même esprit pour faire gagner le peuple.

Michel Stefani

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La communauté cheminote est en deuil.

11 Février 2016

La communauté cheminote est aujourd’hui en deuil. Un accident impensable s’est produit et le malheur a voulu qu’il frappe l’un des siens sous les yeux incrédules de ses camarades de travail submergés de chagrin quelques heures plus tard en apprenant l’issue tragique.

Comme de nombreux cheminots Charles Andréani a accompli sa carrière professionnelle aux chemins de fer de la Corse où, de par son expérience et ses qualités humaines il était apprécié de tous.

Ainsi il a gravi les échelons pour devenir chef du dépôt de Bastia. C’est là qu’il a perdu la vie, ce matin de février 2016, à l’âge de 56 ans victime de ce coup du sort malencontreux et bouleversant.

En ce moment douloureux, les pensées vont immédiatement à sa famille, à ses proches auxquels j’adresse un message de condoléances avec tristesse et émotion.

Michel Stefani

Président des Chemins de fer de la Corse de 2012 à 2016.

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SNCM : Le parquet du pole financier de Bastia doit ouvrir une enquête préliminaire

10 Février 2016

Délestée de la SNCM Veoilia peut à présent aller au bout de l’opération de sortie du groupe Transdev contrôlé par la Caisse des dépôts. C’est en substance l’annonce faite par Antoine Frérot PDG de Véolia le 9 février. Le passage de la compagnie nationale au Tribunal de commerce de Marseille (TC) en procédure de redressement judicaire était avant tout la conséquence de ce choix politique poussé par le premier ministre conformément à la volonté des dirigeants de Veolia Transdev.

Dans cette manœuvre les travailleurs et le service public de continuité territoriale ne comptent pas. Et si d’aventure il devenait possible de liquider en méditerranée le pavillon français premier registre et la contestation sociale de l’ordre low cost, ce serait une aubaine pour les armateurs sans scrupule et la très libérale Commission européenne en charge à cet effet des basses besognes antiservice public. Reste les petites mains qui se complaisent localement dans un comportement crapuleux aux frontières des pratiques affairistes et mafieuses. C’est ainsi que le patronat corse, dans ses déchirements sur le dos de la bête encore chaude, en arrive à passer outre une clause de non concurrence, signée par tous les candidats à la reprise de la SNCM, pour protéger la nouvelle entité d’un assaut déloyal durant les six premiers mois suivant la cession.

L’amnésie générale, s’agissant de cette clause confidentielle mais de forme exécutoire, laisse perplexe, celle de Monsieur Rocca interpelle plus encore. Et ce n’est pas tout ! L’autre caractéristique essentielle de la décision du TC du 20 novembre 2015 réside dans l’obligation de stabilité du capital de la nouvelle SNCM sur les deux premières années d’exercice pour conforter le schéma de reprise sur les trois axes essentiels que sont le projet industriel, la structure financière, le cadre social ce dernier incluant le statut, l’emploi et le respect des règles du pavillon français premier registre. Sachant cela on ne peut que relever l’étrange passivité de la puissance publique garante de l’Etat de droit dans cette phase sensible de redémarrage des activités de la nouvelle SNCM. Sauf à considérer que la Corse ne fasse plus partie de la République, le silence du gouvernement, s’il devait persister, serait le signe d’une complicité digne d’une république bananière.

L’Exécutif de la CTC qui s’est montré plus soucieux de l’avis de Mme Vestager, commissaire européen à la concurrence, que du jugement du TC, voire du CA de l’OTC et de l’Assemblée de Corse, s’expose à la même critique pour avoir privilégié la création d’une compagnie régionale tout en se défendant d’avoir subi la pression du consortium des patrons corses et du groupe Berrebi. Or, le président de l’Office des transports, dans un courrier adressé aux organisations syndicales le 10 janvier, affirme : « la recherche immédiate d’un protocole d’accord, puis d’un pacte d’actionnaires entre les parties directement engagées, au travers de la MCM et de Corsica Maritima notamment, autour de la création d’une compagnie publique corse, évoquée précédemment, contribuant à l’apaisement et à la redéfinition du paysage des opérateurs, dans le cadre de l’intérêt général ».

Ce faisant c’est bien d’une remise en cause du jugement du TC qu’il s’agit identique à celle des dirigeants de Corsica linea qui ouvraient au même moment leur ligne Marseille Bastia en traitant les marins et leurs organisations syndicales de voyous alors qu’ils réclamaient légitimement l’arrêt de ce service irrégulier. Le comble c’est que les dirigeants de Corsica Linea ont saisi le Tribunal de grande instance (TGI) de Marseille et que les administrateurs judiciaires n’aient même pas pris la peine de transmettre au juge du TGI le document stipulant la clause de non concurrence dont Messieurs Berrebi et Patrona étaient signataires. Cette entrave permettra en fait qu’il ne soit pas rendu justice aux marins qui empêchait, à bon droit, le Stena Carrier d’accoster Marseille.

A ce stade on peut parler d’une magouille de grande ampleur pour envoyer par le fond la nouvelle SNCM et ses 900 salariés dans le seul but de permettre à certains de s’accaparer à vil prix une flotte financée par la dotation de continuité territoriale inscrite au budget de la Nation. Pour ces raisons nous demandons au parquet du pôle financier de Bastia d’ouvrir une enquête préliminaire pour examiner dans quelles conditions Corsica Linea a pu bénéficier des autorisations politiques et administratives lui permettant de se positionner sur la desserte mais également sur la fusion entre Corsica Linea et la nouvelle SNCM. Le gouvernement, qui porte à travers ses choix la responsabilité d’avoir précipité la compagnie sur ces récifs d’un affairisme mafieux doit empêcher qu’intervienne une liquidation judiciaire « frauduleuse » de la nouvelle SNCM.

Pierre DHAREVILLE Michel STEFANI

Secrétaire du PCF des Bouches du Rhone Secrétaire régional du PCF en Corse

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SNCM : ultralibéralisme et scandale politico-financier

8 Février 2016

La guerre qui oppose depuis deux mois certains dirigeants du patronat insulaire s’agissant du contrôle de la desserte maritime de marchandises s’est déroulée jusqu’ici sous l’œil bien veillant du gouvernement et de la nouvelle majorité régionale qui, dans le contexte trouble, a vu l’opportunité de précipiter la création d’une compagnie régionale.

Les carences de la méthode affleurent aujourd’hui. Les vérifications n’ont pas été conduites pour s’assurer de la légalité entourant l’ouverture de la ligne Marseille Bastia par le consortium des patrons insulaires. A la question que nous posions le 6 janvier : Corsica Maritima est-elle respectueuse de la légalité en ouvrant cette ligne ? La réponse est non.

La clause de non concurrence acceptée en son temps par l’ensemble des candidats à la reprise de la SNCM, devant le Tribunal de commerce de Marseille (TC), n’a pas été respectée. Elle prévoyait expressément de préserver l’ex SNCM de toute concurrence déloyale durant les 6 premiers mois consécutifs à la cession.

L’OTC a donc validé l’ouverture de cette ligne et vraisemblablement signé une convention avec l’opérateur Corsica Maritima et le groupe Berrebi dans des conditions approximatives et à l’insu du Conseil d’administration de l’OTC.

Le constat laisse perplexe tant au regard du contrôle de légalité que de l’amnésie des signataires de cette clause de forme exécutoire. On voudrait liquider l’ex SNCM et ses 900 salariés qu’on ne s’y prendrait pas autrement. La CMN aussi ne sortira pas indemne de cet assaut de concurrence déloyale.

Ainsi le dogmatisme ultralibéral antiservice public pourrait accoucher, sous un scandale politico financier plus désastreux que la sulfureuse privatisation Villepin Sarkozy, d’un ultime plan social touchant les deux compagnies sous pavillon français premier registre.

Après quoi, certains réclameront que les syndicalistes de la SNCM soient trainés devant les tribunaux, comme ceux d’Air France et de Goodyear, où ils se verront reprocher d’avoir défendu leurs emplois et le service public contre le low cost et ses corollaires le non droit social et le recul de société.

Les administrateurs judiciaires doivent imposer le respect du jugement du TC et réclamer des sanctions à l’encontre de ceux qui l’ont bafoué. Enfin, le gouvernement, qui vantait les mérites d’une procédure de redressement garante de la pérennité de la nouvelle SNCM, doit sortir de son mutisme et y veiller pour stopper ce processus de destruction de la desserte de continuité territoriale.

Michel Stefani

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Un choix partisan non conforme aux fonctions de président de l’Assemblée de Corse.

6 Février 2016

L’Assemblée de Corse ne sera pas représentée à la cérémonie d’hommage au préfet Erignac. C’est la première fois. Ce choix partisan, non conforme aux fonctions de président de l’Assemblée de Corse, divise la Corse parce qu’il tourne le dos aux valeurs et aux principes républicains que des dizaines de milliers de citoyens en 1998 ont défendu en se mobilisant dans la rue pour condamner cet acte abject de terrorisme et demander que soit mis fin à la loi des armes en Corse.

Michel Stefani

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L’espoir d’une Corse juste et meilleure

5 Février 2016

L’extrême droite européenne a choisi Ajaccio pour y organiser un séminaire. Cela ne doit rien au hasard. Les événements qui y ont eu lieu la veille de Noël ont semble-t-il avivé l’esprit provocateur des organisateurs de ce symposium de l’intolérance aux relents du sombre passé pétainiste. Il ne s’agit là que du triste constat qui peut être fait à la lecture des messages, émanant de la « fachosphère », qui inondent la toile depuis que le visage hideux de la haine s’est démasqué sans retenu aux Jardins de l’Empereur.

Alors bien sur, et nous en serons, il est indispensable de combattre ici comme ailleurs cette idéologie incarnée par le clan Lepen, ses émules européens et ses représentants locaux, mais au-delà c’est au racisme et à la xénophobie sous toutes les formes qu’il faut s’attaquer en portant l’exigence de justice sociale contre les inégalités, terreau de toutes les frustrations, entretenues par la crise économique du capitalisme et son corollaire la politique d’austérité gouvernementale et européenne.

La thèse de « l’idéologie importée » résiste mal à l’analyse de la réalité. Il y a ceux qui crient la Corse aux Corses comme ceux qui crient la France aux Français. Ces cheminements parallèles conduisent cependant au même point : l’exclusion de l’autre différent en raison de ses origines, l’exaltation des racines chrétiennes, le retour au droit du sang…

Les mots d’ordres « Lucchesi Fora », « Sardi Fora » avant « I Francesi Fora » ou « Arabi Fora » ont eu cours ici des décennies durant, comme nous pourrions demain lire sur les murs des villes continentales « les Corses dehors » tant il est vrai que le racisme et la xénophobie constituent un tout contagieux et sans frontière. Et on voit bien le danger qu’il peut y avoir, à fortiori quand le chômage atteint des niveaux records, à promouvoir la « corsisation de l’emploi » sans imaginer qu’un corse pourrait dans une autre région de France se voir refuser de la même façon l’accès à un poste dans une entreprise nationale.

Gilles Siméoni, président de l’Exécutif de la CTC, invité de Jean Jacques Bourdin sur RMC le 18 janvier, explique que le mot d’ordre « I Francesi Fora » ne lui « correspond pas » et qu’il a pu être employé, dans un autre sens que celui supposé, pour dénoncer la politique de l’Etat. Comment ne pas s’interroger dès lors sur l’absence de condamnation politique de l’usage de ce mot ordre, raciste tout de même, quand par ailleurs et à juste raison celui de « Arabi Fora » l’est.

S’agissant de la plus haute autorité politique en Corse cette ambigüité n’est pas sans impact quand il s’agit de dresser un rempart, sans faille, contre le racisme. La clarté est, en effet, nécessaire pour se préserver des raccourcis politiques soit qui stigmatisent tous les corses indistinctement, soit qui les élèvent tout aussi indistinctement au dessus des comportements condamnables au regard de leur connotation raciste.

C’est chez nous qu’ont été souillés les murs d’enceinte du cimetière où reposent les dépouilles des Goumiers marocains qui ont participé aux cotés des Résistants à la Libération de la Corse. C’est aussi chez nous que des institutrices ont dû renoncer à faire chanter le poème de John Lennon « Imagine », cet hymne à la tolérance, à la justice sociale et à la paix, parce que des parents d’élèves ne voulaient pas que leurs enfants le chantent en arabe comme en corse ou en français. C’est enfin chez nous, le procureur de la République le rappelait au dernier Cuntrastu, que dans de nombreux cas les actes d’incivismes visent des personnes étrangères ou d’origines étrangères.

Si effectivement la Corse de tous temps a été une terre hospitalière force est de reconnaître que dans cette période troublée elle l’est moins. Pour autant, dans sa très grande majorité le peuple corse n’a rien perdu ni de la générosité, ni de la détermination qu’il montra contre le fascisme et son inhumanité pour reprendre sa liberté aux mains des chemises noires et des collaborateurs.

Dans cette conscience populaire réside à la fois la force, la possibilité et l’espoir d’une Corse juste et meilleure, d’un vivre ensemble pour tous quelle que soit l’origine de chacun conformément aux principes républicains de Liberté, d’Egalité, de Fraternité et à la laïcité. Les communistes organisent en ce sens une rencontre débat le 12 février à 18 heures au palais des congrès d’Ajaccio. Elle sera utile au succès du combat antiraciste pour le progrès et la démocratie.

Michel Stefani

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