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Michel Stefani

En 2016, les communistes ne baisseront pas les bras.

31 Décembre 2015

2015 a été l’année d’une macabre pression exercée par des terroristes depuis l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier à ceux du Bataclan et du Stade de France en novembre. Au nom d’une croyance dévoyée l’attaque est frontale. Antirépublicaine, elle cible les valeurs universelles : Liberté Egalité Fraternité. Le moment est grave et la réflexion indispensable à la fois sur l’impact de la politique étrangère de la France et de l’Europe et la déstabilisation induite de part et d’autre de la méditerranée, bassin de notre civilisation. Inversement, la paix, la solidarité, la coopération, constituent la seule réponse viable parce qu’elles permettent l’émancipation et l’épanouissement de tous les peuples. Elles supposent de s’extraire des règles inhumaines du capitalisme mondialisé irrespectueux de la planète, de son devenir.

Cette période est aussi fondamentalement défavorable au monde du travail et de la création. Tant que perdureront le chômage, la précarité, l’injustice sociale, les inégalités, l’avenir bouché pour les jeunes ; tant que les citoyens se sentiront oubliés et sacrifiés sur l’autel de l’argent, la crise politique, démocratique, sociale, s’amplifiera avec un risque de catastrophe extrême. L’enjeu est donc de résoudre les problèmes auxquels sont confrontés le monde et nos concitoyens, par de nouveaux choix politiques et économiques, en faveur des classes populaires et non plus des puissances d’argent. Cela implique de combattre l’orthodoxie libérale, de tenir tête aux dogmes de la Commission européenne, pour progresser vers la République, sociale, solidaire et respectueuse de sa diversité régionale dans l’unité nationale.

L’accession au pouvoir régional des partis nationalistes et l’affirmation du nouveau président de l’Assemblée de Corse d’engager la marche vers l’indépendance au-delà de la mise en place de la Collectivité unique dans deux ans, renforce la nécessité démocratique d’organiser une consultation référendaire avant cette échéance, sur le devenir même de la Corse dans ou hors la République, privée ou pas d’une solidarité nationale d’autant plus nécessaire que l’Europe des méga-régions promet une marginalisation économique des plus faibles d’entre elles, a fortiori avec la création du marché transatlantique.

Cette situation politique nouvelle exige de concevoir la politique autrement afin que celles et ceux qui s’en sont éloignés retrouvent le goût de la chose publique, en l’irriguant de leurs débats, attentes et espoirs. Sans leur engagement, sans la richesse de leur diversité, sans une recherche inlassable d’unité dans l’action, les tenants du pouvoir économique et politique qui régentent les sociétés et le monde, maintiendront leur domination. Le grand bazar politicien s’expose quotidiennement au plus loin de la vie du chômeur, du jeune précaire, du travailleur surexploité ou de l’agriculteur qui ont du mal à joindre les deux bouts. Les créateurs, les chercheurs les enseignants, les personnels hospitaliers, les fonctionnaires pour lesquels les crédits publics fondent inexorablement, voient les services publics passés au laminoir. Tout devient low cost pour le peuple.

Au Parti socialiste les dirigeants veulent achever leur mutation libérale en changeant son nom afin de rendre possible l’installation d’une « grande coalition entre une partie de la gauche et une partie de la droite », rassemblées dans une même opposition à l’épouvantail de l’extrême-droite. La droite a pris de l’avance avec le lancement des Républicains mais elle se situe sur le même plan tactique. L’intérêt général, le redressement du pays, le plein emploi, le vivre mieux, l’avenir de la jeunesse, le rayonnement de la France dans le monde sont absents de ces manœuvres.

La gauche de transformation sociale et écologique est certes mal en point mais elle peut relever le défi. Elle doit se ressaisir, se mettre plus et mieux au service de celles et ceux qui souffrent et aspirent à du neuf dans la vie démocratique ; du neuf dans les actions unitaires à mener, aux côtés du monde du travail et de la création ; du neuf pour un projet de transformation sociale crédible, parce que de plain-pied dans les réalités contradictoires qu’elle ambitionne de transformer profondément, dans le sens de l’émancipation humaine. Pour ce faire, les communistes en 2016 ne baisseront pas les bras.

Pace e salute a tutti.

Michel Stefani

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Racisme et xénophobie, symptômes d’une société très inégalitaire

29 Décembre 2015

En cette fin d’année 2015 la société corse expulse à la manière d’un volcan les maux qui depuis des décennies la travaillent en profondeur. C’est brutal, non surprenant. La crise, ici aussi, a des effets négatifs ou s’entremêlent le mal vivre et la peur du futur.

Ce qui s’est passé à Ajaccio la veille de noël est injustifiable. Les voyous cagoulés qui ont agressé les pompiers et l’agent de police doivent être interpelés et déférés devant la justice. Ceux qui, en représailles, ont saccagé un lieu de prière et proféré des menaces contre les habitants de la cité des jardins de l’Empereur, en dégradant les bâtiments, doivent également en répondre devant la justice. C’est la condition pour que la facilité, avec laquelle ces opérations punitives ont été conduites, ne soit interprétée comme une faiblesse complice. La loi républicaine doit s’imposer à tous et partout.

Comprendre ce qui se passe aujourd’hui exige néanmoins de prendre un minimum de recul par rapport aux événements et à la noirceur insupportable qu’ils révèlent pour mieux les endiguer et rétablir, par la reconstruction du lien social et la promotion des principes de la laïcité, le vivre ensemble nécessaire à tous indépendamment des origines différentes de chacun.

Au moment où le président de la République défend la volonté d’inscrire dans la Constitution la déchéance de nationalité pour les binationaux nés français ayant commis des actes de terrorisme, il est d’autant plus nécessaire de réaffirmer ces objectifs progressistes en s’opposant à cette fuite en avant politicienne dont l’effet sera corrosif pour les valeurs fondamentales de la République mais nul dans la lutte antiterroriste.

Forte de ses succès électoraux et portée par la banalisation médiatique de ses thèses réactionnaires l’extrême droite, qui se félicite de ce choix de François Hollande rappelant des moments sinistres de notre histoire, n’a plus aucune retenue elle inonde les réseaux sociaux, met en avant ce qui s’est passé à Ajaccio pour répandre autant que faire se peut le poison de la haine raciste.

Le racisme et la xénophobie sont les symptômes d’une société très inégalitaire qui, dans le désespoir et la souffrance, alimente les frustrations en Corse et ailleurs. Ils trouvent ici les ingrédients de leur prospérité quand bien même ils seraient les éléments « d’une idéologie importée », comme l’affirme le président de l’Assemblée de Corse.

La difficulté quotidienne, l’absence d’espoir, la banalisation d’un discours islamophobe et anti musulman au bénéfice d’une situation internationale détériorée par une domination capitaliste habillée en guerre de civilisation pour masquer le pillage de richesses naturelles, sont depuis deux décennies le creuset fertile dans lequel les apprentis sorciers instrumentalisent la colère populaire pour la retourner contre le peuple lui-même en le divisant.

Le mouvement populaire porteur de transformations sociales a besoin d’unité non de division. Or le racisme divise les victimes du système en les opposant entre elles à partir de leurs différences d’origines, de classes et de cultures. Le chômage n’est plus alors le résultat de choix politiques, économiques et sociaux, dictés par la seule logique d’accumulation du profit mais le fait d’une présence étrangère supposée responsable du manque d’emploi. Ce qui est valable pour l’emploi l’est tout autant pour l’accès au logement, à la protection sociale ou à un système de santé permettant à chacun de se soigner correctement.

La cherté de la vie en Corse, qui accentue le sentiment d’injustice, n’est pas non plus un hasard. Elle repose sur des mécanismes frauduleux qui vont du vol de la Taxe de transport au détournement des réfactions de TVA (250M€ annuels) au détriment des consommateurs. Dans le même temps les multiples dispositifs d’allégements de charges sociales et fiscales (70M€ annuels) des entreprises insulaires, mis en œuvre sans critères contraignant en termes de création et de stabilité de l’emploi, de salaires corrects et de formation, constituent une aubaine pour le patronat.

Dans ces conditions, l’écart de revenu entre les plus pauvres et les plus riches est de sept points. En 2010 1600 ménages en Corse déclaraient un revenu annuel moyen de 180 000 euros parallèlement 20 % des ménages 60 000 personnes vivaient avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté monétaire. Ici comme ailleurs le « tous ensemble » n’a de sens que quand il prend en compte prioritairement la défense des intérêts « des spoliés de la terre » comme l’affirmait Jean Nicoli en 1943.

Inversement, le repli identitaire est d’autant plus dangereux qu’il esquive l’analyse de fond pour cibler des boucs-émissaires et oublier l’histoire qui nous enseigne notamment que les Goumiers marocains, aux cotés des Résistants, ont payé de leur vie la Libération de la Corse.

La pauvreté n’existe pas parce qu’il y a des pauvres mais bien en raison d’un modèle économique structuré par la précarité de l’emploi et les bas salaires parfois doublé par le trafic de main d’œuvre étrangère. La directive européenne ultralibérale, dite du travailleur détaché, les attaques répétées contre le code du travail, les dernières venant du ministre Macron, encouragent un patronat sans scrupule à négliger les conditions de travail et à accroitre l’exploitation.

A juste raison on se sentira méprisé par le flot des propos qui, pour dénoncer une situation condamnable, ne font plus la distinction entre l’immense majorité des corses et une poignée de délinquants fracassant un camion de pompiers et d’autres individus qui, bras tendus, ont envahi la cité des jardins de l’Empereur pour laisser libre court à leur pulsions fascisantes de vengeance aux cris d’ « Arabi Fora » et « on est chez nous… les racailles dehors ».

De même, il fut affligeant en juin dernier de n’avoir pas été plus nombreux pour soutenir ces enseignantes de l’école de Prunelli di Fiumorbu lorsqu’elles se sont vues désavouées pour avoir imaginé de faire chanter par leurs jeunes élèves la tolérance en cinq langues parmi lesquelles l’arabe le corse et le français.

Voila pourquoi on ne peut faire abstraction de l’impact que peuvent avoir des mots d’ordre nationalistes comme I Francesi Fora (IFF) ou corsisation de l’emploi et faire la sourde oreille quand sont mises en exergue « les racines chrétiennes de la Corse » pour faire prévaloir une « laïcité autre que française » en indiquant que « la seule communauté de droit sur la terre corse est le peuple corse ».

Oui il y a un grave risque à véhiculer la thèse communautariste de la « submersion du peuple corse ». Si la Corse est une terre d’hospitalité elle ne peut le rester qu’en se dégageant de cette vision réductrice de la société insulaire fondée sur le droit du sang et la possibilité de s’installer ici qu’après avoir satisfait aux contraintes de maitrise de la langue et d’une présence supérieure à 10 ans.

« La Corse aux Corses », « la France aux Français », « les racines chrétiennes », « le droit du sang »… les chemins sont parallèles mais les propos se confondent dans une même logique d’exclusion ou de rejet de l’autre différent. Il est impératif de sortir de cette impasse politique et sociale. C’est un devoir pour tous les démocrates et les progressistes.

Les valeurs de la République : Liberté Egalité Fraternité, la laïcité, offrent le cadre d’un vivre ensemble pour peu que la justice sociale, s’affiche dans la solidarité nationale et prenne le dessus sur l’engrenage ultralibérale de l’argent roi. Ce changement de politique le peuple doit le construire à gauche, résolument à gauche dans son propre intérêt. Les communistes sont disponibles pour contribuer au rassemblement le plus large afin d’y parvenir.

Michel Stefani

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Installation de la nouvelle Assemblée de Corse et rapport de force avec l’Etat français

19 Décembre 2015

Passation de serment, Dio vi salvi régina, l’intronisation des présidents de l’Exécutif et de l’Assemblée de Corse a eu lieu sous le regard ému du père spirituel du nationalisme contemporain dont l’acte fondateur, nous dit-on, a eu lieu à Aléria le 22 aout 1975. La Collectivité territoriale de Corse a donc vibré ce 17 décembre aux accents du nationalisme victorieux après 40 ans de lutte contre « l’Etat français colonial ». Le discours du nouveau président de l’Assemblée de Corse, prononcé en Corse sans traduction, en était imprégné.

Parsemée de nombreux assassinats, plasticages et autres dérives pas toujours distinctes du banditisme, cette période de la violence indépendantiste, au delà de l’engagement militant et désintéressé de certains, fut effectivement douloureuse pour la Corse et son peuple. Avec insistance, il a été fait rappel que les indépendantistes ne cesseront jamais de réclamer l’indépendance même si cette revendication ne figure pas au « contrat de mandature » établi au moment de la fusion des deux listes indépendantiste et autonomiste.

La passation de serment renvoie elle à un exercice des fonctions électives proche de l’esprit anglo-saxon mais pas forcément républicain au sens de la souveraineté populaire. Tout le monde aujourd’hui s’accorde, à tout le moins dans le propos, s’agissant de l’éthique, de la transparence, du bon usage de l’argent public, de l’honnêteté… mais le contrôle démocratique et citoyen reste indispensable à plus forte raison quand se dessine la création d’un pouvoir unique sans consultation des Corses.

La référence à la « Giustificazione della Rivoluzione di Corsica » de don Grégorio Salvini, interpelle car elle ne peut être, au détour d’une phrase, extraite du contexte de l’époque (1729 1764) et maladroitement située dans la Philosophie des Lumières alors qu’elle s’inspirait de la pensée de Saint Thomas d’Aquin en prônant, non l’égalité, mais le maintien des droits de noblesse tout autant que la fin de la domination génoise.

Pour ce qui est de l’émancipation du peuple, se placer sous la protection de la vierge Marie ne semble pas être le chemin le plus approprié pour s’émanciper du droit divin. Quant à la domination on ne peut interpréter les choses qu’avec la symbolique donnée à cette installation et l’objectif de faire abstraction d’une partie de notre histoire en occultant le 9 septembre 1943 et par la même le choix du peuple corse confirmant celui de Pascal Paoli le 30 novembre 1789 « notre adhésion à libre Nation française n’est pas servitude mais participation de droit ».

Le paradoxe est bien celui là désormais pour les élus nationalistes d’exercer des fonctions exécutives dans une institution de la République française tout en rejetant celle-ci. De fait, dans un hémicycle où théoriquement la pluralité des opinions se traite avec égard, les usages républicains, cette installation l’a montré, n’ont été respectés que partiellement même si la stricte conformité au code général des collectivités territoriales a prévalu.

Cette volonté hégémonique des le début de la mandature, repose sur une vision politique déformante de la légitimité du suffrage universel, indiscutable certes, mais limitée somme toute à une majorité relative. Deux votants sur trois n’ont pas voté nationaliste le 13 décembre et ceux-ci peuvent en effet se sentir déconsidérés à l’issue de cette installation officielle, historique pour le nationalisme corse et sans doute pour l’institution elle-même qui n’a jamais connu ça depuis sa création en 1982.

Toute en faisant la part des choses, nous ne pouvons que partager l’inquiétude de nombreuses personnes, qui ressentent le discours du président de l’Assemblée de Corse, non comme la « main tendue » à celles et ceux dont les origines sont autres, mais au sens contraire. C’est d’autant plus justifié que Corsica libéra a indiqué dans sa campagne : « la seule communauté de droit sur la terre corse est le peuple corse ». Cela est complété par la revendication d’un statut de résident assorti d’obligations telles que la résidence depuis dix ans et la maitrise de la langue corse. En résumé le droit du sang.

Nous pourrions également égrener les propositions libérales qui mises en cohérence, structurent un programme anti France, appuyé sur les quatre décennies écoulées et la promesse « d’un rapport de force avec l’Etat français ». Nous restons convaincus que la perspective de progrès, économique, social, écologique et démocratique se situe ailleurs, dans une France solidaire, respectueuse de l’originalité de la Corse dans toutes ses dimensions. Cela implique d’écrire une autre Constitution pour sortir de la sclérose actuelle et promouvoir la République sociale, comme Jean Jaurès l’imaginait, pour « l’avènement d’une société plus harmonieuse et plus juste ou le travail sera souverain ».

Michel Stefani

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A travers toute son histoire le PCF n’a jamais abdiqué

16 Décembre 2015

Après l’échec des territoriales les communistes, ont devant eux l’exigence essentielle d’agir pour redonner à la gauche son sens politique en Corse comme dans tout le pays. La liste PCF FDG a été la seule, représentant en tant que telle une formation politique, à franchir la barre des 5%.

C’est un point d’appui pour redevenir audibles et crédibles de celles et ceux qui, ces trois dernières années, ont été déçus par la politique sociale-libérale de plus en plus austéritaire et par le spectacle désolant d’une accumulation désastreuse, en particulier à Bastia, d’ambitions et de postures personnelles contraires au service de l’intérêt général et d’autant plus véhémentes que la réforme institutionnelle antidémocratique décuplait les appétits de « pouvoir unique ».

Les résultats du second tour des élections territoriales montrent toute la nocivité de ce mariage catastrophique de la compétitivité low cost, de la gouvernance technocratique coupée des citoyens et de l’opportunisme de quelques-uns. Le total des voix des listes censées être de (ou à) gauche était de 46 246 voix. Trois ne seront pas admises au second tour, deux fusionneront pour n’en recueillir que 42 607 soit 3 639 voix de moins. Sur 2010, le recul de 10 056 voix s’est transformé en rejet.

La campagne de l’entre deux tour, axée sur la compétence n’a pas convaincu et nous pouvons à posteriori mesurer l’intérêt relatif d’avoir durant cinq ans ouvert (ou cautionner) des débats qui sont apparus plus ou moins en décalage avec le vécu quotidien de milliers de corses en prise avec la précarité et le chômage, la pauvreté et la cherté de la vie, la difficulté à se loger ou a se soigner. Difficile aussi de faire abstraction des choix désastreux mettant en cause la desserte de continuité territoriale dans l’aérien et le maritime au bénéfice des low cost et par la force des choses contre la SNCM et la CMN dans le maritime et contre Air France et Air Corsica dans l’aérien.

Après 25 ans de pouvoir de droite la parenthèse de « l’Alternance » se referme laissant ainsi cinq ans plus tard une gauche en lambeaux.

La droite, lestée par un FN à 10 %, n’en tire pas avantage. Le total des voix de ce « bloc » est de 54 000 voix, plus que les nationalistes à 52 839 voix, mais il est inopérant dans ces conditions. La liste « sarkosiste » LR progresse de 5 820 voix au second tour pour obtenir 40 480 et dépasse légèrement son résultat de 2010 de 715 voix.

On ne peut que constater la progression nationaliste qui s’appuie, après un premier tour en deçà, sur un bon électoral de 15 432 voix au second tour dont on peut considérer qu’il provient pour partie du saut de 7 points de participation et de ce fait du recul de l’abstention et du rejet du modèle politique ancien incarné par les listes conduites par Paul Giacobbi et José Rossi.

16 899 abstentionnistes du premier tour ont voté au second. Pour autant l’engagement de plusieurs maires socialistes ou proches du PS qui ont fait voter nationaliste ont contribué de façon évidente à la victoire nationaliste. C’est vrai à Bonifacio, Monticello, Sisco,Ventiseri, San Martino di Lota...

L’évolution « corsiste » et même « identitaire » affirmée durant les élections départementales se traduit par un gain de 3 500 voix du nouveau maire de Bastia sur le territoire de la Communauté d’agglomération (CAB). Inversement, la défaite de la gauche à Bastia a été déterminante dans ce résultat et ceux qui l’ont trahi portent désormais cette lourde responsabilité d’avoir également facilité la conquête du pouvoir régional par les nationalistes.

Par rapport aux résultats de 2010 la progression de 1 456 voix sur la région reste minime les nationalistes séparément faisaient au second tour un total de 51 383 voix. On note même un recul de 2 920 voix sur la Corse du Sud. Autrement dit un électeur sur trois a voté nationaliste, il est donc exagéré d’affirmer que cette victoire est celle du peuple corse. Elle n’est que celle des nationalistes.

Si la droite en Corse du Sud a su surmonter des divisions affligeantes post départementales, en Haute Corse elle a continué délicieusement à régler ses comptes post sénatoriales. Nolens volens Gilles Siméoni arrive en tête à Borgo, Lucciana, ou selon certains propos Paul Giacobbi devait occuper cette place. Certains s’offusquaient dans ce cas mais acquiescent aujourd’hui en expliquant que l’inverse est justifié. D’autres communes Ville de Pietrabugno, St Florent, Rogliano… ont placé la liste nationaliste en tête.

Contrairement à l’élection de 2010, 5 600 électrices et électeurs (2 600 en Corse du Sud 3 000 en Haute Corse) ont, au premier tour, fait un autre choix que celui du PCF FDG. Ce n’est pas anodin, il s’agit bien d’une sanction qui correspond à ce que nous entendions très souvent avant le premier tour : la question sociale a été trop oubliée dans cette mandature focalisée sur la réforme institutionnelle. Cette sanction s’est répétée au second tour en incluant d’autres critères notamment ceux liés aux instructions judiciaires en cours qui touchent Paul Giacobbi et son entourage.

Les schémas politiques anciens ont été rejetés à plus forte raison quand ils sont interprétés comme les symboles dépassés d’une perpétuation filiale assise sur les vieux clans et des pratiques qui heurtent les aspirations démocratiques et l’éthique politique. Paradoxe s’il en est on peut souligner ici que la politique de père en fils est devenue une qualité pour celui qui est appelé à gouverner la Corse à présent. L’avenir dira si cette consécration est celle d’un clan ou pas.

Cependant nous ne pouvons limiter l’analyse à cela comme à la seule politique de la CTC. La crise est passée par là et la politique du gouvernement Valls plus encore. Election après élection celles et ceux qui ont cru aux engagements de François Hollande ont vu leurs espoirs de vivre mieux s’effacer au fur et à mesure des ses renoncements et de sa connivence avec le MEDEF.

Dans ce contexte, la majorité régionale de 2010 n’est pas apparue comme le fer de lance de la résistance à cette politique gouvernementale désastreuse. Son chef de file d’ailleurs n’a jamais fait défaut à la majorité gouvernementale. Budgets, Pacte de responsabilité, loi NOTRe, loi Macron, alignement sur la politique européenne… Paul Giacobbi a tout voté.

Cela a eu un impact électoral même si à l’Assemblée de Corse les élus communistes FDG ont combattu seuls les choix libéraux de l’Exécutif dans les transports, la déclinaison des politiques européennes, la réforme institutionnelle et la collectivité unique avec en toile de fond le statut fiscal, le statut de résident, la corsisation de l’emploi, la compagnie régionale maritime et enfin la Casse de la SNCM et le retrait programmé d’Air France.

Au sortir de ce scrutin dans le rapport de force tel qu’il est établi que faut-il faire ?

Le devoir d’innovation consiste à relever le défi de la bataille idéologique face au programme de « l’anti France » prôné par les nationalistes, derrière lequel pointe des mesures économiques, fiscales et sociales parfaitement libérales et certaines carrément contraire aux principes républicains d’égalité de droit pour les citoyens et de laïcité comme le statut de résident et son corollaire le droit du sang.

La question du rassemblement, pour enclencher une dynamique d’espoir, doit être travaillée avec l’objectif premier de construire du neuf à gauche et d’imposer une alternative politique fondée sur la promotion du service public et la transition écologique, la solidarité nationale et le progrès social. Dans ce cadre le maintien de l’égalité de droit des citoyens et la justice sociale seront intimement liée au développement économique et à la justice fiscale.

Cette démarche s’adresse aux acteurs du monde associatifs, du mouvement social, aux femmes et aux hommes de gauche, aux progressistes et aux républicains. Les prochaines semaines seront décisives, d’autant plus pour les communistes, qu’ils vont engager la préparation de leur Congrès.

A travers toute son histoire le PCF n’a jamais abdiqué, il a pu se tromper, faire des erreurs mais sa démarche est constante et claire, ses militants intègres et déterminés. Dans l’immédiat les communistes devront tirer les enseignements de cette élection pour appréhender au mieux la situation politique nouvelle qui en découle. « A Corsica in cumunu » résume bien le choix qui est le leur de construire un monde meilleur, celui de « l’Humain d’abord ».

Michel STEFANI

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Second tour : La responsabilité politique contre la désertion

11 Décembre 2015

La courte période de cet entre deux tours, à travers les échanges nombreux que nous avons eus, les propos qui ont été ceux de ces femmes, de ces hommes de ces militantes et militants qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour permettre à la liste du PCF Front de gauche de faire le meilleur résultat possible, s’expriment de la colère du mécontentement, des critiques justes.

Plusieurs ont eu à l’esprit en cette fin de mandature, non pas que la droite a dirigé pendant 25 années la région avec l’échec cuisant que l’ont connait, mais à juste raison l’annonce de centaines de licenciements à la SNCM et à Air France, l’aggravation d’une urgence sociale déjà très forte et en définitive ce que beaucoup ont ressenti et traduit parfois au premier tour dans la défiance y compris à notre égard.

Contrairement à l’élection de 2010, 5600 électrices et électeurs ont, cette fois ci, fait un autre choix que celui du PCF Front de gauche. Ce n’est pas anodin, il s’agit bien d’une sanction qui correspond à ce que nous avons entendu très souvent avant le premier tour : la question sociale a été trop oubliée dans cette mandature.

Bien sur nous ne pouvons limiter l’analyse à la seule politique de la CTC. La crise est passée par là et la politique du gouvernement Valls plus encore. Election après élection celles et ceux qui ont cru aux engagements trahis de François Hollande ont vu leurs espoirs de vivre mieux s’effacer.

Pour autant la majorité régionale n’est pas apparue comme le fer de lance de la résistance à cette politique gouvernementale désastreuse. Son chef de file d’ailleurs n’a jamais fait défaut à la majorité gouvernementale. Budgets, Pacte de responsabilité, loi NOTRe, loi Macron, alignement sur la politique européenne… Paul Giacobbi a tout voté.

Pour les communistes, dont les parlementaires ont fait le contraire, cette contradiction pèse lourdement. Cela s’est vérifié à l’Assemblée de Corse ou nous avons combattu seuls les choix libéraux de l’Exécutif dans les transports, la déclinaison des politiques européennes, la réforme institutionnelle et la collectivité unique avec en toile de fond le statut fiscal, le statut de résident, la corsisation de l’emploi, la compagnie régionale maritime…

Au soir du premier tour, dans les conditions telles qu’elles s’imposent à nous avec ce mode scrutin antidémocratique et en tenant compte du rapport de force politique établi, nous avions le choix soit de fusionner avec la liste de Paul Giacobbi, soit de ne pas participer au second tour et dans ce cas de laisser la voie libre aux nationalistes ou à la droite.

Nous avons fait le choix de la responsabilité politique au lieu de la désertion, car effectivement au second tour il fallait d’une part empêcher impérativement que la droite lestée par un FN à 10 % revienne au pouvoir et d’autre part que les nationalistes puissent conquérir la région pour mettre en œuvre leur « programme anti France ».

Ce choix, avec un groupe d’élu(e)s communistes et citoyens du Front de gauche, permettra de poursuivre le combat contre la politique d’austérité, pour la justice fiscale et sociale, pour le service public et l’emploi, pour la continuité territoriale et les transports public accessibles, pour le référendum sur la collectivité unique et la décentralisation démocratique, pour la transition écologique et le développement harmonieux, pour la solidarité nationale et la défense des valeurs essentielles de la République…per A Corsica in cumunu !

Sept candidates et candidats PCF Front de gauche sont sur la liste d’union conduite par Paul Giacobbi. Pour porter haut et fort la volonté politique de transformation sociale antilibérale il faut qu’ils soient élu(e)s. Cela dépend de votre vote ce dimanche en faveur de cette seule liste.

Michel STEFANI

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La meilleure réponse à Gattaz et au patronat

2 Décembre 2015

Plus les coups tombent drus sur les travailleurs plus ceux qui les assènent cherchent à distraire la réflexion de leurs victimes. Il en est ainsi dans le monde de Gattaz, le patron des patrons qui a repris l’étendard, passé dans les années 80 par les mains de son père qui fut comme lui un dirigeant du patronat français l’un des plus puissant du monde.

D’où, peut être, la comparaison saugrenue visant à tirer un trait d’égalité entre le programme commun de la gauche de 1976 et le projet antisocial des Lepen eux aussi candidats à tout de père en fille et petite fille.

Le quotidien patronal les Echos remet le couvert et parle de similitude avec les écrits de Maurice Thorez. Le dénommé Gaspard Koenig écrivain et philosophe, ancien attaché de la ministre Lagarde trempe ainsi sa plume dans l’encre malodorante pour soutenir la démonstration de son mentor du MEDEF a partir d’extraits du programme lepeniste.

Et effectivement l’un et l’autre sont bien placés pour savoir que la caractéristique de l’extrême droite, elle déjeune souvent à la table des grands patrons, c’est de faire de la démagogie sociale et nationale dans l’antichambre du fascisme.

Les capitalistes ne veulent pas entendre parler de solidarité pour eux partager équitablement le fruit de la richesse, produite par les travailleurs, avec le peuple est une chose inconcevable. Les marges sont sacrées, il faut du profit, quitte à crouler sous des montagnes d’or. C’est cette logique absurde qui fait que Gattaz s’invite dans cette campagne électorale par la même porte que ses ancêtres en 1936 face au Front populaire.

Plutôt que de perdre les privilèges de riches et d’exploiteurs il cédera tôt ou tard au monstre qu’il entretient de la plus basse des manières en laissant croire que le vote communiste et le vote Lepen sont comparables. Ces prédécesseurs l’ont fait en 39 en plongeant dans la collaboration quand les militants ouvriers entrés dans la Résistance.

Cette tentative de salir une fois de plus l’idéal communiste en le situant au niveau de son antithèse est méprisable. L’internationalisme et l’humanisme d’un côte, la haine et le repli nationaliste de l’autre, la défense de la protection sociale et du service public d’un côté la remise en cause des mesures favorables aux plus démunis, la chasse à l’emploi public de l’autre, la lutte constante pour le pouvoir d’achat et les salaires rémunérateurs d’un côté, les attaques contre les droits syndicaux et le code du travail de l’autre…

Gattaz sait tout ça. Il sait qui sert les intérêts du capital et qui sert les intérêts des travailleurs. Il mise sur le mensonge. Gattaz, comme le patronat français en général, n’a jamais digéré le programme du Conseil National de la Résistance rédigé en grande partie par des communistes.

En fait l’objectif est de balayer définitivement ces acquis sociaux et démocratiques et d’asseoir le système politique anglo-saxon à travers une recomposition politique nécessaire au maintien de la domination économique, antisociale, antiécologique et politique du capital.

En France le courant anticapitaliste est vivant et il empêche les Gattaz et consorts de dormir tranquillement sur des matelas de fric. Les Lepen sont leurs alliés objectifs.

La meilleure réponse à Gattaz et au patronat le 6 décembre c’est le vote communiste Front de gauche.

Michel Stefani

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La Marseillaise : à propos du "sang impur"

2 Décembre 2015

De nombreuses personnes, à notre grande surprise Jean Guy Talamoni lors du débat su Fr3 Corse Via Stella, critiquent la Marseillaise pour cette phrase : « qu’un sang impur abreuve nos sillons ».

A l’évidence il y a une insuffisance dans les manuels d’histoires, les programmes de l'Education Nationale, voire l'éducation civique. Avant de s’égarer dans des affirmations approximatives il faut voir de quoi il s’agit.

A l'époque, le "sang pur", était le sang des nobles qui, seuls, pouvaient prétendre au pouvoir et à des fonctions d'officiers dans l'armée. Lors de la Révolution, et notamment de l'attaque des autrichiens, les nobles se sont enfuis. De fait, ne restaient que les "Sangs impurs" républicains, par opposition aux "Sangs purs" royalistes.

Ces républicains issus du peuple, prenaient les armes pour combattre l'envahisseur et au cri de la "Patrie est en danger" défendre la République et la Nation menacées. Ils étaient disposés à verser leur sang. Quant aux sillons ce sont les tranchées creusées un peu partout lors des sanglantes batailles. "Qu'un sang impur abreuve nos sillons" signifie donc que le sang du peuple coulera pour la Liberté l'Egalité la Fraternité.

Michel Stefani

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CFC : retour sur le conflit

2 Décembre 2015

Après six jours d’interruption les usagers ont à nouveau plébiscité le service public ferroviaire malgré les désagréments subis. Cette confiance est significative d’un attachement qui ne se dément pas et qui honore les CFC. Cependant ces derniers devront acquitter prés de 120 000 € de pénalités pour service non effectué conformément au contrat de délégation de service public qui les lie à l’autorité délégante la CTC.

Cela étant, il convient de préciser les choses pour ce qui est du protocole d’accord signé entre la direction des CFC et le syndicat STC. Certains propos, relatés par les médias, font état de cinq embauches, d’un management aléatoire voire d’une absence de projet d’entreprise.

Cela n’est ni conforme à la réalité ni au contenu du protocole.

Pour ce qui est des recrutements trois seront effectivement réalisés deux étaient envisagés avant le conflit. Un troisième a été confirmé pour répondre aux besoins spécifiques de la brigade 2 qui doit opérer la maintenance de voie sur une portion de 62 Km dont la moitié est constituée de traverses bois mais également parce que 3 agents de cette brigade ont bénéficié d’un aménagement de poste en raison de restrictions médicales. Cette brigade sera pourvu de deux de ces recrutements le troisième ira au dépôt de Bastia pour anticiper un prochain départ en retraite.

S’agissant des points revendicatifs (parmi les 44 inscrits au préavis de grève) touchant au statut ils seront examinés soit par la commission de suivi prévue à cet effet soit dans le cadre des réunions mensuelles des instances représentatives du personnel. En revanche il a été acté qu’en cas d’absence de plus de six mois pour maladie ou accident du travail la direction ferait appel à un CDD en remplacement en tenant compte des besoins du service.

La mesure relative à l’attribution les jours de congés payés par ancienneté sera étendue pour concerner la quasi-totalité des agents (1 jour de l’échelon 3 à 6 et 2 jours de l’échelon 8 à 11). Le recours à la Réserve du PCC a été redéfini.

En ce qui concerne la réalisation des investissements et la mise à niveau des infrastructures il a été fait rappel des engagements et de la contractualisation en cours. Les gares de Bastia, Casamozza, Corte, Vizzavona, Mezzana, Ajaccio, Tattone, Ponte- Leccia, Ile Rousse, Calvi ont été ou seront modernisées dans le cadre de la mise en accessibilité sur un calendrier et un financement établis jusqu’en 2024.

Sur le périurbain de Bastia le document de consultation des entreprises (DCE de 2015) inscrit la reprise des haltes et gares de Bassanese, de Ceppe, de Borgo, de Lucciana et de Lucciana complexe sportif. Dans la cadre de l’aménagement du rond-point de Furiani la gare s’ajoutera avec la réalisation d’un passage piéton sous voies et une reprise des quais.

Chaque cheminot a pu vérifier ce qui a été fait en quatre ans sur les ouvrages d’art métalliques, en terre et en pierres. Ils ont vu les progrès d’organisation et de fonctionnement effectuer pour une exploitation qui permet de transporter 1 million de passagers et de produire 1 million de kilomètres train.

Le projet d’entreprise se réalise et ce construit ainsi dans les actes.

Désormais l’étude de réalisation de la CCVU est en cours, l’assistance à maitrise d’ouvrage pour l’achat des nouveaux autorails est en procédure de consultation publique. Il en est de même à propos de la réouverture de la ligne de plaine orientale, elle aussi en phase d’étude de faisabilité jusqu'à Poggio Mezzana.

Lors de la dernière session de l’Assemblée de Corse, le financement de la CCVU a été inscrit au CPER pour un montant de 24 M€ auquel s’ajoute 6 M€ affectés à la réalisation de deux zones de croisement supplémentaires sur les secteurs périurbains de Bastia et Ajaccio. Dans ces conditions l’exécution du schéma des investissements ferroviaires est incontestable et le montant des 140 M€ devrait être atteint sur les dix ans comme cela a été voté par l’Assemblée de Corse.

Pour ce qui est de la compensation financière versée aux CFC, la dernière revue contractuelles a permis d’en fixer les termes annuels en restant dans la prévision initiale entre 21 et 24 M€ pour un atterrissage à 23.4 M€ en 2022. Si effectivement les CFC sont une entreprise de « mieux disant social » comme l’affirme le représentant départemental du STC, personne n’a intérêt à l’engager dans une voie hasardeuse hors de la trajectoire budgétaire contractualisée avec la CTC.

Les outils de gestions dont la SAEML a su se doter, les mécanismes conventionnels efficients, les résultats de ces quatre premières années d’exercice en termes de fréquentation et de recettes sont également des éléments de visibilité rassurant pour le devenir des CFC et leur pérennité.

Michel STEFANI

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