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Michel Stefani

SNCM : Oui au service public, Non au scandale, Non aux licenciements

20 Novembre 2015

Le Tribunal de commerce de Marseille a retenu ce jour l’offre de Patrick ROCCA pour la reprise de la SNCM. Ce choix par défaut, comme l’indiqué le procureur Brice ROBIN, propulse la compagnie dans la plus grande incertitude sur fond de scandale.

Le gouvernement, en fermant les yeux sur cet aspect, valide le transfert de quelques 300 M€ d’actifs générés par l’argent public pour un engagement du repreneur de 8.8 M€. Pour plus de 600 employés de la compagnie c’est la lettre de licenciement au 1er décembre.

Mais vraisemblablement les choses n’en resteront pas là. En effet la CTC vient de lancer, est-ce bien un hasard quatre jours avant l’audience du TC, une consultation publique qui remet en cause la délibération de l’Assemblée de Corse du 17 juillet fixant le calendrier de la procédure d’appel d’offres afin d’attribuer la nouvelle délégation de service publique (DSP) à compter du 1er octobre 2016.

Cette consultation publique ouverte aux usagers est surtout faite, avant la publication du cahier des charges de la DSP, pour recueillir les avis des armateurs également invités à faire connaître leurs options. Au ligne par ligne, c’est le démantèlement de la desserte de continuité territoriale qui se dessinera avant d’être imposé comme une évidence à la future Assemblée de Corse qui sera, elle, appelée à se prononcer sur la base de cette consultation sans fondement réglementaire ni délibératif.

Le cœur d’activité de la Compagnie, à savoir la desserte publique de la Corse ainsi mis aux enchères, il ne restera plus au repreneur qu’à procéder à la deuxième vague de licenciements voire à la liquidation. Ce scénario antiservice public décliné depuis les injonctions de la très libérale Commission européenne aura des conséquences également sur la CMN.

Avec ce démantèlement de la desserte maritime publique de continuité territoriale, ce qui s’est passé en Sardaigne ne tardera pas à se produire ici. Les opérateurs historiques une fois laminés seront remplacés par les low cost. Après les salariés qui sont la première variable d’ajustement, les usagers paieront à leur tour l’addition quand les tarifs deviendront prohibitifs.

Au sortir, comme le président de l’Exécutif l’a fait connaitre devant l’Assemblée de Corse, on retiendra la volonté à courte vue de réaliser des excédents sur l’enveloppe de continuité territoriale en demandant, au bénéfice des ordonnances relatives à la collectivité unique, une déspécialisation de cette dotation pour faire du béton et du goudron.

On comprend pourquoi voila un an, sans raison, il fallait coute que coute pousser la SNCM au Tribunal de Commerce. Cette volonté partagée par les opérateurs low cost, les actionnaires Veolia Transdev, le gouvernement et l’Exécutif de la CTC est à son épilogue. Il se résume en un mot : antisocial.

Le gouvernement avec ses renoncements, l’Exécutif de la CTC en l’accompagnant, portent l’essentiel de la responsabilité de cette situation. Voila pourquoi nous sommes aujourd’hui aux cotés des salariés de la SNCM pour réécrire cet épilogue en faveur de l’emploi, des usagers et de la desserte publique de continuité territoriale entre le continent et la Corse.

Michel STEFANI - Pierre DHAREVILLE

Secrétaire régional du PCF en Corse - Secrétaire départemental des Bouches du Rhône

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Air France : les prémices d’un enfer social

13 Novembre 2015

Le gouvernement Valls Hollande vient de faire le choix brutal de briser les hommes pour obtenir la soumission de leurs collègues aux dogmes libéraux de la direction d’Air France et rendre autant que faire se peut l’action syndicale inopérante.

C’est un calcul à courte vue éminemment antisocial. La France de Valls et de Hollande, sous les coups de boutoir du Medef bien servi par un Macron arcbouté contre le code du travail, glisse ainsi dans ce que cet agent d’Air France définissait comme les prémices d’un enfer social.

Election après élection cette politique social-libérale est rejetée mais les serviteurs obstinés et zélés n’en ont cure ils poursuivent leur mauvaise action gouvernementale sans se soucier ni de la colère ni du désespoir. Et si le flot nauséabond de l’extrême droite grossit autant que l’abstention peu leur importe, ils en jouent avec cynisme pour se maintenir au pouvoir quitte à le partager avec la droite.

L’antidote à ces manœuvres politiciennes souhaitées par le premier ministre c’est dans l’immédiat la mobilisation solidaire avec les agents d’Air France pour l'emploi, la dignité, la levée des sanctions mais c’est aussi le 6 décembre le vote de combat social et politique, le vote d’espoir anti-austérité, le vote pour la gauche sociale et républicaine incarné par les listes du Front de gauche.

Michel Stefani

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Manca Alternativa : aucune consigne de vote contre l’austérité

11 Novembre 2015

Les camarades de Manca Alternativa veulent faire endosser la responsabilité de leur inconséquence politique aux autres et particulièrement au PCF. Après avoir échoué dans leur tentative de constituer « la liste de la vraie gauche » ils expliquent que leur décision n’est intervenue qu’après avoir eu connaissance du sondage Opinion Way Via Stella RCFM le 2 novembre. Ils ont été surpris par le niveau d’abstention annoncé pour ce type d’élection et conclu -ce qui n’est pas faux- à une forte déception à gauche.

Ils ont donc choisi de s’associer au parti gouvernemental EELV pour combattre l’austérité d’une « manière inédite » et d'entrer en campagne dans la précipitation. S’ils avaient pu franchir l’obstacle de la déclaration de candidature, pour eux il aurait été hors de question de réaliser une quelconque alliance au second et au troisième tour. Soit.

Là où les choses se gâtent c’est quand ils reprochent aux PCF de ne pas faire abstraction des résultats du premier tour qui sera déterminant pour la suite des événements. Ce faisant Manca Alternativa avoue son incapacité à pouvoir jouer un rôle dans l’objectif essentiel d’ouvrir une perspective, de faire renaître un espoir à gauche et pour cela de modifier le rapport de force politique en conséquence au premier tour.

Comme chez nous effectivement ce n’est pas « la lutte des places » nous leur avons dit qu’ils avaient toute leur place sur la liste du Front de gauche et pouvaient, avec l’ensemble des colistiers et des forces partie prenante, participer à cette bataille électorale avant de décider ensemble, au soir du premier tour, du prolongement à donner au combat contre l’austérité non seulement dans le temps électoral mais au-delà dans la vie politique quotidienne.

Ce travail en commun ils l’ont refusé après trois réunions où aucun désaccord n’était apparu entre nous ni sur l’analyse du bilan de la majorité régionale sortante, ni sur le bilan des élus du groupe communiste et citoyen du Front de gauche, ni sur l’objectif de combattre la politique d’austérité déclinée depuis la Commission européenne via le gouvernement Valls Hollande jusqu’à la CTC.

Enfin leur attaque inacceptable est celle qui consiste à dire que le PCF se « réclame abusivement du Front de gauche ». Il peut leur déplaire de constater que le Front de gauche n’aurait aucune existence en Corse sans le PCF mais de là à exprimer un tel jugement il y a une marge surtout quand Manca Alternativa se targue d’une activité politique dont l’acte majeur, sinon de naissance, est d’avoir participé aux dernières élections départementales dans deux cantons.

Alors pour donner toute sa force à leur débandade administrative, ils expliquent qu’aucune liste n’incarne en leur absence le combat contre l’austérité et ne donnent aucune consigne de vote. « Les électeurs choisiront en toute connaissance de cause » disent-ils. Pour autant, s’ils se préoccupaient véritablement de l’intérêt général, comme ils l’affirment, ils mettraient leur aigreur anticommuniste de côté et - au lieu d’encourager l’abstention - appelleraient à voter contre l’austérité avec la liste du Front de gauche.

Michel Stefani

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Air France : le scénario écrit dans le maritime s’écrit désormais dans l’aérien

8 Novembre 2015

Les effets du plan perform 2020 aujourd’hui, comme ceux du plan transform 2015 hier, touchent les escales d’Air France à Bastia et Ajaccio. Le 2 octobre, à l’Assemblée de Corse nous avions indiqué que la direction d’Air France prévoyait de supprimer 106 postes. Certains mettaient en doute ce chiffre le ramenant à moins de 50. Aujourd’hui la réponse « officielle » tombe : il est question de 150 postes supprimés en trois ans.

Au moment du débat sur la nouvelle convention de délégation de service public (DSP) Paris-Corse, le groupe communiste et citoyen du Front de gauche avait voté contre les choix de l’Exécutif en raison de la politique tarifaire, des OSP défavorables à une desserte équilibrée entre les différentes plateformes, de la fragilisation du partenariat Air Corsica Air France.

Comme nous le craignions ces choix devaient forcément être repris comme des arguments justifiant la politique antisociale de la direction d’Air France au prétexte des couts d’escales plus élevés en Corse.

De ce point de vue il n’est pas inutile de rappeler que la compensation financière pour la DSP Paris-Corse, en 2010 2011 2012, était établie à 30 M€ annuel. Pour la convention 2013 2014 2015 elle avait été réévaluée à 41M€ pour garantir l’exécution des obligations de service public et l’emploi en maintenant un niveau de fréquences et de capacités conforme à ce double objectif.

Ces 11 M€ supplémentaires représentaient une prise en charge annuelle à hauteur de 3 millions d’euros du surcoût des nouvelles OSP ainsi qu’une participation à hauteur de 8 millions d’euros pour alléger la charge d’exploitation.

La nouvelle DSP 2016-2020, avec un montant annuel moyen de 35 M€ doit se terminer à 31 M€ ce montant constituant l’étalonnage de la DSP suivante. La direction d’Air France trouve dans cette réduction drastique de la compensation une aubaine pour préparer un abandon total de la desserte de la Corse.

De son côte la direction d’Air Corsica envisage une révision du partenariat déjà très entamé par le refus d’attribuer le traitement au sol de plusieurs de ses appareils par les agents Air France. Partant de là, l’idée mûrit chez certains de cantonner Air Corsica sur le bord à bord en espérant que dans cet isolement elle résistera mieux à une concurrence de plus en plus rude.

Rien n’est moins sur, en 2013-2014 il a fallu recapitaliser Air Corsica (12M€) et modifier la convention pour stopper l’hémorragie due à la perte de 100 000 passagers par an sur les correspondances de bord à bord à Marseille et Nice.

L’autre idée de l’Exécutif qui consiste à vouloir dégager des excédents sur l’enveloppe de continuité territoriale et à demander sa déspécialisation pour pouvoir couler du béton et du goudron participe de la stratégie à courte vue en cours.

D’ores et déjà l’Exécutif annonce que la Commission européenne pourrait s’opposer à ce que la CTC maintienne une DSP sur Paris ou à tout le moins concède l’ouverture en grand aux low cost. Dans cette stratégie Ryannair qui vient d’attaquer la convention Paris Figari ne fait qu’anticiper.

Au final les usagers paieront une lourde facture après que les travailleurs aient servi de variable d’ajustement. Avec un léger décalage, le scénario écrit dans le maritime s’écrit désormais dans l’aérien, contre la desserte publique de continuité territoriale et l’intérêt de la Corse. En conséquence, il faut faire obstacle à cette stratégie et écrire, ensemble usagers et salariés, un autre scénario favorable aux hommes et au service public.

Michel Stefani

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Stopper la sinistre opération contre la SNCM et l’intérêt de la Corse.

6 Novembre 2015

L’avenir du service public de continuité territoriale est posé à travers celui de la SNCM. Cet enjeu majeur ne peut être soumis à des manœuvres contraires à l’intérêt général et au principe de bon usage de l’argent public.

C’est pourquoi on ne peut se satisfaire des propos du ministère public devant le Tribunal de commerce de Marseille lors de l’audience consacrée à l’examen des offres de reprises de la compagnie fleuron de la marine marchande française.

Une phrase sibylline dans Corse Matin nous apprend comment le Procureur Brice Robin a choisi une offre « par défaut » car « loin de la réalité économique ». Ce seul constat aurait du soulever un rejet dans ses réquisitions et la demande d’un prolongement du redressement judiciaire pour aboutir à une solution sérieuse aux plans politique, économique, social et industriel.

Ainsi le gouvernement se contenterait d’une cession « particulièrement faible » à 8.8 M€ et avaliserait une saignée dans les effectifs avec plus de sept cents licenciements. Pour couronner le désengagement de l’Etat actionnaire et celui des autres actionnaires Veolia Transdev déloyaux, prés de 300 M€ d’actifs, générés par l’argent public, devraient changer de mains. Le scandale est plus déconcertant que celui qui entoura la privatisation de 2005 et la plus value de 50 M€ réalisée par Buttler ami du premier ministre de l’époque Mr Villepin.

Aucune garantie n’est venue de Bruxelles pour stopper l’engrenage des amendes antiservice public c’est dire si du coté des ultralibéraux sans scrupule la volonté politique de casser la compagnie coute que coute demeure intact. A cela s’ajoute la question de la future DSP dont le périmètre serait, contrairement à la délibération de l’Assemblée de Corse, revue à la baisse selon les propos du président de l’Exécutif Paul Giacobbi.

Dans cette partie de mistigri ce dernier ne cache pas son intention, reprise par Camille de Rocca Serra, de despecialiser l’enveloppe de continuité territoriale pour utiliser les excédents, ainsi dégagés contre l’emploi et la qualité du service public, à faire couler le béton et le goudron.

L’autre aspect de ce troc avec le patronat insulaire n’est pas sans conséquence dés lors que la chaine de transport de marchandises serait pour une partie non négligeable sous son contrôle à terre comme en mer. L’expérience montre que la cherté de la vie découle du détournement, dont il est responsable, des réfactions de TVA et du franco port.

Comme on le voit il existe de multiples raisons, portées distinctement par chaque acteur dans ce dossier, sauf les salariés, mais convergentes dans la volonté d’obtenir la fin de la SNCM voire sa liquidation à commencer par le gouvernement et l’Exécutif de la CTC complices de la Commission européenne dans ses objectifs de « lowcostisation » de la desserte de continuité territoriale.

Pour préserver l’intérêt national, le Tribunal de commerce de Marseille doit stopper cette sinistre opération contre la SNCM, l’emploi et le service public et faire fructifier la solution publique assise sur une DSP au périmètre identique à la précédente dans l’intérêt de la Corse.

Michel Stefani

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