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Michel Stefani

Les contradictions et affabulations de Francois Tatti sont bien dérisoires

31 Octobre 2015

François Tatti se plaint que le PCF rappelle dans un tract aux Bastiaises et aux Bastiais ses choix désastreux des municipales. Tant à la CAB qu’à la ville, ils peuvent en effet mesurer l’impact de la gestion impulsée par la nouvelle majorité.

Il n’accepte pas non plus que l’on puisse contester le fait qu’il vienne aujourd’hui s’ériger en défenseur de la gauche bastiaise après l’avoir trahi si lamentablement avec le concours de la secrétaire nationale du PS Emmanuelle Degentili.

Un temps, il s’était interrogé pour conduire une liste à l’occasion des territoriales. Finalement la raison électorale l’a emporté sur toute autre considération. Et bien sur comme d’héritier en politique il n’en a connu qu’un, sur le tard, il s’est précipité chez Paul Giacobbi.

Contrairement à lui le PCF à Bastia n’a jamais soutenu d’héritier mais il a passé des accords avec le PRG et le PS à chaque élection municipale depuis 1968. En 2014 François Tatti a considéré que des primaires devaient être organisées pour départager sa candidature et celle de Jean Zuccarelli. Il revenait au PRG de trancher cette question mais il aurait voulu que les communistes arbitrent ce duel. Nous avons refusé.

François Tatti comme Emmanuelle Degentili voulait briser le ciment de l’union à Bastia qui reposait sur l’accord des trois partis de gauche. L’alliance sans principe qu’ils ont scellé avec l’UMP et les nationalistes de Femu a Corsica en est la traduction. Nous avions raison de la dénoncer. La situation politique à Bastia le confirme.

Voila pourquoi, après avoir permis à Gilles Siméoni de conquérir la deuxième ville de Corse, il est pour le moins cocasse d’entendre François Tatti parler de danger pour la Corse si celui-ci venait à prendre le pouvoir régional.

Cerise sur le gâteau, l’ambition personnelle aidant, lui le pourfendeur de la précédente municipalité, n’hésite pas ces jours ci à s’en attribuer nombre de réalisations. C’est dire si l’empreinte laissée, par Emile Zuccarelli et Ange Rovere qui l’ont dirigée, est positive.

Les Bastiaises et les Bastiais, en effet, n’ont pas la mémoire courte. Ce constat est très souvent le leur. Face à cela, les contradictions et affabulations de Francois Tatti sont bien dérisoires.

Michel Stefani

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SNCM : Une solution publique proposée par la Région PACA

27 Octobre 2015

Dans un courrier adressé au président du Tribunal de commerce de Marseille Michel Vauzelle, président de la région PACA, propose un scénario public pour la reprise de la SNCM.

Cette proposition est consécutive au vote d’un vœu présenté par le groupe communiste Front de gauche de la Région PACA comme cela a été fait à l’Assemblée de Corse ou malheureusement seuls les élus du groupe communiste Front de gauche l’avaient voté au mois de septembre.

Le gouvernement et l’Exécutif de la CTC ne peuvent rester insensibles à cette proposition car elle permet d’écarter les offres privées financièrement insuffisantes entre 4 et 15 M€ pour des actifs estimés à plus de 300 M€ et socialement désastreuses entre 700 et 900 postes supprimés. Dans le cas contraire le bien public serait bradé.

C’est donc une chance pour éviter ce scandale d’Etat et garantir la pérennité de la SNCM et du service public de continuité territoriale. Il faut dans l’immédiat la concrétiser à travers la prolongation de la période de redressement judiciaire, la trésorerie de la SNCM est suffisante pour cela. La CTC pour sa part doit s’engager dans cette démarche et relancer la procédure d’appel d’offres de la DSP sur son périmètre de 2014 qui n’a pas été contesté par le Tribunal administratif de Bastia.

Ce choix permettrait de préserver le rôle régulateur de la puissance publique sur la desserte de la Corse et d’écarter le risque d’une main mise du patronat insulaire sur le transport de marchandises alors que celui-ci est déjà en grande partie responsable de la cherté de la vie en captant, au détriment des consommateurs, les réductions de TVA et le franco de port.

L’Exécutif de la CTC est encore à temps pour présenter une délibération en ce sens à la prochaine session de l’Assemblée de Corse.

Michel Stefani

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La gauche antilibérale doit s'unir sur l'essentiel pour redonner l'espoir.

26 Octobre 2015

Manca Alternativa et quelques éléments du parti gouvernemental EELV viennent de faire connaître leur conception du rassemblement.

Ce faisant, ils ont dévoilé leur visée pour les prochaines territoriales et ce que devrait être, selon eux, le fonctionnement de l’espace politique de rassemblement qu’est le Front de gauche. Jusqu’à présent, ils ne se sont pas préoccupés de ces questions. En 2010, EELV se préparait à entrer au gouvernement en passant un accord avec le PS, et Manca alternativa n’existait pas. De même nous n’avons rien vu ni rien entendu sur les questions essentielles : services publics, continuité territoriale, politique des transports, relance des chemins de fer, devenir de la SNCM et d’Air France, déclinaison des politiques européennes, PADDUC, ESS, politique du logement social et de la santé, culture et éducation, cherté de la vie, chômage, précarité et pauvreté, bataille pour le référendum et contre la collectivité unique… Peu importe que les élus communistes Front de gauche aient porté, souvent seuls, des choix alternatifs durant la mandature, la sentence tombe : c’est l’échec !

Pas d’alliance, disent-ils, avec les tenants de l’austérité. Soit, mais, en ce moment même, pourquoi ne demandent-ils pas aux parlementaires EELV de voter contre le budget Valls Macron Hollande ? Selon eux, il faudrait anticiper les résultats du premier tour et s’interdire de réfléchir à la situation politique qui en résultera. Les seuls admis sont ceux qui combattent l’austérité. Les communistes en sont, mais pas suffisamment ! Ils sont suspects, ils devaient signer la charte éthique ! Cette radicalité incantatoire n’a de sens que pour diviser les forces qui construisent, dans le rassemblement citoyen, l’alternative de gauche à l’austérité. En réalité, elle fait le jeu de celles qui s’en arrangent, à droite comme gauche, et dans le mouvement nationaliste.

A court d’arguments, ils parlent de cumul de mandat… là où il n’y en a pas, et expliquent que la tête de liste à fait son temps à l’Assemblée de Corse. Autrement dit, ils auraient même aimé choisir les candidats communistes à la place des adhérents de ce parti ! Après quoi ils font croire que leur raisonnement n’est pas guidé par « la place » mais uniquement par la noble ambition de faire triompher « l’alternative rouge et verte ». Pour autant qu’ils puissent y arriver, ils feront une liste…ou à défaut se prépareront pour les élections futures. Ce qui ne les empêche pas de se draper dans la lutte contre les pratiques politiciennes et le clientélisme avilissant qu’ils prétendent éradiquer.

Contrairement à ce qu’ils affirment, la démarche que nous leur avons proposé de partager, et qu’ils ont refusée, consistait à définir un contenu et à construire une liste incarnant la sensibilité antilibérale et anti-austérité, avec des femmes, des hommes, des militantes et des militants, des jeunes impliqués dans le mouvement social et associatif, acteurs du combat pour le progrès social. S’agissant du second tour, nous confirmons ce que nous avons proposé à l’occasion des trois rencontres que nous avons eues depuis le mois de juillet. Au soir du premier tour nous nous réunirons pour décider ensemble de la position traduisant au mieux notre démarche anti-austérité et son prolongement au second et au troisième tour.

Dans le contexte politique actuel, national et régional, la gauche antilibérale a le devoir impérieux de s'unir sur l'essentiel pour redonner l'espoir.

Michel STEFANI

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Après les incidents Bastia PSG

19 Octobre 2015

 

Les incidents intervenus après le match Bastia PSG portent une nouvelle fois atteinte à l’esprit sportif qui devrait prévaloir. L’obstruction des axes routiers par des objets incendiés, la destruction d’agences bancaires n’ont rien à voir avec le sport fut-il professionnel. Il semble désormais rituel, alors que ces incidents se produisent, de tourner également cette violence antisportive sur les agents de la force publique.

Ces agissements ne peuvent être justifiés, ils donnent une image détestable du foot ce sport populaire déjà pollué par des flots d’argent. Ils sont dommageables pour la collectivité et représentent une menace pour l’emploi des salariés des banques saccagées. Nous leur exprimons notre solidarité.

Les jeunes qui pratiquent le foot en grand nombre sont ainsi plongés dans une conception des rencontres sportives qui les éloigne totalement des valeurs essentielles du sport que sont l’amitié, la solidarité, le respect dans la compétition dont l’objet est le dépassement de soi non le mépris de l’adversaire.

Une petite minorité de casseurs a choisi de les bafouer cela ne doit pas empecher de voir l'immense majorité des amateurs de foot et des amoureux du sport en général qui n'ont de cesse à les faire vivre.

Michel Stefani

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Solidarité avec les six d’Air France

13 Octobre 2015

Solidarité avec les six d’Air France

Quelle légitimité peut avoir un pouvoir qui interpelle des travailleurs comme des voyous pour s’être révoltés contre des patrons qui eux n’encourent aucune poursuite malgré la gabegie dont ils sont responsables ?

Poser la question c’est y répondre ! Voila pourquoi demain à 13 heures à Poretta je participerai aux cotés des agents d’Air France au rassemblement de solidarité avec leur six camarades injustement poursuivis pour avoir exprimé une légitime colère face à des dirigeants patronaux dont la particularité est d’être surpayés pour conduire une gestion antisociale et catastrophique de la compagnie nationale.

Le pouvoir ne s’inquiète pas de l’argent public ainsi dilapidé, seule compte la logique libérale jusqu’à briser des vies humaines au nom de la compétitivité pour maintenir les niveaux indécents de rémunérations des actionnaires. La justice de classe intervient en ce sens afin que les travailleurs, révoltés contre l’injustice sociale, mettent genoux à terre.

Alors ensemble mettons en échec les prétentions patronales relayées par un gouvernement socialiste inféodé à la finance. Solidarité avec les six d’Air France.

Michel Stefani

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SNCM : le gouvernement doit stopper la mascarade

13 Octobre 2015

La SNCM fleuron de la marine marchande française, les 1500 salariés qui y travaillent, les dizaines d’entreprises sous-traitantes sont les otages d’une politique à courte vue du gouvernement et de l’Exécutif de la CTC l’un et l’autre soumis aux diktats ultralibéraux de la Commission européenne et à l’irresponsabilité des actionnaires indélicats Veolia Transdev.

Ensemble, ils ont voulu la mise en redressement judicaire de la SNCM en novembre 2014. Ce choix, avant tout politique, ne tenait à rien sinon à vouloir abandonner plus encore le service public de continuité territoriale aux low cost. Contre toute attente, la SNCM a montré sa viabilité et confirmé la nécessité d’avoir un opérateur dont la présence permet de répondre aux attentes des usagers en régulant le marché.

Paradoxalement, la Commission européenne, qui a inventé les amendes antiservice public à la demande des dirigeants de Corsica Ferries France (CFF), reproche à la CMN et au groupe STEF TFE de vouloir constituer un monopole du transport de marchandises. Le retrait de STEF TFE à la veille de l’audience du Tribunal de commerce de Marseille et le retour en force de Baja Ferries apparaissent ainsi comme une ultime manœuvre suspecte.

Inversement, on peut, désormais, constater l’existence d’un monopole sur le transport de passagers avec CFF qui détient 80 % de ce marché, sans que la Commission européenne ne s’en émeuve. Par contre, les usagers ont pu mesurer la dégradation du service et l’augmentation des tarifs durant l’été 2015.

Dans ce contexte, le Tribunal de commerce de Marseille est confronté au dilemme suivant : soit il accepte soit il refuse de brader la SNCM. En effet, l’ensemble des offres de reprises reposent sur une insuffisance criante de fonds propres. Au final, ce sont plus de 350 M€ d’actifs de la compagnie qui pourraient être engloutis dans cette opération de maquignonnage pilotée depuis Matignon, sous le contrôle de la Commission européenne, avec les encouragements de l’Exécutif de la CTC.

Il faut que cela cesse. C’est d’autant plus nécessaire qu’une autre bataille se joue en coulisse, à travers la prise de contrôle du transport maritime de marchandises, entre dirigeants du patronat insulaire. La constitution d’un tel monopole serait un danger à la fois pour l’économie insulaire et le pouvoir d’achat des ménages déjà lourdement impacté par les détournements de réfactions de TVA.

Voila pourquoi, le Tribunal de commerce de Marseille doit prolonger la période de redressement judiciaire pour permettre l’émergence d’une solution publique dans l’intérêt général. Le gouvernement doit intervenir en ce sens pour stopper la mascarade. La CTC pour sa part doit confirmer le périmètre de la future DSP sauf à vouloir un service public réduit aux deux ports principaux.

Ce schéma avec les deux régions Corse et PACA, un opérateur industriel, les salariés et l’Etat est aujourd’hui le seul offrant la possibilité de constituer un actionnariat solide autour d’un projet industriel d’avenir garantissant l’emploi et le service public de continuité territoriale entre le continent et la Corse.

Michel Stefani Pierre Dharéville

Secrétaire du PCF région Corse Secrétaire département du PCF 13

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Je ne verserai pas une larme sur le sort mérité

7 Octobre 2015

Solidaire des travailleurs d’Air France je ne condamne pas leur colère contrairement à ceux qui, valets du CAC 40 et autres socialistes en peau de lapin, s’offusquent d’une chemise arrachée et réclament contre une mère, un père de famille promis au chômage, les sanctions les plus dures.

Tous ces lèche-bottes, aux ordres de Gattaz et du MEDEF, qui font de la compétitivité et de la concurrence low cost l’alpha et l’oméga de leur politique, les Valls-Hollande-Macron, les Sarkozy-Bertrand-Juppé, ne s’en prennent pas à ces dirigeants d’entreprises nationales qui engrangent pour eux et leurs actionnaires des milliards de profits mais à ces femmes et ces hommes exaspérés par l’injustice sociale dont ils sont victimes.

De 2011 à 2017 le prix des efforts qui ont été demandés par ces libéraux patentés et incompétents intronisés à la tête d’Air France, se chiffre en milliers de postes supprimés, en gel des salaires, en productivité accrue. Cela porte un nom : exploitation.

Voila pourquoi, je ne verserai pas une larme sur le sort mérité de ces deux dirigeants au cynisme si poussé qu’ils se sont montrés incapables de rejoindre leurs semblables dans ce combat de la dignité contre l’ignominie.

Honte à ces incompétents, de surcroit grassement rémunérés, qui au prix du sacrifice demandé aux autres, promettent depuis des années aux salariés inquiets un proche redressement de ce fleuron national du transport aérien alors que dans les faits ils le réduisent aux standards du low cost.

Aujourd’hui je condamne ces dirigeants d’entreprises et leur morgue capitaliste, ces politiques dociles, atteints de cécité face aux dérives scandaleuses du système et leur inclinaison coupable devant l’argent roi.

Michel Stefani

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PADDUC : promouvoir le progrès social contre le recul libéral

6 Octobre 2015

Intervention à l'Assemblée de Corse 02 10 2015

En 2010, nous estimions que la Corse avait besoin de plus de démocratie et d'un nouveau modèle de développement, s'appuyant sur les services publics, la promotion du secteur productif industriel et agricole, une meilleure utilisation de l’argent public. Ce défi nous proposions de le relever avec nos concitoyens parce que nous mesurions l’importance de la tache.

Il consistait à garantir le développement durable du territoire en remettant l’homme au centre de l’action publique, en répondant aux besoins essentiels au cœur des préoccupations (logement, nourriture, santé, éducation, travail, transport) avec l’objectif de réduire son empreinte écologique.

Dans cette perspective, nous avons fait plusieurs propositions inscrites dans une véritable alternative à l’économie capitaliste et financière qui détruit la planète et les hommes. Cette alternative citoyenne est indispensable à la diminution des inégalités et à l’arrêt du pillage des ressources naturelles, pour la survie sur la planète. En ce sens, nous nous inscrivons dans une démarche radicalement opposée à la politique d’austérité déclinée à tous les niveaux Europe gouvernement région.

Nous sommes convaincus que le progrès pour les peuples et particulièrement le notre passe bien par cet objectif de dépassement du système et la mise en œuvre de politiques alternatives anti-austérité à partir du niveau local où il est possible de promouvoir le progrès social contre le recul ultralibéral.

Ce choix n’est en rien comparable à ceux inscrits dans la réforme de l’architecture administrative et institutionnelle de la France. Les critères qui les caractérisent sont directement inspirés par la déclinaison des politiques d’austérité depuis Bruxelles. On ne parle plus de solidarité mais de compétitivité.

Le big-bang territorial des méga régions, habillé du vocabulaire technocratique, promet l’intelligence économique quand la concurrence débridée amène le low cost le dumping social et fiscal. Les systèmes financiers absorbent la richesse produite et les riches n’en peuvent plus d’engranger des profits colossaux sans renoncer à leurs privilèges exorbitants. Et quand la faillite menace c’est sur l’épargne populaire que le sauvetage des banques s’opère.

Chaque région devra faire avec ses moyens dans cette jungle et affronter le fédéralisme européen en gestation derrière ces réformes bientôt couronnées par l’accord commercial transatlantique, le TAFTA, ouvrant le marché européen de 500 millions de personnes essentiellement aux firmes américaines. Au cœur de la crise capitaliste ce formatage de la France programme la fin de « l’Etat social » et la marginalisation assurée de la Corse.

Nous voulons autre chose pour la Corse nous l’avons montré à travers notre participation à la rédaction du PADDUC depuis les Assises du foncier et du logement social afin qu’il ouvre la voie d’un nouveau cap. En effet, c’est lors du débat d’orientations politiques que les premiers jalons d’une rupture assumée avec le modèle économique de la rente et de la désanctuarisation ont été posés.

Cette rupture devrait contribuer à l’épanouissement des hommes et femmes vivant sur ce territoire, indépendamment de leurs origines. Mais d’ores et déjà elle se heurte à la volonté farouche de détruire le code travail et le statut de la fonction publique portée par les ministres socialistes Macron et Lebranchu autant que par la majorité parlementaire qui soutien le gouvernement.

De même elle est confrontée à la politique antisociale de casse du service public au bénéfice des low cost dans l’aérien comme le maritime. Des centaines d’emplois sont ici menacés directement alors que le chômage ne cesse de s’aggraver.

Ces deux exemples montrent combien il est risqué de prétendre « faire société » juste en adoptant ce PADDUC dont la vocation centrale est d’offrir un cadre à tous les acteurs concernés par l’aménagement et le développement du territoire. Il ne s’agit pas de remettre en cause ce qui a été fait jusqu'à l’enquête publique mais de rester lucides sur le niveau d’exigences posé pour répondre aux attentes les plus fortes des Corses.

Une récente enquête d’opinion l’a montré leurs préoccupations se portent sur la santé le pouvoir d’achat, l’emploi et le logement. Face à cela et à la profondeur de l’urgence sociale la Charte de lutte contre la précarité risque elle aussi d’être insuffisante tant il est évident qu’une issue ne peut se trouver dans une solution corso-corse.

Dans l’immédiat c’est de solidarité nationale qu’il est question, de transparence dans l’utilisation de l’argent publique, d’intervention pour mettre fin aux détournements des réfactions de TVA et de la taxe de transport pour rendre du pouvoir d’achat aux ménages insulaires.

La nécessité de pouvoir se soigner correctement et se loger dignement implique une réponse forte que la CTC seule ne peut produire d’une part parce que ces politiques n’entrent pas dans ses compétences et d’autre part parce que les moyens financiers pour s’attaquer aux déserts médicaux et à la pénurie de logements sociaux sont considérables.

Voila pourquoi, le gel des dotations de l’Etat et la politique d’austérité doivent être combattus comme nous le faisons sur ces bancs de manière déterminée.

Il fallait donc s’interroger sur le modèle de développement et ses finalités. Comme nous l’indiquions au début des travaux de ce PADDUC il fallait passer de l’économie de la rente à l’économie productive en visant l’autosuffisance alimentaire de notre île, qui importe aujourd'hui 80 % des produits et matières afin de satisfaire ses besoins. Il était donc nécessaire que ce PADDUC réserve 105 000 hectares de terres agricoles pour endiguer la spéculation, contrer les dérives affairistes et mafieuses et restituer à ces terres à forte potentialité leur vocation vivrière.

Il est bien évident qu’une telle mesure devra s’accompagner de politiques publiques visant l’installation d’agriculteurs désireux de favoriser les produits locaux et sains, pour lesquels des débouchés peuvent être assurés par les collectivités locales à travers les circuits courts approvisionnant les cantines scolaires, maisons de retraite, hôpitaux....

Nous avons défendu le développement de l’économie sociale et solidaire avec son ancrage territorial fort, créateurs d’emplois et la mobilisation citoyenne qu’il exige pour progresser encore. Sur ce plan nous ne pouvons que nous étonner de l’incompréhension manifestée à propos de la monnaie complémentaire. Celle-ci existe déjà ailleurs et montre son efficacité sociale et économique. Elle se justifie également au regard de la volonté prioritaire de relocaliser l’activité économique par la création d’entreprises sociales et solidaires pour que la richesse créée sur le territoire lui profite.

L’objectif c’est effectivement de s’attaquer aux inégalités qui minent la Corse avec une poignée de personnes disposant de revenus très élevés et une large majorité condamnée à se débattre dans la précarité et la pauvreté. Le taux de pauvreté des ménages en Corse est de 19.7 % contre 14 % au plan national. Plus de 22 000 personnes sont au chômage. Ces personnes sont souvent en difficulté pour se loger alors que des centaines de logements neufs, invendus, constituent une bulle immobilière menaçante, et que la pénurie de logements sociaux aggrave les tensions sur le marché. Une telle urgence sociale interpelle et appelle des mesures immédiates en matière de politique du logement et particulièrement du logement social.

Nous avons voulu que la Corse soit en sécurité énergétique et pour cela avons obtenu que les centrales thermiques fonctionnent au gaz naturel et que le développement des énergies renouvelables et des techniques de stockage soient accrus, avec en ligne de mire l’autonomie énergétique.

Concernant les transports, nous avons défendu, le service public de continuité territoriale contre le low cost, destructeur d’emplois et d’activités sur notre île. Nous avons promu les Chemins de fer de la Corse comme un outil public performant et incontestable de l’aménagement écologique et solidaire du territoire.

En bref, nous avons voulu répondre en priorité aux besoins de la population et protéger le bien commun environnemental par une gestion durable protectrice du linéaire côtier et ouvrant des perspectives de développement dans l’intérieur. Pour ce faire nous avons soutenu la création de l’EPF et de l’AAUC.

Il s’agissait de défendre un territoire et une culture remarquables, non vis-à-vis d’un Etat colonial menaçant encore moins de personnes venant d’ailleurs, mais plutôt d’une politique gouvernementale déclinée jusque dans cette enceinte et qui prône un système économique néolibéral dévastateur pour l’emploi et les services publics.

Sans remettre en cause ce système et cette politique d’austérité la volonté de préserver le territoire par des changements institutionnels d’inspiration libérale relève de la mystification. Pour nous l’économie est au service des besoins des hommes et non le contraire. Passer du système actuel où l’accumulation du profit, la compétition et l’argent sont les critères de sélection et de pouvoir, à une humanité harmonisée parce que construite sur la confiance en la vie, la solidarité, le partage responsable et la coopération dans un objectif de paix et de progrès.

Tel était le défi auquel nous nous proposions de répondre à travers la co-élaboration de ce Plan de développement durable de la Corse. Son adoption n’est aujourd'hui qu’un premier pas en ce sens.

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Desserte aérienne de service public

5 Octobre 2015

Intervention à l'assemblée de Corse 02 10 2015

Nous avons voté contre les OSP en février 2015. Notre analyse demeure et se confirme avec ce rapport. Comme cela est indiqué les obligations de service public ont été simplifiées. Cela n’a rien à voir avec la lecture mais plutôt pour se conformer aux exigences de la concurrence de plus en plus rude avec les low cost. C’est donc l’adaptation « aux variations de la demande et de la saisonnalité ».

Pour se plier à cette définition il est demandé aux opérateurs deux choses « augmenter la productivité » et « maitriser la politique commerciale et tarifaire ». D’un côté l’ajustement se fait sur l’emploi, les escales de Corse sont dans le collimateur de la direction d’AF, des dizaines de postes devraient être supprimés et de l’autre sur les usagers s’agissant des tarifs. Pour les non résidents certains peuvent approcher les 500 euros TTC.

Les résidents pourront bénéficier d’un maigre avantage sous conditions avec un tarif de 130 euros HT euros non modifiable non remboursable et 180 euros HT au tarif normal sans condition. Ceux-ci comme tous les autres seront indexés à l’évolution des couts d’exploitation « sur des bases objectives, prévisibles et connues de tous les acteurs ».

En conséquence il est demandé aux opérateurs de respecter cette « souplesse désormais contractuelle » par une « politique commerciale dynamique et attractive notamment pour les voyageurs non résidents et ainsi améliorer l’équilibre économique des comptes ». Nous avons sur ce plan une approche différente de la votre qui consiste à s’adapter à la concurrence déloyale des low cost tout en dégageant des excédents utilisables par ailleurs.

Bien sur il faut s’assurer de l’équilibre financier des conventions mais cela ne peut se concevoir comme nous le voyons au détriment des opérateurs historiques délégataires du service public de continuité territoriale et des usagers. Nous sommes dans ce cadre défavorables à la déspécialisation de l’utilisation de la dotation de continuité territoriale cette ligne inscrite au budget de la nation pour permettre à la CTC d’organiser la desserte publique de la Corse.

Par conséquent cet argent de la solidarité nationale doit rester affecter à cet objet pour garantir l’activité des délégataires dans les meilleures conditions économique et sociales. Cela se comprend pour maintenir et développer l’emploi mais aussi pour les usagers qui pourraient bénéficier de tarifs plus avantageux dès lors que ces excédents seront utilisés comme nous le proposons à cet effet.

Le suivi de la DSP est renforcé par une exigence d’information préalable plus encadrée, notamment en termes de programme y seront associés représentants de l’OTC, des chambres de commerce et du groupement d’entreprises délégataire il faudrait penser aux salariés auxquels sera imposée de fait une plus grande flexibilité.

Les compensations versées par la CTC, au titre des conventions s’établissent à 37 M€ pour le bord à bord soit 4 M€ de plus et à 42 millions d’euros pour terminer à 31 millions d’euros la quatrième année sur Paris. Sur celle-ci la moyenne annuelle passe de 41 M€ à 35 M€ pour les deux délégataires conjoints mais non solidaires.

Nous avons appris en Commission que cette baisse en sifflet préfigure le montant maximal de la DSP qui serait acceptable pour la très libérale Commission européenne qui considère que ces aides d’Etat sont de nature à fausser la libre concurrence. Difficile de ne pas faire de lien entre cette position, le recours introduit par la compagnie low cost Ryanair et la similitude des actions antiservice public conduite dans le maritime.

En revanche sur le bord à bord la Commission s’est montrée nous dit-on plus conciliante parce qu’à ses yeux la continuité territoriale se justifie sur cette desserte contrairement à Paris. Cela ne nous rassure que partiellement pour plusieurs raisons parmi lesquelles l’appétit débordant des opérateurs low cost qui ne peut être sous-estimé tout autant que les dispositions déjà prises pour faire face à la perte d’environ 80 000 passagers sur les correspondances de Marseille et Nice.

Comme on peut le constater une fois de trop la Commission, à laquelle l’Exécutif se soumet docilement, impose ses visées ultralibérales et piétine la souveraineté de l’Assemble de Corse comme l’exercice par la CTC de ses compétences en la matière. Au point ou cela conduit autant demander le transfert de cette compétence à la Commission.

Cela étant nous avons également relevé que si les capacités retenues sur le bord à bord sont identiques en tous points entre la Haute Corse et la Corse du Sud, sur le Paris elles sont très proches en sièges offerts mais l’écart est de 10 % en prévision entre Bastia et Ajaccio. Cet écart renforce les craintes d’ajustements correspondant sur l’emploi. A cela s’ajoute l’optimisation de la flotte pour améliorer les coefficients de remplissage ou encore ce vol a 6 heures du matin au départ de Bastia qui écorne l’image du service public accessible.

Optimiser peut se comprendre mais de cette façon c’est contre productif pour le confort des usagers et les conditions de travail des agents. Dans les faits on ne peut, selon nous, faire abstraction du partenariat noué avec AF au moment de la création de la CCM notamment pour ce qui est du traitement au sol des appareils en sachant que depuis 3 ans désormais les agents AF ne touchent quasiment plus aux ATR.

Voila pourquoi notre groupe demande aujourd’hui en engagement solennel pour revenir aux fondements de ce partenariat sans quoi nous savons que cette spirale sera employée comme argument par la direction d’AF pour supprimer des postes en relevant une baisse d’activité. D’ores et déjà il est question de 106 ETP.

Nous avons donc deux amendements :

L’un demandant que les représentants des organisations syndicales représentatives des personnels des compagnies délégataires soient associés au comité technique.

L’autre, que les ATR seront traités au sol, comme les autres appareils desservant la Corse dans le cadre de la DSP, par les agents Air France.

Michel Stefani

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