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Michel Stefani

« Bastia, se fige et se meurt... »

29 Juillet 2015

Nouvelle façon de faire de la politique, nouvelles pratiques politiques, nouvelle gouvernance le tout garanti par une nouvelle équipe soudée par un contrat de mandature.... Mais depuis des mois maintenant le vernis se craquelle laissant apparaître la réalité crue des choses.

Le dernier avatar de cette équipe, construite à la va vite après le mini conclave de l’Annonciade symbole des ambitions personnelles, aura été ce spectacle, comparable en qualité à celui du Conseil départementale de Corse du Sud, appelant les Conseillers municipaux de Bastia à destituer leur quatrième adjoint pour manque de « loyauté ».

Traversant une haie d’honneur, les élus du MDC, amoindris par la défection de quelques uns d’entre eux reconvertis de dernière minute, ont donc basculé dans l’opposition non sans livrer leur analyse à travers un courrier rendu public séance tenante.

L’assaut d’amabilités donne un triste aperçu de la gué guerre. Julien Morganti tape sur ses anciens amis à bras raccourci. Il leur reproche d’avoir fait leurs les comportements qu’ils dénonçaient en les attribuant, de mauvaise foi, à la précédente équipe municipale. Le MDC récolte les fruits amers de ses alliances contre nature. C’est effectivement « la purge »... mais pour les bastiaises et les bastiais. Car Bastia, se fige et se meurt...

Michel Stefani

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Abdelaziz Al Saoud un roi fréquentable

28 Juillet 2015

Son Altesse Salmane Ben Abdelaziz Al Saoud, roi d’Arabie saoudite à qui François Hollande a rendu visite le 5 mai dernier, a pris ses vacances sur la côte d’azur. Cet hôte n’est pas le commun des mortels. Il bénéficie pour sa sécurité d’un dispositif de protection particulièrement important. Terrorisme oblige. Le long des quelques mille mètres de plage en contrebas de sa propriété l’accès sera interdit. Cette modeste demeure peut accueillir sa délégation au complet soit un millier de personnes. C’est bon pour le commerce local paraît-il ! Le roi à l’habitude d’offrir des compositions florales à mille euros. Mais ce dont on se souvient c’est plutôt de la vente d’une escadrille de Mirages. L’industrie française de l’armement est ravie d’avoir de si bons clients. Le monarque dirige donc un pays qui n’est pas du coup celui des mille et une nuits. Sous sa houlette depuis le 1er janvier, il y a eu 78 exécutions capitales selon diverses méthodes éprouvées telles que : décapitation, pendaison, lapidation. Ce nombre pourrait augmenter pour approcher les 87 de 2014. En effet le blogueur Raif Badawi, déjà condamné à mille coups de fouet pour insulte envers l’islam, est à présent visé pour apostasie avec, sous ce chef d’accusation, la peine de mort en perspective. Le roi n’en demeure pas moins fréquentable aux yeux de ceux qui incarnent la France et se plaisent ici ou là à faire des leçons de démocratie en oubliant qu’au pays d’Abdelaziz Al Saoud la presse est au service de la monarchie et les partis politiques sans droit de cité.

MS

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Jean Félix Acquaviva un ami des CFC

10 Juillet 2015

Dans une interview au mensuel InCorsica, Jean Félix Acquaviva reprend subrepticement les propos de Marc Simeoni qui déclarait il y a peu « si l’argent public, versé par la CTC aux CFC, 30 M€ par an (le chiffre est faux), avait été consacré à l’action économique nous aurions découvert la téléportation avant la micheline ».

Le dirigeant nationaliste d’Inseme per a Corsica, propose lui d’établir des liaisons aériennes régulières à l’année entre la Corse la Toscane et la Sardaigne. « Une sorte de métro aérien (...) pour offrir aux entreprises corses un marché plus vaste et les insérer dans une dynamique ». C’est sans doute ce moment d’égarement intellectuel qui l’a conduit à faire une comparaison incongrue avec les CFC qui ne sont pas contrairement à ce qu’il dit en déficit.

Comme le rappelle pertinemment le journaliste qui l’a interviewé, l’expérience de Prumitei, dont il fut un des dirigeants, aurait du l’instruire suffisamment de ce qu’est un déficit pour ne pas employer le terme à mauvais escient.

Son projet, qui mobiliserait 2 ATR dont on ne sait pas s’ils seront retirés de la desserte de service public de continuité territoriale, loués ou achetés, produirait un déficit de 3 M€ pour transporter 45000 passagers par an avec des tarifs de 60 à 120 €. « Si on compare au déficit généré par les CFC ce n’est rien. Le programme Maritimo, c’est de 200 M€, il peut décemment en consacrer 3 à un tel projet. Le jeu en vaut la chandelle ». Tout est dit.

A contrario, on retiendra que les CFC perçoivent, pour exécuter la délégation de services public, une compensation financière annuelle de 20 M€, contre 22 à 24 prévus initialement et dégagent un CA de 28 M€ réinjecté pour l’essentiel (90 %) dans l’économie locale. En même temps les élus de l’Assemblée de Corse, comme ils l’ont fait pour la DSP, ont voté unanimement un schéma des investissements ferroviaires d’un montant de 140 M€ sur dix ans.

Dans ce cadre les CFC ont pu et devront répondre parfaitement à la mission que les élus de l’Assemblée de Corse leur ont confiée à savoir : offrir un service public de qualité, désenclaver les territoires notamment du centre Corse, désengorger le réseau routier urbain et préserver l’environnement. En 2014, les CFC ont transporté 1 million de passagers et produit 1 million de kilomètres trains.

Cette action d’intérêt public pour la Corse est un choix politique qui nécessite l’engagement financier de la CTC à ce niveau indispensable sans confondre, comme le font les détracteurs des CFC, ici cités, compensation financière et déficit. Ce raisonnement ultralibéral contribue, en effet, à la mise en œuvre de la logique low cost au détriment des entreprises de transport délégataires de service public en Corse. Fondamentalement, il s'agit d'un choix de société.

Michel Stefani

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