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Michel Stefani

Un modèle énergétique innovant

29 Juin 2015

L'Assemblée de Corse a débattu avant de l'adopté à l'unanimité moins une abstention le projet de programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) pour la Corse. A cette occasion Michel Stefani est intervenu au nom du groupe des élu(e)s communistes et citoyens du Front de gauche.

Ce projet de programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) constitue la déclinaison opérationnelle pour la Corse des orientations de la politique énergétique issues du projet de loi relatif à la transition énergétique et la croissance verte et ce avant même l'adoption de la loi. La Corse, comme d'autres territoires non interconnectés, est appelée à établir ses propres priorités pour les périodes 2016 - 2018 / 2019 - 2023. La première période portant prioritairement sur le volet électrique dont plusieurs actions sont déjà engagées et pour lesquelles des résultats concrets peuvent être obtenus rapidement.

Cette PPE s'appuie sur le bilan de l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité établi par EDF gestionnaire du réseau et de la distribution en Corse. Elle intègre les orientations du Schéma Régional Climat Air Energie (SRCAE) notamment en faveur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. L’Assemblée de Corse a adopté en 2005 un Plan énergétique pour la période 2005-2025 complété en 2007 par un Plan de développement des énergies renouvelables et de la maîtrise de l’énergie (2007-2013). Ces délibérations, consécutives à la crise énergétique 2005, ont retenu comme fondement de revenir à une juste appréciation de la croissance des besoins et de la maitrise de la demande en énergie (MDE), alors que le précédent plan énergétique a moyen terme, adopté en 2001, reposait sur une sous estimation de celles-ci au point de rendre la crise inéluctable comme l’indiquait le rapport Leteurtrois.

Pour éviter que cette expérience ne se renouvelle la sécurisation de la production et de l’approvisionnement électrique redeviendront une priorité dans la PPI 2005 2016. Un chapitre sera consacré à la Corse, son axe principal consistait à établir un mix énergétique reposant sur le trépied : énergies renouvelables, production thermique centrales de Lucciana et du Vazzio, interconnexions câbles SACOI et la SARCO. Ce plan a atteint en grande partie ses objectifs grâce aux investissements lourds réalisés ces dernières années et au développement important des énergies renouvelables, mais la sécurisation de l’approvisionnement électrique de l’île à court et moyen terme n’est toujours pas garantie en raison du retard enregistré dans le renouvellement de la centrale du Vazzio. Cet outil de production mis en service en 1983 ne permet plus de satisfaire aux exigences de fiabilité et de disponibilité requises. De plus, la disponibilité de la ressource en eau affectée par les effets du changement climatique et la diversité des usages augmente cette fragilité.

Le projet de Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) du comité de bassin Corse, met en lumière les incidences majeures auxquelles il faut s’attendre avec des modifications des régimes des cours d’eau, des volumes disponibles moindres et un stockage devenant plus aléatoire. Concernant le bilan du programme 2007-2013 relatif aux énergies renouvelables, établi par l’OREGES de Corse, le gain énergétique estimé serait de plus de 115 GWh dans la dernière année du programme et une réduction des émissions annuelles de près de 67 ktep CO2. L’ensemble de ces actions ont générées plus de 217 M€ d’investissement dans l’économie « bas carbone » sur le territoire pour près de 40 M€ de subventions attribuées, soit un effet levier de 5, ce qui est loin d'être négligeable.

La consommation d’énergie électrique a évolué de manière conforme aux prévisions du plan de 2005. Les puissances appelées à la pointe en période hivernale évoluent depuis 2005 conformément aux tendances prévues. Toutefois ce plan n'avait pas anticipé la pointe estivale qui complique pour l'équilibre du système et qu'il convient de prendre en compte. Néanmoins la priorité donnée à la réduction des consommations en électricité par rapport aux autres sources d’énergie, via les programmes de financement des partenaires (CTC, l’ADEME, EDF, l’UE) et qui se poursuivront jusqu'en 2020 contribuent à diminuer ces consommations de près de 100 GWh par an (2007-2013).

En matière d'efficacité énergétique, les actions envisagées devront permettre d'atteindre l'objectif moyen de réduction de 50 GWh électriques chaque année avec comme cibles prioritaires la rénovation énergétique des bâtiments, l’éclairage public, le développement des réseaux de chaleur alimentés par des énergies renouvelables et la récupération de la chaleur « perdue » et les transports. Concernant la rénovation énergétique des bâtiments, le programme régional d'efficacité énergétique (PREE) qui va dans le bon sens nécessite des préalables, le développement de méthodologies, de l'ingénierie financière et d'une organisation des acteurs avec un service régional de l'énergie qui mette son ingénierie technique notamment au service des collectivités, ce qui manque fortement aujourd'hui.

Le PREE pourrait en 2023 réduire la facture de 5 M€ et être créateurs de nombreux emplois sur l’objectif fixé à 3000 logements rénovés. Cependant, dans un souci d’efficacité sociale, ces mesures doivent bénéficier en priorité aux personnes en situation de précarité énergétique, soit 20 000 ménages en Corse. S'il est indiscutable que l'énergie est un bien commun donc public qui devrait être à la disposition de tous, la rénovation énergétique des logements pour ces personnes demeure indispensable. Ces ménages supportant en plus le prix élevé de l’essence en Corse où les réfactions de TVA ne sont pas répercutées sur le consommateur. Le renouvellement de 30 000 points lumineux (sur les 70 000) et le développement de réseaux chaleur à Ajaccio, Bastia, Corte et Lucciana participeront pour une bonne part à l’économie recherchée sur la consommation d’énergie.

Les transports sont le principal facteur aujourd’hui de cette consommation d'énergie avec en corollaire l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Il faut donc développer une alternative à la voiture individuelle et rationaliser le transport de marchandises par la route en tirant le meilleur avantage des infrastructures portuaires et de leur disposition favorable à une réduction des trajets. Sans résumer la question à ce seul moyen de transport, force est de reconnaître que le train offre la possibilité de réduire l’usage de véhicules routiers en zones urbaines particulièrement mais pas seulement. La fréquentation en hausse constante sur l’ensemble du réseau confirme la capacité à désenclaver les territoires ruraux et à désaturer les axes routiers urbains. L’attrait des usagers pour ce mode de transport en commun souligne la pertinence des choix d’investissements retenus pour ce faire. Au delà de la rénovation des haltes des gares et de la voie, l’extension de gestion informatisée des circulations, la réalisation d’une portion de voie nouvelle ouvrant la porte de la plaine orientale, et l’achat de nouveaux autorails mieux adaptés aux parcours urbains permettront d’améliorer considérablement l’offre de service public.

Le rapport souligne la nécessité d’augmenter la capacité de stockage des produits pétrolier et de mieux répartir ces derniers sur le territoire afin d’assurer une meilleure distribution. On ne peut que souscrire à cela tout autant qu’à l’objectif de garantir la sécurité de l’approvisionnement. La diversité des produits est indispensable mais la substitution du gaz naturel dans plusieurs usages (production électrique, transport en commun et véhicules individuels) en remplacement du fioul doit rester une priorité.

La centrale électrique d’Ajaccio doit à présent être construite. Nous nous félicitons que le site d’implantation ait été retenu à côté de l’actuelle centrale du Vazzio. L’écart, surtout l’été entre les besoins en Corse-du-Sud et la puissance disponible, impose la réalisation de ce nouvel outil plus efficace moins polluant susceptible d’équilibrer la production entre le nord et le sud est de renforcer la sûreté du système électrique. La consommation électrique en Corse telle qu’elle se répartit sur le territoire notamment du grand Bastia et du grand Ajaccio rend impératif d’y localiser les moyens thermiques de production pour garantir le bon fonctionnement du système. Tout doit être fait désormais pour que la nouvelle centrale du Vazzio soit opérationnelle avant fin 2023. Comme celle de Lucciana pour la région bastiaise cette installation fonctionnera au fioul léger en attendant l’arrivée du gaz naturel. C’est la encore une bonne chose. Le cycle combiné, retenu, amène une flexibilité de fonctionnement permettant de répondre à la fois aux besoins de base et de pointe. Par contre, cette technologie ne devra pas servir des objectifs de réduction de postes.

Le bois-énergie et le solaire thermique notamment ont un rôle important à jouer comme énergie de substitution aux énergies fossiles pour les usages liés au chauffage et à la production d’eau chaude sanitaire, en limitant l’accroissement des besoins de production d’électricité associés. Concernant la grande hydraulique, les projets identifiés dans le SRCAE sont ceux :

- du Taravo (ouvrage de l’Olivese à vocation mixte d’hydroélectricité et d’alimentation en eau brute pour environ 36 millions de m3) ;

- de la Cinarca (ouvrage de Letia à vocation mixte d’hydroélectricité et d’alimentation en eau brute pour environ 10 millions de m3) ;

- du suréquipement de l’aménagement du Rizzanese.

Nous notons avec satisfaction que les études de faisabilité de ces aménagements devraient être conduites dans le cadre de cette programmation et financées par la CSPE au bénéfice de l’application de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte. Le panel d’énergies exploitables, reposerait outre la rénovation de l’interconnexion et les deux centrales d’Ajaccio et de Bastia, sur les énergies thermiques, les énergies électriques à puissance garantie et sur leur stockage ce qui implique effectivement de mettre en place les modalités de financement de ces projets tout en structurant les filières.

Concernant l’énergie stable, il est justement prévu de développer encore la petite hydraulique, la grande hydraulique, le bois énergie et les bio-déchets ainsi que le photovoltaïque et l’éolien avec stockage.

Concernant l’énergie intermittente l’objectif visé de déconnexion au-delà de 35 % nous semble trop ambitieux en fonction de la limite d’acceptation du réseau. Cette prudence est justifiée par deux facteurs : les évolutions climatiques et les incertitudes qu’elles font peser ; la problématique du tarif de rachat et sa répercussion sur la facture des usagers. De même nous ne voudrions pas que le principe du trépied énergétique soit déformé au fil du temps, par l’augmentation de la puissance délivrée avec les interconnexions, en une source d’approvisionnement unique ramenant au scenario ICO. En dix ans, EDF aura consacré près de 350 millions d’euros d’investissements pour améliorer le réseau de transport et la distribution. Le premier avec plus de 900 km de lignes le second avec plus de 10 000 km.

On peut apprécier ici les mécanismes de la solidarité nationale et le rôle moteur de la commande publique dans la croissance économique de la région avec une CSPE à 250 millions d’euros annuels, et des investissements majeurs comme les centrales de Lucciana et le Rizzanese qui dépassent les 600 millions d’euros. En outre cette compensation permet dans le cadre de la péréquation d’avoir des tarifs identiques à ceux du continent indépendamment des surcouts générés ici par les moyens de productions spécifiques.

Dans une période de crise aussi profonde, avec tant de chômeurs ces chiffres significatifs, méritent d’être rappelés parce qu’ils permettent de souligner l’intérêt dans les dix prochaines années de voir sortir de terre la centrale d’Ajaccio, les trois ouvrages hydrauliques précités et réaliser le projet Cyrénée.

Ce dernier, reliera la centrale d’Ajaccio à celle de Lucciana l’approvisionnement des deux centrales étant assuré à partir d’une barge positionnée en mer en plaine orientale. Cette perspective présente plusieurs avantages. En effet, le fioul, et en particulier sa composante dite « domestique » ou « légère », est appelé à devenir une ressource rare et convoitée, créant des situations d’approvisionnement critiques et une hausse non maîtrisée du coût de fonctionnement des centrales ; a contrario, les réserves connues de gaz naturel permettent d’envisager un avenir serein et un coût de fonctionnement maîtrisé sous réserve de la souscription de contrats d’approvisionnement à long terme. De fait, il y aura une amélioration notable de la qualité de l’air la perception et la conversion des moyens de productions thermiques de la Corse engendrera, à niveau de consommation équivalent, une réduction d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre liées à la production d’électricité. Par contre nous sommes réticents au développement des compteurs intelligents, dont les radiofréquences sont classées « cancérogènes possibles » depuis le 31 mai 2011 par le Centre International de Recherche sur le Cancer. En outre le coût de leur déploiement dépasse largement les économies réalisées.

La PPE avec son cadre juridique désormais fixé permet de dégager une perspective positive par cet ensemble de réalisations projetées et constitutives d’un modèle énergétique innovant plus sobre, moins polluant, créateur d’emplois et plus proche des territoires.

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SNCM : construire un projet industriel crédible

22 Juin 2015

Le tribunal de commerce de Marseille a confirmé, le 10 juin, son analyse des offres de reprise de la SNCM : médiocres et insuffisantes en fonds propres. A juste titre, il a donc été décidé de lancer un nouvel appel à candidatures avec échéance au 25 septembre.

Cette décision est plus rassurante, elle sera plus opérante si cette période est effectivement mise à profit pour rechercher une solution conforme au constat qui peut être fait objectivement à partir des éléments que les sept premiers mois de redressement judiciaire de la SNCM donnent à voir. En effet la compagnie viable, dans toutes ses activités, dégage dans ce contexte peu propice aux bons résultats commerciaux de la trésorerie. Nous n’en doutions pas, mais cette expérience, douloureuse pour les salariés, apporte un éclairage nouveau à la procédure dont on voit bien qu’elle n’a été initiée que pour réduire le périmètre du service public de continuité territoriale et dégager l’espace à la compagnie low cost Corsica Ferries France.

Même si les taches peu honorables ont été réparties entre bons libéraux, la Commission européenne et sa Direction générale de la concurrence sont chargées de donner le ton à chaque étape. Ingérence et diktat caractérisent cette domination insupportable au motif que la continuité territoriale telle qu’elle est exercée par les opérateurs attributaires de la Délégation de service public (CMN SNCM) constituerait une distorsion de concurrence. Prise à son propre piège libéral elle avait indiqué que le recouvrement des amendes antiservice public de 440 millions d'euros ne serait pas exigé si une décision rapide était prise.

Cette incohérence de taille met en relief la passivité manifeste à l’égard de la compagnie low cost Corsica Ferries France, en situation de quasi monopole sur le transport de passagers et néanmoins subventionnée, douze ans durant, au titre de l’aide sociale sur l’enveloppe de continuité territoriale (aide d’Etat) à hauteur de 180 millions d’euros alors même qu’elle n’assurait pas de délégation de service public. De même la question du pavillon de premier registre français se pose avec force au moment ou revient subrepticement dans la loi Macron, au prétexte de mieux l’encadrée, la directive « travailleurs détachés » au bénéfice des sociétés de Manning adeptes du travail dissimulé.

La mole attitude de l’Exécutif de la Collectivité territoriale de Corse et du gouvernement range ces deux intervenants majeurs dans la catégorie des complices au détriment de l’exercice réel des compétences qui sont les leurs. Leur rôle devrait être de faire face aux lobbies des armateurs sans scrupule qui se cachent derrière la Commission omnipotente en charge de dicter ainsi leur loi au mépris de l’intérêt général. Peu importe que les sociétés soient domiciliées dans les paradis fiscaux, qu’elles naviguent sous pavillon liquidateurs de droits sociaux, qu’elles perçoivent de l’argent public, ce qui compte avant tout c’est de détruire le modèle du service public français issu du programme du Conseil National de la Résistance.

Les syndicats ont dénoncé la vacuité des offres faites par les trois repreneurs inconsistants notamment au regard de l’hémorragie d’emplois programmée : seuls 780 à 900 salariés, sur les 1 500 CDI de la compagnie, auraient été repris. A cela s’ajoute la désertion de Véolia Transdev qui persiste dans son irresponsabilité à la fois antisociale et antiéconomique et s’empresse d’affirmer « Quelle que soit la solution in fine retenue (…), il n’apportera aucune contribution supplémentaire au financement de la SNCM et n’ira pas au-delà des engagements pris à ce jour quant à l’abandon de ses créances et au financement de la restructuration sociale ». Cette obstination, à ne pas vouloir prendre d’engagement financier précis, est coupable. Elle confirme, en entrainant l’Etat sur ce terrain inacceptable, que le cap de la liquidation judiciaire est le sien depuis l’ouverture de la procédure judiciaire qui n’a jamais été une « formalité technique » mais bien un choix politique.

Dans la confusion le groupe STEF-TFE, géant européen de la logistique, est sorti du bois. Dans une note blanche de six pages, adressée aux administrateurs judiciaires, ce spécialiste du transport frigorifique a plaidé pour le renvoi de la décision du tribunal de commerce au mois de septembre estimant qu’« un choix précipité sans la moindre adhésion du personnel ne peut que déboucher sur un conflit majeur, avec blocage total de l’approvisionnement de la Corse ». Société holding de la CMN, la compagnie cocontractante avec la SNCM à la délégation de service public, STEF se dit prêt à agir pour « monter un tour de table » et porter un projet à six navires. Mais la aussi les chiffres annoncés laissent perplexes. 800 salariés seulement seraient gardés et la fourchette financière de l’offre resterait, comme celles des candidats non retenus, entre 15 et 20 millions d’euros. Ce montant représente moins de 10 % de la valeur des actifs de la SNCM.

Le tribunal de commerce de Marseille dans sa décision a, semble-t-il, résisté aux nombreuses pressions exercées sur lui. C’est une bonne chose qui doit permettre de revenir à la continuité sauf à cautionner, après la privatisation sulfureuse de 2005 et les 60 millions d’euros offerts à Buttler par le gouvernement Villepin Sarkozy, un nouveau scandale d’Etat à mettre cette fois-ci à l’actif du gouvernement Valls Hollande. Désormais il s’agit de construire un projet industriel crédible avec des engagements politiques et financiers permettant de garantir la pérennité sociale, industrielle et économique de la SNCM.

Michel Stefani

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« Imagine »

16 Juin 2015

« Imagine » « Imagine » un monde meilleur en cinq langues qui couvrent presque la surface du globe. L’universalité des choses un texte magnifique de John Lennon. Une ode à la vie, à la paix, à la solidarité et à l’amour par delà les frontières et les différences apparentes dressées pour désunir l’humain.

Deux institutrices voulaient que des enfants chantent cette tolérance en cinq langues qui sont aussi les leurs pour faire grandir le respect de l’autre et du vivre ensemble dont nous avons tant besoin.

Elles ont été menacées.

Etroitesse et repli ont ainsi fait obstacle de manière lamentable à la générosité, à la culture et à l’épanouissement des générations futures. Et pourtant la Corse, au cœur du berceau méditerranéen, ne pourra rayonner que dans cette ouverture aux autres.

Michel Stefani

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Réponse au représentant de l’USR CGT 2A

12 Juin 2015

Suite à la rencontre que j’ai eue avec les organisations syndicales de retraités vendredi 29 mai à Ajaccio, Patrick Maurel USR CGT 2A a adressé un compte rendu à la presse après l’avoir fait circuler plusieurs jours durant notamment aux adhérents CGT. La virulence du propos par certains côtés méprisant peut paraître surprenant mais pour inconvenant qu’il soit, il ne doit pas empêcher de réfléchir. C’est le sens de ma réponse.

Il m’a semblé juste, à l’occasion de cet échange, de ne pas distinguer la problématique de la tarification, incluant bien sur la revendication présentée, du cadre imposé par l’autorité délégante à l’exploitant à travers la convention de délégation de service public. J’ai souligné certains aspects positifs du service public rendu à l’ensemble des usagers - un million transportés l’an dernier pour 1 million de Km train effectués - et la place désormais occupée par les CFC dans la vie quotidienne des Corses. Ce résultat correspondant aux objectifs d’aménagement, de désenclavement du territoire, de dé-saturation du réseau routier et de protection de l’environnement.

Je voulais montrer que l’intérêt de l’investissement public et l’affirmation de l’engagement de la CTC en faveur du transport ferroviaire étaient ainsi confortés quand dans d’autres domaines l’austérité entraine des révisions conséquentes voire drastiques. Ce n’était pas « une belle explication » juste un ensemble de données pour une prise en compte objective d’une réalité incontournable dès lors que la question du bon fonctionnement des CFC n’est pas écartée de la réflexion. En effet, l’équilibre financier de la SA-EML s’opère sur les recettes voyageurs avec un prix de vente moyen du kilomètre en 2014 de 11,72 cts.

Ainsi le président des CFC est à la fois responsable devant le Conseil d’administration de la SA-EML et la CTC autorité délégante. Cela est aussi valable devant les 265 cheminots. Des obligations en découlent notamment celle de ne pas engager cette entreprise publique dans des décisions hasardeuses et dommageables.

M’adressant à des syndicalistes, il me semblait tout autant pertinent de faire état du climat social dans l’entreprise et des différents accords intervenus soulignant à mon sens le rôle moteur que peut avoir une entreprise publique en termes de progrès social.

J’ai indiqué qu’un travail était en cours sur la grille tarifaire celle-ci comportera, je le confirme ici, une disposition pour les personnes de 60 ans et plus ouvrant à une réduction de 50 % sur le réseau sauf sur les suburbains ou le montant serait ramené à 1 euro sur une section soit un niveau de perception trop faible.

La comparaison ayant été faite avec la gratuité accordée aux étudiants, j’ai précisé que cette mesure, destinée à réduire la précarité étudiante et l’usage des véhicules trop souvent mortel, était compensée par la CTC. Pour avoir une idée, les CFC ont délivré en 2014 14 500 titres de transports séniors qui ont généré une recette de 70 000 euros. Le reste à charge pour la SA EML est par conséquent de 70 000 euros.

Cela étant, le subtil distinguo fait entre l’élu « politique » et le « président » frappé de « gestionite aigue » n’a de sens que pour affirmer, non sans arrière pensée, que je serais insensible à la souffrance des personnes en difficulté.

De ce point de vue, par honnêteté, il eut été conforme de relater mes propos sur la casse du service public dans le transport aérien et maritime ou sur l’urgence sociale au regard des interventions et des votes du groupe communiste et citoyen du Front de gauche ceux-ci incluant la bataille pour la retraite à 60 ans.

Voila pourquoi, contrairement à la sentence prononcée en conclusion de ce compte rendu, je n’ai aucunement besoin d’être « ramené à la dure réalité sociale de notre île » que je côtoie depuis mes premiers engagements militants à la CGT et au Parti communiste en 1979.

Michel Stefani

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SNCM : l’essentiel est relégué au second plan

5 Juin 2015

Vente frauduleuse du Bonaparte, départ indemnisé grassement pour Dufour, opacité de l’Etat. Ces affirmations du président du Conseil Exécutif de la CTC ont fait le scoop dans les médias et le buzz sur la toile.

Le ton et les propos sont forts mais les actes.... Nous avons tous en mémoire l’épisode du vol de la taxe de transport dénoncé avec virulence mais aussi la suite : aucun opérateur n’a été poursuivi ou sanctionné. Si comme le dit Paul Giacobbi l’intérêt public est bafoué il doit saisir le procureur sans tarder.

Cela étant l’essentiel est relégué au second plan notamment pour ce qui est de l’ingérence permanente de la Commission européenne dans ce dossier et en définitive l’objectif de faire place nette aux low cost dans le maritime et tout autant dans l’aérien où Ryannair vient d’attaquer la nouvelle DSP sur Figari en visant Air Corsica et Air France.

Pour le gouvernement comme pour l’Exécutif la question est de savoir qui portera le chapeau soit du démantèlement soit au pire de la liquidation judicaire d’une entreprise de 1500 salariés qui n’aurait jamais du se trouver au Tribunal de commerce. Les actionnaires déloyaux que sont l’Etat et Veolia avaient promis un exercice simplement technique pour faire oublier à la Commission européenne les amendes anti-service public et pro low cost réclamées à la demande des dirigeants de Corsica Ferries France.

Les prises de positions de l’Union européenne alimentent donc une manœuvre ultralibérale et hostile contre la compagnie et le service public de continuité territoriale. Pour autant le Tribunal de commerce n’a pas voulu prendre le risque de suivre ces injonctions et d’attribuer la SNCM à un repreneur ayant fait une offre médiocre et insuffisante en fonds propres.

Dès lors que la période d’observation était prolongée de six mois jusqu’en novembre 2015 c’est carrément un diktat qui a été prononcé ordonnant au Tribunal de commerce de revoir sa décision pour écourter cette prolongation. Autrement dit la Commission ne s’interroge pas sur la qualité des offres de reprises, réputées médiocres, mais elle exige qu’une d’entre elles soit retenue incessamment et que soit mis en œuvre tout aussi rapidement une sous délégation permettant avec la CMN la continuité de la DSP jusqu’au 1er octobre 2016 conformément à l’étrange décision du Tribunal administratif de Bastia.

Dans cet entrelacs opaque où l’affairisme figure désormais en première place, l’un des enseignements essentiel qui peut être tiré à travers les six premiers mois d’observation du redressement judiciaire, est que la SNCM est viable dans toutes ses activités. Cela a de quoi rendre nerveux ses détracteurs car effectivement elle est parvenue à dégager de la trésorerie alors même que tout a été fait pour l’en empêcher. Malgré une publicité négative portée à dessein, il se trouve encore des usagers, professionnels ou particuliers, pour faire des réservations et voyager avec la SNCM.

Par conséquent, même si rien objectivement n’y oblige, pour les liquidateurs de la SNCM il faut que le redressement judicaire s’arrête par tous les moyens. Le premier Ministre en visite à Marseille parle d’une proche solution et Paul Giacobbi à l’Assemblée de Corse accuse l’Etat donc le gouvernement de vouloir se passer de son avis. Pourtant le président de l’Exécutif n’hésite jamais à le soutenir dans ses choix comme il l’a montré dans toutes ses interventions à l’Assemblée nationale et particulièrement en juin 2014 lorsqu’il s’agissait de liquider le plan Cuvilliez de relance de la compagnie et au passage de remercier le ministre lui même.

Au delà des postures cyniques ou politiciennes, il eut été plus judicieux, non de courir aux devants de la Commission européenne, comme cela a été fait, gouvernement et Exécutif confondus, mais de s’opposer à son ingérence insupportable pour dégager une solution de continuité dans laquelle l’Etat jouerait son rôle d’actionnaire autant que de garant de la continuité territoriale de service public et la CTC le sien c'est-à-dire celui de l’autorité délégante. Au lieu de cela, ils manœuvrent afin que le Tribunal de commerce soit in fine accablé de la responsabilité d’offrir à des affairistes ce fleuron de la marine marchande française ou de licencier 1500 personnes.

Le moment particulier nécessite une transparence irréprochable de la part de l’Etat, de l’Exécutif et des actionnaires, mais cette transparence fait défaut. L’ensemble des organisations syndicales à juste raison récusent les deux offres de reprise encore en lice et demandent qu’une solution pérenne soit trouvée. Il faut les écouter.

Michel Stefani

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