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Michel Stefani

Faire échec aux idéologies barbares.

30 Septembre 2014

Déclaration du PCF

Dans un contexte où l’expression de la fraternité entre les peuples doit s’affirmer fortement et démocratiquement, il se trouve des apprentis sorciers pour y faire obstacle. Cette solidarité, dont on a vu dans les moments les plus sombres de notre histoire qu’elle puisait son dynamisme dans l’internationalisme ouvrier, a toujours su se frayer son chemin pour faire échec aux idéologies barbares. Aujourd’hui alors que les murs de la synagogue de Bastia ont été souillés par des inscriptions faisant référence au nazisme, les communistes condamnent cet acte avec détermination et demandent que tout soit fait pour retrouver la ou les personnes responsable(s) pour qu’elle(s) soi(en)t sanctionnée(s).

Bastia le 29 09 2014

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« Une indépendance dirigée par le SNP aggraverait l'austérité »

19 Septembre 2014

Déclaration du Parti communiste écossais

Le référendum sur l'indépendance écossaise approche. Les sondages sont très serrés. S’il y a un vote « Oui », l’Écosse fera sécession en moins de deux ans, en mars 2016. Les députés écossais quitteront alors Westminster. Et si un gouvernement travailliste est élu en 2015, il devrait tomber : sur 59 députés écossais, un seul est conservateur, 44 sont travaillistes.

Les communistes d’Écosse ne soutiennent pas l'indépendance en ces termes. Depuis les années 1930, la revendication des communistes a été celle du fédéralisme progressiste, une revendication soutenue également dans les années 1970 par la STUC (Congrès des syndicats écossais) et le mouvement ouvrier écossais. Qu'est-ce que signifie « progressiste » ? C'est un fédéralisme qui ne soit pas simplement un arrangement constitutionnel mais un instrument qui facilitera la lutte pour le changement social progressiste dans toutes les nations de Grande-Bretagne – qui permette une redistribution sociale des richesses et du pouvoir.

Dans ce cadre d'un fédéralisme progressiste, le gouvernement fédéral au niveau britannique contrôlerait la politique économique générale et serait constitutionnellement contraint à redistribuer les revenus géographiquement en proportion des besoins sociaux. Les Parlements en Écosse, au Pays de Galles, et, si ils sont soutenus localement, dans les régions d'Angleterre, auront le pouvoir de reprendre possession publique de services essentiels, d'intervenir industriellement pour soutenir l'emploi et augmenter le contrôle de la classe ouvrière sur les ressources de leur pays.

C'était la vision de l'Assemblée écossaise de 1972 : pour un « parlement ouvrier » - dont les actions aideront à relayer les luttes ailleurs, à unir et non à diviser.

L'indépendance que propose le « Livre blanc » du gouvernement SNP (Parti national écossais) est très différente et, nous communistes le pensons, un piège pour les travailleurs. Cela affaiblira, et non renforcera, leur position contre le grand capital et les banques.

La recette du « Livre blanc » pour la croissance économique est de baisser l'Impôt sur les sociétés. Il cherche à offrir une stabilité pour que le secteur financier important en Écosse reste dans la zone Livre et à garantir le droit du grand capital étranger, qui détient plus de 80 % de l'industrie manufacturière écossaise, en recherchant l'adhésion à l'UE. Sans une banque centrale ou sa propre monnaie, le budget écossais serait toujours fixé par Westminster – et une Westminster gouverné par les Conservateurs (Tories).

L'austérité continuera. Et elle sera orchestrée par l'Union européenne. Le Traité de Stabilité de 2012 de l'UE, que l’Écosse devra incorporer dans sa Constitution, spécifique que les déficits annuels ne doivent pas excéder 0,5 % et, si la dette à long-terme ou la dette nationale excède 60 % du PIB, il convient de la rabaisser de 5 % par an. La dette de l’Écosse est actuellement estimée à 85 % du PIB. Ainsi une indépendance dirigée par le SNP aggraverait l'austérité. La propriété publique ou les subventions publiques pour l'industrie, vous pouvez oublier. Ce n'est pas permis par les règles de l'UE.

De façon surprenante, certaines parties de la gauche se sont engagées dans la campagne pour le « Oui » : le Parti socialiste écossais, le Parti des travailleurs socialistes, Solidarité, le Groupe socialiste international, le Parti socialiste en Écosse et même certains éléments du Parti travailliste font désormais partie de la Coalition radicale indépendante.

Il y a deux raisons. Premièrement, le SNP a très intelligemment pris l'engagement d'une Convention constitutionnelle qui devrait se tenir immédiatement après les premières élections au Parlement écossais en 2016. Elle aura la liberté d'analyser toutes les options constitutionnelles pour une Écosse indépendante. Comme le disent les partisans radicaux de l'Indépendance : « tout sera ouvert ». Sauf que cela ne sera pas le cas.

Les propositions du SNP notent que la composition de la Convention devra refléter la volonté démocratique du peuple écossais exprimée dans l'élection précédente. La Gauche radicale sera bien heureuse de gagner 5 %. Dans les conditions actuelles, elle aurait moins de 2 %. Et ce sera alors trop tard de toute façon. L'adhésion à l'UE, l'OTAN et la zone Sterling sera négociée, selon le SNP, dans les quinze mois précédant la Convention constitutionnelle. Et sur la question de l'UE, la plus importante, la Coalition radicale indépendante est elle-même profondément divisée.

Mais il y a une seconde raison, probablement plus importante, à ce soutien de la gauche. C'est la conduite de la campagne pour le « Non ». La Campagne « mieux ensemble » est une coalition du Parti travailliste, des libéraux-démocrates et des conservateurs, elle est donc incapable de proposer une perspective et ne peut pas séduire la gauche. Pire, elle insinue l'adoption de mesures qui viseraient à saboter l'indépendance : menaçant le retrait de contrats de défense et refusant, même si ce sont pour de bonnes raisons économiques, l'adhésion de l’Écosse à la zone Livre.

Les voix de gauche dans le camp du « Non » sont limitées à la Campagne « travailler ensemble », soutenues par un certain nombre de syndicats et au « Livre rouge » et au groupes « le Socialisme d'abord » que les communistes soutiennent. Ces campagnes ne disposent que de ressources financières limitées et sont ignorées par les médias de masse.

Le Sunday Herald, propriété de la multi-nationale américaine Newsquest/Gannet, a déjà déclaré son soutien à l'indépendance. La presse de Murdoch qui a soutenu le SNP en 2012 pourrait bien faire de même. Voilà pourquoi les syndicalistes et la gauche de toute la Grande-Bretagne doivent prendre conscience de la réalité de la situation en Écosse.

Il y a un danger sérieux qu'en l'espace de quelques mois le mouvement ouvrier britannique soit grandement affaibli et que l'Angleterre et le Pays de Galles (et indirectement l’Écosse) soit condamné pour longtemps à un gouvernement conservateur. La gauche trotskiste prétend que l'indépendance portera un coup à l'impérialisme. Hélas, l'inverse sera le cas.

L'an dernier, le vote historique contre l'action militaire anglo-américaine envers la Syrie aurait été autre sans les députés écossais. Les millionnaires écossais et les gestionnaires de fonds de pension qui abreuvent de fonds le SNP ne le feraient pas si leurs soutiens financiers à la City de Londres voient leurs intérêts menacés. L’arrimage du SNP à la zone livre, l'UE et l'OTAN le garantit.

Qu'est-ce qui peut inverser la situation ? Seule une campagne forte de la Gauche pour un changement constitutionnel qui favorise la justice sociale. De façon plus importante, nous avons besoin de revendiquer une démocratie économique – permettant aux travailleurs d'exercer un contrôle sur le capital. Et, pour avoir une crédibilité en Écosse, ces revendications auront besoin du soutien des syndicats et de la gauche au niveau de la Grande-Bretagne et intégrer les questions plus larges des changements constitutionnels progressistes à ce niveau. Non moins important, le mouvement a besoin d'affronter la réalité anti-ouvrière de l'UE.

Que ce soit l’Écosse ou la Grande-Bretagne, l'adhésion à l'UE empêche toute avancée vers la démocratie économique – un sujet toujours esquivé par ceux qui adoptent une position pro-indépendance. Plus important, il y a la question de la confiance dans l'actualité d'une ligne de classe. Ce sont les luttes unies des années 1970, des dockers de Londres, des chantiers navals écossais, des ingénieurs et des mineurs de Birmingham, qui ont donné ensuite de la crédibilité aux revendications de changement constitutionnel progressiste.

Pour reprendre les mots de James Connolly, la cause de l'Ecosse et la cause de la classe ouvrière ne peuvent être séparées.

Tommy Morrison

Jeudi 18 septembre 2014

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SNCM : La Cour de justice européenne et le non droit anti-service public

6 Septembre 2014

La décision de la Cour de justice européenne (CJUE), n'est pas une surprise. Conforme aux conclusions rendues en janvier par l'avocat général, elle constitue l'épilogue d'un scénario écrit par la direction de la compagnie low cost Corsica Ferries (CFF) depuis 1996. Patients et surs du soutien d’une administration européenne ultralibérale, celle-ci, par son acharnement procédurier, a obtenu qu’un non droit européen, dans sa définition anti-service public, prenne le dessus face à l’Etat français, la direction de la SNCM à dire vrai peu combatifs pour l’empêcher.

Cette évolution de la déréglementation, non contestable selon Paul Giacobbi, fait jurisprudence. Elle donne un caractère légal aux pratiques de concurrence déloyale, de dumping social, de fraude fiscale ou encore de vente à perte. Autant d’éléments à charge dans ce dossier largement détaillés dans les rapports successifs de la Chambre régionale des comptes (CRC) ou de la mission sénatoriale Revet sans parler de l’Autorité de la concurrence. Paradoxalement, la dernière Commission parlementaire sur la privatisation scandaleuse, conduite en 2005 par le gouvernement Villepin Sarkozy, n’a pas été étendue, comme nous le demandions, à l’ensemble du dispositif de continuité territoriale. Le refus de son président Paul Giacobbi comme du gouvernement prend aujourd’hui, dans ce contexte une signification particulière alors que des engagements avaient été pris en ce sens avant l’élection de François Hollande.

Nous n’auront sans doute jamais la transparence sur ce sujet et l’utilisation de l’enveloppe de continuité territoriale dont le montant annuel, gelé en 1989, était de 187 million d’euros. En effet si tout à toujours été fait pour nourrir l’idée d’une fin inéluctable de la SNCM sous l’accusation fallacieuse d’une incapacité chronique à s’adapter à ces règles, antisociales et antiéconomiques, au service d’intérêts privés opaques, on ne peut pas dire que les défenseurs autoproclamés de la bonne gestion du denier public se soient préoccupés de regarder avec autant d’opiniâtreté du côté de ses concurrentes. Nulle part il est question du dispositif mis en place en 2002 sur délibération de l’Assemblée de Corse, les communistes avaient voté contre, afin d’ouvrir le marché à la concurrence. Fait unique en France la CTC, pleinement compétente pour la définition de la desserte publique maritime, a donc retenu un système ubuesque et coûteux. Il permettra à CFF de percevoir une subvention illégale, selon les magistrats de la CRC, pour écrémer le trafic au départ de Toulon et de Nice et plomber à la fois l’équilibre financier de la DSP sur Marseille comme les comptes de la CMN et de la SNCM délégataires de la CTC.

De même comment interpréter l’absence de réaction du ministère des finances face au détournement de la Taxe de transport. Le montant du vol, terme employé par le président de l’Exécutif, serait de plusieurs millions d’euros. Or, à ce jour, malgré une délibération unanime de l’Assemblée de Corse, à notre demande, aucune inspection de la Direction nationale des enquêtes fiscales (DNEF) n’a été diligentée. Après quoi il est pour le moins cocasse de parler de déficit chronique de la SNCM en laissant croire que la CMN serait en parfaite santé alors que ses comptes sont déficitaires sur les deux derniers exercices. Tout aussi surprenant est l’absence de commentaire sur le déficit structurel de l’OTC de l’ordre de 20 millions d’euros constaté en 2008 par la CRC et généré moins de six ans, après cette ouverture calamiteuse de la desserte de la Corse aux low cost des airs et des mers.

L’Exécutif de droite à l’époque s’était empressé de plafonner la subvention d’aide sociale, non contrôlée, à 16 millions d’euros pour stopper le dérapage et dans le même temps de revoir à la baisse le périmètre de la DSP en demandant aux délégataires d’augmenter les tarifs pour compenser les pertes de recettes.

Au total Corsica Ferries aura perçu plus de 160 millions d’euros entre 2002 et 2013.

Détériorer l’image de la SNCM permet de masquer l’incurie des responsables politiques qui ont fait ces choix désastreux. En 2002 les comptes de l’OTC étaient excédentaires (42 M€), ceux de la SNCM aussi. L’objectif ainsi poursuivi consiste à dégager à nouveau des excédents pour éponger le déficit structurel de l’OTC et abonder le budget général de la CTC. C’est pourquoi il est question de fongibilité de la dotation de continuité territoriale.

Cette approche à courte vue implique une baisse de 30 à 50 millions d’euros de la compensation financière versée au titre de la DSP maritime et une révision de celle-ci. Pour cela le passage, non obligé, au Tribunal de commerce devient un choix stratégique. Veolia et Transdev y trouveraient l’échappatoire comme le gouvernement d’ailleurs et se retireraient sans assumer leurs responsabilités d’actionnaires principaux. L’Exécutif de Corse reverrait à la baisse la DSP dans sa durée peut être, son périmètre, sa flotte et le montant de la compensation financière un milliard d’euros sur dix ans, surement. La DSP prévoit ce montant de compensation pour l’exécution du service public de continuité territoriale : 600 millions d’euros pour la SNCM et 400 millions d’euros pour la CMN. L’écart s’explique par l’obligation contractuelle de mettre en œuvre un service de transport de passagers. Dans l’attente du clap de fin, les dirigeants de la CMN se préparent eux aussi pour réaliser la bonne affaire : augmenter leur flotte sur la dépouille de la SNCM à moindre coût et bénéficier d’une augmentation substantielle de la compensation financière.

10 ans après la privatisation ce serait un second scandale d’Etat dans ce dossier dont les seules victimes seraient les salariés, les usagers et les contribuables.

On relèvera enfin, que la décision jurisprudentielle de la CJUE impactera l'ensemble de la desserte de la Corse à tout le moins s’agissant de la prise en compte des pics de trafic dans les OSP. Celles-ci devant être satisfaites par la seule logique du marché et l’appréciation des opérateurs. En Sardaigne les usagers en ont déjà fait les frais. Les tarifs ont augmenté de 170%.

Sans remonter à l’épisode Air Littoral Air Liberté grevant de 12 millions d’euros le budget de l’OTC, cette course aux moins-disant fragilise Air Corsica. Recapitalisée en 2012 à hauteur de 12 millions d’euros, la compagnie enregistre aujourd’hui des pertes sur le bord à bord en raison de la concurrence low cost. Air France l’autre opérateur historique sur la DSP de Paris enchaine lui plan sur plan avec des milliers de suppression de postes y compris en Corse où la direction de la compagnie, après avoir lamentablement licencié les indignés, a fermé ses agences de villes et réduit globalement ses activités au sol.

Voila ce qu’il résulte de choix politiques et économiques non imputables aux salariés et à leurs organisations syndicales au premier rang desquelles la CGT.

La desserte publique de la Corse, outre la responsabilité pour l’Etat de la garantir ce qu’il ne fait pas, c’est socialement plusieurs milliers d’emplois de part et d’autre de la méditerranée, c’est économiquement vital pour notre île et des dizaines d’entreprises sous-traitantes, c’est pourquoi la lutte continue pour la SNCM et à travers elle celle de la maîtrise publique de la desserte de continuité territoriale dans l’intérêt général.

Michel Stefani

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Notre disparition n’est pas à l’ordre du jour

4 Septembre 2014

Michel Stefani candidat avec Marie Jeanne Fedi (PCF Front de gauche) en Haute Corse répond aux questions de Terre Corse.

TC : Michel Stefani, vous êtes en lice pour les prochaines élections sénatoriales en Haute-Corse. Qu’est-ce qui a motivé votre candidature ?

Michel Stefani : La situation de crise dans le pays et une politique dont l’impact en Corse est vérifiable à travers une augmentation du chômage de 12 % en un an. A cela s’ajoute la pauvreté et la précarité qui côtoient une insolente richesse. Ce paradoxe tient au fait que les bas salaires et la cherté de la vie écrasent le pouvoir d’achat des ménages autres que les 1600 plus fortunés disposant d’un revenu annuel moyen de 180 000 euros.

Ne craignez-vous pas le décalage avec ces propos ?

Au contraire ! Justice sociale et justice fiscale sont indissociables. Un parlementaire s’honorerait, nous semble-t-il, d’exiger du gouvernement que la clarté soit faite sur le détournement des réfactions de TVA qui ne profitent pas aux consommateurs mais aux intermédiaires et ensuite au vol de la Taxe de transport au détriment des usagers et au bénéfice des compagnies low cost.

La gauche sera-t-elle, selon vous, en mesure de conserver ce siège malgré la récente débâcle des municipales et des européennes, en Corse comme sur le plan national ?

Ce siège nous verrons. Mais pour ce qui est du groupe des élus communistes républicains et citoyens nous le conserverons indépendamment des résultats décevants imputables pour une grande part aux renoncements de François Hollande et à sa politique de droite désespérante pour la plupart de ses électeurs de gauche.

Vos chances de l’emporter sont réduites, comment abordez-vous ce scrutin ?

Avec lucidité et détermination car ce que nous défendons c’est une politique à gauche, sur un cap nouveau et une certaine conception de l’action publique.

Pour qui appelleriez-vous à voter, si vous n’accédez pas au second tour ?

En faveur de celui qui se situera clairement à gauche et prendra des engagements en ce sens pour combattre la politique d’austérité du gouvernement et de l’Union européenne.

De nombreux observateurs parlent de « fin » du communisme en Corse. Que leur répondez-vous ?

Depuis 1920 ils ne désemparent pas. Ils doivent s’y faire l’histoire de la Corse est marquée par notre empreinte dans la Résistance et la Libération de la Corse, dans toutes les luttes sociales et démocratiques pour vivre mieux.... notre disparition comblerait ces libéraux mais elle n’est pas à l’ordre du jour.

Vous avez fait choix de Marie Jeanne Fedi comme suppléante ? Qu’apportera-t-elle à votre candidature ?

Assurément beaucoup car elle est élue à l’Assemblée de Corse, adjointe au maire de Vescovato et syndicaliste. Elle connaît le terrain, le parcourt inlassablement. Sa réflexion est précieuse au regard de nos objectifs et elle est appréciée pour son action au-delà de notre sphère d’influence.

Si vous êtes élu, quelles seront vos priorités ?

L’emploi, le pouvoir d’achat des ménages populaires, le logement social, la santé, le service public, l’éducation et l’accès à la culture avec une approche non exclusive mais sensible à l’originalité de notre identité, notamment dans la promotion de notre langue.

Concernant l’évolution institutionnelle de l’île, quelle position adopteriez-vous si le sujet venait en débat au Sénat ?

Celle qui répondra à l’exigence posée par l’urgence sociale dont je viens de rappeler les axes principaux. Nous sommes à l’origine de la délibération sur la coofficialité et nous avons voté le transfert de la fiscalité sur le patrimoine pour mettre un terme à l’exonération totale des plus riches. Sur ces deux points nous savions qu’il fallait modifier la Constitution. Nous l’assumons sans prétendre à l’imposer. Notre approche n’est donc pas celle du préalable et de la fuite en avant pour obtenir un pouvoir régional fondé sur la dérogation permanente en tout et sur tout. Enfin, nous considérons que, quelle que soit la portée de la réforme, elle devra être validée par référendum. Marylise Lebranchu a demandé au comité stratégique de transmettre ses propositions.

Un rapport a été rédigé par l’inspecteur général José Colombani. Dans quelle condition l’architecture institutionnelle de l’île changerait-elle ?

Ici on s’en tiendrait à une structure hybride appelée Collectivité de Corse placée sous la tutelle renforcée d’un président qui cumulerait les fonctions essentielles. Il nommerait les futurs présidents des institutions départementales qui continueraient sous une autre appellation. La Commission permanente de ce Barnum régional se réunirait à Corté. Son poids serait disproportionné par rapport aux organes délibérants. Par ailleurs le renforcement des intercommunalités viderait la commune, creuset de la démocratie locale, de sa substance. Voila succinctement de quoi il s’agit.

Le redécoupage territorial est bel et bien lancé. La fonction de sénateur n’est-elle pas remise en cause par cette grande réforme ?

Des méga régions, des métropoles urbaines, des intercommunalités renforcées, c’est la vision ultralibérale de l’aménagement du territoire dont l’objectif principal est la concurrence économique et sociale à l’échelle de l’Europe. Il est question de millions d’habitants de dizaines voire de centaines de milliards en PIB pour ces régions qui percevront les dotations correspondantes aux besoins de cette politique. Les principes de la solidarité nationale sont en cause pour satisfaire ainsi aux exigences dictées par les donneurs d’ordre des marchés financiers. A l’arrivée, c’est moins de dépense sociale utile pour les populations, moins de services et d’emplois publics. Avec ses 300 000 habitants et un PIB de 8 milliards d’Euros c’est un plan dévastateur pour la Corse.

Quel regard portez-vous sur l’action du Sénateur sortant ?

Elle est différente de celle que nous voulons porter avec Marie Jeanne Fedi : ancrée à gauche et dans les territoires.

Comment allez-vous faire campagne auprès des grands électeurs ?

En nous donnant la parole votre journal nous permet de nous adresser à eux hors campagne officielle. Naturellement nous nous tenons à leur disposition et nous ferons en sorte d’en rencontrer le plus possible.

Quel message leur adresserez-vous ?

Pour l’essentiel celui contenu dans les propos qui précédent.

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