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Michel Stefani

L’urgence sociale commande d’agir sur le fond et les causes

20 Juillet 2014

Intervention de Michel Stefani au Comité stratégique du 18 juillet présidé par la Ministre Marylise Lebranchu.

Madame la Ministre

Notre pays connaît une crise économique sociale et démocratique profonde. Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, les élections municipales et européennes l’on montré. Dans un tel contexte si on s’en tient à la forme des choses, on traite de l’apparence alors que l’urgence sociale commande d’agir sur le fond et les causes produites par la politique d’austérité déclinée depuis l’Europe via les gouvernements jusqu’aux collectivités locales.

Ce qui se passe en ce moment même après l’élection de Jean Claude Juncker à la Commission ne laisse entrevoir aucun changement. Il est question de continuité à Bruxelles comme à Paris. C’est contraire aux messages alarmants de la séquence électorale conclue le 25 mai. La réforme de l’architecture administrative de la France prend ainsi tout son sens. Il n’est donc pas surprenant de constater qu’elle est incomprise et en décalage avec l’opinion de nos concitoyens qui n’en voient pas l’intérêt au regard des difficultés qui ne cessent de s’accentuer.

En Corse le chômage a dépassé la côte d’alerte depuis longtemps, plus de 22 % des ménages ont des revenus inférieurs au seuil de pauvreté. Faut-il que s’ajoute la liquidation de la SNCM ?

Le conflit pouvait être évité. Il suffisait de mettre à profit les 30 jours de préavis et s’en tenir à lettre du Ministre des transports adressée aux organisations syndicales le 9 janvier dernier après dix jours de grève. Tel n’a pas été le cas, la suite est connue. Personne ne nie son impact sur la principale activité économique de l’île, les marins pas moins que d’autres sans doute, pour autant l’exagération ne peut qu’entretenir la tension.

Il n’y a jamais eu de blocus, ni 230 000 passagers perdus et 120 M€ de manque à gagner. En revanche, ce qui est sur c’est que le détournement des réfactions de TVA a bien lieu comme le vol de la Taxe de transport or sur ce point nous avons demandé l’intervention de la direction nationale des enquêtes fiscales (DNEF) sans être entendus. Le gouvernement se doit pourtant d’agir à ce sujet dans l’intérêt de la Corse.

Il doit aussi publier les décrets visant à réglementer l’emploi de travailleurs détachés sur les navires desservant la Corse en cabotage national. Il doit enfin respecter ses engagements concernant la pérennité de la SNCM dont les difficultés proviennent essentiellement de la concurrence déloyale.

La pénurie de logements sociaux, vous l’avez souligné, fait que 4000 demandes sont déposées et seulement 350 logements construits. En même temps nous avons 1400 logements neufs invendus, une spéculation forte accompagnée de dérives affairistes et mafieuses. Face à cela nous pensons qu’il faut construire des logements sociaux, s’appuyer sur la réglementation et l’adoption des documents d’urbanismes non sur un statut de résident. Par contre, nous avons voté pour un transfert de la fiscalité sur le patrimoine pour soutenir cette politique de construction antispéculative.

Nous savions que ce choix impliquait la modification de la Constitution tout comme la coofficialité mais notre démarche n’a jamais était celle du préalable. C’est pourquoi nous avons toujours dit qu’il ne fallait pas écarter la possibilité d’avancer avec l’adoption de la Charte des langues minorées.

Voila dans quel esprit nous participons au dialogue avec le gouvernement sans prétendre que la représentation régionale de la Corse, pourrait à elle seule décider de modifications institutionnelles et constitutionnelles du pays. Nous ne sommes pas dans la logique du bras de fer et pensons que dans tous les cas le peuple doit être consulté.

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Valls : Un langage de menteur et de liquidateur ultralibéral de la SNCM

9 Juillet 2014

Comme on pouvait s’y attendre la hargne, déployée contre la SNCM et la CGT depuis l’attaque du Jean Nicoli à Porto Vecchio, a eu des prolongements aujourd’hui à Bastia où le siège de la compagnie a été dévasté aux cris de « SNCM Fora » de « CGT Fora ». C’est à la fois le double symbole d’une desserte de service public régulée et d’un syndicalisme antilibéral qui est visé.

Au-delà, c’est l’affirmation d’un modèle de société ou la contestation du low cost n’a plus sa place. L’enjeu consiste donc à présent pour les tenants de cette économie de la concurrence déloyale du dumping social et fiscal, d’obtenir ce pourquoi ils se mobilisent depuis longtemps pour faire sauter ce dernier verrou.

Qualifiée de « dispositif colonial » par ses détracteurs, pour masquer la solidarité nationale exprimée à l’égard de la Corse dans l’intérêt général, la continuité territoriale était la réponse adaptée à une exigence populaire légitime bafouée par les opérateurs privés avant 1976.

De quoi était-il question ?

Premièrement de pouvoir se déplacer de la Corse vers le continent et vice versa dans des conditions équivalentes à celles offertes sur le continent avec le train. Deuxièmement avec le franco de port de neutraliser les coûts de transport des marchandises car déjà la cherté de la vie et les bas salaires étaient au cœur du mouvement social.

Le Conseiller général Ange Pierre Vivoni a expliqué aujourd’hui au micro de RTL : « ce qui se passe à la SNCM ne nous regarde pas » ! L’élu du Cap Corse, où de nombreux marins de la SNCM vivent, poursuit : « Ce que nous voulons c’est une véritable continuité territoriale ».

Sans la SNCM qu’en sera-t-il vraiment ?

« SNCM Fora » et la seule compagnie maritime qui verse sa taxe d’apprentissage à l’école de marine ne le fera plus. « SNCM Fora » et la SITEC perdra la gestion informatique de la billetterie. « SNCM Fora » et 600 familles, de nombreuses entreprises locales prestataires perdraient soit un salaire indispensable soit une part de leur activité sinon la totalité. « SNCM Fora » et les 25 M€ de retombées économiques s’envoleront.

Bien sur il y aura toujours des opérateurs, toujours moins disant, pour transporter 2,5 millions de passagers un mois par an mais cette suractivité estivale non négligeable compte tenu de la caractéristique de l’économie Corse n’aura pas les mêmes effets économiques et sociaux sur un territoire où plus de 20 000 personnes sont au chômage et où prés de 25 000 foyers déclarent des revenus inférieurs au seuil de pauvreté.

La logique low cost c’est ainsi le « business » construit sur la concurrence déloyale. Et ceux qui pensent ainsi pouvoir récupérer une partie des 190 M€ en déspécialisant l'enveloppe de continuité territoriale se trompent lourdement. La réduction des dotations aux collectivités locales le démontrent déjà amplement.

Cependant, le premier ministre appelle ce jour devant les députés à « l’esprit de responsabilité de chacun », dit sur un ton péremptoire que la SNCM a été déficitaire sur les 10 exercices précédents et ignore volontairement les conclusions du rapport de la mission sénatoriale Revet.

Cet acharnement contre la SNCM est suspect car il se préoccupe ni des 180 M€ versé à la CFF pour écrémer la desserte publique et plomber les recettes de la SNCM et de la CMN, ni du vol dont est victime la CTC avec le détournement, évalué à plusieurs millions d’euros, de la Taxe de transport et encore moins des quelques 60 M€ tombés dans la poche du financier Buttler après la privatisation scandaleuse conduite par le gouvernement Villepin Sarkozy.

Le premier ministre se moque du monde en soutenant qu’il tient « le langage de la vérité ». Son langage est celui d’un menteur et d’un liquidateur ultralibéral qui agit pour le compte de Messieurs Frérot et Jaillanac. Ce faisant il révèle un peu plus le cynisme du gouvernement et la responsabilité totale qui est la sienne dans l’extrême tension et les événements qui ont eu lieu à Porto Vecchio et à Bastia. Pour en sortir il lui appartient de changer d’attitude sur ce dossier d’intérêt général et national.

Michel STEFANI

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SNCM : En laissant les choses en l’état le gouvernement prend la Corse en otage

3 Juillet 2014

Voilà maintenant plus de dix jours que les marins, les sédentaires et les officiers de la SNCM sont en grève après un préavis d’un mois durant lequel le gouvernement est resté silencieux alors qu’il s’agissait du non respect de sa propre parole et des engagements pris au mois de janvier au sortir d’une première grève de 8 jours.

L'attitude désinvolte du gouvernement est insupportable et indigne, sinon cynique. Avant les élections, il s'était engagé à garantir le plan long terme (PLT) qui permettait d'envisager l'avenir autour de trois axes essentiels la modernisation de la flotte, l’attribution de la délégation de service public (DSP), un plan de départ volontaire.

Messieurs Frérot et Jaillanac avec la complicité du gouvernement ont tout fait pour le saborder jusqu’à l’intervention devant l’Assemblée nationale du président de l’Exécutif de la Collectivité territoriale de Corse (CTC) Paul Giacobbi, député de la majorité présidentielle, expliquant qu’il fallait passer par le dépôt de bilan et se faire à l’idée que des milliers d’emplois devaient être supprimés.

Tout cela ressemble à de petits arrangements entre amis. Ces manigances du gouvernement sont pitoyables au moment où le chômage galope. Elles le sont aussi parce que dans ce dossier il a tous les moyens pour sortir de l’impasse.

En laissant les choses en l’état c’est lui qui prend la Corse en otage.

Voila pourquoi, nous exigeons qu'il tienne ses engagements et donne les moyens à notre pays d'assumer le service public de la continuité territoriale entre le continent et la Corse. Faute de quoi il portera l’entière responsabilité du désastre social et économique qui frappera nos deux régions. Pour éviter ce spectre le gouvernement doit agir afin que :

- soient commandés les navires de nouvelle génération indispensables à la poursuite de l'activité ;

- l'Etat assume ses responsabilités de garant de la continuité territoriale à l’égard de la Corse quitte à remonter au capital de la SNCM ;

- les amendes « anti service public » infligées par la Commission européenne soient contestées énergiquement et en tout état de cause non imputées à la compagnie ;

- soit publié le décret s’agissant de l’emploi des salariés détachés sur les lignes de cabotage national confirmant l’application de la réglementation du pays d’accueil pour empêcher le dumping social et fiscal des low-cost ;

- Véolia assume pleinement ses responsabilités dans une sortie propre ;

- la perspective d'une liquidation judiciaire voire d'une compagnie régionale rachitique soit écartée. Sur ces bases, dans le respect des salariés et des collectivités, le gouvernement doit renouer les fils du dialogue social.

Pierre Dharéville secrétaire départemental des Bouches du Rhône

Michel Stefani secrétaire de la région Corse

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