Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Michel Stefani

l'humain d'abord

30 Décembre 2011

Le deuxième semestre de 2011 a été à la fois celui de l’aggravation de la crise et des plans d’austérité successifs, mais aussi celui de la riposte sociale et populaire contre cette politique qui, après avoir été à l’origine des difficultés, les entretient. Il faut, nous dit-on, rassurer les marchés financiers, les calmer s’ils sont nerveux, et dans le même temps accepter une politique dont le cœur n’est pas le service public, l’Education Nationale, la retraite, la santé, le logement… mais la spéculation et les dividendes des actionnaires cupides.

La mondialisation capitaliste, comme la crise des subprimes, pilotée par les grands groupes américains, est de plus en plus réfutée par sa propre logique et ses effets géopolitiques qui peuvent passer de la sphère immatérielle des marchés financiers à celle de l’aventure guerrière aux parfums de pétrole. En toute logique les peuples arabes se sont soulevés contre les pouvoirs dictatoriaux en place dans leurs pays. Trop longtemps les dirigeants occidentaux peu regardants en ont tiré les ficelles dans le seul but d’exploiter les richesses de leurs sous-sols.

Cette page se tourne mais nous voyons bien que les peuples peuvent aussi être privés de leurs victoires par des militaires attachés au pouvoir contesté ou des religieux prétendument modérés prêts à le conquérir pour remonter le temps vers l’obscurité sans changer l’ordre établi. Dans ces pays et au-delà à travers le monde la voix des « indignés » se fait entendre pour la démocratie, la laïcité, la liberté, la dignité et la solidarité. Dans ce combat, sont bien en cause les dogmes de l’exploitation et de l’accumulation de l’argent au détriment de l’homme et de la planète. C’est ce qui ressurgit ici et là lorsque s’efface l’écran opaque d’une religion instrumentalisée sous couvert de fanatisme.

La Corse, dans une situation différente, connait l’onde choc de la crise mondiale avec une intensité qui se mesure à l’augmentation de plus de 8 points du chômage en 2011. Déjà fragilisée ces dernières années par la logique aggravée de la concurrence libérale, toutes les associations caritatives s’alarment de la pauvreté parmi les jeunes, les femmes seules en charge de familles et les personnes âgées. C’est d’autant plus rude que l’écart entre les revenus les plus élevés et les revenus plus bas est de plus de 7 points.

Avec de telles inégalités entre riches et pauvres, on ne serait mieux caractériser la fracture sociale. La spirale de la violence accentue ici l’inquiétude de l’avenir incertain quand la justice expéditive se juxtapose à une folie meurtrière dont les racines plongent dans les eaux sombres de la spéculation immobilière et de l’affairisme. Ce sont bien là les éléments apparents d’une société gangrénée par la dérive mafieuse.

Le chemin pour en sortir c’est celui des Assises du foncier et du logement, aujourd’hui du littoral et du PADDUC, en toute transparence, pour lutter contre cette spéculation et maîtriser l’aménagement du territoire au service des hommes et de leur épanouissement dans le respect de leur identité, de leur culture, de leur environnement mais aussi de leur différence.

Ce chemin du vivre mieux ensemble à emprunter, les jeunes indignés de Poretta et de Campo dell’Oro nous le montrent dans leur lutte face à l’intransigeance des dirigeants d’Air France qui leur refusent la stabilité de l’emploi au mépris des accords d’entreprise et des décisions de justice. Les salariés deviennent ainsi la variable d’ajustement de la politique gouvernementale de gel de la dotation de continuité territoriale et d’ouverture de la desserte aux low cost

Ce rejet légitime de la déréglementation sociale, de la précarité, de la pauvreté, des bas salaires, de la cherté de la vie, en un mot du mal vivre, fait que la question Corse est avant tout sociale. C’est ce combat démocratique, conscient et citoyen, celui de « l’Humain d’abord » qu’en 2012 il faudra poursuivre dans le rassemblement populaire le plus large pour changer de pouvoir et de société. A tutti Pace e Salute.

Michel STEFANI

Lire la suite

La seule action qui permettra de construire une Corse meilleure.

7 Décembre 2011

Ici, une femme décrit l’atroce moment où aux côtés de son mari et de sa fille elle a vu les tueurs s’acharner à l’arme de guerre sur leur famille ; là c’est un homme qui est achevé devant ses proches, à l’intérieur même de sa maison ; entre temps le FLNC abat un homme en représailles à l’assassinat d’un de ses membres. Les repères s’effacent ainsi au rythme des homicides dont la barbarie accentue le sentiment pesant d’une société déliquescente où les règles élémentaires de la vie en communauté sont foulées aux pieds.

La Corse a un besoin urgent de démocratie, de transparence et de progrès social pour contrecarrer les dérives affairiste et mafieuse aggravées désormais par le danger d’une soi-disant « justice » expéditive et opaque. Aucune société ne peut s’épanouir dans de telles conditions où la loi du plus fort remplace la force de la loi. Voila pourquoi, l’activisme des groupes armés quels qu’ils soient empêche de dégager l’horizon d’un avenir solidaire et humain.

La Commission « violences » de l’Assemblée de Corse, présidée par Dominique BUCCHINI, entend poursuivre sa réflexion de fond sur l’ensemble des phénomènes de violence et contribuer à la mise en œuvre de solutions car, si les élus n’ont pas vocation à se substituer à la justice et à la police, ils ont effectivement la possibilité d’engager des actions de prévention et d’éducation en direction de la jeunesse ; de définir des politiques économiques et sociales ; de faire des choix propres à réduire la pression spéculative foncière et immobilière.

Cette affirmation a traversé les Assises du foncier et du logement, elle se retrouve dans les assises du littoral et marquera l’élaboration du prochain PADDUC pour lequel la CTC exercera ses compétences en termes d’aménagement et de développement du territoire.

La méthode de co-élaboration et la démarche de concertation impulsées par Maria Guidicelli, ont été unanimement appréciées. Mais au delà du succès c’est l’émergence d’une pratique politique nouvelle qu’il faut saluer et dans celle-ci une réponse démocratique concrète à ceux qui dénoncent indistinctement « l’impuissance des politiques ». Souvent, ce sont les mêmes qui vantent complaisamment les mérites des clandestins grâce auxquels la beauté exceptionnelle de la Corse aurait été préservée alors que nous savons bien le rôle primordial de la loi littoral, l’implication de plusieurs élus, l’action du conservatoire du littoral ainsi que des associations.

Pour ce qui nous concerne, nous n’avons jamais cultivé l’ambiguïté et toujours condamné la violence clandestine dont des dirigeants nationalistes eux-mêmes ont révélé les dérives. Nous avons également réclamé pendant longtemps et seuls une Commission d’enquête parlementaire pour faire la transparence sur l’économie locale et l’utilisation de l’argent public, notamment pour repérer et assécher les sources de financement du banditisme. Enfin, nous avons toujours dit qu’il fallait réorienter la politique de la CTC et faire des choix écoresponsables, respectueux des hommes et de l’environnement, en faveur de l’activité industrielle, de l’emploi stable, des salaires et du pouvoir d’achat.

C’est d’autant plus nécessaire que le modèle économique de ces 30 dernières années, fondé de manière quasi exclusive sur le tourisme puis le tourisme de luxe et l’ « économie résidentielle », n’a fait qu’aggraver la fracture sociale entre une minorité enrichie et l’immense majorité écrasée par la cherté de la vie, les bas salaires, l’emploi précaire et la pauvreté. L’augmentation du chômage de 10 points en an souligne l’impact de la crise financière mondiale en Corse et un effet de garrot quand s’y ajoutent le recul de la commande publique et une saison touristique incapable de la freiner.

Dans un tel contexte, lourd d’inquiétudes, c’est à la fois sur les champs politique et social que le sursaut citoyen doit se déployer à travers l’action populaire et démocratique, la seule action qui permettra de construire une Corse meilleure.

Michel STEFANI

Lire la suite