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Michel Stefani

Un choix politique déshonorant

5 Juillet 2010

La non élection de Michel Stefani à la présidence du Conseil de surveillance de la CCM a montré qu'une union, aussi indispensable soit-elle, ne peut être autrement que conflictuelle. Après des semaines de suspens la manœuvre de Paul Giacobbi s'est révélée bien plus stupéfiante qu'on osait l'imaginée.

La frange UMP, la plus anticommuniste dans l'entre deux tours des régionales, a été appelée à la rescousse de ce qui restera, en ce début de mandature, non pas un coup de canif au contrat d'union de la nouvelle majorité mais un choix politique déshonorant pour ceux qui en ont été les protagonistes.

Les représentant(e)s des listes Giacobbi, Zuccarrelli, Renucci au Conseil de surveillance de la CCM ont ainsi préféré le candidat fraîchement débarqué à gauche après un long voyage à droite plutôt que l'élu communiste connu pour son engagement de toujours dans le camp progressiste en faveur notamment du service public.

Cette trahison, le mot n'est pas trop fort, est d'autant plus paradoxale que depuis de nombreuses années, à Bastia et Ajaccio, radicaux, socialistes et communistes constituent des listes d'union de la gauche pour gérer ensemble ces municipalités dont les premiers adjoints sont des élus communistes.

Cela étant, au-delà du non respect des principes politiques, il y a la compagnie, ses 700 salariés et un rapport de la Chambre régionale des comptes dont on peut douter qu'il soit suffisamment pris en compte dès lors que se retrouve à la présidence un des dirigeants auquel l'analyse des magistrats impute certaines carences de gestion.

Au moment où le transport aérien connaît d'importantes perturbations, à l'image d'Air France, l'une des premières compagnies mondiales, le message, délivré par cette triste accession à la présidence, de la CCM, affaiblit la compagnie dont la situation capitalistique et la trésorerie sont préoccupantes.

Quelle crédibilité accordée, en effet, au premier dirigeant de la CCM après avoir entendu de la bouche du président de l'Exécutif que cette fonction était symbolique. Mieux encore Paul Giacobbi, représentant la CTC actionnaire majoritaire, a demandé aux actionnaires minoritaires de ne pas participer à son élection.

Au moment où ce dernier doit s'investir pleinement pour garantir l'avenir de la compagnie, préparer un appel d'offres dans le cadre du renouvellement de la délégation de service public, veiller à renforcer les liens partenariaux avec Air France cet épisode ne créait pas les meilleures conditions pour promouvoir un véritable projet d'entreprise.

Or, l'enjeu essentiel est bien celui-ci alors que la logique libérale de mise en concurrence sur toutes les lignes, avec des avantages non négligeables accordés aux lowcosts, s'accommode difficilement de l'existence de compagnies publiques comme de la satisfaction des besoins sociaux en période creuse. Pour autant, dans le secret de la Commission européenne, de nouvelles directives se préparent pour accélérer l'ouverture du ciel.

Régularité, ponctualité, capacités et sécurité toute l'année voila ce que sont les contraintes de service public qui permettent de surmonter le handicap de l'insularité. Par définition l'objectif premier n'est pas l'octroi de dividendes aux actionnaires mais les déficits non plus, pourtant la déréglementation offre aujourd'hui aux compagnies écrémeuses des pans entiers du service public en sacrifiant la péréquation au détriment des finances publiques.

C'est là, la raison des difficultés qui fragilisent la continuité territoriale par une surconsommation de la dotation devenue insuffisante en moins de six ans après avoir été, dans les 25 années précédentes, excédentaire. Dans ce contexte, bien rares seront ceux qui croiront qu'il n'y avait aucun avantage à ce que la CCM soit dirigée par un antilibéral.

Noël GRAZIANI

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la CTC n'a pas de politique sportive.

5 Juillet 2010

Finalement c'est à plus de deux heures du matin que l'Assemblée de Corse a voté la subvention de 800 000 euros destinée à "sauver le Sporting Club de Bastia". La droite a voté contre, les groupes radicaux socialistes et démocrates ont voté pour avec les nationalistes. Le groupe des élu(e)s communistes et citoyens du front de gauche s'est abstenu.

Les dirigeants du club étaient présents, malgré l'heure tardive, pour assister à ce débat souvent hésitant, selon les intervenants, entre le sentimental et l'économique. Pour Paul Giacobbi il faut avant tout considérer que la CTC vient en aide à une entreprise en difficulté comme elle le ferait pour une autre. Des emplois sont menacés, une activité peut disparaître et avec elle les produits commercialisés qui s'y rattachent. Le président de l'Exécutif ira plus loin encore en comparant l'aide de 4 milliards accordée en moins temps à Dexia. Cette comparaison, digne du réalisme politique libéral, n'en demeure pas moins hasardeuse justement en raison de la crise et de l'urgence à changer, non pas de "planète", mais de politique dans l'intérêt des hommes et du monde plutôt que de la finance.

Le palmarès du Sporting, le rôle promotionnel qu'il a joué en faveur de sa ville d'attache et de la Corse en général est incontestable. Tout le monde se souvient de son épopée européenne, de ses parcours en coupe de France et en championnat de ligue un. Il serait vain de nier qu'il occupe une place spécifique dans la mémoire sportive insulaire. Son histoire c'est aussi la tragédie du 5 mai 1992 une tribune dressée à la hâte et un soir de fête qui tourne au cauchemar. Enfin il y a une gestion parfois sulfureuse souvent chaotique avant la lente descente vers la relégation.

L'échec sportif ainsi signifié s'accompagne d'un risque de sanction supplémentaire en raison d'un manque de trésorerie estimé à 1,6 million. Le club perdrait alors son statut professionnel avant de rejoindre la CFA 2. Cela n'échappe à personne. Ceux qui font dans "l'affect", parlent de bonne gestion future ou de participation vigilante à la direction du club. Ils aiment le club ceux qui s'interrogent aussi. Pour Etienne Bastelica il est légitime de s'interroger sur l'efficacité de cette subvention importante sans autre projet sportif que la vente dans l'urgence de plusieurs joueurs paradoxalement pour se relancer en championnat avec l'ambition de remonter en ligue deux.

D'autres joueurs auraient été approchés mais reconstruire une équipe pour atteindre ce but ne sera pas simple chacun le sait. En ce sens la confusion de plus en plus grande entre performances sportives et rentabilité financière des clubs n'est pas sans effet sur la politique de la FFF. Les clubs deviennent des entreprises dont le premier cercle constitue l'élite nationale leur assise au cœur d'une grande métropole leur donne des moyens mais ils ne sont que quelques uns dans ce cas. Le symbole de ce foot business c'est l'Olympique lyonnais et son emblématique PDG qui aligne un effectif de trois équipes avec un budget de 210 millions.

Dans ces conditions, comment ne pas douter de la pertinence d'engager prés 2,5 millions de fonds publics quand par ailleurs la CTC n'a pas encore défini sa politique sportive, qu'il est question d'accueillir le tour de France pour 2 millions et d'essuyer les plâtres de la politique gouvernementale qui désengage l'Etat du CREPS. D'autres clubs, d'autres disciplines ne sont pas moins dans la recherche de soutiens, leurs exigences seront d'autant plus légitimes qu'il y aura une jurisprudence Sporting. Pour Josette Risterucci "le risque d'incompréhension de l'opinion est d'autant plus fort que la vie est rendue plus difficile avec la crise".

De plus la décision est contrariée par une incertitude juridique puisque la subvention de la CTC devrait transiter par l'Association loi 1901 avant d'être versée à la SA à objet sportif gestionnaire du club. Au bout d'un parcours sportif dans lequel ils n'ont rien à voir, les élus étaient donc confrontés au dilemme, posé en ces termes dans l'opinion, soit donner le coup de grâce soit donner la subvention. Ce raisonnement binaire, qualifié de "courage politique", résonnait faux notamment à droite où l'on s'acharne à démanteler l'enseignement physique et sportif (EPS) aussi sûrement que la politique du ministère de la jeunesse et des sports la suppression des CREPS en témoigne (voir l'explication de vote du Groupe CCFdG).

Enfin il faut savoir que la réfection du stade aura coûté 35 millions et qu'il serait pour le moins navrant d'en faire l'inauguration sans que l'équipe pour lequel il a été réalisé puisse jouer dessus. Voila pourquoi, il devient urgent pour la CTC de définir une politique sportive.

Béatrice FIGARELLA

(*)une certaine idée du sport en rupture avec la logique mercantile du gouvernement

Explication de vote du groupe des élu(e)s communistes et citoyens du Front de gauche

Michel Stefani

Nous allons nous abstenir quoique l'on puisse entendre par ailleurs, de manière assez surprenante quand les propos s'apparentent à une mise en demeure, sur ce choix qui reflète notre état d'esprit, nuancé pour le moins, concernant cette délibération.

Nous sommes en effet partagés entre deux appréciations l'une qui consiste à dire il faut aider le Sporting, l'autre qui tient compte du contexte général, économique et social, des aléas juridiques, des incertitudes sportives et financières du club, et enfin des positions antérieures que nous avons défendues ici à plusieurs reprises s'agissant de la politique sportive de la CTC.

On peut partant de là, essayer de caricaturer notre position, ponctuelle au demeurant, en laissant croire qu'elle aurait une valeur intemporelle supérieure à notre positionnement politique fondamental, la manœuvre restera peu convaincante.

Que ceux qui s'en inquiètent soient rassurés, l'intervention générale de notre groupe le démontre, même dans cette abstention, nous tenons à affirmer notre attachement aux valeurs de gauche aux principes d'une formation qui ne se situe pas au centre du paysage politique mais clairement à gauche, contre la droite, et dans ce cas avec une certaine idée du sport en rupture avec la logique mercantile du gouvernement.

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Unitaires, rassembleurs, anticapitalistes, pleinement communistes

5 Juillet 2010

La peur d’une dilution dans le Front de gauche, la crainte de voir l’identité communiste menacée, le souvenir amer de l’échec des collectifs antilibéraux ont traversé des travaux de ce 35ème congrès. La discussion a permis d'en sortir et d’éclaircir la réflexion collective.

Ces interrogations étaient entretenues par la volonté exprimée, par plusieurs camarades dont certains étaient parmi les 200 qui ont rendu leur carte à la veille du congrès, de permettre une adhésion directe au Front de gauche. Cela aurait conduit inévitablement à ce que celui-ci vienne se substituer aux partis, aux femmes et aux hommes qui l'ont porté sur ses fonds baptismaux à égalité de droits et de devoirs.

Le front de gauche doit rester un espace structuré de coordination mais en aucun cas un parti politique, qu'il deviendrait immanquablement dès lors qu'il serait possible d'y adhérer. Au moment où nous affirmons la nécessité du renforcement du PCF il y aurait comme un paradoxe à faire un tel choix. Il faut par conséquent lever la confusion qui situe sur un même plan rassemblement et alliance, dynamique populaire et mouvement social. Le militant(e) communiste est unique mais la dimension de son engagement est multiple puisqu'il se situe, par définition, partout où se développe la lutte de classes.

La volonté de celles et de ceux qui ont contribué au succès du Front de gauche et qui aspirent comme nous et avec nous à poursuivre la démarche n'y fait pas obstacle. Dés lors pouvons nous craindre pour notre identité ? L'expérience montre le contraire en restant nous-mêmes, c'est-à-dire unitaires, rassembleurs, anticapitalistes, nous sommes pleinement communistes. Voila pourquoi nous pouvons travailler sereinement à la transformation de notre Parti et nous hisser au niveau des défis posés par nos ambitions.

Ce que nous proposons c'est une voie démocratique et populaire pour changer de société et dépasser le capitalisme. L'idéal émancipateur et humaniste que nous défendons le permet cela implique au préalable de faire partager le plus largement possible nos convictions avec détermination et confiance dans la capacité créative du collectif communiste lui-même maintenu dans sa forme organisée visible, efficace et identifiable. Dans cet esprit nous avons durant 18 mois travaillé à modifier le rapport de force politique pour battre la droite, réussir à gauche et dans ce cadre présider l'Assemblée de Corse.

Dans ces conditions les délégations des deux fédérations de la Corse ont approuvé la résolution du 35ème congrès qui propose entre autres de développer le Front de gauche et de construire un pacte d’union populaire contre la politique de Sarkozy.

Michel Stefani

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