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Michel Stefani

Un bilan calamiteux pour la Corse

5 Septembre 2009

L'Exécutif régional de droite vient de faire sa rentrée politique. Au terme de la saison estivale, examinée exclusivement sous l'angle de la fréquentation touristique, il dresse un tableau on ne peut plus flatteur attribuant les bons indices aux effets de sa politique. Encadré par la totalité des membres de l'Exécutif Ange Santini s'est donc attaché à démontrer que l'exécution du PEI, l'adoption des politiques sectorielles et le PADDUC, qui en découle pour l'essentiel, l’autorisaient à dresser un auto satisfecit.

L'exercice est cependant périlleux même si il est vaguement fait référence aux effets de la crise. Car la crise est bien là et la Corse en présente les stigmates notamment par l'aggravation du chômage en période de surchauffe estivale. C'est un paradoxe d'autant plus significatif que les moins de 25 ans sont les plus touchés particulièrement en Corse du Sud où l'accélération de la politique libérale fondée sur le tourisme de luxe a été la plus forte ces dix dernières années.

Au chapitre des oublis, et ils sont de tailles, on peut également inscrire de déficit de 50 millions d'euros sur le budget de la CTC et de 20 millions d'euros sur l'enveloppe de continuité territoriale. En revanche nous sommes rassurés d'apprendre que des mesures seront prises pour éviter que le fonctionnement de l'institution ne soit perturbé par la campagne électorale.

Un collectif budgétaire sera présenté, sans arrière pensée électorale bien sur, à l'Assemblée de Corse pour surmonter les difficultés et le court laps de temps qui s'écoulera entre la fin de la mandature et le début de la nouvelle. Cela nous amène évidemment à la question de l'alternative et plus précisément à la délectation avec laquelle Ange Santini évoque la course aux strapontins gouvernementaux qui a fait l'actualité politique en Corse ces deux derniers mois.

Le président de l'Exécutif qui n'a pas traîné, contrairement à Camille de Rocca Serra, pour déposer sa candidature dans les instances de son parti, encense la stratégie politicienne du débauchage et se gausse en expliquant que les faiblesses politiques de Paul Giacobbi, sensible aux sirènes du sarkozysme, dérange plus la gauche que la droite. Force est de reconnaître que le PRG est plutôt dans l'embarras à tel point que son président régional Emile Zuccarelli a demandé une clarification au président du Conseil général dont le comportement n'a pourtant rien de surprenant surtout s'il on fait référence à sa majorité départementale. Dans un souci de cohérence il aurait été logique de formuler la même exigence à l’endroit de Nicolas Alfonsi qui n’écarte pas la possibilité de constituer comme en 1992 une coalition avec la droite.

L’opposition entre les deux dirigeants, elle-même, n'est pas exceptionnelle. Elle nous remémore, de manière brûlante, l'expérience désastreuse de 2004 alors que la réforme du mode de scrutin sensée réduire le nombre de listes au premier tour atteindrait l'absurde si le PRG se divisait pour satisfaire, de surcroît, des contingences très éloignées des préoccupations quotidiennes de nos compatriotes. Le trouble créé par l'attitude ambiguë de Paul de Giacobbi, dont le statut d'homme providentiel n'a pas gagné en crédibilité au fur et à mesure qu'il se rapprochait des portes du gouvernement, heurte c'est évident l'exigence de contenu politique véritablement de gauche sur lequel une majorité régionale nouvelle devrait se constituer.

La question sociale est plus que jamais à l'ordre du jour alors que la politique gouvernementale est chaque jour plus à droite, plus conservatrice, plus antisociale. Vie chère, bas salaires, remise en cause de la loi littoral, pénurie de logements sociaux, spéculation foncière et immobilière, dérive affairiste et mafieuse, disparition des services publics, suppression massive d'emplois publics pour cause de RGPP, augmentation de la fiscalité sur les ménages, casse des retraites et cadeaux pour les riches.... C'est dans l'opposition frontale, ce que le groupe radical à l’Assemblée de Corse a peu montré durant la mandature, à cette politique libérale conduite par la droite et à l'origine des difficultés populaires, que s'appréciera une véritable alternative et non une alternance vouée à l'échec.

C'est à ce travail là que les communistes veulent consacrer en priorité leurs efforts dans le cadre des Etats généraux de l'alternative lancés au mois de juillet et qui devraient se conclurent mi novembre à Corte. La démarche est claire, elle s'inspire de l'expérience du Front de gauche et interpelle toutes les formations de gauche sans fixer au préalable de limites au rassemblement sinon l’exigence de lui donner un contenu politique antilibéral. C’est pourquoi, elle est également tournée vers les citoyens, vers celles et ceux, militants syndicaux et associatifs, personnalités et élu(e) progressistes qui aspirent au changement véritable après 25 années d'un pouvoir régional de droite au bilan calamiteux pour la Corse.

Michel STEFANI

 

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