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Michel Stefani

Européennes 7 juin 2009

9 Avril 2009

"C’est de la vie concrète dont il va être question"

Dominique Bucchini représente la Corse sur la liste du Front de Gauche dans la circonscription du Grand Sud Est. Un temps fort est prévu avec Marie Georges Buffet et Marie Christine Vergiat tête de liste. (1)

Le Front de gauche est en campagne depuis le lancement réussi de celle-ci le 8 mars au Zénith de Paris avec prés de 6000 participants. Les militantes et militants du PCF s'y sont totalement engagés pour mener une campagne de terrain. Ancrée dans les exigences qui traversent les luttes en cours, elle se veut au plus près des hommes et des femmes qui veulent changer d’Europe mais également riposter à la politique de l'UMP et de Nicolas Sarkozy.

Les communistes avec leurs idées, leurs propositions, contribuent à la dynamique unitaire du Front de gauche, au rassemblement populaire le plus large pour changer le rapport des forces politiques en faveur des salariés, des jeunes, des retraités, des femmes et des hommes confrontés aux difficultés de la vie quotidienne. Car l’enjeu de cette échéance électorale, dont on masque l'importance, c'est bien d'obtenir que d’autres choix prévalent à Bruxelles et à Paris.

C'est une double sanction qui doit être infligée à ceux qui sont au pouvoir en France et en Europe justement pour combattre leur logique ultralibérale. C'est au nom de cette politique que toutes les conditions ont été réunies pour aboutir à la crise mondiale sans précédent qui précipite au chômage des millions de travailleurs. Les dirigeants politiques et économiques du monde n'entendent pas assumer leur écrasante responsabilité dans ce désastre affligeant du capitalisme. De surcroît ils présentent la note aux peuples qui refusent à juste raison de la payer. Toutes les luttes sont là pour le dire. Et bien le 7 juin il faudra s’unir dans les urnes comme dans le mouvement social aujourd'hui.

C'est la possibilité qu'offrent les listes du Front de Gauche. Dans la circonscription du Grand Sud Est, qui intéresse la Corse, Dominique Bucchini sera aux côtés de Marie Christine Vergiat militante des droits de l'homme, féministe avec d'autres candidats et candidates du Parti de la Gauche et des Unitaires qui ont quitté le NPA hostile au Front de gauche. Pourtant il est aujourd'hui le prolongement le plus efficace du NON de gauche au Traité constitutionnel européen défendu en 2005 par la droite le MODEM et le PS.

De la même façon il permet de se prononcer contre le Traité de Lisbonne et l'agenda de Göteborg dont les maîtres mots demeurent "concurrence libre et non faussée", "compétitivité et attractivité des territoires" autrement dit la finance, encore la finance au détriment de la solidarité, des services publics, des hommes et de la satisfaction de leurs besoins. Dans cette logique libérale, nous le savons, les régions pauvres comme la Corse ne feront pas la "course en tête".

Dominique Bucchini qui représente la Corse sur cette liste du Front de Gauche sera par conséquent le candidat de la colère contre la vie chère et les bas salaires, le candidat contre la déréglementation dans les transports pour le service public et les compagnies CCM / Air France, SNCM / CMN. Il fera entendre la voix des travailleurs en lutte comme il le fait à l'Assemblée de Corse sur toutes ces questions mais également à propos du logement social et la santé, pour l'Education nationale et le service public en milieu rural, pour l'agriculture, la viticulture et la pêche contre les directives de la politique agricole commune (PAC) qui les réduit sans cesse.

Enfin parce qu'il les a combattu à l'Assemblée de Corse au moment de la contractualisation Etat Région Europe, Dominique Bucchini sera le candidat de l'opposition frontale à la politique de l'Agenda de Goteborg et du Traité de Lisbonne à partir desquels le gouvernement renforce sa tutelle et accélère son désengagement comme le montre la RGPP.

Pour Dominique Bucchini "Le 7 juin, c’est de la vie concrète dont il est question. Du refus des choix politiques de la droite en Corse, dans le pays et en Europe et de l’alternative à lui opposer. C'est-à-dire de la ligne de partage entre les tenants de la poursuite du libéralisme - fut-il "social" - et ceux qui comme nous veulent une rupture. Partant de là il s'agit de se donner des députés pour renforcer un groupe pour vraiment changer d'Europe et ouvrir une perspective de changement dans tout le pays et en Corse".

Noël GRAZIANI

(1) Marie George Buffet et Marie Christine Vergiat viendront en Corse le mercredi 6 mai à Bastia puis Ajaccio où un meeting aura lieu à 18 heures au Palais des Congrès sur le port de commerce.

 

 

 

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Une impasse politique de trois décennies

9 Avril 2009

La Cour spéciale d'assise a condamné Yvan Colonna à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période incompressible de 22 ans, ses avocats ont introduit un recours en cassation. Après ce verdict, malgré les interrogations que le déroulement de ce procès suscite, on ne peut que souligner l'impérieuse nécessité de sortir de l'engrenage mortifère de la violence indépendantiste. Un homme est mort assassiné au nom d'une logique poussée à son paroxysme alors que d'autres, après s'y être enfermés, doivent en subir la sanction pénale. En définitive aucune famille n'est épargnée par la souffrance même si la distinction entre victime et assassin doit être faite. Les conséquences humaines sont terribles et en même temps inéluctables. C'est absurde et regrettable.

Au regard de son impact sur la société corse, de l’image qu’il en renvoie dans une certaine mesure, l'assassinat du préfet Erignac reste le point culminant d'une impasse politique de trois décennies. "Tirer sur un homme dans le dos, c’est bien un assassinat prémédité. C’est un acte lâche, il n’y a aucune gloire à en tirer". Cette phrase d’un des membres du commando en résume sans détour la dimension. Au sens politique des choses, il s’agit bien d’une faute majeure qui, indépendamment du non respect de la vie humaine, caractérise la violence indépendantiste. Au moment même où les dirigeants nationalistes renvoient l'indépendance à un futur très lointain, la cohérence politique voudrait que ceux qui la pratiquent y renoncent définitivement.

L'histoire politique enseigne qu'à vouloir résoudre théoriquement les questions par avance afin de convaincre ensuite du bien-fondé de la solution retenue à quelques uns revient à ignorer le rôle et la place du peuple et à accentuer tous les risques de dérives. Ainsi les pressions, les intimidations, les attentats, autant de données qui participent de la définition d’une action terroriste, ne peuvent valablement s’inscrire dans une visée politique émancipatrice. Au lendemain de l’assassinat du préfet Erignac 40 000 Corses ont, à juste titre, condamné cet acte et affirmé leur exigence de démocratie, de transparence et de vérité. Incontestablement ce message fort reste d'actualité. La famille Erignac a droit à la vérité, la Corse aussi car c’est la seule façon, non pas de réparer l’irréparable, mais de pouvoir regarder l’avenir de façon différente.

Les imperfections de l’enquête, la concurrence des services police, les errements graves du préfet Bonnet, les failles de l’instruction, les propos irresponsables du ministre de l’intérieur mettant en cause la présomption d'innocence, tout cela existe mais cette réalité qui altère gravement l'action de la justice ne peut en soi atténuer l’impérieuse nécessité de connaître la vérité. L'enquête, l'instruction et le procès doivent contribuer à sa manifestation. Les hommes directement concernés aussi. Sans mettre en cause la sincérité de leur engagement, dont nous combattons démocratiquement les termes politiques, il leur appartient, de dire ce qu’ils sont les seuls à connaître. C’est une question d’éthique, à l’égard de la famille Erignac, c’est une question politique à l’égard de la Corse et de son devenir.

Cette position n'est pas de circonstance, elle s'appuie sur la condamnation politique de cet assassinat mais également sur l'exigence pour le justiciable du droit à une justice équitable. Les juridictions spécialement composées, sans jury populaire, ne correspondent pas avec cette affirmation. C'est pour cette raison que les communistes s'y opposent depuis toujours. Et si effectivement une Commission d'enquête parlementaire peut amener les éclaircissements attendus au regard de principes dont on ne peut s'affranchir sans dommage pour la démocratie, sa lettre de mission devra par conséquent porter sur tout le dossier concernant l'assassinat du préfet Erignac.

Michel STEFANI

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