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Michel Stefani

Jean Luc Mélenchon est le seul à pouvoir sortir vainqueur de la primaire socialiste en portant une alternative à l’austérité

2 Décembre 2016

François Hollande est désormais l’incarnation vivante du système agonisant conçu à travers la Constitution de 58, celle « du coup d’Etat permanent », devenue avec le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral l’instrument de l’alternance sans risque dont le capital financier a besoin pour maintenir sa domination.

Tout change mais les choses restent en l’état et celui qui exerce le pouvoir suprême dans cette 5ème puissance économique mondiale qu’est la France n’est qu’un pion chargé de mettre en œuvre une politique immuablement antisociale.

Une fois les effets de manches sur les tréteaux de campagne électorale passés, c’est l’abandon des engagements et la poursuite plus ou moins aggravée d’une politique désastreuse pour le peuple et les travailleurs mais toujours bienveillante pour la grande bourgeoisie, les plus fortunés, le capital sous toutes ses formes et notamment financier.

La financiarisation hypertrophique de l’économie à l’échelle planétaire nourrit une crise continue mais indolore pour les spéculateurs et les actionnaires pour lesquels les dividendes sont préservés quoi qu’il puisse se passer. Ils ont même la possibilité d’exiler leurs profits dans les paradis fiscaux tout en faisant supporter leurs déboires bancaires aux Etats et aux peuples chargés de renflouer les banques quand la faillite menace.

Les exemples ne manquent pas le plus emblématique est celui de la Grèce. L’austérité s’étend de partout et la dépense sociale utile au peuple est comprimée d’un côté, pour garantir de l’autre, les marges et les profits. Le scandale du CICE en fait la démonstration. Pour autant il en faut plus au MEDEF et au conglomérat capitaliste international.

Le travail est déréguler complètement, la protection sociale est saccagée et le service public abandonné au tout marché. Résultat des courses, le chômage augmente, la vie est de plus en plus dure pour un nombre grandissant de ménages populaires. Les lois Macron ElKomri, les transcriptions des directives européennes instituant partout la concurrence entre les hommes et les territoires font grandir le sentiment d’incertitude et de peur.

Sur ce terreau prospère le FN et une droite réactionnaire qui s’est donnée François Fillon comme chef de file. On ne peut même pas parler de repli c’est véritablement un recul de civilisation qu’ils préparent avec des discours prétendument modernes mais qui nous ramènent à Adam Smith : « le pauvre est pauvre parce qu’il le veut, le chômeur est un assisté comme l’attributaire d’une allocation de solidarité ». Inversement la « libre entreprise » dans son évolution peut percevoir des milliards d’argent public sans être déconsidérée, ni accusée de représenter un cout exorbitant pour le contribuable.

Voila ou nous ont conduit Valls, Hollande, Macron et consorts… Il n’y a rien de courageux dans les propos du président de la République, ni même de pathétique, il y a tout simplement un échec cuisant sans autocritique. Cependant l’annonce de son retrait de la course à l’Elysée bouleverse quelque peu le paysage politique de la présidentielle.

La manœuvre n’a de sens que pour propulser un Manuel Valls impatient et pour étouffer un Emmanuel Macron encombrant. Tout cela n’a pu se faire sans que la direction du PS ne soit informée a défaut d’avoir pesé pour aboutir à ce scénario plus préservateur pour les candidats aux législatives dans l’hypothèse où il y aurait un effet Valls capable d’endiguer les courants d’opinion favorables à Macron et Mélenchon.

Avant cela les sondages, dans tous les cas, donnaient la droite et l’extrême droite largement devant et qualifiées pour le second tour de la présidentielle. Le mode de scrutin et le calendrier électoral conduisent à ce que les électeurs confortent en effet leur choix pour donner au président de la République une majorité parlementaire de gouvernement.

Cet engrenage mortifère laisse craindre le pire. À l’image des régionales en PACA ou dans le Nord, la gauche, piégée par sa dispersion, s’expose à ce que son incapacité à offrir une perspective conduise à son élimination du second tour des législatives dans de nombreuses circonscriptions. Cette double peine peut être évitée si effectivement Jean Luc Mélenchon entre dans la primaire socialiste avec la candidate du PRG et le candidat d’EELV.

C’est à présent la seule démarche politique à la hauteur des enjeux touchant à l’avenir même de la France comme aux principes et au pacte social républicain. Jean Luc Mélenchon est le seul capable de sortir vainqueur de cette primaire en portant une alternative à l’austérité sociale libérale d’un Valls ou ultralibérale d’un Fillon. La dynamique du rassemblement ainsi réalisé permettrait non pas de faire un score honorable mais d’être présent au second tour pour écrire une page politique favorable au peuple, aux travailleurs.

Michel Stefani

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