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Michel Stefani

Stopper la sinistre opération contre la SNCM et l’intérêt de la Corse.

6 Novembre 2015

L’avenir du service public de continuité territoriale est posé à travers celui de la SNCM. Cet enjeu majeur ne peut être soumis à des manœuvres contraires à l’intérêt général et au principe de bon usage de l’argent public.

C’est pourquoi on ne peut se satisfaire des propos du ministère public devant le Tribunal de commerce de Marseille lors de l’audience consacrée à l’examen des offres de reprises de la compagnie fleuron de la marine marchande française.

Une phrase sibylline dans Corse Matin nous apprend comment le Procureur Brice Robin a choisi une offre « par défaut » car « loin de la réalité économique ». Ce seul constat aurait du soulever un rejet dans ses réquisitions et la demande d’un prolongement du redressement judiciaire pour aboutir à une solution sérieuse aux plans politique, économique, social et industriel.

Ainsi le gouvernement se contenterait d’une cession « particulièrement faible » à 8.8 M€ et avaliserait une saignée dans les effectifs avec plus de sept cents licenciements. Pour couronner le désengagement de l’Etat actionnaire et celui des autres actionnaires Veolia Transdev déloyaux, prés de 300 M€ d’actifs, générés par l’argent public, devraient changer de mains. Le scandale est plus déconcertant que celui qui entoura la privatisation de 2005 et la plus value de 50 M€ réalisée par Buttler ami du premier ministre de l’époque Mr Villepin.

Aucune garantie n’est venue de Bruxelles pour stopper l’engrenage des amendes antiservice public c’est dire si du coté des ultralibéraux sans scrupule la volonté politique de casser la compagnie coute que coute demeure intact. A cela s’ajoute la question de la future DSP dont le périmètre serait, contrairement à la délibération de l’Assemblée de Corse, revue à la baisse selon les propos du président de l’Exécutif Paul Giacobbi.

Dans cette partie de mistigri ce dernier ne cache pas son intention, reprise par Camille de Rocca Serra, de despecialiser l’enveloppe de continuité territoriale pour utiliser les excédents, ainsi dégagés contre l’emploi et la qualité du service public, à faire couler le béton et le goudron.

L’autre aspect de ce troc avec le patronat insulaire n’est pas sans conséquence dés lors que la chaine de transport de marchandises serait pour une partie non négligeable sous son contrôle à terre comme en mer. L’expérience montre que la cherté de la vie découle du détournement, dont il est responsable, des réfactions de TVA et du franco port.

Comme on le voit il existe de multiples raisons, portées distinctement par chaque acteur dans ce dossier, sauf les salariés, mais convergentes dans la volonté d’obtenir la fin de la SNCM voire sa liquidation à commencer par le gouvernement et l’Exécutif de la CTC complices de la Commission européenne dans ses objectifs de « lowcostisation » de la desserte de continuité territoriale.

Pour préserver l’intérêt national, le Tribunal de commerce de Marseille doit stopper cette sinistre opération contre la SNCM, l’emploi et le service public et faire fructifier la solution publique assise sur une DSP au périmètre identique à la précédente dans l’intérêt de la Corse.

Michel Stefani

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