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Michel Stefani

Jose Rossi et Camille de Rocca Serra incarnent à eux deux un quart de siècle de pouvoir régional calamiteux

12 Août 2015

Dans l'édition du jour de Corse Matin José Rossi, nous expose une analyse politique dont il a le secret. Très sûr de lui et de ses compétences, il explique les raisons de la déchirure à droite à l'occasion des départementales et la volonté de la nouvelle génération de dirigeants, emmenés par le député maire d'Ajaccio, pour lesquels le pouvoir doit revenir à la droite, sous-entendu entre leurs mains, et non se transmettre par filiation.

Le tir vise directement Camille de Rocca Serra mais cela ne devrait pas nuire à l'exigence d'unité au second tour renforcée par l’objectif de rafler la prime de neuf sièges attribuée à la liste arrivée en tête.

D'ores et déjà celui à qui on « fait appel pour sa très grande expérience » se situe dans le carré des finalistes, ou de ceux qui devront ouvrir leurs listes au second tour. La théorie des trois blocs lui sert de support avec la droite et le FN, les nationalistes autonomistes et indépendantistes, la gauche et le Front de gauche sous les 8%.

Cette affirmation même fondée sur l'usure du PS au pouvoir prend tout son sens et éclaire un des enjeux essentiel de cette prochaine échéance électorale à savoir l'influence que peut avoir le courant antilibéral dans l'Assemblée de Corse au moment où elle devra se prononcée sur les décrets fixant les contours et les moyens d'action humains et financiers de la collectivité unique.

José Rossi ne s'inquiète pas de la procédure sans référendum, lui qui n'en finit pas de rappeler qu'il fut un brillant rapporteur du Statut Joxe, indique ce faisant qu'il est le mieux placé pour imposer la voix de la Corse à Paris. Dans cet élan, il s'attribue même la paternité du PEI qui a fait « vivre la Corse ces 15 dernières années ».

Il feint d'oublier que le gouvernement de la gauche plurielle et singulièrement les élus communistes se sont battus pour arracher ce PEI sous les sarcasmes de cette droite ultralibérale qui ne voyait aucun intérêt par exemple à moderniser les Chemins de fer de la Corse à travers une enveloppe de 750 millions de francs.

Une pépite brille dans cette interview lorsqu'il vante les mérites de son nouveau parti les Républicains et de son Chef Nicolas Sarkozy en s'excusant d'avoir pu diviser son camp par le passé. Dans ce cas on peut parler d'amnésie tant il est de ceux qui par opportunité, ont trahi en dénonçant la plupart du temps les logiques d'appareils et la pesanteur parisienne.

Reste la modernité de sa démarche et son dynamisme électoral attendu selon les territoires l'extrême sud sous le contrôle de Camille de Rocca Serra, Ajaccio sous le contrôle de Laurent Marcangelli et la circonscription législative de Bastia sous le contrôle de Sauveur Gandolfi Sheit. Ce féodalisme électoraliste en dit long sur le prétendu renouvellement et le soit disant rajeunissement affichés pour séduire ou tromper l'électeur.

Enfin ce qui est le plus frappant dans son discours c'est l'absence de référence aux 25 années d’un pouvoir régional de droite auquel il a contribué directement. Son retrait passager de la vie publique ne l'absout pas de ses responsabilités ni lui ni d’ailleurs son ex futur allié Camille de Rocca Serra. A eux deux, ils incarnent ce pouvoir régional au bilan calamiteux.

Michel Stefani

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