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Michel Stefani

Réponse au représentant de l’USR CGT 2A

12 Juin 2015

Suite à la rencontre que j’ai eue avec les organisations syndicales de retraités vendredi 29 mai à Ajaccio, Patrick Maurel USR CGT 2A a adressé un compte rendu à la presse après l’avoir fait circuler plusieurs jours durant notamment aux adhérents CGT. La virulence du propos par certains côtés méprisant peut paraître surprenant mais pour inconvenant qu’il soit, il ne doit pas empêcher de réfléchir. C’est le sens de ma réponse.

Il m’a semblé juste, à l’occasion de cet échange, de ne pas distinguer la problématique de la tarification, incluant bien sur la revendication présentée, du cadre imposé par l’autorité délégante à l’exploitant à travers la convention de délégation de service public. J’ai souligné certains aspects positifs du service public rendu à l’ensemble des usagers - un million transportés l’an dernier pour 1 million de Km train effectués - et la place désormais occupée par les CFC dans la vie quotidienne des Corses. Ce résultat correspondant aux objectifs d’aménagement, de désenclavement du territoire, de dé-saturation du réseau routier et de protection de l’environnement.

Je voulais montrer que l’intérêt de l’investissement public et l’affirmation de l’engagement de la CTC en faveur du transport ferroviaire étaient ainsi confortés quand dans d’autres domaines l’austérité entraine des révisions conséquentes voire drastiques. Ce n’était pas « une belle explication » juste un ensemble de données pour une prise en compte objective d’une réalité incontournable dès lors que la question du bon fonctionnement des CFC n’est pas écartée de la réflexion. En effet, l’équilibre financier de la SA-EML s’opère sur les recettes voyageurs avec un prix de vente moyen du kilomètre en 2014 de 11,72 cts.

Ainsi le président des CFC est à la fois responsable devant le Conseil d’administration de la SA-EML et la CTC autorité délégante. Cela est aussi valable devant les 265 cheminots. Des obligations en découlent notamment celle de ne pas engager cette entreprise publique dans des décisions hasardeuses et dommageables.

M’adressant à des syndicalistes, il me semblait tout autant pertinent de faire état du climat social dans l’entreprise et des différents accords intervenus soulignant à mon sens le rôle moteur que peut avoir une entreprise publique en termes de progrès social.

J’ai indiqué qu’un travail était en cours sur la grille tarifaire celle-ci comportera, je le confirme ici, une disposition pour les personnes de 60 ans et plus ouvrant à une réduction de 50 % sur le réseau sauf sur les suburbains ou le montant serait ramené à 1 euro sur une section soit un niveau de perception trop faible.

La comparaison ayant été faite avec la gratuité accordée aux étudiants, j’ai précisé que cette mesure, destinée à réduire la précarité étudiante et l’usage des véhicules trop souvent mortel, était compensée par la CTC. Pour avoir une idée, les CFC ont délivré en 2014 14 500 titres de transports séniors qui ont généré une recette de 70 000 euros. Le reste à charge pour la SA EML est par conséquent de 70 000 euros.

Cela étant, le subtil distinguo fait entre l’élu « politique » et le « président » frappé de « gestionite aigue » n’a de sens que pour affirmer, non sans arrière pensée, que je serais insensible à la souffrance des personnes en difficulté.

De ce point de vue, par honnêteté, il eut été conforme de relater mes propos sur la casse du service public dans le transport aérien et maritime ou sur l’urgence sociale au regard des interventions et des votes du groupe communiste et citoyen du Front de gauche ceux-ci incluant la bataille pour la retraite à 60 ans.

Voila pourquoi, contrairement à la sentence prononcée en conclusion de ce compte rendu, je n’ai aucunement besoin d’être « ramené à la dure réalité sociale de notre île » que je côtoie depuis mes premiers engagements militants à la CGT et au Parti communiste en 1979.

Michel Stefani

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