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Michel Stefani

2015 sera sans attendre l’année du rassemblement et de l’action pour changer de politique et reconstruire l’espoir à gauche.

1 Janvier 2015

Nous voilà à l’aube d’une nouvelle année dans un contexte où l’horizon dégagé qui nous était promis s’obscurcit invariablement. La première crainte c’est celle qui noue l’estomac de ces dizaines de milliers de personnes qui n’ont pas d’emploi, plus de 21 000 en Corse, dont le nombre augmentera toujours et plus encore si le démantèlement de la SNCM intervenait conformément au choix du gouvernement, des actionnaires Transdev et Veolia et du président de l’Exécutif.

Perdre son emploi subir la précarité, s’interroger sur l’absence de logement, la pauvreté qui guette, la mal-vie sans pouvoir manger à sa faim, se soigner... dans notre pays qu’est la France des Lumières, cette angoisse envahit le quotidien de dizaines de millions de personnes. La Corse n’y échappe pas. L’année, s’achevant ainsi, a été marquée par la désolation laissée dans le sillage d’une politique gouvernementale d’austérité d’autant plus dure qu’elle accentue la crise renoncement après renoncement.

Les responsables de ce glissement à droite mortifère avaient promis de combattre la finance pour être élu en 2012. Désormais ils se couchent dans son lit en expliquant que la gauche ses valeurs et ses principes ont vécu. L’homme symbole de cette métamorphose ultralibérale porte un nom à la prononciation synthétique. En lançant sa loi éponyme, le clone de banquier fait table rase du pacte de responsabilité dont il reconnaît l’inefficacité et veut aller plus loin dans le dé-tricotage du droit du travail.

Le MEDEF revendique et obtient d’un premier ministre acquis à sa politique antisociale. Même la réforme territoriale et le "choc fiscal" sont dictés par le syndicat patronal avide de "compétitivité". Paradoxalement ce mot ils l’associent à "modernité", or nous voyons bien, sous le vernis clinquant, apparaître la sombre couleur des réductions budgétaires. Le rouleau compresseur du libéralisme déloyal est ainsi actionné depuis la Commission européenne jusqu’à la plus petite commune de Corse.

Les moins sont partout : moins de services publics, moins de fonctionnaires, moins d’investissements... alors que la pression fiscale est augmente sur les ménages populaires. L’impôt sur le capital lui se veut « non dissuasif » jusqu’à la caricature. Bon élève notre gouvernement se félicite d’avoir empêché à Bruxelles l’instauration d’une taxe sur les transactions financières en Europe. C’est dans ce cadre de l’adaptation à l’austérité budgétaire que les projets d’une collectivité unique et d’un paquet fiscal ont été adoptés par l’Assemblée de Corse. Dans les deux cas, le groupe des élu(e)s communistes et citoyens du Front de gauche a voté contre en toute logique.

En effet, l'organisation administrative locale avec ses 4 échelons : commune, intercommunalité, département, région, n’est ni le facteur de l’urgence sociale ni l’obstacle pour y trouver réponse. Avec des sources de financement multiples les politiques publiques locales ont plus de chances d’aboutir en donnant tout son sens à la clause de compétence générale appelée à disparaître. Voila pourquoi, comme nous l’avons défendu, toute réforme fiscale devrait reposer les principes, républicains conjuguant justice fiscale et sociale avec solidarité nationale et péréquation.

Cependant, s’il on s’en tient à la date prévue pour les prochaines cantonales, les futurs candidat(e)s une fois élus seraient promis à disparaître aux prochaines élections territoriales. C’est peu démocratique et peu compréhensible pour l’électeur qui sera fondé à s’interroger sur l’intérêt de son vote dans ces conditions sauf à choisir les candidats anti-austérité qui seront à la fois pour le maintien du département et la consultation des Corses.

Le réveil tardif des Conseiller généraux de Haute Corse, évoquant « le mépris » manifesté à leur égard par les élus de l’Assemblée de Corse, est sans doute dû à l’analyse de cette contradiction. Pour ce qui nous concerne, nous y voyons une atteinte à la souveraineté populaire et une mise à l’écart plus importante du citoyen alors qu’il réclame participation et proximité. Face à cela nous demandons que soit organiser un référendum avant l’adoption définitive de la loi pour vérifier si cette réforme est effectivement conforme à la volonté du peuple.

Et si 2015 ne peut être l’année du démantèlement de la SNCM et du service public de continuité territoriale, de l’avènement sans référendum de la collectivité unique avec ses corollaires, le pouvoir unique et la réforme fiscale injuste, elle sera sans attendre celle du rassemblement et de l’action pour changer de politique et reconstruire l’espoir à gauche.

È sobra à tuttu ch’ella sia per tutti un’annada cun Pace e Salute.

Michel Stefani

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