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Michel Stefani

En Corse comme dans tout le pays l’espoir à gauche est à reconstruire.

31 Mars 2014

« Depuis 40 ans je me bats pour ça » Jean louis Milani assouvie enfin son désir et celui de la vieille droite « faggianelliste ». Il siègera désormais sur le banc de la nouvelle majorité municipale aux côtés d’Emmanuelle Degentili dirigeante nationale d’un PS ébranlé dans tout le pays par l’offensive droitière de l’UMP, dont Jean louis Milani porte les couleurs.

Promise au poste de premier adjoint, Emmanuelle Degentili accomplira le dessein de son père après avoir expliqué qu’elle ne pouvait être sur une liste avec « les archaïques communistes de Haute Corse trop critiques à l’égard du gouvernement ». La voila entourée, pour la bonne compréhension des choses, de l’UMP et de nationalistes modérés qui eux le soutiennent sans sourcilier.

Aucune mesure d’exclusion n’a été prononcée par la direction du PS dont elle est membre. En politique il faut savoir anticiper. François Tatti et Emmanuelle Degentili, dans le sillage de leur trahison, projettent de reconstruire un courant politique, à la direction de la ville et de la CAB. Avec le temps, ils espèrent laver la tache de leur imposture ourdie depuis des mois contre la municipalité de gauche à laquelle ils appartenaient.

Comment ont-ils pu en arriver là ? Leur comportement ne peut se réduire à la seule affirmation du « servir Bastia ». L’ambition personnelle a pesé beaucoup plus, jusqu’à offrir sur un plateau la deuxième ville de Corse au nationaliste Gilles Simeoni en échange de quelques postes. La victoire électorale est incontestable mais dans ces conditions l’honneur restera dans la défaite, à la liste de gauche et aux colistiers de Jean Zuccarelli et Francis Riolacci.

Les images du quatuor remontant vers la place du marché à la tête d’un cortège, noyé sous les « bandiere corse », resteront dans les mémoires du peuple bastiais de gauche comme d’ailleurs cette trinité improbable unissant Jean Baggioni, Edmond Simeoni et Laurent Croce sous le chapiteau d’« Inseme per Bastia ». Clin d’œil à l’histoire, depuis le printemps social de 1989, Bastia n’avait vu autant de monde dans la rue. Paradoxe aussi les trois compères fustigeaient à l’époque la revendication portée par la foule immense occupant les rues de la Ville.

Il reste que le printemps électoral de cet assemblage composite, contrairement à ce qui a été dit n’est pas dû, au courage politique de l’avoir fait, mais à l’opportunité politicienne doublée du non respect des engagements pris avant le premier tour par les uns et les autres. Gille Simeoni dénonçait l’ostracisme envers les nationalistes mais il le pratique avec ses alliés naturels de Corsica libera. François Tatti et Emmanuelle Degentile juraient de ne pas l’installer dans le fauteuil de maire en quelques heures ils auront oublié. Jean Louis Milani a dit pis que pendre du gouvernement et de François Hollande il composera désormais avec.

9431 électrices et électeurs ont cependant validé leur démarche fondée sur le rejet non sur le projet. C’est au total 181 voix de moins que le total des voix des 3 listes Simeoni Tatti Milani au premier tour. Toutefois, la liste de gauche de la municipalité sortante progresse de 2082 voix et 12 % avec une participation légèrement supérieure mais un nombre d’exprimés supérieur d’à peine 69 voix par rapport au premier tour. On peut valablement considérer que sans l'alliance contre nature Tatti-Milani-Simeoni la gauche l’aurait emporté. Le désistement de Jean François Bacarrelli (397 voix au premier tour) en faveur de la liste de Jean Zuccarelli, laisse penser qu’il y a eu un mouvement d’électeurs assez important à l’intérieur de l’électorat de gauche du premier tour provenant de la liste Tatti Degentili.

La crainte de « l’inconnue nationaliste », finalement de courte durée, pour ces derniers aura été moins déterminante dans le choix des électeurs, notamment de droite, que la volonté de revanche après la défaite de Sarkozy à la présidentielle et la possibilité d’exprimer une sanction forte de la politique de François Hollande à cette occasion. La lecture des résultats dans toute l’île le confirme.

Alors qu’elle est traversée par des contradictions fortes relatives à la défaite voulue de Jean Zuccarelli par Jean Charles Orsucci, Pierre Chaubon, Emmanuelle Degentili et François Tatti, la majorité régionale ne peut pas ne pas s’interroger sur la lisibilité de sa politique qui a ouvert un tel boulevard à la droite pour la reconquête de la région avec le concours si besoin de la mouvance nationaliste en tout ou partie. La recomposition politique, validée par les 3 parlementaires UMP s’agissant de Bastia, tend à le démontrer.

En Corse comme dans tout le pays l’espoir à gauche est à reconstruire. C’est à ce défi que les communistes devront consacrés tous leurs efforts dans les prochains mois en commençant le 12 avril par la marche nationale contre l’austérité et ensuite avec les élections européennes du 25 mai pour faire élire de nombreux députés européens du Front de gauche.

Michel Stefani

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P
C'est vrai,sous les propres couleurs du PCF,mais des le 1er tour en alliance avec les tenants de la politique d'austérité ,pour ne pas dire libérale ,de F.Hollande. Puis à PV avec les nationalistes :sur quelles bases programmatiques?Apres va reprocher a TATTI son alliance avec SIMEONI ! Cela ne pouvait que troubler "notre"électorat .Concernant Bastia comment explique tu que cette ville qui est une des mieux gèré de France bascule à "droite"? Tu aurai du sentir le danger! C'est cela la "réalité "!Alors ,sans certitude ,pourquoi une liste FDG au 1er tour n'aurai t'elle pas permis une autre solution? Il serai temps de rassembler tout le FDG ,d'en débattre et de construire ENSEMBLE cette force alternative que toi et moi,nous tous ,nous voulons! Pour cela tu devrai tenir compte de ce que j'avais dis lors d'une réunion à CORTE :c'est aux responsables de nos trois composantes de préparer l'ordre du jours d'une assemblée des militants du FDG!!! En as tu la volonté ?Michel il n'y as pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre! FRANCIS PERETTI
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M
Vous êtes l'un(e) des rares à lire ce blog et à ne pas comprendre. Aux européennes vous ferez campagne pour l'UMP vous gagnerez encore puis aux régionales avec les 3 députés UMP qui ont donné leur aval à cette carambouille politicienne qui vous rend si joyeux d'être converti en libéral. pathétique c'est mieux que LOL
F
t u vois Francis toi aussi tu ne comprend rien.... Maintenant place aux européennes avec les mêmes champion ... Et soient ils passent (LOL) , soit c'est la faute des autres !!!!
M
Je pourrai retourner ta conclusion et comme toi à mon égard te reprocher de n’avoir pas senti le danger venir au risque d’avoir contribué à affaiblir notre démarche à Ajaccio et Bastia. Celle-ci serait incohérente dis-tu. J’ai du mal à comprendre la tienne au prétexte que les alliances de premier tour avec le PS auraient été contraires au combat que nous menons contre l’austérité gouvernementale et européenne. Dans ces deux villes le PS est loin d’être majoritaire à gauche. De même, l’alliance privilégiée avec EELV, parti de gouvernement lui, contredit votre stratégie qui sera au second tour battue en brèche dans l’indispensable barrage qu’il fallait dresser à la droite et l’extrême droite. Ça c’est la réalité concrète comme de reconnaître que Bastia était une ville non seulement bien gérée mais surtout avec une orientation de gauche et solidaire grâce à l’impulsion des élus communistes qui de cette façon n’étaient pas les derniers à combattre l’austérité comme à Ajaccio d’ailleurs. Nous aurions du renoncer à ce bilan et jeter l’eau du bain avec le bébé pour mieux nous affirmer en opposition au gouvernement ? Ce n’était pas l’objet de l’élection. Dans le peu d’endroits où cela a été fait le succès est à chercher avec la loupe. Jean Luc Melenchon ne pourrait même pas s’approprier de manière très opportuniste toutes les élections et réélections d’élus communistes soit majoritairement avec des maires communistes soit dans des majorités municipales avec des socialistes. Alors, je dis ce qui me semble évident à propos du comportement de François Tatti et d’Emmanuelle Degentili, toujours à la direction nationale du PS, ils ont bafoué leurs engagements et trahi les électeurs de gauche en passant un accord avec l’UMP dans un premier temps et avec Simeoni ensuite. Celui-ci, fondé sur le rejet non sur le projet reste inacceptable même s’il y a eu « l’accord de PV ». A ce jour je m’en tiens, en faisant confiance, aux propos des camarades pour éviter de me faire le relais d’une manipulation politicienne visant particulièrement les communistes et le président de l’Assemblée de Corse. Il s’agissait d’un accord et d’un programme au contenu de gauche avec une condamnation claire de la violence indépendantiste pour faire tomber une mairie UMP non l’inverse. Dernier point j’ai dit que nous proposions de réunir les animateurs du FDG le 12 avril. L’ordre du jour te préoccupe, il me semblait évident qu’il devait porter sur ces élections et les prochaines européennes maintenant si d’autres questions doivent être traitées il ne faut pas tarder à les formuler parce que ensuite il reste la partie pratique des choses
M
Nous n'avons jamais considérer que le FDG était la propriété du PCF. Mais comme tu vas au-delà de la conclusion, j'ai expliqué dans un texte précédent que nous sommes allés aux municipales sous nos couleurs. Vous pouviez en faire autant. Quand à affirmer qu'une liste FDG à Bastia aurait empêché l'alliance contre nature de l'UMP du PS et de Tatti avec Gilles Simeoni, c'est intellectuellement plaisant mais hors de la réalité. Plus largement le recul idéologique dont tu parles, à l'œuvre avec notre participation dis tu, ne peut se résumer ainsi en faisant abstraction de la politique gouvernementale à l'origine de la poussée à droite dans une région faut-il te le rappeler l’UMP et le FN ont fait plus de 60 % à la présidentielle. Enfin pour les européennes, il se trouve que nous avons désigné Alexis Tzipras comme chef de file et pour les circonscriptions françaises qu’un accord est intervenu sur la méthode de constitution des listes. Alors on peut pinailler jusqu’au 25 mai sur l’étiquette.... Pour conclure, le PCF propose de réunir les animatrices et animateurs du FDG en Corse le 12 avril à Corté.
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P
Je ne fais ce commentaire que sur la conclusion de votre texte:leFDG ?<br /> Mais lequel ?lors des municipales toutes ces alliances dans toute la Corse traduit un fort recul idéologique auquel lePCF a malheureusement participé ! Des listes du FDG Avec le rassemblement de ses trois composantes auraient permis de défendre les valeurs de Gauche,le programme de &quot;l'humain d'abord&quot; et à Bastia par exemple aurai pu réunir au second tour les &quot;3 listes de Gauche&quot; :Zuccarelli,Tatti FDG et empêcher la dérive actuelle .Alors construire notre alternative à Gauche nécessité de se remettre en cause d'accepter que le FDG ce n'est pas que le PCF,comprendre aussi que les européennes ,les cantonales et les régionales ( dans un an ),ces élections sont liées et ne feront pas l'économie d'un débat en Corse entre nous. En aurez vous la volonté ?Francis
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