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Michel Stefani

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Desserte maritime : du transitoire au raccordement

3 Février 2017

La politique conduite par l’exécutif de la CTC en matière de desserte publique maritime devait en moins d’un an stabiliser l’édifice fragilisé par la logique libérale et la concurrence déloyale des low cost pilotée par la Commission européenne.

Le cadre d’organisation envisagé n’a pas changé depuis le mois de septembre dernier, qu’il s’agisse des SEMOP, de l’acquisition des navires en biens de retour destinés à pourvoir la SEM d’investissement en moyens techniques pour son démarrage.

Le prolongement de la délégation de service public (DSP) transitoire par une DSP de raccordement d’une durée de 20 mois sera donc nécessaire pour mener à bien ce processus d’empilement de structures dont l’aboutissement serait la très attendue compagnie régionale.

Le cadre juridique serait de la sorte fortifié au sens de « la discontinuité » et « du juste prix » du service subventionné tels que la Commission européenne l’exige, nous dit-on, après la liquidation sulfureuse de la SNCM. Mais cela reste à démontrer même si la DSP transitoire n’a pas était attaquée.

L’accalmie relative des procédures est uniquement due au fait que le périmètre de service public a été, il est vrai bien avant le changement de majorité régionale, réduit considérablement au bénéfice des low cost qui ont vu de ce fait le leur augmenté et même sanctuarisé. C’est la caractéristique d’une politique libérale.

Par un facétieux hasard, il s’est trouvé que le jour même ou l’Assemblée de Corse débattait du raccordement des deux DSP le Tribunal administratif (TA) de Bastia devait examiner une plainte, déposée par les dirigeants de Corsica Ferries France (CFF), qui pourrait en délibéré se transformer en une « nouvelle ardoise de 89 M€ ».

« L’héritage est lourd » dira le président de l’Office des transports de la Corse (OTC). Nous le concevons d’autant plus aisément que notre groupe avait démontré l’objectif véritable du choix, fait en 2007, consistant à établir un service de base et un service complémentaire.

Effectivement il s’agissait d’ouvrir la brèche dans laquelle les dirigeants de CFF se sont engouffrés toute honte bue puisque leur compagnie bénéficiait dans le même temps de la subvention illégale d’aide sociale pour asseoir sa concurrence déloyale.

Nous avions donc voté contre cette disposition et sauf erreur nous avions été les seuls. Le président de l’OTC parle de « contrat frelaté au bénéfice de la SNCM et du port de Marseille », il aurait pu parler de la CFF et du port de Toulon mais là n’est pas le sens de ma remarque puisque le dispositif avait fait l’objet, selon son prédécesseur à la présidence de l’OTC, d’une consultation et d’un avis de la Commission européenne validant ce choix.

Contre le holdup de Corsica Ferries

Il y a donc matière à appel, même s’il n’est pas suspensif, dans le cas ou le TA de Bastia condamnerait en définitive la CTC à verser ces 89 M€ à CFF. Pour notre part nous serons de toutes les mobilisations qui s’opposeront à ce holdup opéré sur le contribuable pour abonder de surcroit les caisses d’une holding basée dans un paradis fiscal.

Le fait que cette DSP de raccordement reste sur un cahier des charges identiques à la DSP transitoire ne change rien au constat : des centaines d’emplois qualifiés ont été supprimés dans la liquidation de la SNCM bradée au patronat insulaire et un service passagers effectué à 90 % par les low cost.

Les conditions de la concurrence débridée persistent elles dans un cadre tarifaire ou d’une part l’absence de tarifs planchés autorise toujours le dumping et ou d’autre part la baisse des tarifs fret n’entraine pas une baisse des prix des marchandises en rayon.

C’est pourquoi il n’y a pas lieu de se réjouir en apprenant que les excédents de la dotation de continuité territoriale (DCT) dépassent les prévisions les plus optimistes.

Les études seront réalisées, la concertation préalable avec le gouvernement et la Commission européenne et l’orientation partagée ainsi, devrait garantir à la fois la fiabilité juridique de ce cheminement complexe face aux recours possibles des low cost et un atterrissage en 2019 après la longue période électorale dans laquelle nous entrons.

L’accent est mis sur les cahiers de charges des SEMOP afin qu’ils n’offrent aucun angle d’attaque. Il est question de critères linguistiques et environnementaux alors que l’exigence du pavillon français premier registre doit être le principal critère autour duquel les autres devront s’articuler et particulièrement le renouvellement de la flotte.

Enfin, la séparation des dessertes ports principaux ports secondaires, avec les deux SEMOP dont le capital serait majoritairement détenu par le privé dans la première, la plus rentable, et inversement par la CTC dans la seconde, beaucoup moins profitable, interpelle toujours autant. Même si effectivement ce débat a été tranché par un vote très majoritaire, nous avons voté contre, on y retrouve le principe, libéral s’il en est, des profits privatisés et des pertes socialisées.

Michel Stefani

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Chemins de fer de la Corse : un choix d'intérêt général

31 Janvier 2017

L’actuel président des CFC s’est étonné de l’exhaustivité de mon intervention lors de la dernière session de l'Assemblée de Corse concernant le rapport du délégataire. Je laisse les lecteurs se faire leur propre idée sur mon propos sachant que l’exécutif pour sa part n’a pas jugé utile de s’exprimer.

La présentation décalée de ce rapport du délégataire est une nouveauté sinon une négligence qui peut laisser croire que celui-ci porte sur l’année 2016 alors que l’exercice concerné est le précédent. C’est d’autant plus regrettable que la SA EML CFC est la seule, s’agissant des sociétés de ce type émanation de la CTC, à satisfaire cette exigence depuis sa création en 2012.

Cela étant on peut effectivement se féliciter du respect en tout point par le délégataire de la volonté émise par l’Assemblée de Corse et la CTC autorité délégante.

Le cadre juridique choisi en 2011 celui de la SA EML, la signature des 3 avenants, l’accord intervenu sur le statut des cheminots, le partenariat avec la SNCF à travers la convention d’assistance, l’étroite coopération avec le service dédié de la CTC font le succès de cette expérience inédite conduite en bonne intelligence avec les services de l’Etat notamment le STRMTG.

Chacun de ces acteurs doit être salué. Inversement vouloir sortir de ce cadre au prétexte de la création de la Collectivité unique serait inutile, l’actionnariat pouvant être modifié, et dommageable précisément parce que ce mode de gestion a fait ses preuves et qu’un transfert à la CTC ne se justifie pas.

La période relativement courte a été celle de la mise en service des AMG en totalité, de l’amélioration des process de maintenance et de leur fiabilité. L’attention portée aux ateliers de Casamozza comme la mise en place d’une gestion rigoureuse et informatisée des pièces de rechange participent de ces performances techniques et industrielles.

Il est important de noter que la sortie de garantie des AMG en 2014 a été sans impact sur la réalisation des retro fit. Effectivement la garantie figurant au marché de fourniture des autorails, passé entre la CTC et CFD, prévoyait de poursuivre la programmation pour porter l’ensemble du parc au bon niveau de fiabilité avec des gains substantiels à attendre sur les provisions de maintenance.

Sur les 50 pannes recensées en 2015 14 seulement ont entrainé des perturbations d’horaires de 9 mn à 2 heures pour 19 000 circulations opérées. Le taux de ponctualité moyen sur l’ensemble des services est de 87 % en sachant toutefois que le conflit fin novembre avec 6 jours d’interruption du trafic atténue le chiffre et se traduisent aussi par une pénalité de 118 000 €.

L’évolution des recettes est liée à celle de la fréquentation en augmentation constante jusqu’à atteindre le million de passagers en 2014, comme à l’optimisation constante du plan transport.

En production cela donne 961 000 trainK, 39 000 000 VoyageursK. La progression est respectivement de + 35 % et + 75 % sur 2011. La nouvelle tarification effective en depuis 2015 a entrainé une simplification et une amélioration des ratios économiques.

Avant cela les critiques fusaient les détracteurs du service public ferroviaire parlaient de faible rentabilité pour dénoncer un cout prétendument élevé pour la collectivité encore récemment le président de la CCI régionale, au Club de la presse de RCFM, expliquait qu’il n’y avait aucun intérêt à donner 400 M€ aux CFC pour 30 emplois.

Indépendamment des chiffres erronés, les résultats, consultables par tout le monde avec ce rapport, soulignent la pertinence d’un choix d’intérêt général au regard de la rentabilité sociale et écologique, des retombées économiques directes qui irriguent l’économie locale à travers la masse salariale 16 M€ et globalement un CA de 27 M€.

L’objectif de dé-saturer le réseau routier en zone urbaine, de désenclaver les territoires ruraux, de sécuriser les déplacements des étudiants qui se rendent à l’Université a été atteint.

L’offre de service adaptée et de qualité sur les grandes lignes et les périurbains positionne désormais les CFC comme l’acteur central du transport public terrestre et collectif pour les scolaires, les étudiants, les travailleurs et les usages particuliers.

Dans le cadre de la loi NOTRe et du transfert de compétence en la matière la CTC dispose en ce sens avec les CFC d’un outil éprouvé pour répondre aux obligations nouvelles qui en découleront.

Ce constat est d’autant plus significatif que la maitrise financière permet, avec le mécanisme de la convention et les outils de gestion mis en place, de restituer chaque année 1.5 M€ à la CTC pour un atterrissage en 2021 conforme aux prévisions et une compensation annuelle moyenne de 20 M€. Cela s’est fait pratiquement à effectif constant entre 2012 et 2015.

On notera également la place de la formation et l’engagement des CFC aux cotés des jeunes étudiants accueillis dans le cadre des contrats d’alternance post bac.

En ce qui concerne la mise à niveau des infrastructures, les engagements et la contractualisation en cours. Les gares de Bastia, Casamozza, Corte, Vizzavona, Mezzana, Ajaccio, Tattone, Ponte- Leccia, Ile Rousse, Calvi ont été ou seront modernisées dans le cadre de la mise en accessibilité sur un calendrier et un financement établis jusqu’en 2024.

Seule ombre au tableau les tergiversations, non imputable aux CFC, qui ont entravé la réalisation du dépot de Bastia et vraisemblablement compromettre cette opération, dont le financement était bouclé, qui aurait un double impact qualitatif sur les conditions de travail et d’exploitation mais aussi sur le paysage urbain.

Pour ce qui est de la mise en accessibilité des gares principales de Mezzana, Ajaccio, Ile-Rousse et Bastia, elles entraient dans le calendrier d’ici 2018. Ces investissements sont destinés à faciliter l’accès notamment PMR depuis la voirie publique et les parcs de stationnement au bâtiment de la gare (salle d’attente, guichet, toilettes) et aux quais.

  • Sur le périurbain d’Ajaccio outre la reprise de la voie les améliorations ont porté sur les Salines, U Ricantu, Cavone, Effrico.
  • Sur le périurbain de Bastia ont été engagés ou effectués la reprise des haltes et gares de Bassanese, de Ceppe, de Borgo, de Lucciana et de Lucciana complexe sportif, de Tragone avec un parking de délestage et de Montésoro partiellement du fait du phasage dans la perspective des travaux du carrefour routier et la réalisation d’ascenseurs.

Dans la cadre de l’aménagement du rond-point de Furiani, après neutralisation du ballast, étaient prévus la réalisation d’un passage piéton sous voies et une reprise des quais permettant entre autres de faire face en toute sécurité à un flux de passagers plus important les soirs de match.

Ces investissements, au même titre que la valorisation des compétences internes notamment par la promotion du jeune encadrement issu des CFC, ont favorisé la dynamique positive constatée.

Pour autant la marge de progression touche ses limites. En l’état il ne resterait que la mise en service d’unités multiples pour doubler les capacités sur certains sillons et l’augmentation du volume du service marchandise qui est à l’étude.

C’est la raison pour laquelle il fallait lancer les investissements stratégiques pour anticiper dés 2015 sur la future DSP de 2022 et permettre au autre saut qualitatif avec :

  • L’extension sur l’ensemble du réseau de la gestion informatisée des circulations et la réalisation de la commande centrale pour voie unique (CCVU) ;
  • La commande de nouveaux autorails adaptés aux services urbains courts éventuellement bi-mode ceux-ci comme les AMG disposant de plancher surbaissés répondraient aux dernières normes d’accessibilités notamment PMR ;
  • L’ouverture de la ligne sur la plaine orientale.

2015 a été enfin l’année ou nous avons fêté les 120 ans de l’ouverture de ligne Ajaccio Bastia le 3 décembre 1894 en mettant à l’honneur sur quelques 1000 m² de façades des CFC plusieurs artistes et leurs œuvres de street-art.

Cette longévité n’a jamais été acquise il a fallu de grandes mobilisations populaires pour empêcher à plusieurs reprises la fermeture du réseau qui a connu des gestions privées calamiteuses et les dommages de guerre.

Avec la création de la SA EML en 2011 force est de reconnaître qu’une dynamique nouvelle s’est imposée dans l’intérêt bien compris du service public ferroviaire des usagers et de la Corse.

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Un formidable espoir de bonheur partagé

30 Décembre 2016

 

2016 s’achève dans notre pays avec cette imposture gouvernementale consistant à octroyer une augmentation du SMIC de 35 centimes d’euros par jour. 11 euros par mois. Au même moment, le candidat Valls, heureux premier ministre qui a fait usage six fois du 49.3 notamment pour imposer sans débat la loi improprement baptisée « Travail », promet s’il est élu d’abroger ce symbole antidémocratique.

Le tableau serait incomplet si dans ce panorama antisocial il n’y avait les annonces du vainqueur surprise des primaires de la droite. Fillon l’homme qui promet de massacrer à la tronçonneuse la sécurité sociale, les droits sociaux, les statuts, l’emploi public et d’alléger dans un même mouvement la fiscalité sur le capital sans parler des questions sociétales vue à travers le prisme réactionnaire des manifs pour tous.

Dans sa marche à front renversé, celui qui fut cinq ans durant premier ministre de Sarkozy, veut en passer par tous les dispositifs constitutionnels pour mettre en œuvre dans les six mois consécutifs à la présidentielle son programme. Ce que son ami Guaino lui reproche en comparant la démarche à celle de Laval en 1935 lorsque ce dernier, président du Conseil de la 3ème République, demanda et obtint de la Chambre l’autorisation de légiférer par décrets-lois et ordonnances.

« La sociale » ce film de Gilles Perret, qui fait un tabac dans les salles depuis sa sortie, est d’ores et déjà un formidable antidote à la déprime que pourrait susciter la lamentable course au pouvoir à laquelle nous assistons dans ce qui est considéré par l’élite médiatique comme les principales écuries d’une alternance sans risque pour le véritable pouvoir toujours dissimulé sous les ors d’une République accaparée par des valets : celui du capitalisme financier.

Au moment où le pays sortait exsangue de la guerre, il s’est trouvé des hommes, des militants, des communistes tels qu’Ambroise Croizat, ministre du gouvernement de Gaulle, pour engager une politique de reconstruction du pays dans l’esprit du programme du Conseil National de la Résistance (CNR) intitulé « Les jours heureux ». La classe ouvrière qui « dans sa grande masse était restée fidèle à la patrie profanée » fera ainsi la démonstration de sa capacité à gérer le pays dans l’intérêt bien compris de son peuple.

Ce retour sur l’histoire, sur l’intelligence collective et le dévouement du mouvement ouvrier, n’a rien de ringard comme le prétendent les chantres de la modernité à reculons qui peuplent les rédactions des moyens d’information détenus par les Bolloré, Drahi et autres Dassault… c’est précisément parce que les travailleurs n’ont aucun intérêt à accumuler des profits, à s’octroyer des salaires et des retraites chapeau aux montants faramineux, qu’ils peuvent agir en ce sens véritablement et uniquement en faveur du progrès social.

Rien à voir non plus avec l’impasse populiste et démagogique d’un FN qui prospère, en répandant sa propagande de haine et de stigmatisation des étrangers, sur le désarroi enfanté par la politique libérale d’austérité, sévère pour les petits et bienveillante pour les puissants.

« Le commun » c’est, au contraire, l’objectif des femmes et des hommes qui, depuis la création des bourses du travail en 1892, construisent la solidarité en luttant pour une juste répartition de la richesse produite par la classe ouvrière, pour l’accès de celle-ci aux savoirs, aux droits sociaux garantis à la santé pour la famille et au logement. Le syndicalisme, si décrié ce printemps quand la mobilisation impulsée par la CGT visait à préserver ces droits et à défendre l’emploi, est en cela un formidable espoir de bonheur partagé. Une idée neuve parce que en perpétuel devenir.

C’est aussi cette volonté tranquille et forte qui, sans se départir des valeurs universelles de Liberté d’Egalité de Fraternité, de la laïcité, permet et permettra de résister aux menaces barbares, au terrorisme revêtu de croyance et de fanatisme destructeur d’humanité. Dans le fracas actuel d’un monde déstabilisé par les guerres d’intérêts et de contrôle des ressources naturelles, d’une planète fragilisée par les dérèglements climatiques aux mêmes origines capitalistes, cette volonté est aussi précieuse qu’indispensable pour faire prévaloir, par un rassemblement populaire suffisamment fort, et au-delà des frontières, la diplomatie et la paix, l’humain plutôt que l’argent roi tout au long de l’année 2017.

Bon annu, Pace e Salute a tutti.

Michel Stefani

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Poste : citoyens, usagers et salariés ont intérêt à rester vigilants

20 Décembre 2016

L’Assemblée de Corse était appelée à examiner en procédure d’examen prioritaire une motion (1) du groupe Communiste et Front de gauche concernant le Contrat de présence postale territoriale (CPPT) 2017 2020. Droite, FN, Femu a Corsica et Corsica Libéra ont voté contre.

En raison de l’opposition de l'Association des maires de France (AMF) le Contrat de présence postale n’avait pu être signé le 13 octobre. L'AMF en effet craignait le sous-financement de la présence postale et la perte du pouvoir des maires sur le maillage territorial. Le texte dans sa version initiale ne prévoyait pas de revalorisation de l'enveloppe annuelle du fonds de péréquation dont le montant prévisionnel de 170 M€ est inchangé depuis 2011.

La loi de régulation des activités postales du 20 mai 2005 a introduit une norme d'accessibilité au réseau des « Points de contact », qui prévoit que 90 % de la population d'un département ne peut être éloignée de plus de 5 kilomètres des accès au réseau. Cette norme, qui génère des coûts de présence postale territoriale, fait l'objet d'une compensation sous forme d'un allègement des charges de fiscalité directe locale.

Finalement, l'AMF a obtenu sur les deux points litigieux des avancées qui ont entrainé la signature le 8 décembre. Il s’agit d’une hausse, de 4 millions d'euros par an de l'enveloppe qui passe de 170 à 174 M€, soit un total de 522 M€ sur trois ans. L'accord préalable du maire sur la modification de la présence postale a également été rétabli pour tous les bureaux de poste éligibles au fonds de péréquation.

Les critères d’éligibilité de ces bureaux sont l'activité quand elle est inférieure à 18 heures par semaine et l’implantation dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, dans les communes nouvelles et dans les communes ne comptant plus qu'un seul bureau de poste. Hors de ces zones, La Poste prendra en compte le désaccord du maire et sera tenu de proposer un deuxième projet. Pour les fermetures estivales elles seront notifiées au mois de février aux communes et seront limitées à trois semaines maximum. Une clause de revoyure du contrat a été intégrée au contrat pour intervenir en 2018.

Cela étant, il y avait bien un intérêt à faire connaitre l’intérêt que l’Assemblée de Corse porte à la question même si entre temps le CPPT a malheureusement été signé. Car pour l’essentiel les dirigeants de La Poste ont maintenu leur stratégie. Celle-ci s’inscrit dans la continuité d’un service dégradé et des choix pour les maires qui n'en sont pas : avoir un point de contact ou une maison de service public et payer pour cela, ou bien voir La Poste quitter la commune.

Ce démantèlement du maillage territorial et la transformation de La Poste en société anonyme a des conséquences dramatiques. Depuis 2008, 48.032 emplois ont ainsi été supprimés, 7.300 pour la seule année 2015. 8.000 bureaux de poste sur 17.000 ont été transformés en agences postales communales pour les deux tiers, ou en relais tenus par des commerçants pour un tiers.

Désormais, les facteurs devront accomplir des tâches supplémentaires, comme l'organisation des examens du Code de la route, les visites aux personnes âgées ou le portage de médicaments… Les syndicats ne renient pas le principe de ces nouveaux métiers mais ils en contestent les modalités et ont fait part à la direction des difficultés rencontrées. Louise Antonelli de la CGT : « Lorsque nous parlons usagers, services publics, proximité, statut des postiers La Poste nous répond clients, entreprises, rentabilité financière, nous appelons nous à prendre une autre direction, celle de la rentabilité sociale ».

Dans ce contexte la Conseillère Exécutive -elle avait eu la même attitude lors de la précédente session s’agissant d’une motion de notre groupe sur la PPE- a adressé un courrier aux élus le matin même ou la motion sur la Poste devait être examinée pour les inviter à la rejeter en indiquant qu’elle était « inappropriée et de nature à gêner les négociations entreprises » avec la direction régionale depuis le 8 avril.

Selon la Conseillère exécutive « Ces échanges ont été l’occasion de faire le point sur la tendance à une diminution drastique des activités traditionnelles de la Poste liées au développement numérique dans le domaine du courrier, ainsi qu’une baisse de fréquentation aux guichets et les actions engagées par le groupe pour adapter son offre, d’une part dans le cadre des quatre missions de service public qui lui sont confiées et d’autre part à travers trois nouvelles activités d’intérêt public ».

Apparemment les mobilisations, dans de nombreux villages, de la population, des élus, des postiers ces derniers mois confirment à tout le moins un désaccord alors que la Conseillère exécutive considère que « les nouveaux services de proximité apparaissent comme un moyen susceptible de maintenir un niveau d’activité du facteur dans les zones rurales, tout en offrant aux territoires desservis un niveau de service qui peut dans certains cas s’avérer déterminant pour le maintien ou l’installation de populations et d’activités ».

Pour autant, citoyens, usagers et salariés ont intérêt à rester vigilants. C’était le sens de cette motion votée uniquement par les groupes Communiste Front de gauche et Prima a Corsica. Car derrière des objectifs en apparence louables et un discours rassurant, mais déjà ancien et contredit par les faits, la nouvelle mouture du CPPT a pour seule ambition de poursuivre et d’habiller l’aggravation de la politique dont le service postal souffre depuis des années comme l’ensemble du service public rongé par les logiques ultralibérales.

Michel Stefani

 

(1) Motion : Contrat de présence postale territoriale

Considérant que le contrat tripartite de présence postale territoriale pour 2017-2020 est en cours de discussion entre l’État, la Poste et l’Association des maires de France ;

Considérant que ce contrat prévoit de ne plus solliciter l’accord préalable du conseil municipal pour les transformations de bureau de poste et de s’en tenir qu’à un avis du Maire.

Considérant que cette disposition par l’absence de débat démocratique dans les instances élues serait un grave recul pour la démocratie locale de nature à engendrer de nombreux conflits dans les territoires ;

Considérant que la signature de ce contrat tel que entrainerait la fermeture de très nombreux bureaux de poste en particulier dans les villes moyennes urbaines et dans les communes rurales ;

Considérant que les directions de La Poste ont anticipé le transfert d’activité vers des commerces de proximité ;

Considérant que ces évolutions négatives du Service Public Postal impulsé par le groupe La Poste se vérifient par des fermetures de bureaux de poste, des réductions des horaires d’ouvertures de bureaux, des suppressions de tournées de facteurs, de transfert d’activités postales dans des commerces, de réduction du nombre d’agents... ;

Considérant la dégradation importante du service rendu aux usagers et des conditions de travail des agents ;

Considérant par ailleurs l’insuffisance du fond de péréquation qui aggrave l’atteinte au service public d’autant plus indispensable que nos concitoyens sont attente de solidarité non d’inégalité accrue :

L’Assemblée de Corse pour ces raisons demande

  • au gouvernement et à l’Association des Maires de ne pas signer le contrat de présence postale pour 2017-2019 ;
  • à ce que les parties intéressées puissent en élaborer un autre tourné vers l’emploi, le développement des services publics, la démocratie ;
  • à ce que l’accord préalable du maire et du conseil municipal soit rétablie pour toute évolution du réseau postal ;
  • à ce que les CDPPT (Commissions Départementales de Présence Postale et Territoriale) soient élargies aux associations d’usagers et organisations syndicales représentatives du personnel ;
  • à ce que les CDPPT soient valablement consultées sur l’ensemble des évolutions en cours au sein du réseau postal local ou sur les réorganisations de services qui impactent les conditions de travail et le service rendu aux usagers ;
  • à ce qu’une réelle prise en compte du monde rural soit actée en Corse pour les services de La Poste ;
  • à ce que La Poste par le biais de sa filiale La Banque Postale offre les mêmes services à toutes les populations (rurales, ZUS, urbaines…)
  • affirme son soutien à celles et ceux qui se battent pour l’emploi en zone rurale et le maintien du service public ;
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Schéma économique de la Corse : les raisons d'un vote contre

15 Décembre 2016

Intervention faite dans le cadre du débat sur le Schéma de développement économique d'innovation et d'internalisation (SRDE2I) et explication de vote.

Définir une stratégie de développement économique, laisse supposer des évolutions qui intègrent à la fois les problématiques -écologiques, énergétiques, numériques, démographiques- en résumé la modernité de notre époque et dans un même mouvement l’exigence de justice sociale pour réduire les inégalités, faire reculer la précarité et créer de l’emploi stable bien rémunéré.

Si la densité du rapport permet effectivement de voir qu’il couvre un large champ d’interventions relevant désormais exclusivement de la compétence de la CTC, les orientations qu’ils préconisent sont calées sur un cadre dont la nouveauté s’entrevoit sur certains aspects sans être surprenant dans l’ensemble.

Cela ne veut pas dire que notre appréciation porte sur la qualité de ce qui nous est présenté mais bien la déclinaison des politiques dont nous savons l’impact lorsqu’il s’agit à la fois de pouvoir impulser la créativité et l’innovation et d’autre part de lutter contre le chômage et d’établir la justice sociale.

Par exemple nous savons que la loi El Komri permettra dés 2017 de licencier plus facilement pour répondre avec « souplesse » aux variations conjoncturelles du marché du travail. Ce n’est pas de votre fait mais on retrouve ça dans votre rapport. Dés lors l’espace européen étant celui dans lequel la Corse doit trouver sa place ce qui structure cet espace a forcement un effet direct sur elle au-delà des coopérations transfrontalières que nous approuvons.

Le rapport souligne d’ailleurs la contradiction, en partant de la réalité du tissu économique, non industriel, de la Corse ses faibles capacités productives, une place limitée de l’innovation, un rayonnement internationale inexistant, un niveau de revenus en net retrait et une démographie basse avec une population vieillissante.

C’est un frein d’autant plus inquiétant que ce qui se dessine, à travers la nouvelle organisation administrative et institutionnelle du pays avec les méga régions, c’est la mise en concurrence des territoires : la compétitivité plutôt que la solidarité. Cela influe sur la façon d'aborder les grands enjeux touchant aux fondamentaux économiques de l’île. Le contenu de la réponse face aux questions qui en découlent est forcément marqué par ce choix libéral d’aménagement du territoire.

Le modèle économique construit ces trente dernières années, indépendamment de la décentralisation qui offrait quelques possibilités de rééquilibrage des secteurs d’activité notamment avec le CCDIC malheureusement mort né, a été centrée sur la mono activité du tourisme puis d’un tourisme de luxe, laissant de côté la production industrielle.

La structuration au début des années 2000 de la transformation agroalimentaire montre, s’il le faut, à côté d’entreprises plus anciennes comme CCA que la Corse n’a pas vocation a rester sans industrialisation sauf à vouloir s’en tenir à la seule satisfaction des besoins de consommation avec un volume d’importation huit fois supérieur à celui des exportations.

Pour les entreprises localisées en Corse, seuls 2 % du CA provient de leurs exportations hors continent français, contre 15 % au niveau national et 19 % en PACA. La dessus CCA réalise un CA 30 M€ en 2015 à l’export alors que dans le numérique, la chimie, les boissons des résultats prometteurs sont obtenus.

Rien d’étonnant en revanche à ce que le consortium devenu propriétaire de la Corsica linéa fasse état d’un CA d’un milliard plus de 10% du PIB de la Corse et constitue de fait un oligopole dont le rôle et la place n’apparaissent pas dans ce rapport. Pourtant c’est bien un élément structurant au cœur de l’économie insulaire.

Cette domination économique pose avec plus d’acuité encore la nécessité d’obtenir que les dispositifs fiscaux à l’avantage du consommateur ne viennent pas augmenter les marges au détriment du pouvoir d’achat des ménages. Je veux parler du détournement des 194 M€ de réfactions de TVA et de l’évaporation du franco de port qu’il faut combattre selon nous faute de quoi le combat pour la justice sociale restera un vœu pieux.

De même, nous voyons dans le maintien de l’exonération sur les gros patrimoines des droits de successions ou la création d’une zone franche sur 80 % du territoire, le projet d’augmentation de la fiscalité sur le carburant, les sources qui continueront d’alimenter le réservoir des inégalités.

L’agriculture ainsi si elle est impactée par la PAC comme partout ailleurs s’agissant des petites exploitations familiales peine à trouver les débouchés à sa production et effectivement l’objectif de développer les circuits courts doit être privilégié. Cependant nous voyons déjà malgré les choix positifs retenus pour la filière bois que les difficultés s’aggrave notamment avec le risque de liquidation de l’interpro.

Se pose de la même manière la question des aides consenties aux entreprises il y a les 10 M€ annuel de l’ADEC, l’enveloppe de 20 M€ sur le PEI et les 80 M€ du CICE et CICo. Bon an mal an ce sont prés de 100 M€ au total pour lesquels il est communément dit qu’ils permettent de maintenir la trésorerie des entreprises à flot faute de quoi le chômage serait plus important. Il touche plus de 22 000 personnes.

La population active a augmenté ces 2 dernières décennies de 2,5 % entre 1999 et 2008 et de 1,8 % entre 2008 et 2013. Cela est à corréler dans la première phase avec le PEI et ensuite avec la crise des « subprime ». On relève également que la surchauffe estivale n’absorbe plus depuis 2013 même temporairement la demande d’emploi.

Par conséquent une part de cette progression de la population active se retrouve directement au chômage. Le taux de chômage reste cette année supérieur à 10 % alors qu’il était sous les 8 % en 2008.

Dans le scénario retenu il est question d’une progression de l'emploi salarié marchand à un rythme de 1 à 2 % par an entre 2017-2020 puis de +1 ½ % au-delà. C’est moins que la décennie 2000 marquée par une croissance dopée par la commande publique.

La seule embellie viendrait du fait que 32 000 actifs auront quitté le marché du travail corse d'ici 2020. Cela rend nécessaire le rapport y insiste je le cite : « le maintien d’un flux migratoire suffisant pour fluidifier les tensions sur le marché du travail ». Il s’agit donc d’une évidence mais l’intérêt de celle-ci ainsi affirmée c’est qu’elle s’oppose à ceux qui stigmatisent le travailleur venus d’ailleurs.

Mais ce marché du travail sera égalent touché par le retrait de l’emploi public. Il y aura la fusion des 3 collectivités dans le prolongement des RGPP et autre MAP sans parler des services publics déménagés ou mis en cause par la concurrence déloyale des low cost dans les transports.

Le rapport pointe les effets « de la fragmentation de l’emploi (contrats courts et très courts), le poids des emplois saisonniers et l’importance du temps partiel, notamment très partiel, lorsqu’il est imposé ». Cette précarité massive, se conjugue à une entrée dans la vie professionnelle d’autant plus compliquée que de nombreux jeunes sortent précocement du système scolaire et en situation d’échec.

Les bas salaires pour les ouvriers non qualifiés complètent ce cocktail et le tout engendre une pauvreté pour la vie et souvent d’une génération sur l’autre. 20 % des ménages insulaires, 60 000 personnes en sont victimes. C’est la moyenne régionale la plus élevée.

La stratégie à mettre en œuvre pour inverser la courbe implique d’actionner plusieurs leviers notamment ceux des programmations en cours PEI et PPE en particuliers, CPER dans une moindre mesure compte tenu des politiques imposées et des contraintes budgétaires, et enfin celui de l’ESS comme un référent. Le rôle prépondérant de la CTC ne doit pas cependant conduire à une tutelle sclérosante sur les autres institutions ou partenaires.

Autre levier la réorientation des 100 M€ d’aides aux entreprises et même si nous notons une rationalisation des mesures et des dispositifs, nous restons pour notre part convaincu que l’efficacité passe par la création d’un Fonds régional unique assis sur trois objectifs l’emploi, le salaire, la formation et un meilleur contrôle démocratique.

Il permettrait de répondre aux besoins d’investissement dans la R&D dont on peut comprendre qu’il soit ignoré par les TPE et beaucoup moins quand il s’agit d’entreprises plus importantes. Il y a un enjeu décisif à faire mesurer les conséquences du retard en ce domaine pour sortir des effets d’aubaines liés aux allégements de charges et effectivement que les entreprises soient mieux à même de répondre aux défis de la production, de l’innovation, de la formation, de la qualification et enfin de la rémunération conséquente.

C’est d’autant plus nécessaire pour créer de l’emploi stable et attractif et ainsi pouvoir concrétiser la priorité que constitue l’insertion des jeunes sur le marché du travail réduire le taux de NEET (not in employment éducation or trainaing-sans emploi ne suivant ni étude ni formation) avec des mesures de soutien à la formation, à l’amélioration des contrats de travail et à la demande des entreprises.

Pour conclure puisqu’il s’agit de réduire les fractures et les déséquilibres spatiaux, de lutter contre les inégalités et la précarité nous pensons que les mesures positives envisagées dans la phase montante de votre scénario seront annihilées d’une part par le cadre fiscal (détournement de réfaction de TVA, ZF, Exonération de la contribution des gros patrimoines....) et d’autre part par les mesures d’aides aux entreprises maintenues en l’état sans contrepartie sociale telle que le CICE ou CICo.

Explication de vote

Nous déplorons que vous ayez pris en compte l’amendement du FN en supprimant (page 22 du rapport) le paragraphe concernant la transition relative au vieillissement de la population active. Ce n’est pas anodin. Pourquoi parce qu’il s’agit du maintien d’un flux migratoire pour satisfaire aux besoins en main d’œuvre des entreprises. C’est une constante dès lors qu’on parle sérieusement de développement économique.

C’est déjà le cas dans l’agriculture, le BTP, l’hôtellerie, la restauration… et nous savons qu’il y a beaucoup à dire sur le respect de la législation sociale dans de nombreuses entreprises. Mais ce n’est pas de cela qu’il est question ni même de l’exploitation scandaleuse permise par la directive européenne dite du travailleur détaché.

Ce dont il est question c’est de l’approche xénophobe stigmatisant les travailleurs étrangers injustement accusés d’être les responsables de la dégradation économique et sociale alors qu’ils sont eux-mêmes les victimes de pratiques patronales antisociales.

Cela est en contradiction avec les valeurs universelles essentielles que nous ne détachons pas de la nécessité affirmée dans cette stratégie à travers l’objectif visant à réduire les fractures et les déséquilibres spatiaux, à lutter contre les inégalités et la précarité.

Pour autant, nous pensons que les mesures positives envisagées, dans le domaine de l’ESS avec la monnaie complémentaire ou le micro crédit, et plus largement dans la phase montante de votre scénario seront annihilées par le cadre fiscal actuel et futur réclamé à travers le statut fiscal : actuel je veux parler du détournement des réfactions de TVA, de l’exonération de la contribution des gros patrimoines et futur de la Zone franche rurale.

D’autre part les mesures d’aides aux entreprises sont pour l’essentiel maintenues en l’état sans contrepartie sociale exigée aux demandeurs en termes d’emploi de salaire et de formation telle que le CICE ou CICo le confirment depuis trois ans.

Pour ces raisons, indépendamment de notre contribution aux travaux d’élaboration de ce SRDE2ii nous continuerons pour ce qui est de la fiscalité à défendre les principes de justice fiscale et sociale et nous voterons contre ce schéma régional de l’économie.

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Jean Luc Mélenchon est le seul à pouvoir sortir vainqueur de la primaire socialiste en portant une alternative à l’austérité

2 Décembre 2016

François Hollande est désormais l’incarnation vivante du système agonisant conçu à travers la Constitution de 58, celle « du coup d’Etat permanent », devenue avec le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral l’instrument de l’alternance sans risque dont le capital financier a besoin pour maintenir sa domination.

Tout change mais les choses restent en l’état et celui qui exerce le pouvoir suprême dans cette 5ème puissance économique mondiale qu’est la France n’est qu’un pion chargé de mettre en œuvre une politique immuablement antisociale.

Une fois les effets de manches sur les tréteaux de campagne électorale passés, c’est l’abandon des engagements et la poursuite plus ou moins aggravée d’une politique désastreuse pour le peuple et les travailleurs mais toujours bienveillante pour la grande bourgeoisie, les plus fortunés, le capital sous toutes ses formes et notamment financier.

La financiarisation hypertrophique de l’économie à l’échelle planétaire nourrit une crise continue mais indolore pour les spéculateurs et les actionnaires pour lesquels les dividendes sont préservés quoi qu’il puisse se passer. Ils ont même la possibilité d’exiler leurs profits dans les paradis fiscaux tout en faisant supporter leurs déboires bancaires aux Etats et aux peuples chargés de renflouer les banques quand la faillite menace.

Les exemples ne manquent pas le plus emblématique est celui de la Grèce. L’austérité s’étend de partout et la dépense sociale utile au peuple est comprimée d’un côté, pour garantir de l’autre, les marges et les profits. Le scandale du CICE en fait la démonstration. Pour autant il en faut plus au MEDEF et au conglomérat capitaliste international.

Le travail est déréguler complètement, la protection sociale est saccagée et le service public abandonné au tout marché. Résultat des courses, le chômage augmente, la vie est de plus en plus dure pour un nombre grandissant de ménages populaires. Les lois Macron ElKomri, les transcriptions des directives européennes instituant partout la concurrence entre les hommes et les territoires font grandir le sentiment d’incertitude et de peur.

Sur ce terreau prospère le FN et une droite réactionnaire qui s’est donnée François Fillon comme chef de file. On ne peut même pas parler de repli c’est véritablement un recul de civilisation qu’ils préparent avec des discours prétendument modernes mais qui nous ramènent à Adam Smith : « le pauvre est pauvre parce qu’il le veut, le chômeur est un assisté comme l’attributaire d’une allocation de solidarité ». Inversement la « libre entreprise » dans son évolution peut percevoir des milliards d’argent public sans être déconsidérée, ni accusée de représenter un cout exorbitant pour le contribuable.

Voila ou nous ont conduit Valls, Hollande, Macron et consorts… Il n’y a rien de courageux dans les propos du président de la République, ni même de pathétique, il y a tout simplement un échec cuisant sans autocritique. Cependant l’annonce de son retrait de la course à l’Elysée bouleverse quelque peu le paysage politique de la présidentielle.

La manœuvre n’a de sens que pour propulser un Manuel Valls impatient et pour étouffer un Emmanuel Macron encombrant. Tout cela n’a pu se faire sans que la direction du PS ne soit informée a défaut d’avoir pesé pour aboutir à ce scénario plus préservateur pour les candidats aux législatives dans l’hypothèse où il y aurait un effet Valls capable d’endiguer les courants d’opinion favorables à Macron et Mélenchon.

Avant cela les sondages, dans tous les cas, donnaient la droite et l’extrême droite largement devant et qualifiées pour le second tour de la présidentielle. Le mode de scrutin et le calendrier électoral conduisent à ce que les électeurs confortent en effet leur choix pour donner au président de la République une majorité parlementaire de gouvernement.

Cet engrenage mortifère laisse craindre le pire. À l’image des régionales en PACA ou dans le Nord, la gauche, piégée par sa dispersion, s’expose à ce que son incapacité à offrir une perspective conduise à son élimination du second tour des législatives dans de nombreuses circonscriptions. Cette double peine peut être évitée si effectivement Jean Luc Mélenchon entre dans la primaire socialiste avec la candidate du PRG et le candidat d’EELV.

C’est à présent la seule démarche politique à la hauteur des enjeux touchant à l’avenir même de la France comme aux principes et au pacte social républicain. Jean Luc Mélenchon est le seul capable de sortir vainqueur de cette primaire en portant une alternative à l’austérité sociale libérale d’un Valls ou ultralibérale d’un Fillon. La dynamique du rassemblement ainsi réalisé permettrait non pas de faire un score honorable mais d’être présent au second tour pour écrire une page politique favorable au peuple, aux travailleurs.

Michel Stefani

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Air Corsica : Le Plan d’actions est validé mais pas à l’unanimité

30 Novembre 2016

La direction d’Air Corsica a présenté son plan d’actions pour les trois prochaines années. Cette période correspond à la nouvelle DSP qui se déroulera dans un contexte, comme cela a été rappelé, où le ciel européen et mondial est en mutation constante. Cela se traduit par un aiguisement de la concurrence liée aux pratiques « déloyales » des opérateurs low cost. La contradiction réside ici dans le fait que de toutes parts l’atterrissage de ces compagnies en Corse est réclamé. CCI, ATC. OTC, socioprofessionnels… formulent ainsi une demande plus conforme aux exigences de l’activité touristique que du service public.

Air Corsica réalise un résultat positif de 1.5 M€. C’est une bonne chose mais il ne faut pas oublier la recapitalisation de 2012 et l’avenant à la convention voté à la fin de la précédente DSP pour permettre à la compagnie de diversifier son offre hors DSP et d’augmenter ses recettes. En 2013-2014, pour la première fois de son existence, la compagnie enregistrait des résultats négatifs sur le bord à bord. Il fallait donc réagir pour surmonter la perte de 80 000 passagers en correspondance alors que le prix du coupon moyen avait été augmenté.

Lors de la présentation du plan d’actions par Mr Vinciguerra j’avais souligné cette contradiction et indiqué qu’il fallait maintenir un équilibre privilégiant le service public et les délégataires pour ne pas dire les opérateurs historiques Air Corsica et Air France notamment en fortifiant leur partenariat. En ce sens, j’ai insisté afin que l’optimisation de l’exploitation de la flotte hors DSP se fasse dans un cadre non préjudiciable au service public et juridiquement inattaquable pour ce qui est des coûts imputables à chaque service. De ce point de vue, l’expérience enseigne que la concurrence « libre et non faussée » se nourrit souvent des recours anti service public des low cost.

Et s’il est indispensable de réduire autant que faire se peut les coûts, avec une relative prudence au regard du prix du combustible susceptible de fluctuations sensibles, j’avais insisté afin que cette approche ne fasse pas de l’emploi la variable d’ajustement. La direction d’Air Corsica s’en défend tant mieux mais elle indique en même temps vouloir réduire la masse salariale et réfléchir à des départs volontaires sans remplacement sur poste. Sans faire de procès d’intention, il est préférable effectivement de renégocier à la baisse certains contrats de prestations à échéances et surtout de s’opposer aux Low cost aulieu de leur faire un pont d’or.

Enfin sur la forme je dois préciser les raisons de mon absence au Conseil de surveillance d’Air Corsica. En date du 3 novembre les membres du Conseil de surveillance ont été destinataires d’un courrier précisant la liste des documents qu’ils auraient à examiner. Le plan d’actions n’y figurait pas. Le Conseil de surveillance initialement prévu le 10 novembre aura lieu le 24 novembre. Convoqué au même moment à une Commission de DSP où le quorum était requis, je me suis excusé de mon absence au Conseil de surveillance. Néanmoins si j’avais su que le plan « un passu pa l’avvenu », devait y être présenté j’aurais fait le contraire pour pouvoir formuler à nouveau les réserves exprimées en juin dernier. Par conséquent il n’est pas juste de dire qu’il a été validé à l’unanimité sinon de préciser des présents.

Michel Stefani

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Droits de succession en Corse et justice fiscale

29 Novembre 2016

Intervention faite dans le cadre du débat intervenu à l'Assemblée de Corse le 25 novembre s'agissant de la proposition de loi présentée par le député Camille de Rocca Serra intitulée : Assainissement cadastral et résorption du désordre de la propriété.

"La Corse est la région française qui a le PIB le plus faible (8 milliards d’euros) et le taux de pauvreté le plus important (19 %)".

Pour ce qui nous concerne c’est de ce constat que nous voulons partir pour donner notre avis sur cette proposition de loi dont l’objectif central est d’obtenir une prolongation de 10 ans du régime dérogatoire applicable aux droits de succession en Corse.

Partir de ce constat c’est forcément relever le creusement des inégalités dans notre régions avec un écart significatif de 7 points entre les ménages aux revenus les plus élevés et ceux dont les revenus sont les plus bas.

Il convient par conséquent de poser la question de la justice fiscale et de la juste répartition de la richesse précisément pour faire, non pas un constat en attendant la manifestation d’âmes charitables, mais un choix politique qui distingue le contribuable redevable de l’ISF de celui dont les revenus sont tellement bas qu’il ne peut payer l’impôts.

Parler de pauvreté et de précarité en s’exonérant de poser les termes de la démarche pour tendre à la résorption des inégalités c’est noyé dans la généralité la particularité des gros patrimoines et il y en a. Il ne suffit pas de dire l’Etat compensera le manque de recettes fiscales et de fermer les yeux sur la façon dont la solidarité est ainsi mise en œuvre à travers la disposition au plan national et entre les différentes classes sociales.

Un ménage sur deux en Corse ne possède rien sur l’autre moitié plus de 90 % des biens transmis bénéficient des abattements qui rendent la part taxable nulle. Il faut donc fixer un seuil à partir duquel le patrimoine sera soumis à une contribution normale. En ce sens oui il serait question de combattre les inégalités, la pauvreté et de faire valoir les principes de la solidarité en rétablissant la justice fiscale.

Les chiffres sont éloquents. Certes il y a une situation de désordre de propriété 84 000 comptes cadastraux sur un million ont un propriétaire décédé et 64 000 biens non délimités représentent 15 % de la surface cadastrée.

S’ajoute à cela la nécessité d’obtenir des mesures propres à permettre l’épuisement du stock des successions collatérales plus nombreuses en Corse et à favoriser le régime de donations. Nous émettons toutefois une réserve sur le dispositif de la prescription acquisitive pour les risques d’appropriations illégitimes qu’il peut générer dans une forme de généralisation plutôt que d’exception.

On ne peut dès lors considérer de manière identique toutes les situations et en définitive maintenir un privilège pour les plus fortunés. Depuis la fin de l’exonération totale (31/12/2012) le volume des recettes fiscales tiré de l’imposition à 50 % n’a fait que progresser : 15 M euros en 2013, 21.3 M euros en 2014, et 41.8 M euros en 2015.

Il y a bien sur l’anticipation non mortelle apparemment d’un retour au droit commun. Mais il n’y a pas que ça. Si le GIRTEC instruit 500 dossiers par an on peut en conclure que la valeur des patrimoines est de plus en plus importantes pour aboutir au doublement de la recette fiscale d’une année sur l’autre. Et effectivement tant qu’à parler de choc fiscal il y a plus à craindre pour les ménages populaires à faibles revenus d’une augmentation de la TVA que de la taxation des gros patrimoines.

Michel Stefani

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Il faut que les communistes soient eux-mêmes pour faire renaitre l’espoir à gauche

28 Novembre 2016

La presse, qui porte comme chacun sait une attention particulière à ce que les communistes peuvent faire, s’en délecte, ceux-ci viennent de désavouer « leurs cadres dirigeants ». La formule était apparue lors de la Conférence nationale du PCF le 5 novembre.

Effectivement la Conférence nationale qui elle avait désavoué le Secrétaire national se retrouve dans la même situation après ce vote et inversement ce dernier conforté dans son choix d’appeler à voter Jean Luc Mélenchon (JLM 2017).

On peut se contenter de répéter que la démonstration n’est après tout que celle de la démocratie il n’est pas superflu de souligner, malgré un vote très majoritaire du préambule stratégique aux deux options, la fragilité de cette direction sinon de s’interroger sur sa légitimité.

Cela étant, nous voila tous engagés derrière JLM 2017 pour lequel le Parti communiste français appelle officiellement à voter et parallèlement à mener une campagne autonome.

Notre candidat nous autorisera-t-il à coller des affiches, même si nous les payons, sur lesquelles apparaîtra le sigle du PCF ?

La question se pose à tout le moins car ceux de l’Humain d’abord et du Front de gauche sont désormais des reliquats inutilisables, s’il on s’en tient aux propos de notre candidat.

Le Parti de gauche lui a fait entendre sa satisfaction après le vote des communistes. Au nom de la nécessaire cohérence, il a exigé l’adhésion du PCF à la Charte de la France insoumise pour avoir une seule et même campagne à la présidentielle et aux législatives.

« L’union est combat » cette affirmation du PG le confirme.

Quand par ailleurs le nouveau mentor de la droite François Fillon vient d’exploser tous ses concurrents avec le programme pro-MEDEF le plus antisocial, cette prise de position politique interpelle quelque peu sans vouloir pinailler compte tenu du danger.

Côté PS, la victoire de Fillon est un avantage. Elle lui permet avec sa propre primaire de développer deux mois durant un discours d’opposition à ce programme réactionnaire et de masquer la politique désastreuse du gouvernement.

Le suspens entretenu sur la démission de Valls et son engagement contre Hollande viendra en rajouter. La machine à produire du vote utile à gauche est donc en marche. Face à elle, la dynamique du rassemblement anti-austéritaire reste à construire en surmontant la multiplicité des candidatures classées à gauche.

A travers cette démarche il s’agit de sortir de l’impasse sociale libérale et de battre la droite et l’extrême droite. C’est une impérieuse nécessité. Pour cela il faut que, dans la campagne particulièrement difficile qui s’annonce, les communistes soient plus encore eux-mêmes pour parvenir à impulser cette dynamique de rassemblement populaire et faire renaître l’espoir à gauche.

Michel Stefani

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C’est l’option 2.

22 Novembre 2016

Historiquement l’existence du Parti communiste a été fondée sur son utilité à promouvoir l’unité de la classe ouvrière et à défendre ainsi collectivement les intérêts de celle-ci face à la bourgeoisie dominante plus enclin à l’exploiter pour garantir ses profits capitalistes qu’à lui permettre de vivre dignement de son travail et de bénéficier des progrès de la modernité propre à son épanouissement au quotidien.

Pour la classe ouvrière obtenir les moyens de se loger, se soigner, se former, se cultiver, se distraire… n’a été que le fruit de longs combats ouvrant la voie de son émancipation et par la même celle du peuple du tout entier dans un progrès social partagé. Toutes les avancées démocratiques en sont également le produit. Les grandes conquêtes de 1936 de 1945 et de 1968 le confirment.

A quelques mois d’échéances électorales décisives peut-on considérer que cet affrontement de classes n’est plus qu’un vestige du siècle précédent et croire que les communistes, qui l’ont traversé de génération en génération en tenant toute leur place dans ces difficiles combats, puissent faire œuvre d’inutilité en choisissant d’engager un candidat à l’élection présidentielle ?

Au moment ou la primaire à droite laisse supposer, en cas de victoire de Fillon, une politique des plus réactionnaires contre les travailleurs et le peuple, la réponse est : non !

Pourquoi ? Tout simplement parce que cette candidature n’est pas faite pour les désarmer mais au contraire pour leur fournir les armes nécessaires afin de mettre en échec les forces de la droite et du patronat et à enrayer leur machine antisociale à remonter le temps.

Les communistes sont ils capables de faire cela ? Sans aucun doute.

Dans le paysage politique tel qu’il se dessine à présent a travers cette menace d’avoir à choisir entre un retour au pouvoir de la droite réactionnaire et conservatrice et une extrême droite faisant assaut de démagogie sociale et nationale, la volonté de rassembler les forces de progrès sans se prostré ni se prosterné est une évidence.

Force est de constater que ce choix les communistes l’ont fait sans être entendus à cet instant notamment par JL Mélenchon, la France Insoumise et ses satellites issus du Front de gauche dont ils ont d’un commun accord et préalablement prononcé l’extinction.

Les communistes vont voter ils le feront en connaissance de cause, librement et leur vote s’il devait confirmer celui de la Conférence nationale n’aurait rien de mortifère contrairement à ce que nous pouvons lire et entendre pas plus qu’il n’est salutaire d’appeler à voter JL Mélenchon sans même pouvoir débattre du contenu politique de sa démarche très présidentialiste.

Il ne s’agit pas non plus de faire croire que JL Mélenchon et la France Insoumise sont politiquement les plus éloignés de ce que nous défendons mais surtout de relever un comportement à l’égard du PCF qui laisse deviner une stratégie encouragée par des sondages positifs consistant à le rayer électoralement de la carte politique à gauche.

"Hors partis" la promotion a sens unique de JL Mélenchon participe de la recomposition politique qui débutera au lendemain du second tour de la présidentielle sur un terrain miné ou les 577 candidats de la France Insoumise n’hésiteront pas à chercher la réciprocité d’un désistement y compris avec le PS pour pouvoir siéger à l’Assemblée Nationale en nombre suffisant.

Réfuter cet affirmation reviendrait à laisser croire que la France Insoumise ne serait en fait que l’écurie électorale de JL Mélenchon pour la présidentielle. Tel n’est pas le cas. La France Insoumise vise à occuper tout l’espace politique à gauche du PS tout en gagnant sur la partie sociale démocrate.

Dans le système binaire de la présidentielle, c’est son seul moyen d’espérer franchir l’étape du premier tour. Sinon partisan cet objectif conduit dans une impasse dés lors qu’il considère le parti communiste comme un obstacle et non comme un partenaire essentiel à la dynamique de rassemblement populaire indispensable, comme en 2005 pour le référendum sur TCE et en 2012 pour la présidentielle avec le Front de gauche.

Le PS qui a désormais son faire valoir avec le projet antisocial de Fillon va pouvoir rebondir au bénéfice de sa primaire indépendamment des soubresauts politiciens auxquels il faut s’attendre et de cette façon refermer le piège provoquant, après l’isolement de chacune, la dispersion des forces de progrès disponibles pour construire une alternative à l’austérité sociale libérale et au retour revanchard d’une droite encore plus réactionnaire dans la poursuite de cette politique inspirée par le MEDEF et rejetée par le peuple.

Il est fréquent de dire que le Parti communiste dans les moments difficiles a su prendre les décisions qui s’imposaient. Les communistes ont effectivement quelques bonnes raison d’en être fiers. Et bien c’est avec cette fierté et la confiance qu’elle procure qu’ils doivent sans crainte se prononcer pour mener cette bataille difficile de la présidentielle et des législatives avec leurs candidats. C’est l’option 2.

Michel Stefani

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