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Michel Stefani
Articles récents

Desserte publique maritime : l’ingérence de la Commission européenne menace la continuité territoriale.

27 Octobre 2022

Depuis leur arrivée au pouvoir les nationalistes tout en expliquant qu’ils voulaient "sécuriser" juridiquement la procédure d’appel d’offres n’ont fait que la fragiliser avec pas moins de 7 DSP transitoires dans l’attente de réaliser l’improbable projet de compagnie régionale. Leur docilité face aux exigences de la Commission européenne, plutôt surprenante quand la tutelle de l’Etat français est présentée comme une entrave, n’aura pas suffi. Au terme d’un long processus de déréglementation et de casse du service public, au nom de "la concurrence libre et non faussée", auquel ils ont contribué par leurs votes à l’assemblée de Corse avec les libéraux de droite et de gauche, la Commission européenne menace de rejeter l’attribution de la délégation de service public (DSP) dont l’exécution doit commencer le 1er janvier 2023 pour une durée de 7 ans.

Cette ingérence inacceptable s’oppose de fait à ce que la Collectivité de Corse (CdC) puisse exercer librement une compétence, dévolue en droit interne français, dans le cadre de son statut et avec les moyens budgétaires de la solidarité nationale à travers la dotation de continuité territoriale. En définitive, après l’ouverture de "l’enquête formelle" en février 2020 à la demande des actionnaires de Corsica ferries France (CFF), la manœuvre consiste à libéraliser totalement la desserte à leur avantage.

La Commission européenne se moque des intérêts de la Corse. En faisant ce chantage, le droit au transport et les principes fondateurs de la continuité territoriale sont également menacés. Elle ne veut plus du service public comme du pavillon 1er registre français sur la desserte et de la dotation de continuité territoriale mise en cause depuis l’Acte unique européen au motif de sa "non compatibilité avec les règles du marché unique". La fameuse "lettre de confort", dont le contenu est soigneusement gardé secret, aura été un leurre puisque tout dépendra des conclusions de "l’enquête formelle" opportunément retardées, dès lors que CFF renonçait à concourir à l’appel d’offres.

L’obligation d’intégrer le port de Toulon dans le règlement d’appel d’offres, afin d’acheminer les remorques de fret tractées (moins de 20% du service fret), n’est qu’un prétexte pour imposer, en cas de rejet de la DSP, le passage en OSP généralisée et atteindre le dernier stade de la casse du service public conforme à logique du dumping low cost. Pour en arriver là, depuis 2002, il y a eu l’acharnement procédurier des actionnaires de CCF, la connivence libérale de la Commission européenne, des gouvernements et des exécutifs successifs. Seuls les élus communistes ont combattu, de bout en bout, cette politique désastreuse aux plans économique, social et environnemental. Inversement, elle était soutenue sur tous les autres bancs de l’assemblée de Corse, avec la volonté, comme cela était répété, de mettre fin "au monopole de la SNCM" et "au principe colonial" de la continuité territoriale.

Dans ce concert de mauvaise foi libérale, on est passé chronologiquement de l’aide sociale au service complémentaire, de la privatisation de la SNCM au gel de la dotation de continuité territoriale et à sa déspécialisation, de la liquidation sulfureuse de la SNCM à sa reprise, non moins sulfureuse, par le Consortium des patrons corses. La Commission européenne en bon gendarme de la concurrence libre et non faussée s’est chargée de veiller à l’application de ce non droit antisocial, par des artifices juridiques et réglementaires, décrétés postérieurement aux appels d’offres initialement validés. Au passage cela a permis d’abonder les comptes suisses des actionnaires de CFF de 100 millions d’euros d’amendes requises contre la CdC après les 170 millions versés précédemment au titre de l’aide sociale. En 2004 la Chambre régionale des comptes s’interrogeait sur sa légalité. Forfaitaire elle n’était plus une "aide au passager transporté" mais une subvention déguisée contraire aux intérêts des délégataires de service public retenus par la Collectivité.

Quant aux effets pervers de la déspécialisation de la dotation de continuité territoriale, personne ne devrait être surpris. Prévisibles, les élus communistes les avaient annoncés indépendamment de la fluctuation du prix du pétrole anticipée dans chaque appel d’offres par une clause d’ajustement de la compensation financière versée au délégataire. Réduire le périmètre de la DSP un peu plus à chaque appel d’offres pour dégager des excédents utilisables à d’autres fins que la continuité territoriale, c’était aussi prendre le risque de démontrer que l’enveloppe peut être amputée de la part non négligeable économisée au détriment du service public dans sa globalité et particulièrement d’une possible baisse des tarifs. Le gouvernement a eu beau jeu de repousser l’amendement des députés nationalistes visant à réindexer la dotation de continuité territoriale et à l’augmenter de 30 millions d’euros. Qu’ils le veuillent ou non, leur abstention ensuite avec le groupe LIOT, sur la motion de censure de la NUPES, a valeur d’acceptation de la politique d’austérité du gouvernement traduite dans le budget 2023 de l’Etat avec le rejet de leur amendement.

L’augmentation de la dotation de continuité territoriale et sa ré-indexation sont cependant des exigences légitimes auxquelles le gouvernement doit répondre pour défendre le pouvoir d’achat des ménages insulaires en les préservant de la répercussion des hausses des couts de transport sur les prix des marchandises distribuées en Corse. Pour empêcher que la Corse ne se retrouve dans une situation comparable à celle précédant 1976, sans le service public de continuité territoriale, la mobilisation sociale, syndicale et citoyenne, sera indispensable dans les prochains jours afin de garantir le droit au transport et le maintien des principes de continuité territoriale.

Michel Stefani

 

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Le processus de discussions sur l’autonomie exige transparence, démocratie et justice sociale

27 Septembre 2022

Les élus de la Corse ont eu, nous dit-on, un « échange sans tabou » Place Beauvau, avec le ministre de l’Intérieur Gerald Darmanin.

Cependant, on cherchera, alors que l’inflation écrase un pouvoir d’achat déjà mis à mal en temps normal, une expression précise sur cette question au-delà des généralités ressassées sur la nécessité d’inclure la dimension sociale dans le cycle de discussions.

Au regard de l’urgence, cette dimension sociale aurait dû faire l’objet d’un examen prioritaire concret. Tel n’est pas le cas. La délégation d’élus n’a pas défendu le blocage des prix par exemple, ni exigé du gouvernement que la transparence soit faite sur la « captation » de la solidarité nationale comme cela a été montré par l’Inspection générale des finances ou l’Autorité de la concurrence.

L’absence d’élus communistes se ressent ainsi.

La concentration du pouvoir économique s’est opéré. Le consortium des patrons corses est un oligopole qui à la main mise sur l’économie de la Corse à l’exception des carburants qui sont gérés par le groupe Rubis en quasi-monopole. Les uns et les autres ont à voir avec la cherté de la vie et cette « captation ». La situation interpelle et il n’est pas besoin d’évolution institutionnelle pour s’attaquer à ce problème.

Les données relatives à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) en 2020 montrent que les 446 foyers insulaires recensés dans les villes de plus de 20 000 habitants disposent, en moyenne, d’un patrimoine de 2,35 millions d’euros. Lutter contre les inégalités qui minent la société insulaire est un objectif incontournable et force est de constater qu’avec l’empilement des statuts depuis 1982 elles se sont aggravées.

Les ménages les plus modestes ne peuvent pas obtenir un logement social, nul besoin de changer les institutions pour en construire, pour encadrer les loyers, taxer les plateformes de location et mettre à contribution les gros patrimoines insulaires aujourd’hui largement exonérés de droit de succession.

Sur fond d’injustice fiscale et sociale, de spéculation foncière, la dérive affairiste et mafieuse, également, s’est développée depuis. La combattre requière une grande détermination politique et plus de moyens pour la justice et la police. Il s’agit de compétences régaliennes.

La concentration du pouvoir politique après le passage à la collectivité unique va se poursuivre en 2024 avec l’absorption par la CdC des Chambres de Commerce. Les discussions en cours ne peuvent ignorer l’exigence de démocratie et, entre autres, maintenir le mode de scrutin de l’élection territoriale sans supprimer la prime des 11 sièges attribuée à la liste arrivée en tête.

Coté majorité régionale on s’est réjoui de l’attention portée sur le crédit d’impôt dont la nouvelle mouture mettrait à mal l’hôtellerie insulaire. Les parlementaires nationalistes expliquent qu’en juillet dans le cadre de la loi de finance rectificative leurs propositions n’ont pas été entendues pour ce qui est des prix des carburants. Soit mais ils pouvaient aussi voter la motion de censure déposée par la NUPES proposant l’augmentation du SMIC à 1500 euros net, le blocage des prix et le dégel du point d’indice entre autres… ils ne l’ont pas fait.

Il est possible comme le font les nationalistes de souligner les carences des politiques publiques, elles sont évidentes et nombreuses tant la politique libérale de ce gouvernement Macron comme des précédents pèse notamment par le désengagement vis-à-vis des collectivités locales et la casse des services publics. C’est là un aspect des choses mais le peu de contenu donner à leur revendication « d’autonomie de plein droit et de plein exercice » a permis au ministre de l’Intérieur d’appuyer là où ça fait mal.

Avec 3 députés à l’Assemblée nationale aucune proposition de loi n’a été déposée en cinq ans. Cela aurait permis de connaitre les propositions de la majorité régionale. Aujourd’hui les interrogations sont nombreuses et légitimes surtout que Gerald Darmanin, en bon libéral qu’il est, voit dans le nouveau statut de la Corse la possibilité de réduire la solidarité nationale. Selon lui le transfert de la compétence fiscale implique que le manque à gagner pour l’Etat soit équilibré par une réduction des dotations.

Ceci de manière générale et, comme nous l’entendons, si le périmètre des transferts comprend l’emploi, le social, la santé, l’éducation… on peut s’attendre à ce que la pression fiscale sur les ménages en Corse poursuive son escalade. Car là ou ils sont aux affaires, à Bastia en particulier et à la communauté d’agglomération bastiaise, ils ont augmenté considérablement la fiscalité locale.

Et qu’on ne nous dise pas qu’il s’agit de faire peur ! Le débat est indispensable et doit avoir lieu dans la plus totale transparence.

Au moment où la facture énergétique flambe, est ce que les surcouts de production en Corse resteront pris en compte dans le cadre de la péréquation nationale ou à l’identique de ce qui s’est passé pour le gaz domestique les collectivités locales devront mettre la main à la poche ?

De même la continuité territoriale sera-t-elle préservée en conséquence des besoins du service public, aérien et maritime, et la dotation, versée à la CdC pour se faire, maintenue au niveau actuel à défaut d’être à nouveau indexée sur l’évolution du PIB national ?

Oui il faut que les Corses soient consultés par référendum !

Mais avant cela il faut qu’ils aient accès à l’ensemble des discussions en cours. Les comptes rendus doivent être publiés sur les sites de la CdC et du ministère de l’Intérieur et, comme nous le demandons, que la visioconférence permette de suivre ces réunions. L’engagement avait été pris en juillet d’élargir ces discussions aux forces politiques représentatives, sans élus territoriaux, et d’associer les organisations syndicales. Il est temps de s’y attacher et de garantir la transparence de ce processus qui se veut déterminant pour l’avenir de la Corse.

Michel Stefani

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L'alternative de gauche à la politique de Macron et à l’aventure institutionnelle libérale

10 Juin 2022

L'alternative de gauche à la politique de Macron et à l’aventure institutionnelle libérale, c’est le sens du vote le 12 juin pour les candidats de la Gauche solidaire écologique présentés et soutenus par le PCF.

Le gouvernement de coalition de la gauche et des écologistes agira dès le 1er juillet pour l’augmentation des salaires, des retraites, des prestations sociales et le blocage des prix ; pour la retraite à 60 ans ; la hausse des salaires et le blocage des prix ; le développement des services publics, la nationalisation d’EDF et d’ENGIE, les moyens pour l’hôpital public ; pour une politique étrangère de désescalade de coopération entre les peuples et de paix dans le monde…

Augmenter les salaires et les retraites, construire des logements sociaux et encadrer les loyers, redéployer les services publics et donner les moyens à l’hôpital pour soigner les gens, préserver la continuité territoriale et le droit aux transports publics, maintenir la péréquation tarifaire pour les abonés au gaz et à l’électricité… ne nécessite pas d’évolution institutionnelle ni d’en passer par l’article 74 avec lequel le risque serait réel de voir s’accentuer la domination économique des monopoles du Consortium des patrons corses et de Rubis Vito et s’aggraver la politique libérale des bas salaires et de la cherté de la vie et des low cost et grandir la pénétration et la pression mafieuse.

Le 12 juin chaque voix s’additionnera pour donner toute sa force au programme de la NUPES et le poids politique nécessaire pour le mettre en œuvre avec une majorité de gauche à l’Assemblée nationale et un nouveau gouvernement défenseur du progrès social et écologique.

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Réponse au candidat LFI

9 Juin 2022

Karl Tomasi candidat de LFI me qualifie de menteur et exhibe ma profession de foi en me reprochant d’affirmer, si je comprends bien, de vouloir la victoire de la gauche unie au soir du 19 juin.

Je ne comprends pas, comme je ne comprends toujours pas, pourquoi les dirigeants parisiens de LFI n’ont pas voulu que l’accord national s’applique à la Corse à moins que les parrainages, obtenus par Jean Luc Melenchon après la rencontre d’Éric Coquerel avec Gille Simeoni et Jean Félix Acquaviva, aient influencé ce positionnement précédé de peu par la proposition de "garantir à la Corse son statut d’autonomie" en l’inscrivant dans la Constitution à l’article 74.

Cela étant aucun des candidats présentés et soutenus par le PCF dans les 4 circonscriptions ne communique en usurpant l’appellation NUPES contrairement aux candidats LFI. De même sur les professions de foi consultables sur le site du ministère de l’intérieur, ils s’autorisent à dire qu’ils font partie de la NUPES mais ils nous l’interdiraient alors que le PCF, comme EELV et le PS, est signataire de cet accord politique et porteur du programme qui en découle.

Karl Tomasi ironise sur ma candidature "la huitième" dit-il. Il devrait être moins ironique d’une part parce que son mentor est candidat à toutes les élections depuis 1983 d’autre part parce que lui-même en février dernier disait qu’il ne voulait pas être candidat en sachant que le processus de désignation me concernant dans la première circonscription de Haute Corse était conclu et ma candidature annoncée.

Les résultats du premier tour de la présidentielle ont réveillé ses ambitions et celles de ses amis... soit ! Et c’est en effet au lendemain du premier tour, qu’avec Inseme a Manca, ils nous ont expliqué que le PCF devait s’effacer dans 3 circonscriptions sur 4 au nom du rassemblement.

Karl Tomasi dit que l’implantation de son mouvement en Corse remonte au mois d’octobre dernier. Or chacun sait qu’en 2017 LFI a eu des candidats dans les 4 circonscriptions de Corse et qu’à l’issue de ce scrutin le PCF a répondu favorablement à leur demande de constituer une liste de rassemblement LFI PCF pour les territoriales suivantes de décembre 2017.

Cette liste pourtant conduite par LFI sera torpillée par Jean Luc Mélenchon qui ne voulait pas d’accord avec le PCF (la mort et le néant). En désavouant ses représentants en Corse, il qualifiera l’accord de "tambouille" pour ensuite dire qu’il préférait la démarche "dégagiste" des nationalistes.

Tels sont les faits et, n’en déplaise aux actuels, nouveaux, candidats de LFI dont la mémoire est sélective, notre engagement politique et militant est permanent. Nous n’attendons pas seulement que les résultats électoraux soient en notre faveur pour exister et proposer l’union. Nous l’avons montré aux municipales en 2020 et aux territoriales en 2022 mais nos appels à l’union n’ont pas été accueillis favorablement.

Changer de politique dans le pays pour vivre mieux en Corse, c’est notre seul objectif. Toutes les voix de gauche s’additionneront au soir du premier tour pour renverser le gouvernement Borne Macron et permettre au second tour d’avoir la majorité de gauche qui prendra dès le premier juillet les mesures d’urgence sociale attendues par les plus modestes indépendamment de la réforme institutionnelle.

Il appartient à présent aux électeurs de trancher.

Le 12 juin, nous leur proposons, ce qui est normal pour une élection, de nous accorder leur confiance parce que nous sommes les seuls candidats en Corse à proposer l’alternative de gauche à Macron et à l’aventure institutionnelle libérale.

Michel Stefani

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Dimanche : Battre LePen avec le bulletin Macron

22 Avril 2022

Communistes nous nous considérons, avec la plus grande humilité, comme les héritiers de ceux qui ont combattu les petainistes et le fascisme leurs noms étaient : Jean Nicoli, Dominique VIncetti, Gabriel Peri, Danielle Casanova, Charles Bonafedi, André Giusti, Jules Mondoloni, Titus Bartoli… Aujourd’hui, face au danger que représentent les héritiers de leurs bourreaux : chemises noires, nazis et autres miliciens, je ne m’abstiendrai pas le 24 avril parce que le fascisme ça ne s’essaie pas. Pour ce faire j’utiliserai le seul bulletin de vote qui permet de battre MLP celui d’Emmanuel Macron dont je combattrai la politique ordolibérale avec détermination dés le lendemain, ensuite aux élections législatives, puis dans la construction d’un mouvement populaire fort, porteur de progrès social et écologique, de démocratie et de paix.

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Autonomie : Parler contenu et affirmer que les Corses seront consultés

19 Mars 2022

Intervention de Michel Stefani au Conseil National du PCF vendredi 18 mars

En premier lieu je veux dire mon accord avec le rapport d’Igor. Mon intervention ne concernera que la Corse.

Nous nous félicitons que le calme revienne en Corse et qu’un dialogue soit ouvert.

Sans préjuger du relevé de discussions après les 3 jours passés en Corse par le Ministre de l’intérieur nous devons tenir compte des propos de Gerald Darmanin. Celui-ci envisage une autonomie pouvant aller jusqu’à un statut de type polynésien.

Il faut clarifier.

Parlons contenu en rappelant que les réformes institutionnelles ont été nombreuses depuis 1982 mais aussi que l’urgence sociale s’est aggravée. Les inégalités et la pauvreté se sont creusées sans cesse. La cherté de la vie s’est accentuée malgré les dispositifs fiscaux pour faire baisser les prix.

Il faut donc se concentrer sur la réponse aux préoccupations sociales : pouvoir d’achat, santé, logement, culture…

La Corse située ainsi dans l’article 74 de la Constitution (Melenchon a déjà dit oui) sortirait de l’ensemble métropolitain auquel elle participe depuis le 30 novembre 1789 jour ou elle a fait le choix d’adhérer à « la libre Nation française » selon la formule de Pascal Paoli.

En 1943 le peuple corse insurgé a confirmé ce choix en libérant son territoire du fascisme et en confirmant son attachement à la Nation.

C’est pour cela que la Corse n’est pas une région ultrapériphérique ou un territoire d’outre mer.

Qu’adviendra-t-il par exemple du code du travail dans ces conditions, sachant qu’en Corse trop souvent, il est bafoué ?

Alors que les salaires sont les plus bas de France, le patronat insulaire explique déjà qu’il ne peut augmenter les salaires.

On ne peut ignorer, de même, qu’Emmanuel Macron annonce le droit à la différenciation autrement dit la compétition entre les territoires métropolitains.

Oui il faut clarifier et ce qui est valable pour le code du travail l’est aussi pour l’éducation nationale, la politique de santé, la continuité territoriale, la fiscalité, le rôle et la place de l’administration et des services publics… le niveau de la solidarité nationale…

Ce débat ne peut être mené en quelques semaines, le ministre annonce un projet de loi en fin d’année. Les enjeux sont trop importants pour la Corse et l’unité nationale.

Il faut également exiger qu’à l’issue d’un véritable débat démocratique qui permette aux Corses de se prononcer en toute connaissance de cause, un référendum soit organisé.

Nous devons avoir une réflexion avec nos parlementaires, la direction nationale du Parti pour construire une réponse politique cohérente.

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La Corse est inquiète et plus que jamais elle a besoin de paix, de démocratie et de progrès social

16 Mars 2022

Les revendications portées ces derniers jours dans les manifestations par les différentes sensibilités nationalistes en concurrence sur « le terrain » inquiètent. L’idée s’installe qu’en définitive la « matrice de l’Assemblée de Corse » n’est plus le lieu où il peut se débattre calmement des questions politiques. Des interrogations légitimes surgissent au-delà des nationalistes sur ce que pourrait être dans ces conditions le contenu du dialogue ouvert pour « un cycle de discussions sans précédent » selon le communiqué du ministre de l’Intérieur.

La gestion erratique de la levée du statut de DPS d’Alain Ferrandi, Pierre Alessandri et Yvan Colonna, condamnés pour l’assassinat du préfet Erignac, se révèle aujourd’hui de manière symptomatique en n’ayant pas appliqué simplement le droit.

Dans les circonstances condamnables de la tentative d’assassinat contre Yvan Colonna, on comprend la colère et on partage l’exigence légitime de transparence et de vérité sur ce qui s’est passé à la Maison d’arrêt d’Arles. Le sens des responsabilités politiques aurait dû concourir à cette recherche plutôt qu’a un discours laissant entendre qu’il y a eu une manipulation de l’Etat dans ce tragique événement.

Le choix du « rapport de force avec l’Etat » s’est prolongé ainsi dans une surenchère dont beaucoup se demandent où elle s’arrêtera dès lors qu’une partie des organisateurs des manifestations violentes affirme qu’en 7 jours il a été obtenu plus qu’en 7 ans avec la représentation élue. Tout démocrate ne peut que condamner cette stratégie délibérée de guérilla urbaine accompagnée de slogans haineux et xénophobes mettant en danger des vies de toutes parts.

De même on se doit de condamner le saccage de l’outil de travail des agents des finances publiques de Bastia comme du Tribunal d’Ajaccio et de leur apporter un soutien déterminé. Aussi, il est inacceptable, et le ministre de l’Intérieur ne peut cautionner, que le député MoDem François Pupponi, soutien du gouvernement, vienne souffler sur les braises en disant : « l’appareil d’Etat, l’Etat français n’aime pas la Corse et par dessus tout les nationalistes ».

Ainsi on ne parle pas de l’urgence sociale, de la cherté de la vie en Corse, de la pauvreté grandissante, de la pénurie de logements sociaux, de la continuité territoriale et du service public, de l’incapacité à régler la question des déchets et de la hausse de la taxe afférente, des investissements nécessaires à la production d’électricité, mais d’une « réponse politique globale » à partir de la « reconnaissance juridique du peuple corse ».

Dès lors il faut clarifier le cadre politique de ce cycle de discussions et écarter d’emblée le scénario supposé d’indépendance. Car, il ne peut revenir qu’aux Corses d’en décider par référendum.

Du point de vue de « l’autonomie de plein droit et de plein exercice », si la légitimité de la majorité territoriale n’est pas contestable le contenu de cette revendication est encore trop imprécis pour affirmer que les électrices et les électeurs en votant nationaliste ont validé autre chose que l’énoncé d’un principe.

Par conséquent, le « cycle de discussions sans précédent » ne peut se concevoir dans le non-dit et les coups politiques. Cela implique qu’un bilan soit fait sur les compétences transférées jusqu’ici et l’exercice qui en a été fait, afin d’en tirer tous les enseignements sociaux, économiques et politiques.

Après quoi, il sera temps d’examiner les compétences nouvelles à transférer et en fonction de cette évolution institutionnelle de soumettre ces choix à la consultation du suffrage universel par référendum en respectant le résultat, ce qui n’a pas été le cas, après celui de 2003, pour la suppression des Conseils départementaux.

L’enjeu essentiel est celui de la solidarité nationale et de son niveau. C’est vrai de la péréquation tarifaire pour la facture de gaz et d’électricité comme pour la dotation de continuité territoriale et les dotations versées à la CdC. Ça l’est encore pour l’hôpital et l’ensemble des prestations sociales et familiales.

De même, il faut avoir la certitude qu’il n’y aura pas de recul du droit du travail alors qu’en Corse, trop souvent déjà, il est bafoué et que l’augmentation des salaires, beaucoup plus bas que sur le continent, est une nécessité à laquelle il est possible de faire face sans réforme institutionnelle.

Rappelons-le, les réformes institutionnelles précédentes ont accompagné l’aggravation des inégalités. Elles n’ont pas empêché la captation de la solidarité nationale et la cherté de la vie encore moins la domination économique du Consortium des patrons corses qui en est le principal responsable.

Avec la venue en Corse du Ministre de l’Intérieur, nous attendons que les principes démocratiques et républicains soient respectés. En ce sens, compte tenu de l’absence d’élu communiste à l’Assemblée de Corse, nous demandons que les représentants du PCF soient associés au cycle de discussion qui doit s’ouvrir.

Michel Stefani

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La crasserie de mediapart

22 Février 2022

Que mediapart révèle un secret de polichinelle est une chose, que mediapart confonde journalisme d’investigation et journalisme de suspicion en est une autre.

La veille d’une émission de grande écoute sur Europe 1, à laquelle Fabien Roussel était invité, le hasard aura voulu que la « révélation du secret le mieux gardé par le PCF » envahisse les réseaux sociaux. Le sous entendu sent mauvais : « Fabien Roussel ne serait pas celui que vous croyez, il touchait 3 000 euros par mois pour un emploi fictif d’assistant parlementaire ».

Outre l’erreur sur la rémunération, en vérité inférieure, mediapart demande à son « accusé » de se justifier sans avoir qualité pour ce faire ni même sans se pencher au minimum, c'est à la portée de n’importe qui, sur le site de l’Assemblée Nationale afin d'y consulter la fiche de synthèse n°81 au titre II, concernant les fonctions des collaborateurs parlementaires. Ainsi sont précisés les éléments suivants :

« Le collaborateur joue le rôle que chaque député lui fixe à l’intérieur de l’équipe qu’il a recrutée. Certains députés concentrent leur équipe dans leur circonscription, d’autres à Paris, d’autres encore répartissent leurs collaborateurs entre l’Assemblée nationale et la circonscription. En pratique, les deux tiers environ des collaborateurs sont attachés à la circonscription du député tandis qu’un tiers travaille au Palais Bourbon.

Les tâches confiées dépendent des besoins du député et des compétences de la personne recrutée :

  • la plupart des collaborateurs se voient confier des tâches d’assistance et de secrétariat comme la tenue de l’agenda, la prise de rendez-vous, la permanence téléphonique et l’assistance à diverses tâches matérielles ;
  • les collaborateurs les plus qualifiés, disposant par exemple de diplômes de second cycle universitaire, apportent une contribution à l’exercice du mandat parlementaire : rédaction de discours, préparation de propositions de loi et d’amendement, représentation au sein du groupe politique, etc…

En application de la loi organique du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique, sont publiées depuis le mois de juillet 2014 sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique les déclarations d’intérêts et d’activités des députés comportant les noms des collaborateurs parlementaires. Les noms des collaborateurs des députés sont également publiés sur le site de l’Assemblée nationale depuis 2017 ».

Le bilan du Député Jean Jacques Candelier, « employeur » de Fabien Roussel, sur la législature de référence est éloquent mais médiapart n’a pas jugé utile dans son enquête de le regarder tant il est évident que cette activité implique le travail réel des collaborateurs. S’y ajoute l’activité dans la circonscription, la présence sur le terrain de tout instant et à toute heure mais le fin limier de mediapart ignore cela. S’il ne connait pas grand-chose de ce militantisme, il est pardonnable car le journalisme d’investigation lui prend tout son temps.

Conclusion : Fabien Roussel dirigeant politique au PCF n’aurait pas du exercer ces fonctions, non rémunérées, en même temps que celles d’attaché parlementaire. Ce n’était un secret pour personne, sauf pour le fin limier de mediapart. Appartient-il à ce dernier d’en juger ? Non, comme il semble assez saugrenu 10 ans après de réclamer au débotté les « pièces justificatives » de son travail au service du Député sur tout le territoire de la circonscription comme à l’Assemblée nationale.

Morale de cette histoire lisez l’Humanité ce 22 février vous en apprendrez plus à ce propos et continuez les jours suivants, vous vous sentirez mieux…

Enfin, et surtout, faites campagne avec confiance, pour les jours heureux et Fabien Roussel, dans l’intérêt et au service des plus modestes, des ménages populaires et des travailleurs. Ce sera la meilleure réponse à ceux qui, inquiets de la « dynamique Roussel », s’emploient de mauvaise foi à la freiner.

Michel Stefani

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Le gouvernement doit mettre en œuvre le blocage et le contrôle des prix en Corse

15 Février 2022

Les Corses, depuis 1986 et la levée du contrôle des prix, subissent les effets de la flambée des prix qu’ils s’agissent des carburants ou des biens de consommation courante. On approche le demi-siècle et le constat demeure : malgré les dispositifs fiscaux, normalement à l’avantage de l’automobiliste et du consommateur, les prix sont en moyenne plus élevés que sur le continent.

Les gouvernements successifs depuis le grand conflit social de 1989 et la réponse cinglante de Michel Rocard (« avec la Corse nous avons atteint le plafond de la solidarité »), aux dizaines de milliers de Corses alors dans la rue, aucun 1er ministre ne s’est préoccupé de cette situation et du fait que ni les réfactions de TVA, ni le franco port, inclus dans la dotation de continuité territoriale, ne permettaient à tout le moins de garantir des prix identiques à ceux du continent.

En Corse la vie est chère, très chère même et les salaires sont en moyenne inférieurs à la moyenne continentale. Cela aurait du justifier depuis longtemps que le gouvernement se préoccupe de l’usage fait de l’argent public et donc de la solidarité nationale à ce propos.

Rapport Prada, IGF, Autorité de la concurrence rien n’y fait pourtant il est question de captation de la solidarité nationale au détriment des automobilistes et des consommateurs. Alors oui il est temps et grand temps que le gouvernement agisse pour qu’enfin les services de l’Etat fassent rapidement toute la lumière sur la formation des prix en Corse, sur la captation de la solidarité nationale. Cela implique qu’immédiatement le gouvernement mette en œuvre simultanément le blocage et le contrôle des prix en Corse.

Michel Stefani

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2022 : d’autres choix politiques porteurs de progrès social pour la Corse

31 Décembre 2021

Nous sommes nombreux à penser qu’il eut été plus agréable que 2022 ne commença comme 2021 se termina. Mais la cinquième vague épidémique et son avatar Omicron se foutent de savoir si nous avons changé d’année.

Malgré les promesses du Ségur santé, entre deux vagues précédentes, des milliers de lits d’hôpitaux ont encore été fermés. La revalorisation des métiers de santé a été ignorée et désormais les démissions compliquent la situation malgré la provocante et insuffisante prime de 100 euros. Des soins sont repoussés faute de lits ou de bras et la logique comptable à l’œuvre depuis des années amplifie la fragilité de l’ensemble du système de soins.

De même, le démantèlement de la médecine scolaire prive de la capacité de tester massivement les enfants et de les faire vacciner dans le milieu scolaire pour désengorger les centres de vaccination qui manquent déjà de bras alors qu’une probable quatrième dose se profile.

Le Covid est un terrible révélateur de la logique désastreuse du néolibéralisme tant sur le plan économique que social. Du point de vue idéologique, cette logique de division de la société entre « ceux qui réussissent » et « ceux qui ne sont rien » promeut la concurrence individuelle au détriment de l’intérêt général construit collectivement. Les sociétés humaines, ont en effet besoin de solidarité et de services publics autant que nous pouvons compter au plus fort de l’épidémie sur notre carte vitale.

En 2022, ce combat contre la domination des forces capitalistes de l’argent, il nous faudra le mener comme l’ont fait nos ainés en 1945 pour créer la Sécurité sociale et les grands services publics de la santé, de l’énergie et des transports.

L’épisode Covid sera d’autant plus marquant dans les mémoires que trop de vies ont été fauchées prématurément. La main mise des bigpharma sur les vaccins est inacceptable. La levée des brevets pour permettre une production mondiale ouverte à tous les peuples est une nécessité pour affronter les vagues répétitives et leurs nouveaux variants.

Au lieu de cette politique humainement audacieuse consacrant les moyens nécessaires à la santé et à la solidarité, le gouvernement nous inflige une gestion de crise à la petite semaine avec des mesures restrictives de droits et contradictoires. En arrière plan avec le "quoi qu’il en coute", il déverse beaucoup d’aides aux entreprises sans aucune contre partie sociale. Résultat le MEDEF écarte toute idée d’augmentation des salaires.

En France sur 50 milliards d'euros d'allégement de la fiscalité, la moitié aura bénéficié aux entreprises : en plus de la diminution de l'impôt sur les sociétés, celles-ci ont profité depuis cette année d'une baisse des impôts de production de 10 milliards.

Ainsi le patrimoine cumulé des 500 plus grosses fortunes françaises a augmenté de 30% entre juin 2020 et juin 2021 pour approcher les 1000 milliards d’euros quand à l’échelle mondiale le petit club des 1% les plus riches affichent 3600 milliards de dollars de gains, l'équivalent des dépenses annuelles de santé de tous les pays du monde.

Le niveau d'inégalité s'est encore accentué. 10% des plus riches de la planète concentrent 52% des revenus mondiaux, alors que la moitié de la population mondiale n'en partage que 8.5%.

La question du juste partage de la richesse produite s’impose de toute évidence du mondial au local et ce n’est pas en Corse que ce constat sera contredit. La seule perspective d’une réforme institutionnelle pour l’instant sans contenu concret autre que le concept "d’autonomie de plein droit et de plein exercice" ne peut avoir valeur de réponse.

La cherté de la vie, les bas salaires, la concentration économique et la captation de la solidarité nationale par une minorité d’intérêts privés contre l’intérêt de tous, implique d’autres choix politiques porteurs de progrès social pour la Corse. Comme lors des grandes mobilisations sociales de 1989 et 1995 le rassemblement populaire et l’action démocratique de masse seront indispensables en 2022.

Allora, per avè sta forza più chì maì, pace è salute a tutti.

Michel Stefani

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